RAMEAU HINDOU
civilisation a été plutôt rétrograde que progressive, sauf que, depuis que les Anglais ont étendu, dans ces derniers temps, leur pouvoir sur l’ Hindou stan , la civilisation
D’un autre côté, les variétés de couleur que présentent les Hindous, leur division en castes, la coloration des castes inférieures plus foncée que celle des castes supérieures, l’existence d’une langue particulière pour les livres sacrés , les rapports de cette langue avec celles des Européens et des Perses, sa différence complète avec les langues en usage chez les Hindous les plus méridionaux et les plus colorés, sont des circonstances qui annoncent qu’un peuple blanc, qui avait déjà atteint un certain degré de civilisation, est venu du nord-ouest, a conquis l’Hindoustan sur un peuple noir fort arriéré, l’a en partie réduit à l’état de servage, et en partie refoulé dans les montagnes, mais a fini par se mêler plus ou moins avec les vaincus. Il est à remarquer aussi que, malgré certains rapports d’institutions entre les Européens et les Hindous, il est reconnu maintenant par les personnes qui s’occuperfl de ces recherches, que les ancêtres de ces peuples étaient déjà séparés lorsque leurs civilisations ont commencé à se développer; de sorte qu’il y a lieu de voir dans la langue sanscrite une sœur plutôt qu’une mère des langues originaires des Européens.
■152 RACE BRUNE
européenne commence à y exercer son influence.
Les Hindous sont bien faits , pas trèsrobustes; leurs mains et leurs pieds sont plus petits que ceux des Européens; leur front est élevé ? leurs yeux noirs, leurs sourcils bien arqués, leurs cheveux lins, d’un noir très-vif; la couleur de leur peau est plus ou moins brune et quelquefois noire, surtout dans le midi et parmi les basses classes.
La plus grande partie des Hindous professent le brahmanisme, religion qui a pris naissance chez eux; quelques-uns ont embrassé l’islamisme, surtout dans la partie orientale de PHindoustan ; il y a aussi des bouddhistes dans P Himalay a et dans Pile de Ceylan.
Un caractère très-remarquable des Hindous est leur division en castes, qui se perpétuent
malgré toutes les commotions politiques que
ce peuple a éprouvées, et qui remontent à la plus haute antiquité, puisqu’ils considèrent les castes comme établies par leur dieu Brahma. Indépendamment des pratiques re-
Il AIME A (J HINDOU.
ligieuses particulières qui sont imposées à chaque caste, et de la défense de s’allier avec d’autres castes , chacun doit se borner à exercer l’état ou la profession affectée à sa caste. On en distingue quatre principales, mais qui se subdivisent en un très-grand nombre de castes secondaires.
La première grande caste est celle des brahmines ou des lettrés, dont les membres se livrent au culte, à l’étude des lois, à renseignement; la seconde, celle des tchétris , kchcitrias ou radj epoutes > qui passent pour descendre du second lils de Brahma et qui se livrent à la guerre ; la troisième , celle des vaichis ou banians , qui s’adonnent à l’agriculture, à l’éducation du bétail et au commerce; la quatrième, celle des soudras ou chuders y qui exercent différents arts ou métiers, d’où elles se subdivisent en un grand nombre de sous -castes, qui correspondent chacune a un métier particulier. Les descendants de ceux qui, par des mésalliances ou autrement, ont perdu leur caste, forment des
RACE BRUNE
espèces de castes inférieures, désignées par le nom de varri a-san-kara , et en dessous de ces divisions se trouvent les pariahs ou pou liarSy qui sont tenus dans l’état d’abjection le plus complet; ils ne peuvent notamment puiser de l’eau que dans les fontaines qui leur sont abandonnées et désignées par des
signes particuliers.
Division en familles. On peut distinguer dans le rameau qui nous occupe deux grandes divisions, que nous désignerons par les noms de familles hindoue et malabare.
La famille hindoue forme la majeure partie de la population de l’Hindoustan septentrional. Elle se lie avec les Perses , et son teint , surtout dans les castes supérieures , est assez clair. Les divers dialectes dont elle fait usage ont en général du rapport avec la langue sanscrite; c’est chez elle que la division en castes est la plus prononcée.
Cette famille se subdivise en un trop grand nombre de peuples pour que nous entreprenions d’en donner l’énumération complète;