‹ Des Pyrexies AbortivesChapitre 20 sur 57 · LIMITATION DE LA FIÈVRE TYPHOIDE · texte numérisé non relu

LIMITATION DE LA FIÈVRE TYPHOIDE

On vient de voir par le rapide exposé historique qui précède que les opinions des auteurs sont souvent divergentes, si même elles nexpriment pas le plus profond désaccord. Que doit-on, à l'heure actuelle, entendre par fièvre typhoïde abortive ? Il serait peut-être bien plus aisé de dire ce que n’est pas la forme abortive, que de la définir. Une dothiénentérie qui ne dépasse pas 39 degrés pendant les trois semaines que dure son évolution et qui ne donne lieu qu’à de légers

(1) A. Werx. — Zur Pathol. und Therap. des Typhus abdomin. Leïpzig, 1885.

Il est bon de noter que Weil admet avoir eu à soignor 32 cas abortifs, légers ou graves, mais ses calculs acceptent le scizième jour comme terme de la forme abortive. Nous verrons plus loin les motifs qui nous font accepter le quinzième jour comme jour limité,

(2) Consultez encore :

Picor &r D'Espine. — Manuel pratique des Maladies de l'Enfance, 1880, Ces auteurs signalent plusieurs cas n'ayant pas dépassé huit à dix jours. Dsscnorzcze, — Malcdies des Enfants, 1883. L'auteur cite des cas de cinq, sept, douze

et treize jours,

ait

phénomènes généraux, constitue une forme atténuée, légère, un typhus levis ou levissimus. Par contre un malade succombant au cinquième ou huitième jour d’une fièvre typhoïde extrêmement grave ne meurt pas d'un typhus abortif alors même que le début en aurait été subit et que la symptomatologie tout entière en aurait évolué d'une manière suraiguë. Faut-il donc admettre que la forme abortive correspond uniquement à la fébricule typhoïde de Griesinger, c’est-à-dire à la dothiénentérie atténuée dans ses signes et raccourcie dans son évolution? Dans ce cas, quelle épithète donner à ces faits de fièvre trphoïde débutant avec un appareil symptomatique retentissant, voire même grave, et qui arrivés au dixième ou douzième jour, en pleine période d'état, subissent tout à coup en quelques heures, vingt-quatre à soixantedouze heures, une modification profonde qui les fait virer vers la guérison rapide? Il ne s'agit pas là, il faut le reconnaître une fois pour toutes, de fébricule typhoïde et cependant la maladie, qui a bien manifestement tourné court, est une fièvre abortive.

Une fièvre typhoïde abortive peut donc, suivant les cas, être très légère, bénigne, ou au contraire revêtir une allure clinique inquiétante, s'accompagner même de complications dangereuses, non seulement au début de la maladie, mais même plus tard, lors de la convalescence, où les rechutes sont si fréquentes, ainsi que nous le verrons plus loin. En résumé, fièvre typhoïde abortive et fébricule typhoïde ou typhus levissimus, sont deux. Disons mieux : la fébricule typhoïde rentre, en grande partie, dans la forme abortive à condition d'avoir une durée plus courte que la durée moyenne de la maladie. Le terme consacré oscille entre dix-neuf et vingt et un jours.

Une fébricule sera donc abortive toutes les fois qu’elle n'aura pas atteint le terme habituel; il en sera de même pour toute fièvre typhoïde commune. Par conséquent l'avortement de la maladie consiste, non pas dans l’atténuation des symptômes, mais bien dans le raccourcissement de l’évolution clinique, avec cette réserve toutefois que la terminaison sera favorable.

Bref, une fièvre typhoïde abortive c’est une fièvre qui, ne durant pas le temps ordinaire, se termine par la guérison. Cette définition englobe donc les fébricules typhoïdes de courte durée, les fièvres typhoiïdes atténuées et certains cas de fièvre typhoïde grave mais guérie rapidement avant l’époque habituelle de la convalescence.

Reste à régler la question de la durée de cette forme ainsi délimitée.

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