‹ Des quinquinas [electronic resource]Chapitre 11 sur 41 · I. Ciiicltona Calisaya, Wedd · texte numérisé non relu

I. Ciiicltona Calisaya, Wedd

(Weddell; Ann. se. nat. , X , 6, et Hist. nat. quinquin., pag. 30, tab. 111 et IV.)

C à feuilles oblongues ou obovales lancéolées, obtuses ou aiguës, luisantes, quelquefois pubescentes à la face inférieure, scrobiculées ; capsule ovale, arrondie à la base.

Var. «. Calisaya vera, arbres à feuilles ovales ou obovales lancéolées, obtuses.

p. Josephiana, arbrisseaux à feuilles oblongues, aiguës.

Hab. Provinces septentrionales de la Bolivie ; province péruvienne de Carabaya, àl,500-l,800m d'altitude, entre les 13e et 16e degrés de lat. auslr.

QUINQUINAS CALISAYA.

La variété « produit le quinquina Calisaya du commerce; la variété /3 donne le quinquina nommé par les indigènes Ichu-cascarilla ; on utilise aussi l'écorce de sa racine.

A. Quinquina Calisaya.

Quinquina Calisaya, dit aussi jaune royal ( Guib , loc. cit., 131 ). — Quinquina Calisaya plut sans épiderme et roulé avec épiderme (De), et Bouchard., loc. cit., pag. 23-25, ;;/. 1)1 — Calisaya de Plancha (Laub.; Bull, pharm., 302). — Clnna-reijia (Bergen). — Chiua-reyia, Cortex Chinœ regius, s. flavus, s. luicus, China Calisaya (Gôbel et Kunze, loc. cit., pag. 49, tab. Vlll). — Royal or Genuine Yellow Bark (Pereira ; Mat. méd., pag. 1621).

Ce quinquina se présente sous deux formes : quinquina plat, quinquina roulé.

1° Calisaya plat.

Ëcorces plates de 10 à 15 millimètres d'épaisseur, très-denses, le plus souvent sans périderrne. Surface extérieure présentant de nombreux sillons longitudinaux à fond fibreux, séparés par des crêtes saillanles. Couleur jaune fauve brunâtre. Surface interne fibreuse, à grain souvent ondulé, jaune fauve ou orangée. Fracture transversale constamment fibreuse et produisant une poussière fine de fibres microscopiques; prurientes. Saveur franchement amère.

La forme de Galisaya que nous venons de décrire porte dans le pays les noms de Calisaya dorada, anaranjada , amariUa. Une seconde variété , d'un noir vineux , est le Calisaya zamba , Calisaya negra des indigènes. Une troisième, très-pâle, a reçu le nom de Calisaya blanca. Depuis ln publication de son Histoire naturelle des quinquinas, et à lasuited'un second voyage en Bolivie, M. Weddell a signnlé l'existence de nombreuses variétés autres que les précédentes. M. Markham a particulièrement mentionné un Calisaya appelé verde par les habitants de la province de Carabaya, et qui présente des caractères assez particuliers.

Examen microscopique. — Nous avons déjà indiqué les principaux traits de la structure anatomique du Cinchona Calisaya, nous les résumons en deux mots : trame homogène sur toute la coupe transversale, fibres corticales uniformément réparties , courtes et lâchement unies entre elles. (Voir les figures de M. Weddell, Hist. nat. desquinq., tab. n, fig. 30, 33 et 36) ; et Berg et Schmidt (tab. xv, b, fig. A-C. )

Richesse en alcaloïdes. — D'après Delondre et Bouchardat, la moyenne serait de 30 à 32 gram. de sulfate de quinine et 6 à 8 gram. de sulfate de cinchonine par kilogramme. Quelques variétés, et particulièrement le Calisaya zamba ont jusqu'à deux fois plus de principes actifs.

2° Calisaya roulé.

Périderme épais, marqué de scissures annulaires profondes, assez régulièrement espacées et de crevasses

longitudinales et transversales. Derme lisse ou marqué de légères impressions annulaires ; couleur fauve ou violacée. Face interne finement fibreuse , jaune fauve. Fracture transversale largement résineuse au dehors, constamment fibreuse au dedans.

Richesse en alcaloïdes. — 45 à 20 gram. de sulfate de quinine, 8 à 10 de sulfate de cinchonine par kilogr.

Commerce des Calisaya. — Les quinquinas Calisaya de Bolivie sont monopolisés entre- les mains d'une compagnie qui n'en exporte pas moins de 200,000 kilogr. par an. Ils nous arrivent par le port d'Arica. Ils sont souvent mélangés de qualités inférieures, provenant d'autres espèces botaniques: C. ovala, var. rufmervis, et C. scrobiculata. Ils s'en distinguent par leur grande densité, la profondeur des sillons de la surface extérieure, ainsi que par la saillie de ses crêtes.

Propriétés. — Éminemment fébrifuge, le quinquina Calisaya n'a que très-peu de principes astringents.

B. Quinquina Calisaya, Var. Josephiana.

lcfiu-Cascarilla des indigènes (Gascarilla des prés).

Cette écorce est rare dans le commerce, quoique employée dans la médecine indigène. Son périderme est, d'après M. Weddell, d'un brun ou d'un gris noirâtre ardoisé, sur lequel se détachent avec beaucoup d'élégance les lichens pâles qui le recouvrent; comme cette écorce est très-adhérente au bois, elle ne s'en sépare qu'imparfaitement et sa surface intérieure est souvent déchirée.

La collection envoyée par M. Howard à l'École de pharmacie de Montpellier, contient sous ce nom des écorces irrégulièrement roulées , qui présentent bien les caractères indiqués précédemment. Quelques échantillons sont dépouillés de périderme et répondent à la description du C'umamomiini like Calisaya quills des Anglais.

Ou se sert aussi au Pérou d'une écorce formée par le^ grosses racines ou la souche du Calisaya Josepkiana, qui semble donner un produit assez riche. « Elle est en morceaux courts, aplatis, ondulés, ou plus ou moins contournés, dépourvus de périderme, à surface interne fibreuse ou presque lisse; très légèrement celluleux extérieurement, d'un jaune ocracé uniforme et d'une amertume franche, mais moins forte que dans le bon Calisaya, dont il présente d'ailleurs les caractères de structure intérieure1.» Cette écorce a été importée en Europe, et a donné à l'analyse une petite quantité de quinine, 8 pour 'JOOO2.

. J'ajouterai comme variété du Calisaya:

Cinchona Calisaya, Var., morada.

(Cincliona Boli viana, Wedd., An. se. nat., X, 7, etHist.nat. Quinq.,50.)

C. à feuilles oblongues, elliptiques ou obovales, obtuses, en coin à la base, glabres ou pubescentes à la face inférieure et de couleur rougeâtre; capsules ovales, arrondies à la base.

Hab. À peu près les mômes lieux que le Calisaya. Cette espèce diffère bien peu de la précédente, et n'en

1 Weddell, loe. cit., 35.

2 Voir Bulletin Société botanique de France, tom. II, pag. 509.

est probablement qu'une simple variété. L'échantillon que j'en ai vu dans l'herbier de De Candolle porte des fruits tout à fait semblables à ceux du Calisaya vera,de même forme et de même grandeur. Il n'y a réellement entre les deux plantes que de légères différences dans la di- -mension et la forme des feuilles , différences qui ne me paraissent pas suffisantes pour la distinction spécifique. Ajoutons que les écorces se ressemblent au point de tromper même un œil exercé. Je suis heureux, du reste, de trouver la confirmation de celte idée dans un article de M. Weddell lui-même, communiqué à la Société botanique en mars 1855, dans lequel cet habile observateur, après avoir vu, dans un second voyage en Bolivie, de nouvelles formes intermédiaires entre le C. Calisaya et le C. Boliviana, paraît disposé à regarder ce dernier comme une simple variété de l'autre'.

Quinquina Calisaya morada.

(Quinquina Boliviana, Wedd. Hist. nat. Quinq., pag. 51, pl. XXX, fig. 24-27. — Calisaya morada des Boliviens, Verde morada des Péruviens, l'un des Calisayas légers du commerce (Guib., pag. 138). — Bark of the Mulberry loloured Calisaya, Pereira, Mat. méd., 16.)

M. Weddell décrit de la manière suivante l'écorce du Quinquina Boliviana

1° Quinquina roulé.

« En tout semblable au Calisaya. »

2° Quinquina plat.

« Formé par le liber seul, moins épais en général que le Calisaya , mais d'une égale densité. Sillons digitaux

» Bulletin de la Société botanique, tom. II, pag. U9.

de la face extérieure moins profonds que dans l'espèce que je viens de nommer; un peu plus confluents, et les crêtes qui les séparent plus arrondies; d'un jaune fauve brunâtre , avec des nuances un peu verdâtres dans quelques points. Surface interne d'un grain assez droit, d'un fauve un peu orangé ou rougeâtre. »

Sous le nom de Calisaya pallida (Cinchona Boliviana Wedd.), M. Howard a envoyé à l'École de pharmacie de Montpellier une éeorce qui répond bien à la description précédente, sauf la couleur plus pâle. C'est probablement de cette variété qu'il est question dans la note déjà citée du Bulletin de la Société botanique : elle contient, d'après M. Weddell , seulement 1,60 % de quinine pure.

L'écorcedu C. Boliviana est l'une des espèces données dans le commerce comme Calisaya, et ses propriétés paraissent justifier cetle dénomination: elle la mérite en tout cas beaucoup plus que les autres écorces, qui sont mêlées comme elle au véritable Calisaya.

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