‹ Des quinquinas [electronic resource]Chapitre 12 sur 41 · II. Ciiicliona Condamîiiea · texte numérisé non relu

II. Ciiicliona Condamîiiea

C. à feuilles lancéolées, ovales ou arrondies, glabres et luisantes à la face supérieure, le plus souvent scrobiculées; capsule oblongue ou lancéolée, beaucoup plus longue que large.

Var. «. Condamuvea vera, feuilles ovales-lancéolées, aiguës; dents du calice triangulaires.

jS. Candollii, feuilles obovales ou arrondies et subcordées à la base; dents du calice lancéolées.

La synonymie de cette espèce est des plus compliquées. Voici comment j'ai cru devoir l'établir, après examen des plantes de l'herbier Boissier.

Je rapporte à cette- espèce les formes suivantes :

4° Cinchona Uritusinga, Pav., Quinol.

(Cinchona academka, Guibourt ; Hast, des drogues. — Quina-quina de La Condarr.ine.)

Grands arbres à feuilles lancéolées ou ovales lancéolées, plus ou moins- acuminées, scrobiculées à l'aisselle des nervures secondaires.

Hab. 'Andes du Pérou et près de Loxa; Cajanuma, Uritusinga, etc.

2° &NCH0NA VIOLACEA, Pav., Quitiol.

Arbres à feuilles oblongues ou lancéolées, à fleurs violettes. Hab. Cuença et les Azogues près de Quito.

3° Cinchona obtusifolia, Pav., Quinol.

Arbres à feuilles oblongues, obtuses, abords légèrement enroulés.

Hab. Vilcocamba, province de Loxa.

4° Cinchona Palton, Pav., Quinol.

Arbres à feuilles ovales, oblongues, acuminées, légèrement ondulées.

Hab. Yungas, dans la province de Loxa.

5° Cinchona Chahuarguera, Pav., Quinol.

Ce type présente lui-même trois variétés :

a. Cascarilla colora da del Reij.

Feuilles lancéolées, acuminées, fleurs rosées.

La figure donnée par M. Howard s'accorde de tous points avec l'échantillon de l'herbier Boissier portant

l'étiquette : Chinchona... Cascarilla colorada, Chahuargîiemvarietas, n° 549, L. 711.

b. Cascarilla amarilla del Rey.

Feuilles ovales lancéolées, fleurs rouges.

c. Cascarilla Chahuargucra.

L'échantillon de l'herbier Boissier portant cette indication (subsp. 31, n° 553, le. 715) a des feuilles largement elliptiques , un peu atténuées à la base, obtuses au sommet. Les dents du calice sont lancéolées et assez longuement acuminées.

6« Cinchona crispa, Tafalla.

(Cinchona Chakuarguera, Var., Pav.)

La figure que donne de cette plante l'ouvrage de M. Howard, la rapproche beaucoup du Cinchona Chahuargucra; elle a des, feuilles lancéolées acuminées, atténuées à la base, et ne ressemble pas à la figure donnée par Berg et Schmidt (tab. xvi, a); par contre, cette dernière représente parfaitement un échantillon de l'herbier Boissier notésp. 31. Cinchona Chahuarguera, v° Cascarilla parecida a la buena. Cascarilla parecida a la amarilla o buena, ce qui désigne bien le C. crispa.

Dans celte dernière forme, les feuilles supérieures sont arrondies, subcordées à la base, très-brièvement acuminées; les inférieures sont largement ovales, trèslégèrement atténuées à la base.

7° Cinciiona macrocalyx, Pav., Quinol.

Feuilles ovales ou arrondies, dents du calice longuement acuminées.

Les premières formes (Uritusinga , violacea, obtusifolia, Palton) appartiennent toutes au Cinchona Condaminea vera de Weddell. Les formes C. colorada et amarilla du Chahuarguera de Pavon, le C. crispa de Tafalla, tel qu'il est figuré par M. Howard, se rapportent au même type; tandis que le Chahuarguera vrai et la forme, du Ç. crispa, telle qu'elle existe dans l'herbier Boissier et qu'elle est figurée dans l'ouvrage de Berg et Schmidt, rentrent, avec le C. macrocalyx, dans la variété (3. Candollii.

Le Cinchona Chahuarguera de Pavon se rattache donc par une de ses variétés au Condamineavera de Weddell, par les deux autres au Condaminea fi du même auteur. Gela doit expliquer suffisammentpourquoi nousnefaisons pas deux espèces distinctes de cette série de formes, dont les extrêmes paraissent au premier abord très-différentes.

A toutes ces formes, il faut peut-être ajouter encore les deux suivantes :

Cinchona erythrantha, Pav.

Je rapporte à cette espèce un échantillon de l'herbier Boissier qui est nommé Ch. coccinea, tout en portant les indications sp. 17, n° 583. Ic. 787, attribuées par Howard à Y Erythrantha. 11 répond , du reste, parfaitement à la figure de cette dernière espèce donnée dans les Illustrations de la Nueva quinologia. Il a des feuilles ovales lancéolées, atténuées à la base, légèrement pubescentessurles nervures, et des fleurs plus grandes qu'elles ne le sont d'ordinaire dans les Cinchona.

Hab. Jaen et Guayaquil.

Cinchona cogcinea, Pav., Quinol.

Feuilles inférieures ovales ou obovales, presque arrondies, brièvement acuminées; ies supérieures ovales, obtuses ou un peu acuminées, légèrement pubescentes sur les nervures.

Hab. Huaranda , san Antonio et Huagres, dans la province de Quito.

En somme, nous pouvons donc résumer de la façon suivante la synonymie du C. Condaminea:

ClNCHONA CONDAMINEA.

(Wedd.; Hist. nat. Quinquinas, exclusis variet., 7, 3, s.) Var. a. Condaminea vera.

(C, officinalis, h , Syst. Veg., ed. X, 959 ; Valh. Act. Soc. h. n., Hafn. — C. Condaminea , Rumb. et Bonp.; Plantée aequinoxiales. — C. Uritusinga, violacea, obtusifolia, t'alion et Ckahuanjuera (partim) , Pavon , Quinol. et herb. Boissier.)

j3. Condaminea candollii.

(C. Bonplandiana, Klotzsch ; ex herbier Boissier. — C. Condaminea. j3. Clicihuarrjuera et C. macrocalyx (exclus, variet.), DC, Prodr., IV, 353. — Cliahuarguera (partim) et macrocalyx, Pav. ; Quinol. — An C. coccinea et enjlkranlka? Pav.; Quinol.).

QUINQUINAS CONDAMINEA.

Les produits du Cinchoiia Condaminea sont nombreux et la plupart très-importants. Pour les étudier en détail, nous passerons successivement en revue les écorces fournies par les diverses formes végétales énumérées cidessus.

A. Quinquina Urituswga.

(Original or old Loxa bark, Pereira ; Mat. méd. , 1G38. — Cortex Chinas fusrus, s. de Loxa vera, s. China offi. inalis , s. Casr.anlla fina de Uritusinga; China roronalis, Cortex peruvian us (Gôbel el Kunze, pap. 41, tab. VI). — Quinquina de Loxa rouge fibreux du roi d'Espagne (Guib., pag. 105). — Vulgo Cuscarilla fina de Uritusinga.)

On rapporte généralement à l'Uritusinga de Pavon , l'écorce primitive de Loxa , celle qui a eu longtemps le plus de réputation , mais qui ne se trouve dans le commerce qu'exceptionnellement.

Elle se distingue, d'après Gôbel et Kunze, des quinquinas gris de Loxa du commerce , par la couleur plus brune de sa surface extérieure, ses verrues subéreuses, ses fissures transversales peu profondes et qui ne décrivent pas un cercle complet, enfin par sa saveur beaucoup plus astringente.

J'ai retrouvé tous ces caractères dans des échantillons données par M. Howard comme appartenant au C. Uritusinga. Ils présentent aussi les particularités du quinquina rouge fibreux de M. Guibourt: ils sont «très-légers, très-fibreux , d'une couleur de rouille vive et foncée ou même presque rouge'».

Les Cinchona d'Uritusinga , exploités pendant le xvii6 siècle, avaient déjà considérablement diminuéde nombre, à l'époque où La Condamine les décrivit. Les écorces étaient réservées pour La pharmacie du roi d'Espagne.

C'est, paraît-il, une écorce analogue qui fut prise en 1803 par les Anglais sur un galion espagnol. Elle était

i Guibourt, loc. cit.

contenue dans des caisses qui portaient cette désignation particulière : ce pour la famille royale ». Ce n'est que par exception qu'il entre de temps à autre dans le commerce quelques échantillons de ce quinquina.

1 /analyse faite par M. Howard de l'ancien quinquina de Loxa a donné une proportion considérable d'alcaloïdes qui explique la réputation de cette écorce.

On ne connaît pas encore d'échantillon authentique du Quinquina violacea.

B. Quinquina obtusifolia.

Sous le nom de C. obtusifolia, j'ai trouvé dans la collection envoyée par M. Howard deux échantillons roulés de 7-9 centimètres de longueur sur 2 de diamètre : l'épaisseur est de 3 mm environ ; la surface extérieure d'un brun noirâtre, nuancée de lichens blancs. Elle est marquée de fissures transversales rapprochées, qui ne font pas tout le tour du cylindre ; la surface interne est jaune sale , la fracture transversale fibreuse à l'intérieur, avec un cercle résineux bien marqué extérieurement. Amertume désagréable, nauséeuse.

Le nom vulgaire de celte espèce , qui vient quelquefois comme écorce de Loxa, est Cascarilla negrilla, mala de Loxa ou mala de Macos.

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