‹ Des quinquinas [electronic resource]Chapitre 17 sur 41 · C. Quinquina jaune orangé de Mutis · texte numérisé non relu

C. Quinquina jaune orangé de Mutis

( Delond. et Bouch., pag. 35, /;/. XIV. — Quinquina orangé de Mutis (Guib., loc. cit., 142). — Caqueta bark of english commerce, Pereira, loc. cit., 16M. — Quina naranjada et Quina primiliva, Mutis. — China flava pZbrosa, Gôbel et Kunze , pag. 59, tab. IX. — Quinquina Colombia du commerce.)

Écorces légèrement cintrées, épaisses de 2-8 mill. jaune orangé, plus ou moins rouge. Texture uniforme à fibres longues et flexibles ; surface extérieure plus foncée que l'intérieure, quelquefois recouverte de plaques micacées. Fracture transversale ligneuse en dedans, subéreuse sur une épaisseur d'un millimètre au plus. Amertume légèrement aromatique. Ces écorces produisent 15-46 grammes de sulfate de quinine. M. Rampon a envoyé à l'École de pharmacie de Montpellier des échantillons qui en donnent de 24 à 30 grammes par kilo.

D. Quinquina jaune de Mutis.

( Delond. et Bouch., loc. cit.. pag. 37, tab. XVI. — Calisaya de Santa- Fe?, Laub. , Bull, pharm. , II, 303. — Quinquina Colombia du commerce. )

Ce quinquina diffère du précédent par la couleur de sa surface interne, qui est d'un jaune ocreux, sa texture moins unie, les sillons longitudinaux de la surface interne et les rides de la surface externe. MM. Delondre et

Bouchardatlui attribuent 12-44 grammes de sulfate de quinine et 5 à 6 grammes de sulfate de cinchonine.

Un échantillon envoyé par M. Rampon, et qui se rapporte bien à cette espèce commerciale, est marqué comme donnant de 28 à 32 grammes de sulfate de quinine; une écorce de la môme espèce a été désignée par Howard : C. lancifolia var. ? rich in alcaloïds.

E. Je rapprocherai de ce quinquina une écorce venant également de la collection de M. Howard, avec cette suscription : C. lancifolia var. from Chiquinquera. Ces échantillons sont enroulés quelquefois en double volute; ils ont de 2 à 3 centimètres de diamètre ; la surface externe est ridée longitudinalement et marquée de faibles rugosités transversales ; la couleur est jaunâtre, lederme revêtu ça et là de plaques micacées; la cassure, subéreuse à l'extérieur, est fibreuse à l'intérieur ; les fibres sont longues et flexibles; la face interne, de la couleur de l'externe, est finement silonnée longitudinalement. L'amertume se développe assez vite avec peu d'astiïngence.

F. Quinquina Carthagène ligneux.

(Delond. et Bouch., loc. cit., pag. 35, pl. XIII. — Quinquina Carthagène du commerce actuel. )

Cassure caractéristique à longues fibres, flexibles ; surface externe jaune rougeâtre, avec quelques plaques micacées; surface interne jaune fauve; texture unie, montrant cependant les longues fibres de récorce. Amertume se développant facilement, sans astringence, et persistante.

D'après MM. Delondre et Bouehardat, cette écorce donne jusqu'à 90 grammes de sulfate de quinine sans cmehonine. M. Rampon attribue aux échantillons qu'il a envoyés, 16 à 18 grammes de sulfate de quinine par kilogramme.

Quinquina a quinidine du commerce.

(Quinquina rouge de Mulis, Del. et Bouch., pag. 37, pl. XV, et Quinquina Carthagène rosé, ibid.)

Faut-il rattacher aux quinquinas lancifolia une écorce que j'ai reçue de M. Rampon, sous le nom de quinquina à quinidine et qui, d'après lui, répond au quinquina rouge de Muêis:, Delond. et Bouch., et au quinquina Carthagène rosé des mêmes auteurs? La même écorce est marquée par M. Howard : Cinchona lancifolia red variety, et ses rapports avec les quinquinas du C. lancifolia paraissent, en effet, bien évidents. La structure anatomique du Carthagène rosé rapproche aussi cette écorce de celle du lancifolia, mais celle du quinquina rouge paraît un peu différente, et M. Phcebuus, quia fait connaître la constitution de ce quinniina , ne serait pas éloigné de l'attribuer au C. Palton. Il me paraît cependant difficile d'assimiler le quinquina à quinidine au quinquina Palton q>ue nous avons décrit, et il) est, je crois, beaucoup plus conforme à l'observation' de placer cette écorce à côté des précédentes.

En tout cas, voici sur ce point les renseignements que M. Rampon a bien voulu me transmettre.

« Quinquina à quinidine. Cinchona.... à spécifier botaniqnement.

»On le récolte au nord de Bogota, à Vêlez, au Socorro, dans la province d'Ocana et de Pamplona.

»Son écorce a la même texture que celle du lancifolia; mais sa surface externe, lorsqu'elle est dépouillée de l'épiderme micacé, offre une teinte rosée ou rouge plus ou moins vive, tout à fait caractéristique pour un œil exercé.

2>Elle imite assez bien dans ses grosses écorces l'aspect du quinquina rouge, mais elle en diffère essentiellement par la structure et la composition chimique.

«Nous n'avons pu étudier sa floraison, mais ses feuilles ont une dimension et une forme très-différentes de celles du C. lancifolia, dont l'éloignent aussi la teinte caractéristique de son écorce et l'alcaloïde qui prédomine en elle.

»Le rendement est de 15 à 22 grammes d'alcaloïdes par kilo. — Prix 3 à 4 francs le kilogramme. »

Examen microscopique des écorces du C. lancifolia.

Ces écorces présentent en général: des fibres corticales disposées à la fois en séries rayonnantes et en couches concentriques. Cette dernière disposition est surtout prononcée dans les couches extérieures du liber. Les pores de ces fibres sont d'ordinaire très-marqués. L'écorce moyenne est plus ou moins développée et contient, ainsi que le liber, des cellules à résine ou à cristaux. Dans les jeunes écorces, on retrouve la disposition des éléments fibreux en couches concentriques. Beaucoup de cellules sont encore béantes et en voie de formation ; cà et là quelques vaisseaux laticifères, et, dans les deux zones internes, des cellules à résine.

Toutes les écorces que nous avons décrites (même le quinquina rouge de Mutis) répondent assez bien à ces caractères ; il n'y a réellement entre elles que des différences individuelles tenant à l'âge de la branche d'où elles proviennent, ou à des circonstances analogues. (Voir pour les détails, Phœbus, loc. cit. p. 42-49.)

Vf. Cinclioua Pitayensis.

(Cinchona Condaminea s PUayensis, Wedd. Hist. nat. Quinq.,pag. 38. — Cinchona lanceolata, Benth. Plant. Hartweg., non Ruiz et Pav. Cinchona Trianœ, Karst. , in herb. Triana. )

C. à feuilles épaisses, glabres, lancéolées, acurainées, atténuées à la base; dents du calice linéaires; capsule ovoïde allongée.

Habite la Nouvelle-Grenade.

QUINQUINA PITAYENSIS.

(Quinquina Pitayo, Del. et Bouch. , loc. cit., pag. 33, pl. XIII. — Quinquina Pitaya ; Quinquina de la Colombie ou d'Antioquia, Guib., loc. cit., 140. — Quinquina pareil au Calisaya, Laub., loc. cit., pag. 303. — Quinquina brun Carthagèneel Quinquina rouge Carlhagène, Guib., loc. cit., pag. 126. — Pitaya Condaminea bnrk, Pereira, loc. cit., 1643. — Quinquina Almaguer, Rampon, Notes inédites.)

<a Pitayo des indigènes et non pas pitayon ni pitaya, comme on l'a écrit dans les livres.

»On le récolte sur le versant occidental de la Cordillère moyenne, non pas dans la province d'Antioquia, où il n'y a que de faux quinquinas, mais plus au Sud, dans la province du Cauca, depuis Sumbico jusqu'à Popayan, et spécialement clans les environs de Pitayo, village indien qui lui a donné son nom. L'espèce en est à peu près épuisée dans ces régions.

»I1 est fourni par le Cinchona piîayensis , variété du Condaminea vera, niais il diffère essentiellement, contre l'opinion de M. Weddell, du lancifolia de Mutis.

îComme le Condaminea vera il présente deux variétés : le jaune et le rouge brun. La planche qu'ont donnée de cette écorce MM. Delondre et Bouchardat représente la variété rouge brun.

»La structure, qui est la même dans les deux variétés, diffère beaucoup de celle des quinquinas orangés. Ce* sont des écorces lourdes, dures, compactes, à fibres très-serrées, donnant une poudre à peu près inoffensive au toucher, tandis que l'orangé donne des aiguilles trèsfines qui pénètrent facilement dans la peau, où elles produisent une forte cuisson. Elles renferment une forte proportion de tannin et de matière colorante; leur élaboration est relativement difficile et leur sulfate plus lourd ; mais d'habiles analyses et surtout le traitement en grand chez les fabricants ont démontré que, abstraction faite de la cinchonine, les quinquinas donnaient suivant la forme et la grosseur de l'écorce, de 25 à 40 gram. de sulfate de quinine par kilo.

»Le Pitayo jaune et le Pitayo rouge brun ne diffèrent guère que par leur couleur; le rouge brun est aussi plus chargé de tannin et de matière colorante, et en général d'un meilleur rendement.

»Ce quinquina , qui précédemment nous arrivait en grosses écorces, ne vient plus guère que sous forme de petites écorces brisées, brunes, dures, compactes, tourmentées, d'une odeur aromatique particulière, ressemblant à la vieille rose. Sous cette forme, quand il est sans

mélange, il est d'une grande richesse, donnant quelquefois 45 grammes par kilo, et il atteint, dans ce cas, un prix plus élevé que celui du Calisaya.

»Au sud de Pitayo, en s'avançant vers l'Equateur, on trouve du côté de Pasto et d'Almaguer une autre variété du Condaminea vera que nous appellerons Almaguerensis. Elle ressemble exactement au Pitayo, dont elle diffère par son rendement, la quinine faisant place à une forte proportion de cinchonine.

»Le Pitayo rouge brun et l'Almaguer forment la transition aux quinquinas rouges ; aussi quelques auteurs, en particulier M. Guibourt, les ont-ils rangés dans les quinquinas rouges sous les noms de Quinquina rouge et brun Garthagène.

Il arrive quelquefois sur nos marchés, et des lieux mêmes d'où proviennent les quinquinas Pitayo et Almaguer, des écorces de qualité inférieure, soit à cause de leur mélange avec de faux quinquinas, soit que le Cinchona Pitayensis se soit développé dans des conditions défavorables 1 . »

Examen microscopique. — M. Phœbus 2 donne les caractères suivants, pour la structure anatomique des quinquinas Pitayensis: Derme formé souvent du liber seul, ou clu liber avec une portion d'écorce moyenne, plus rarement des trois parties de l'écorce; fibres corticales isolées, comme dans le Calisaya : ça et là quelques cellules à cristaux.

1 Rampon; Noies inédites.

2 Phœbus, loe. cit.

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