DE LA RACE JAUNE
Caractères généraux. La race jaune est aussi nommée mongolique, d’après un de ses peuples dont les traits sont les plus caractérisés. Elle se reconnaît à ses pommettes saillantes, à sa tête presque en losange, à son nez petit et peu proéminent, à son visage plat, à ses yeux étroits et obliques, à ses cheveux droits, gros et noirs; à sa barbe rare, à son teint plus ou moins olivâtre. Elle a formé de grands empires stables à la Chine et au Japon, ou elle a atteint de bonne heure une civilisation assez avancée , mais qui , depuis longtemps , est demeurée stationnaire. Les peuples de cette race ont quelquefois étendu leurs conquêtes jusque dans l’Europe; mais actuellement il y a peu d’hommes d’autres races soumis à leur pouvoir, de même aussi qu’il n’y a que des peuplades peu nombreuses de la race jaune soumises à des Européens.
RACE JAUNE
La plus grande partie de ces peuples professent le bouddhisme suivant divers rits ; il existe aussi parmi eux des classes qui suivent la religion de Confucius ou celle de Sinto, ainsi que des peuplades que l’on peut considérer comme idolâtres. Le christianisme n’a jamais pu s’y établir d’une manière bien fixe.
On remarque que l’âge de la puberté se développe plus tôt chez les peuples de la race jaune que chez ceux de la race blanche, quel que soit d’ailleurs le climat qu’ils habitent.
Division en rameaux* Il est très-difficile d’établir de bonnes divisions parmi ces peuples; nous y distinguerons, d’après leur habitation dans les régions voisines du pôle boréal, dans le centre de l’Asie et dans l’est de cette partie de la terre, trois groupes ou rameaux , que l’on a quelquefois désignés par les épithètes d 'hyperboréen, de mongol et de sinique .
RACE JAUNE
SECTION I.re
DU RAMEAU HYPERBOREEN. 1
Caractères généraux* Nous réunissons sous le nom de rameau hjperboréen divers peuples qui habitent les régions voisines du
1 On trouvera sans doute qu’en plaçant ici le rameau hjperboréen, je me mets en contradiction avec la prétention de suivre une série décroissante, puisque ces peuples sont beaucoup plus bas dans l’échelle du développement social que plusieurs de ceux dont il sera parlé plus tard; mais on sait qu’il n’y a pas de méthodes naturelles qui ne présentent de semblables anomalies. Or , dans le cas présent, les Hyperboréens appartenant à la race jaune doivent nécessairement passer avant les Malais, parmi lesquels se trouvent des populations plus avancées que les Hyperboréens; et si je me suis déterminé à les placer avant les Chinois, c’est à cause des liaisons qui existent entre les rameaux scythique et hyperboréen , ainsi qu’entre les rameaux sinique et hindou, liaisons qui sont si intimes, que les Lapons et les Samoïèdes sont souvent considérés comme Finnois, tandis que la ligne de démarcation entre les Indochinois et les Hindous est presque impossible à tracer d’une manière bien nette.
RAMEAU HYPERBOREEN.
cercle polaire boréal, qui ont, en général, la taille petite et les principaux caractères de la race jaune, c’est-à-dire le teint jaunebrunâtre; la figure plate, les yeux noirs, petits et obliques, les cheveux noirs et gros; mais, outre que nous n’oserions assurer qu’au lieu de grouper tous ces peuples ensemble, il n’en est pas qui se rangeraient mieux dans le rameau mongol, il est à remarquer que l’on a considéré quelques-uns d’entre eux comme appartenant à la race blanche, dont ils auraient perdu les caractères par l’effet du climat et de leur manière de vivre.
Ces peuples sont répandus sur un espace immense, mais leur population est peu considérable et tend journellement à diminuer. Us sont en général nomades, n’ont d’autres animaux domestiques que des chiens et des rennes. Us se nourrissent des produits de leurs chasses et de leurs pêches : lorsqu’ils sont dans l’abondance , ils dévorent une quantité prodigieuse d’aliments; mais, dans les moments de disette, ils savent supporter
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de longues abstinences. Ils ont beaucoup de goût pour les liqueurs enivrantes, sont d’un caractère facilement irritable, et excessivement reculés sous le rapport de la civilisation.
Quoique soumis, pour la plupart, à des Etats dire tiens , on peut les considérer comme étant en général idolâtres, car le plus grand nombre de ceux qui sont censés avoir embrassé le christianisme croient encore au pouvoir de leurs magiciens et de leurs sorciers.
Division en familles. On a cru pouvoir distinguer parmi ces peuples sept familles linguistiques , savoir : la laponne , la samoïede, Xiénisséienne > la kamtchadale , Yiukaghire, la koriake et Y eskimale. Les trois premières sont séparées des quatre autres par des Iakoutes et des Toungouses, que nous rangeons dans le rameau mongol et qui s’avancent dans le bassin de la Lena jusqu’à l’Océan arctique.
Les Lapons, qui se nomment Sanie dans leur langue, ont embrassé le christianisme.
RAMEAU IIYPERBORÉËN.
Ils forment une petite peuplade éparse dans la Laponie, mais il paraît qu’ils ont été beaucoup plus développés, car on trouve dans la Suède et dans le Danemark des ossements d’hommes qui se rapprochent plus des Lapons que des Scandinaves.1
Les Samoïèdcs ou Khasovas errent dans le nord-est de la Russie et le nord-ouest de la Sibérie, depuis le Mezin jusqu’à la Khatanga; ils paraissent encore plus arriérés que les Lapons.
Klaproth a donné le nom dlcnissoicns
1 On considère souvent les Lapons comme appartenant à la famille finnoise, à cause des rapports que l’on a observés entre leur langue et celle des Finnois; mais les caractères naturels de ces deux races sont si différents, qu’il me semble indispensable de les séparer. D’un autre côté, tous les linguistes ne sont pas d’accord sur l’analogie de ces langues, et il est probable que les ressemblances se réduisent à l’introduclion , dans le langage des Lapons, d’un certain nombre de mots finnois; effet qui a ordinairement lieu quand un peuple sauvage se trouve en relation avec un peuple plus avancé.
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à une peuplade plus connue sous le nom d’ Osliakes du Ienisseï , mais qui parle une langue tout à fait différente de celle des Ostiakes de l’Oby, et qui paraît en différer aussi par ses caractères naturels , qui seraient ceux de la race jaune, tandis que nous avons vu que les Ostiakes de l’Oby avaient conservé ceux de la famille finnoise.
Les lukagliires et les Kortakes sont deux petites peuplades fort peu connues, qui errent dans le nord-est de la Sibérie, les premiers vers FIndigirka et la Kolima, les seconds dans le nord du Kamtchatka.
Les Kamtcliadales habitent dans le milieu de la péninsule de ce nom.
La famille des Eikimanx est à elle seule aussi développée que les six peuples dont nous venons de parler, et s’étend depuis la Kolima en Sibérie jusqu’à l’extrémité occidentale du Groenland. Elle est presque entièrement composée de peuples pêcheurs, qui, à l’exception d’une partie des Tchouktches, n’ont d’autre animal domestique que le chien,