AVANT-PROPOS
Depuis le temps où M. Guibourt a exposé, dans son livre classique sur les drogues simples, toutes les données qu'on avait alors sur les Quinquinas , bien des faits nouveaux ont été acquis à cette question d'histoire naturelle médicale. Des voyageurs habiles ont parcouru les régions qu'habitent ces espèces précieuses : non-seulement ils les ont étudiées sur place et en ont fait connaître les produits; mais en les transportant vivantes dans des localités où elles sont maintenant cultivées, ils ont mis les savants à môme de les suivre pas à pas dans toutes les phases de leur développement. D'autre part, les quinologistes ont interrogé de nouveau les anciennes collections , et ont obtenu des réponses inattendues. Il en résulte une somme considérable de matériaux, qui n'ont encore été vulgarisés en France par aucun ouvrage élémentaire.
Il m'a paru intéressant de recueillir les résultats de ces recherches et de les réunir dans un résumé d'ensemble. Je n'ai pas eu la prétention de donner du nouveau; que pouvais-je faire avec des matériaux incomplets et dans un temps limité, après les travaux des Guibourt, des Weddell, des Howard, de tous ces illustres quinologistes, qui ont appliqué à cette question leur longue et savante expérience? J'ai
cherché simplement à exposer leurs opinions, après m'en être rendu compte par l'étude directe des objets.
MM. De Candolle et Boissier, avec une générosité dont je leur garde une vive reconnaissance, ont bien voulu me communiquer les Cinchona de leurs herbiers. J'y ai trouvé plusieurs des types de M.Weddell, et, dans la collection de M. Boissier, presque tous les Cinchona de Pavon, étiquetés par l'auteur lui-môme. M. Triana m'a confié les espèces qu'il a récoltées dans les localités classiques de la Nouvelle- Grenade. J'ai donc eu sous les yeux des types authentiques, et j'ai dû à cette circonstance, sinon de résoudre complètement quelques questions délicates, au moins d'exposer quelques vues sur leur solution probable.
J'ai pu également réunir quelques éléments pour l'étude des produits. M. Howard a bien voulu envoyer à l'École de pharmacie de Montpellier une collection d'écorces, étiquetées par lui-même, et M. Barnpon, consul de la Nouvelle-Grenade, a mis à ma disposition tous les quinquinas du commerce de ce pays, avec des notes intéressantes, que je me suis fait un devoir de reproduire à peu près intégralement. Grâce à ces matériaux, j'ai pu aborder une question dont la difficulté m'avait longtemps fait hésiter, et que je n'aurais pas osé traiter sans de tels éléments d'appréciation personnelle.
J'ai divisé mon travail en deux parties : dans la première, j'ai exposé ce qu'il y a de plus important à dire sur les quinquinas en général. Dans la seconde, j'ai étudié les unes après les autres les espèces officinales, laissant à dessein de côté toutes celles qui ne donnent que des produits sans valeur.
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