‹ Des quinquinas [electronic resource]Chapitre 9 sur 41 · C. succirubra · texte numérisé non relu

C. succirubra

En Angleterre, le docteur Royle avait depuis 1839 émis l'idée de pareilles introductions dans l'Himalaya, et avec une persévérance louable il revint à la charge en 1855 ; il obtint enfin que les consuls anglais de l'Amérique méridionale fussent chargés de recueillir des graines de Ginchona destinées à la culture. Quelques plantes de l'Equateur furent seules expédiées par cette voie, et elles élaient mortes à leur arrivée en Angleterre.

Après un pareil insuccès, il fallait prendre des mesures plus sérieuses. M. Markham offrait en 1859 de re-

cueillir lui-même des graines et des jeunes plants en vue de leur introduction dans l'Inde. Personne n'était mieux qualifié que lui pour une pareille entreprise : il connaissait les forets du Pérou et les frontières de la Bolivie ; il parlait ,1a langue des indigènes; il était enfin en rapport a,vec la plupart des autorités de ces régions. Le gouvernementanglais accepta ses services, et il partit immédiatement d'Angleterre pour sa mission. Au mois de mars 1860, il quittait Arequipa, accompagné seulement d'un jardinier et d'un hcmme de peine, et après un voyage des plus difficiles à travers les deux Cordillères, il arrivait le 20 avril à Sandia.

Cette région devait lui être favorable : elle lui offrit dans un magnifique site de beaux pieds de Calisaya tout jeunes, dételle sorte que, vingt jours après, il avait une provision d'arbres suffisante , et pouvait reprendre le chemin de la côte. 11 emportait avec lui , soigneusement empaquetés, 529 jeunes arbres, sur lesquels près de 500 Calisayas. A la fin de mai toutes ces plantes étaient placées dans des boîtes à la Ward et expédiées en Angleterre. Par malheur elles furent compromises par un trop long trajet, et arrivèrent mourantes à Bombay.

Le plan qu'avait proposé M. Markham au gouvernement anglais ne se bornait pas à l'exploitation des provinces péruviennes voisines de la Bolivie; quatre explorateurs devaient en même temps visiter les principaux districts de la région cinchonifère. Tandis que lui-même allait à la recherche des C. Calisaya et micrantha, un second voyageur devait parcourir les forêts de Huanuco et de Huamalies, pour se procurer les'C nilida et ghm-

dulifrra ;le troisième, prenant pour but le Chimborazo, rechercherait les quinquinas rouges et les variétés du C. Condaminea; enfin, un dernier parcourrait la Nouvelle-Grenadepour en rapporter les espèces intéressantes.

M. Pritchett fut chargé de l'exploration de Iluanuco. Il y arriva en mai 1860, et, parcourant tout le district, il se procura de jeunes plants de C.nitida, C. purpur ca , C. ovata , G. micrantlia var. L'envoi de ces plantes dans les Indes par la route de l'Angleterre ne réussit pas mieux que celui de M. Markham; mais les graines qui furent remises au Jardin d'Ootakamund levèrent parfaitement au printemps suivant. En 1861, elles avaient donné 890 pieds de C. nitida , 905 de C. micrantlia, 40 de C. peruviana, et 298 Cinchona indéterminés.

Pendant ce temps, le savant vcyageur Spruce, chargé d'explorer les régions voisines du Chimborazo, recherchait principalement l'espèce qui produit le quinquina rauge {C. sticcinéra). Il arriva au commencement de 1860 dans le diitrict de Huarauda, et put mettre la main sur cette plante précieuse. Plus de 10,000 graines et 637 jeunes arbres furent envoyés dans les Indes, sous la surveillance de M. Cross; 463 arrivèrent en bon état à leur destination.

Pendant l'année 1861, M. Cross , de retour en Amérique, s'occupa de rechercher les diverses variétés du C. Condamiiiea, et il s'acquitta de cette tâche avec un zèle et une intelligence remarquables. L'année suivante, on le chargeait de parcourir la Nouvelle-Grenade.

Enfin, le gouvernement hollandais voulut bien offrir

à l'Angleterre un certain nombre de plants de Calisaya venus à Java. M. Andcrson , directeur du Jardin de Calcutta , fut chargé d'aller recevoir ce don : il revint de la colonie hollandaise en novembre 4861, avec 412 pieds de C. Calisrn/a, de C. Pahudiana et de C. lancifolia, et environ 40,000 graines.

Différentes localités des colonies anglaises reçurent ces graines et ces jeunes plantes. Ce furent d'abord les montagnes de Neilgherries, sur la côte de Malabar. Les graines arrivaient au Jardin d'Ootakamund, placé dans le voisinage; elles y germaient, et donnaient de jeunes plantes qui, après quelque temps, étaient transportées en pleine terre. En 1863, 35000 pieds avaient pris possession de la montagne et s'y maintenaient a Pair libre. — Plus tard, des envois furent dirigés sur le Bengale, et une nouvelle localitéde quinquinas fut établie à Darjeeling dans le Sikhim britannique ; en 4862, elle comptait 686 plantes de pleine terre. Enfin , Ceylan eut aussi son contingent de richesses : en 4865, 230 arbres étaient établis dans ses forêts, au voisinage des jardins de Hakgalle et Peradania. On voit que le succès a couronné la persévérance des gouvernements anglais et hollandais. Les quinquinas semblent prospérer dans leur nouvelle patrie , et l'on ne néglige aucun des nombreux moyensde multiplication qu'ils présentent; les marcottes, les boutures réussissent parfaitement chez ces arbres, et de nombreuses graines en germination assurent l'avenir de cette belle entreprise.

La Jamaïque et la Trinité possèdent également quelques plantations de quinquinas.

L'Algérie nous offrira-t-elle un jour les mêmes avantages? Sur la demande de M. Tliouvenel au gouvernement anglais, 200 ou 300 pieds de quinquinas ont été mis à la disposition du gouverneur général de l'Algérie. Nous ne savons quels ont été les résultats de leur trans plantation sur la terre africaine.

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