‹ Des quinquinas [electronic resource]Chapitre 13 sur 41 · C. Quinquina Chahuarguera · texte numérisé non relu

C. Quinquina Chahuarguera

Ce sont la plupart des quinquinas de Loxa du commerce:

1° Écorce du Chahuarguera type.

(Rusty crown bark, Pereira; Mat. méd., 1635. — Quinquina huamalies, mince et rougedlre, Guib., 145? )

M. Howard, après M. Pereira, rapporte au Chahuarguera de Pavon l'écorce connue sous le nom de rusty crown bark du commerce anglais, que Pereira donne comme synonyme du Quinquina huamalies mince et rougeâtre de M. Guibourt. Nous verrons plus tard que cette synonymie est encore douteuse.

Voici les caractères du msty crown bark, tels que les a donnés Pereira: Écorces roulées à épiderme blanchâtre ou grisâtre, longitudinalement strié, sans sillons transverses et pouvant être rayé par l'ongle. Sur quelques points, on observe des verrues couleur de rouille qui , lorsqu'elles sont nombreuses, se groupent en séries régulières. Des échantillons donnés par M. Howard comme produits du Chahuarguera rappellent le Huamalies brunâtre figuré par Gôbel et Kunze (pl. X, fig. 1 et 2), à la couleur près, qui est beaucoup plus noire. Comme le fait observer M. Howard, les grands morceaux d'écorce prennent l'apparence du quinquina noueux de Joseph de Jussieu.

Cette espèce est remarquable par sa richesse en cinchonidine ; le total des alcaloïdes est de 2 à 3°/0. C'est, d'après la tradition , l'écorce qui guérit la comtesse d'El Chinchon.

S» Écorce du Chahuarguera, var. Amarilla del Rey.

La Cascarilla amarilla (Jaune) de Laubert (Bull, pharmac, 292). — Quinquina de Loxa jaune fibreux ; Quinquina jaune de La Condamine (Guib., loc. cit., pag. 106). — H. 0. crown bark (Pereira; Mat. méd., 1639).

Laubert donne à cette espèce les caractères suivants: « Celte écorce est mince, de la grosseur d'une plume d'oie ou à peu près, assez bien roulée et recouverte d'un léger épiderme fin et d'un gris fauve ; sa surface interne a la finesse et l'aspect de la cannelle de Ceylan ; sa cassure est bien nette , excepté à sa partie interne, qui présente de petits filaments fibreux, extrêmement fins ; son odeur, assez aromatique, devient plus sensible par la pulvérisation et par la coction ; son amertume se développe successivement par une mastication prolpngée, mais elle est toujours très-inférieure à celle du Calisaya; elle est aussi styptique, mais sans être acerbe. On trouve rarement cette écorce sans mélange ; on remarque à sa surface externe quelques légères fissures transversales et presque parallèles. »

3° Écorce du Chahuarguera, var. Colorada del Rey.

(La Cascarilla colorada, Laub.; Bull, pharm., 294. — Quinquina gris compacte; Quinquina rouge de la Condamine, Guibourt, loc. cit., 101.— Vulgo Cascarilla colorada del Rey.)

Voici ses caractères d'après Laubert : « Épiderme fin, mais nn peu plus épais que celui de Y Amarilla, ridé, d'un brun marron, et recouvert de plaques argentines et de lichens très-fins; fissures transversales plus nombreuses et mieux prononcées, épaisseur au-dessous d'une

ligne, roulage complet, cassure nette avec quelques petits filaments dans la partie interne ; grosseur la même que la précédente ; surface interne moins fine et d'un jaune grisâtre, tirant dans quelques écorces un peu plus sur le rouge, ce qui lui a fait donner sans doute le nom de colorada ; sa poudre d'un jaune grisâtre ; aucune différence sensible avec la précédente pour ses autres qualités. On la trouve souvent dans le commerce avec la Potmaria, la de/gadilla, la carrasquena et autres; mais elle forme avec la première l'assortiment le plus estimé'».

D. Quinquina crispa.

(Quinquina jaune du roi d'Espagne, Guib. , loc. cit., 130. — Silver crown bark, Pereira, 163. — Vulgo Cascarilla parecida a la buena , ou Cascarilla crespilla negra parecida a la Amanlla fina o buena, ou Quina carasqûena.)

La Cascarilla crespilla negra est la même écorce que le Quina fina de la collection de Pavon ; elle porte encore ce nom dans son pays d'origine; du moins M. Seeman a reçu du gouverneur de Loxa des échantillons de Cinchona crispa étiquetés Quina fina. Sa surface extérieure est recouverte de lichens blancs et jaunes sur un fond argenté ou noirâtre; elle a une odeur prononcée de tabac, elle est beaucoup moins riche en alcaloïdes que son prix ne le ferait supposer. C'est surtout son apparence extérieure et son arôme qui l'ont fait apprécier et lui ont quelquefois donné une valeur vénale supérieure à celle des Calisayas.

1 Laubert; Bull, pharm., II, 294.

«E. Qdinquïna Palton.

( West-coast Cnrthagena du commères anglais (ex Howard, loc. cit.). China pseudo-regia, Wittstein. )

Cette écorce, qui estquelquefois importée comme Quinquina Carthagène, ressemble au quinquina rouge; elle en diffère par sa moindre densité et son amertume moins agréable. Les échantillons de la collection Pavon sont, d'après Howard, des morceaux enroulés d'un brun orange; leur structure est fibreuse intérieurement; les couches subéreuses sont grises, ridées longitudinalement et marquées de fentes transversales dans les jeunes rameaux; çà et là recouvertes de plaques d'un blanc micacé.

Une écorce plate, envoyée par M. Howard, offre une surface extérieure rouge brun, sillonnée dans le sens de la longueur, marquée de quelques plaques micacées. La fracture est fibreuse à l'intérieur, résineuse à l'extérieur; la surface interne est jaune cannelle, uniformément fibreuse, à fibres longues se courbant sous l'ongle.

L'écorce du C. Palton a donné à M. Howard: Cinchonidine (Pasteur) et Cinchonidine 1 Wittstein 4,34%, quinine 0,71 ; total 2,05 °/0.

1 La cinchonidine de Wittstein paraît différer de celle de M. Pasteur par un équivalent d'eau en moins. Elle est beaucoup moins soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther (fuie Howard, article G. Palton).

F. Quinquina macrocaltx.

Quinquina de Loja cendré B., Guib., loc. cit., 152. — Agy cruwn burk

du commerce anglais (Pereira, loc. cit., 16 9). — China pseudo-Loxa ou DunkeU-Ten-China , Bergen. — DunkleJuen China, Gobel et Kunze, pag. 6-8, lab. Xll!, 1-4. — Quinquina de Luxa jaune, fibreux-, du romiiurce actuel (Guibourt. 106). — Vulgo Çuscurilla con hujus redoudas y de quubro ou Cascuiillu con hujus un poco villosas.

D'après l'herbier Boissier, la Cascarilla de îtojas crespas et concavas est la même espèce que le C. macrocalyx.

Celte écorce, attribuée d'abord par MM. Howard et Pereira au C. cordifolia var. rotundifolia, à cause du nom vulgaire con hojas redondas, appartient en réalité au C. macrocalyx, ainsi que M. Howard l'a démontré plus tard au moyen d'échantillons authentiques de la collection de Pavon V

D'après Pereira, cette écorce est en cylindres de la grosseur du doigt et recouverte d'un nombre considérable de lichens foliacés ou filiformes; la couleur de la surface extérieure varie du blanc au noip, cette surface est quelquefois parsemée de protubérances subéreuses couleur de rouille. Le périderme est marqué de sillons longitudinaux et transversaux, qui distinguent cette écorce du quinquina jaune pâle de Jaen. La surface interne est de couleur jaune ou orange; la saveur estamère.

Cette écorce vient d'ordinaire en surons par le port de Lima.

Un échantillon de M. Howard , marqué par Pavon 1 Howard, loc. cit.

C. macrocalyx , paraît répondre au quinquina jaune fibreux du commerce actuel. (Voir Guibourt, loc. cit. , pag. 106.)

L'écorce du C. macrocalyx donne une petite quantité de cinchonine avec très-peu de cinchonidine et de quinine.

Examen microscopique des écorces de C. Condaminea. — Les écorces de C. Uritusinga et Chahuarguera présentent les plus grands rapports dans leur structure anatomique, qui rappelle celle du C. Calisaya. Les rayons médullaires sont nombreux dans les couches du liber, et les fibres corticales rares et minces; l'enveloppe cellulaire est large , les couches subéreuses plus ou moins développées, remplies dans le Cascarilla colorada d'une matière rouge brunâtre ; on voit quelques vaisseaux laticifères dans le Cascarilla amarilla. ( Voir Howard, loc. cit., Microscop. observ., pag. 8, tab. i, fig. 1, 2, et tab. m, fig. 20.)

Le Cascarilla con hojas redondas (C. macrocalyx) diffère des écorces précédentes par ses fibres corticales rangées en groupes allongés dans le sens du rayon, et par ses cellules à résine répandues çà et là dans les couches herbacées.

Enfin , le Cascarilla con hojas de Palton ( C. Palton) se distingue par de nombreuses couches subéreuses de couleur pâle, et surtout par une abondance considérable de cellules à résine , donnant au derme l'aspect rouge orangé qui le caractérise. L'enveloppe cellulaire est séparée du liber par des vaisseaux laticifères ; les rayons

médullaires sont peu distincts et les fibres du liber trèsrares. (Voir Howard, loc. cit., tab. m, fig. 20.)

ÉCORCES DES ClNCHONA COCCINEA ET ClNCHONA ERYTUBANTHA .

(Quinquina jaune de Guayaquil, Del. et Bouch., loc. cit., pag. 32, pl. X.)

L'échantillon de C. erythrantha de l'herbier Boissier, dont il a été question plus haut, portait la dénomination vulgaire : Cascarilla serrana ypata de Gallinazo de Ja'ên, qui est aussi le nom usuel de l'écorce du C. coccinea. Les deux espèces doivent donc produire des écorces trèssemblables ; elles n'ont point été distinguées l'une de l'autre. C'est, d'après M. Howard, le quinquina décrit par MM. Delondre et Bouchardat1 sous le titre indiqué ci-dessus. « Les écorces de ce quinquina sont roulées sur elles-mêmes et très-longues; leur couleur a quelque rapport avec celle de la cannelle de Chine. La surface externe est à sillons longitudinaux et peu profonds, avec des traces d'un épiderme blanc très-mince ; la surface interne est plus brune, à texture unie et très-serrée. La cassure est résineuse à l'extérieur et à fibres courtes à l'intérieur; l'épaisseur est de 3 à 4 millimètres; l'amertume est piquante et sans astriction. On en retire 30 gram. de sulfate de cinchonine par kilogramme, et 3 à 4 gram. de sulfate de quinine. On sera peut-être trop heureux de le retrouver un jour à venir, lorsque les autres espèces seront épuisées et que l'on sera venu à l'emploi de la cinchonine; mais aujourd'hui on n'en fait aucun cas,

i Delondre et Bouchardat, loc. cil., pag. 32.

et il n'en est arrivé, à notre connaissance, qu'une trèspetite quantité en Europe. »

Schleiden avait rapporté cette écorce à YUritusinga , mais les caractères microscopiques ne confirment point cette opinion. L' écorce du C. coccinea n'a pas encore été étudiée au point de vue anatomique. Voici, d'après Phœbus',les caractères du quinquina jaune deGuayaquil: fibres corticales rares, isolées, ou exceptionnellement groupées dans le sens du rayon ou en couches concentriques; pas de lacunes; suber manquant par places; cellules à cristaux clans le liber et l'enveloppe cellulaire.

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