‹ Des pulvérisations antiseptiques prolongées dans le traitement de quelques affections chirurgicalesChapitre 5 sur 20 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Il n’y a pas bien des années que la méthode antiseptique est venue révolutionner la chirurgie, mais avant de connaître tous les effets des antiseptiques, bien des chirurgiens avaient plongé leurs opérés dans un milieu liquide uu gazeux, remarquant qu’on évitait souvent ainsi les redoutables accidents qui surviennent si souvent dans le cours de la cicatrisation,

Un grand nombre d'auteurs ont vanté dans leurs ouvrages la balnéation continue. Josse, d'Amiens, Bérard, Malgaigne la conseillaient. Guyot vint à son tour la recommander en y ajoutant un appareil à incubalion, prétendant que les plaies guérissaient plus facilement à 39° et dans une température uniforme. Lamorier, en France, plus tard Langenbeck (1839) de Berlin, mirent en pratique les grands bains d’eau chaude. Puis vers 1850 Valette, de Lyon, expérimenta, sousle nom de méthode anaéroplastique, l'immersion prolongée qui fit plus tard (1855) le sujet de la thèse inaugurale de son élève, le D' Pupier.

En Angleterre, vers cette même époque, Liston conseillait aussi la balnéation continue, condamnant les anciens pansements au cérat et aux onguents,

PR es qu’il caractérisait de pansements « sales, abominables, révoltant la nature et le:ssens commun. »

Le D° Topinard, M. le professeur Léon Lefort (1870) ont aussi publié des travaux sur les bains continus. Mais, M. Lefort en faisait de véritables bains antiseptiques en y ajoutant 1/10 d'alcool. Un de mes amis, le D' Jamin, a soutenu, en janvier 1883, sa thèse inaugurale sur les bains antiseptiques continus et nous y renvoyons pour plus de détail sur les méthodes qui consistent à plonger les plaies dans un milieu liquide.

Parmi les auteurs qui ont essayé de plonger leurs malades dans des milieux gazeux, nous citerons Lecomte et Demarquay qui employaient les bains d’acide carbonique, Laug'ier, les bains d’oxygène. Mais tous ces auteurs appliquaient dans ces circonstances un traitement purement empirique. Leurs observations leur avaient prouvé que dans ces milieux les plaies se comportaient mieux que sous les anciens pansements, mais leur mode d’action leur échappait. Aussi tous ces travaux n’étaientils pas parvenus à vulgariser les méthodes qu'ils préconisaient, lorsque les expériences de Lister vinrent révolutionner la chirurgie contemporaine.

Nous n'avons pas à décrire ici ce pansement, si répandu aujourd hui que nul médecin ne doit l'ignorer, ce serait sortir de notre sujet. Nous dirons seulement la place que dans sa méthode occupent les pulvérisations.

Lister, et dep'iis lui, tous les ecmrurgiens qui sui-

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virent ses précieuses indications, employèrent le spray au moment des opérations ou pendant le renouvellement des linges qui servaieut au pansement. On employait au commencement le pulvérisateur à main de Richardson,puis plus tard le pulvérisateur à vapeur de M. le D' Lucas-Championnière. Lister attribuait aux pulvérisations faites pendant l’opération un rôle considérable. Le spray pratiqué en ce moment lui paraissait tellement irdispensable qu'il traitait de faute grave son interruption peadant le plus petit laps de temps, et qu'il reconmandait de ne pas même interposer une main entre lui et !a plaie,

Depuis, les chirurgiens, désireux de simplifier la méthode et cherchant à supprimer tout ce qu’il y a toujours d’inutile et d’exagéré dans un système à ses débuts, amenèrent dans ie pansement de Lister des modifications très variées, mais tous s’accordèrent sur ce point : la suppression du spray pendant les opérations et les pansements.

La pulvérisation semblait donc avoir fait son temps, quand les travaux de M. le professeur Verüeuil vinrent nous montrer quel parti on en pouvait tirer dans un grand nombre de cas.

On trouve la première mention de ses essais dans un mémoire sur les névralg'ies traumatiques secondaires précoces publié en 1874 (1). Puis, en 1875, dans les mémoires de chirurgie à l’occasion d’une

(4) Verneuil. Archives générales de médecine, 1874, 6e série, t. XXIV.

Georges Charles. ; 2

ET amputation de la jambe suivie de sphacèle du grand lambeau (1): Puis deux cas de désarticulation de la cuisse guéris par ce procédé, l’un en 1877 (2), l’autre en 1881 (3).

Enfin en 1883, il publiait sur la Pulvérisation prolongée ou continue, un important travail où nous avons puisé de nombreux renseignements.

Il s’agit, dans tous les travaux dont nous venons de parler, non de la pulvérisation, comme l’entendait Lister, appliquée sur. une plaie pendant une opération où un pansement, mais elle constitue à elle seule tout ce pansement. Dans un grand nombre de cas, M. le professeur Verneuil laisse la plaie à découvert, ou la recouvre seulement d’une bande de tarlatane, puis il la place à demeure ou au moins pendant plusieurs heures, soir et matin, à portée d’un pulvérisateur qui répand sur elle le nuage antiseptique.

Cest le mode d’action de ce pansement et les cas auxquels 1l convient que nous nous proposons d’étudier ici.

‘ (1) Verneuil. Mémoires de chirurgie, t, IX, (2) Bull. Acad, de médeéine, 1877.

(3) Bull. Société de chirurgie, 1881.

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