‹ Des pulvérisations antiseptiques prolongées dans le traitement de quelques affections chirurgicalesChapitre 18 sur 20 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Érysipèle mammaire gangréneux., — Rulvérisations phéniquées. Coloration noire des urines due à l’acide phénique et au mauvais état général,

La nommée Lech... (Maria), blanchisseuse, 38ans,

La.

entre, le 26 juillet 1883, à l'hôpital de la Pitié, salle Lisfranc, n° 14 (service de M. Verneuil).

D'une bonne santé antérieure, cette malade était forte et vigoureuse; aucun symptôme permettant de penser au diabète.

Début U y a douze jours. A ce moment, elle eut une écorchure au niveau du bord inférieur du grand pectoral; cette écorchure, dit-elle, ressemblait à un clou.

Deux jours ‘après, frisson, fièvre. Pas d’envies d’uriner. Kougeur, partie de la petite solution de continuité, s’étendit jusqu’au sein, qui bientôt gonfla et devint douloureux.

A l'entrée, raugeur vive de toute la mamelle droite s'étendant jusqu'à la mamelle et sur la partie supérieure de la poitrine. ‘T. 38,2. A la partie externe de la mamelle droite, ulcération irrégulière, à bordsamincis, décollés, et à la surface de laquelle se trouve des eschares noirâtres ; écoulement de pus fétide.

” Pulvérisation à l'acide phénique. Pas de sucre, pas d’albumine dans les urines , de couleur normale. Prises de deux heures en deux heures. Faciesrouge, yeux brillants, langue blanche et sèche. État général grave.

Le 28. Sueurs profuses. Les urines sont noires. La rougeur dépasse le sein du côté gauche et gagne le dos.

Le 29, La température s’est élevée ; l’érysipèle ne marche pa: par plaques, rougeurs disséminées.

2 90 — Urines noires, sans sucre, ni albumine. L'état général reste grave.

Le 30 au matin. Meilleur état; le facies ést moins animé; la température est tombée. La langue est humide, moins blanche.

Les urines ont repris leur teinte normale, malgré la continuation de la pulvérisation et des compresses phéniquées.

Le soir, la température remonte. L'érysipèle s’est étendu jusqu'au milieu du dos.

Le 31 matin. Même état. La température reste peu élevée.

Soir. La température baisse, bon état général. La malade se sent mieux.

2 août. Nouvelle élévation de température, nouvelle poussée de rougeur dans le côté droit. L'érysipèle a à ce moment fait le tour du corps.

Le soir, la température baisse, la rougeur dimi nue d'intensité.

Le 3. État général très satisfaisant. La rougeur disparaît dans les points primitivement envahis ; la mamelle du côté gau che est souple.

La malade reste pour la guérison de sa plaie, dont l’état est satisfaisant; une partie des eschares s’est détachée.

OBsERVATION XI (résumée).

A été publiée à la Société anatomique au point de vuede la lésion cérébrale. Nous ne nous occuperons ici que de la complication de l’érysipèle et de son traitement par la pulvérisation pRSHIAUEE"

Érysipèle à la suite de plaie de tête. — Pulvérisation phéniquée. Durée cinq jours. — Mort de contusion cérébrale.

Le nommé C... (Jean), âgé de 55 ans, entre, le 6 janvier 1883, à l'hôpital de la Pitié, salle Michon, n° 27 (service de M. Verneuil).

Ce malade est atteint d’une plaie de tête siégeant au niveau de la suture pariéto-occipitale gauche. Plaie déchiquetée, décollement assez étendu. 11 fit une chute il ÿ a trois ou quatre jours. A la suite, aucun phénomène ne se manifesta.

Dans la nuit qui suit son entrée à l'hôpital, il est pris de délire et essuie de se lever.

T janvier, On constate une hémiplégie du côté droit.

Le 8. L’abattement est considérable, légère contraction du sterno-mastoïdien. Délire monotone. Parle doucement. Pas de selle. Cherche à se lever.

Le 9. Même état. Délire violent. Dans la nuit, le thermomètre monte à près de 40°,

Le 10. Au matin, apparition de rougeur avec bourrelet empiétant sur l'oreille. Érysipèle au début. On institue le traitement par la pulvérisation phéniquée.

Le soir, la rougeur arrive jusqu’au bord antérieur de l’apophyse orbitaire externe. Langue est, moins

sèche, la température moins élevée. On fait de nouveau une séance de pulvérisation,

Le 14. La température est tombée à 38,2. L’oreille du côté droit est prise. La rougeur arrive jusqu’au nez.

La température remonte un peu le soir.

Le 13. Au matin, la rougeur a presque disparu. La pulvérisation est continuée. La température baisse de nouveau.

Le 14. L'érysipèle a complètement disparu.

Le malade succombe le 25 aux progrès de son affection cérébrale. (Voy. Soc. anat., Presse méd., janvier 1883.)

« Au bout de vingt-quatre heures, dit M. Verneuil en parlant de ce malade, l'oreille était dégonflée et la température revenue à 38°. Jamais je n'avais vu un érysipèle de la face et du cuir chevelu évoluer avec tant de rapidité. »

OBsERvATION XII.

Plaie de tête. — Érysipèle. — Pulvérisation. — Accès de fièvre intermittente.

Le nommé M... (Jean-Baptiste), âgé de 48 ans, journalier, entre, le 22 février 1883, à l’hôpitai de la Pitié, salle Michon, n° 17 (service de M. Verneuil).

Ce malade, ancien soldat d'Afrique, a eu il y a vingt ans des fièvres intermittentes.

(1) Archives générales de médecine, n° de février 1883, p. 30. Georges Charles. 6

2S-HS ee

La plaie/de tête pour laquelle il entre à l'hôpital date de quelques jours et est à demi cicatrisée. Il reste un léger décollement où s'amasse du pus.

La veille de son entrée il a été pris de frisson, de céphalalgie et de vomissements.

22 février. On constate l'apparition d’une rougeur érysipélateuse partie de la plaie (situé au niveau de l'occiput), s'étendant jusqu’à la nuque. Pulvérisations phéniquées, deux séances par jour,

Le 23. L’oreille droite était prise, la température monte encore malgré la pulvérisation.

Le 24. On continue néanmoins celle-i.

Le 25 et le 26. La température descend rapidement ; la rougeur s’arrête, le 27, au niveau de l’oreille ROUE l'érysipèle avait fai le tour de la tête en cinq jours.

Dès ce moment le malade est guéri de son éry- -sipèle et reste pour sa plaie non cicatrisée.

Dans l’entre temps, il est pris de maux de tête violents venant régulièrement chaque nuit. Ces maux de tête cessent rapidement s sous l'influence du sulfate de quinine. -

Son érysipèle avait ramené une manifestation nocturne et intermittente de son impaludisme.

OBSERVATION XIII (résumée).

Épithélioma sudoripare du nez. — Érysipèle. — Pulvérisation phéniquée. — Durée trois jours et demi.

La nommée Jorrom.. (Léonide), 53 ans, ména-

gère, entrée, le 28 juin 1883, à l'hôpital de La Pitié, salle Lisfranc, n° 45 (service de M. Verneuil),

Cette malade, d’une bonne santé ordinaire, présente depuis 1888 une lésion siégeant à l'union du nez et de la joue du côté gauche, lésion diagnosliquée à cette époque lupus, et à laquelle on fit subir toute espèce de traitement. |

En 1881, elle eut un érysipél, de la face, au mois de juin, qui retint la malade au lit pendant un mois.

À l'entrée, on constate un épithélioma sudoripare ayant détruit la paroi externe des fosses nasales et s'étendant à deux travers de doigts sur la joue.

‘Ablation étendue de cet épithélioma, la cicatrisation marche rapidement.

Le soir même de l'opération, élévation brusque de la température; malaise, envies de vomir.

Le lendemain, rougeur érysipélateuse autour de la plaie. Temp. élevée. Pulvérisations phéniquées.

La rougeur fait le tour de la tête, et, le 11 au matin, la desquamation commence. L’érysipèle, sous l'influence de la pulvérisation, avait évolué en trois jours et demi.

L'état général a été peu atteint par la complication, si rapidement disparue,

OBSERvVATION XIV.

Plaie de la région temporale. — Érysipèle. — Palvérisation phéniquée. — Durée Six jours.

Le nommé Bes.. (Victor), âgé de 18 ans, raffineur, entre à l'hôpital de la Pitié le 24 mars 1883,

cab, ON, ee et est couché au n° b1 de la salle Michon (service de M. Verneuil).

Ce petit malade est tombé du 4° étage et ne se fit dans sa chute qu’une plaie contuse de la région temporale droite. On fit en ville une suture en fil d'argent et on passa un drain.

Le lendemain de l'entrée, ce malade est pris de fièvre, de frissons et de vomissements. Les ganglions occipitaux et sous-maxillaires sont douloureux.

Le 25. Apparition d’un érysipèle au niveau de la plaie, s'étendant jusqu’à l'oreille du même côté, et gagnant vers la nuque.

Pulvérisations phéniquées.

Le 26. La rougeur est arrivée jusqu’à l’oreille du côté opposé. La température reste élevée.

Pulvérisations deux fois par jour.

Le 27. La température baisse. La rougeur gagne le cuir chevelu, douloureux à la pression.

Le 28. La rougeur diminue d'intensité, mais gagne peu à peu la joue et vient s'étendre, le 31, sur les parties latérales du nez. A partir de ce moment, la température reste normaie.

L'érysipèle a évolué en six jours.

La plaie se cicatrise ultérieurement,

Page 1