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leurs anciennes poésies, qui remontent jusqu’au 8.e siècle, sont célèbres dans l’histoire littéraire, et ils ont puissamment contribué aux progrès que les sciences naturelles ont faits dans ces derniers temps. Ils ont joué, sous les noms de GotliSy de V are gués y de Normands y etc., un rôle important dans les grands mouvements de peuples qui ont renversé l’empire romain.
On peut les distinguer en Suédois , Norvégiens et Danois y qui habitent respectivement la Suède , la N orvège et le Danemark , lesquels ont chacun un langage écrit un peu différent. On pourrait aussi ajouter à cette énumération la petite population islandaise y qui est celle dont la langue se rapproche le plus de l’ancien Scandinave et surtout de celui que l’on parlait en Norvège avant que les relations de cette contrée avec le Danemark n’aient rendu le norvégien presque semblable au danois. Les îles Féroe sont aussi habitées par des Scandinaves, et on reconnaît encore beaucoup de Suédois sur
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les cotes occidentales de la Finlande; mais dans les autres contrées ou les Scandinaves avaient étendu leurs conquêtes, ils se sont en général fondus dans les peuples qu’ils ont soumis.
Parmi les nombreux dialectes que parlent les peuples germains, il n’y a en général que deux langues écrites : l’ allemand et le n eerlan dais (nederd uitsch ) .
Les Allemands occupent une très-grande partie de l’Allemagne et de la Prusse orientale, ainsi qu’une large bande de pays à la droite du Rhin, depuis la source de ce fleuve jusqu’à son confluent avec la Roer. On en trouve aussi dans diverses parties de la Hongrie, de la Pologne, de la Russie et de l’Amérique septentrionale. Ceux qui se sont établis dans d’autres contrées, soit comme conquérants, soit autrement, s’y sont en général fondus dans les autres peuples.
Les Allemands de l’est et du sud s’étant aussi beaucoup mêlés avec d’autres peuples , sont loin de présenter exclusivement les
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caractères de la race teutonne, et Ton voit parmi eux beaucoup d’hommes aux cheveux bruns et aux yeux de la même couleur. Il paraît même qu’il y a dans ces contrées des populations qui devraient être considérées comme des Slaves, ayant adopté la langue allemande.
On pourrait dire que les Néerlandais s’étendent le long de la mer du Nord, depuis le Pas-de-Calais jusqu’aux bouches de l’Elbe; mais dans toute la partie de cette étendue qui est à l’est du Dollaert, la langue écrite est l’allemand. Du reste, il est très-difficile d’établir la ligne de séparation , et beaucoup de populations qui parlent des dialectes plus rapprochés du néerlandais que de l’allemand, sont considérées comme allemandes, parce que l’allemand y est la langue écrite.
On peut distinguer parmi les Néerlandais trois dialectes principaux : le hollandais, entre le Zuiderzée et la Meuse; le flamand, au sud de la Meuse; et le frison, a l’est du Zuiderzée.
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Les Hollandais ont été , dans le I 7. siècle, le peuple qui faisait le plus grand commerce maritime de la terre, et ils ont fondé à cette époque plusieurs colonies, où leur population s’est plus ou moins propagée. La principale, sous le rapport de la population blanche, est celle du cap de Bonne-Espérance ou Capland, à l’extrémité méridionale de l’Afrique, mais qui est maintenant au pouvoir des Anglais. Les Hollandais possèdent encore de vastes territoires dans les îles de la Sonde, ainsi que des portions de l’Archipel des Moluques en Asie, de la Guyane et des Antilles en Amérique, et quelques points de la côte de Guinée en Afrique.
Les Anglais peuvent être considérés comme le résultat du mélange des Teutons avec des Celtes, des Latins et des Araméens qui ont habité les îles Britanniques avant l’arrivée des Teutons; mais c’est le type de ces derniers qui domine, tant dans les formes du peuple que dans la langue, laquelle contient beaucoup de mots français qui y ont été in-
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troduits en grande partie lors de la conquête
des Normands dans le 1 I .e siècle.
Les Anglais, qui sont maintenant le peuple le plus commerçant de la terre, ont une grande aptitude à former des colonies ; aussi , quoiqu’il n’y ait pas beaucoup plus de deux siècles qu’ils se sont établis en Amérique, ils composent déjà plus du quart de la population de cette partie du monde, et leurs établissements d’Australie , qui n’ont pas beaucoup plus de cinquante ans d’existence, se développent avec encore plus de rapidité. D’un autre côté, ils ont soumis à leur pouvoir une grande partie de l’Asie méridionale , ainsi qu’une portion de l’Afrique.
On peut distinguer de X anglais proprement dit le dialecte écossais , qui toutefois ne présente pas de grandes différences. La partie des Anglais d’Amérique qui forment une confédération politique indépendante, se donnent en général le nom d 'Américains.
Il est difficile, dans l’état de la science, de donner des notions positives sur les carac-
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tères propres et sur le développement actuel de la famille celtique. Les peuples de cette famille ont joué un rôle important dans l’histoire et ont étendu leurs conquêtes sur un grand nombre de régions, principalement en France, dans les îles Britanniques, en Espagne, en Italie; mais ils ont ensuite perdu leur indépendance et ne l’ont plus recouvrée. D’un autre côté, on pourrait supposer qu’il existe chez eux une forte tendance à perdre leurs caractères, car ils se sont en général fondus avec leurs vainqueurs, et il paraît qu’ils s’étaient auparavant fortement mélangés avec les peuples qu’ils avaient soumis. Quoi qu’il en puisse être, les langues celtiques ne sont plus maintenant parlées qu’en Irlande, dans les Higlands ou mon-
tagnes d’Ecosse, dans le pays de Galles et dans la Basse-Bretagne; mais il se pourrait que beaucoup d’autres peuples du sud-ouest de l’Europe fussent des Celtes qui ont adopté le langage de leurs vainqueurs, 11 est probable aussi que les peuples qui parlent actuellement
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des langues celtiques ne sont pas non plus des descendants purs des anciens Celtes , mais qu’ils sont le résultat du mélange de ces derniers avec les Araméens, que nous supposons les avoir précédés dans le midi de l’Europe, et avec les Latins et les Teutons, qui les ont soumis postérieurement; aussi leurs caractères ne sont-ils pas uniformes, et tandis, par exemple, que les Bas-Bretons ont en général les cheveux et les yeux noirs et la taille des habitants du sud-ouest de la France, on rencontre beaucoup de chevelures blondes parmi les Gallois.
On distingue parmi ces peuples deux dialectes principaux, qui paraissent se rapporter à l’existence de deux anciens peuples différents : l’un est le gall ou gaélique ,, parlé par les Irlandais et les Higlanders , l’autre est le kimry ou kimraig, parlé par les Gallois et les Bas-Bretons .
La famille latine s’est développée en Italie, d’oii elle a étendu ses conquêtes sur une grande partie de l’Europe, de l’Asie et
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de l’Afrique, en fondant l’empire romain, qui a duré plusieurs siècles; mais les seules parties de ce vaste empire oit se sont conservées les langues latines sont l’Italie , l’Espagne, la France et quelques contrées du sud-est de l’Europe. Dans les temps modernes, les peuples latins ont soumis une grande partie de l’Amérique; mais, quoique leurs possessions y soient plus étendues que celles des peuples teutons, leur population y est moins nombreuse et ne s’y développe pas aussi rapidement.
Ces peuples ont en général une taille moyenne, des cheveux et des yeux noirs, un teint susceptible de brunir par l’action du soleil; mais ils présentent beaucoup de variations.
Les dialectes qu’ils parlent sont très-nombreux, et passent de l’un à l’autre, de manière qu’il est presque impossible de tirer des lignes
de démarcation entre eux. On peut cependant distinguer parmi ces peuples trois divisions principales, que nous désignons par les noms
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d’ Italiens , d’ Hispaniens et de Français ; on y ajoute ordinairement le peuple valaque.
Il est probable que les Français tirent leur origine principale des Celtes : mais ceux-ci, soumis pendant près de cinq siècles aux Romains, se sont non-seulement mélangés avec ces derniers, mais ont entièrement perdu Fusage des langues celtiques ; conquis ensuite à diverses reprises par des peuples teutons , ils ont aussi subi de nouveaux mélanges , et ont pris le nom de Français; mais Fusage des langues teutonnes s’est perdu parmi les descendants des conquérants , et les dialectes latins ont prévalu. Parmi ces dialectes, un seul est demeuré comme langue écrite, et est devenu la belle langue française, qui passe pour celle des langues modernes qui se prête le mieux a l’expression des travaux scientifiques.
Cette circonstance d’une seule langue écrite est cause que l’on ne peut établir parmi les Français des divisions bien marquées. On pourrait cependant distinguer les Français
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proprement dits , vers le cours inférieur de la Loire, dont les dialectes diffèrent le moins de la langue écri te ; les Wallons 1 , dans le nord, dont la prononciation se rapproche un peu de celle des peuples teutons; et les Romans , au midi , dont les dialectes se confondent avec ceux des Hispaniens et des Italiens.
On suppose que les Français du centre sont ceux qui tiennent le plus des Celtes, que ceux du midi ont hérité de la vivacité des Basques, et que ceux du nord ont subi davantage l’influence des peuples teutons. Cette influence se fait surtout sentir en Normandie, contrée qui doit son nom aux établissements que des Scandinaves y ont formés dans le \ 0.c siècle.
Les Français, qui sont très-belliqueux, ont
1 Le nom de Wallon paraît tirer son origine de celui de IV ilsch ou IVelsh, que les Teutons donnent en général aux peuples voisins qui ne parlent pas leurs langues; mais ce nom n’ayant été, en quelque manière, accepté que par les Français du nord , il semble qu’il n’y a aucun inconvénient à l’employer pour désigner ceux-ci.
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souvent fait des conquêtes brillantes; mais elles leur ont échappé pour la plus grande partie; et il n’y a pour ainsi dire de populations françaises hors de la France géographique que dans le nord de F Amérique , ou elles sont en quelque manière tous les jours plus resserrées par les populations anglaises qui les dominent. Les Français se sont aussi établis depuis peu dans le nord de l’Afrique, ou ils ont soumis des peuples araméens.
La religion catholique est la plus répandue parmi les Français; quelques-uns appartiennent aux sectes réformées.
Les Uispanieits sont probablement, comme les Français, le résultat du mélange des Latins avec les Araméens et les Celtes, qui les ont précédés en Espagne, et avec les Teutons, qui ont renversé la puissance romaine dans cette région; mais il paraît, d’après les caractères des Hispaniens, que l’élément araméen est beaucoup plus abondant chez eux
que chez les Français, ce qui est en rapport avec les notions historiques qui nous font
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connaître l’existence de grands établissements araméens en Espagne ayant l’arrivée des Celtes , et une nouvelle domination des Maures après la chute de l’empire romain.
Il existe en Espagne deux langues écrites : P espagnol^ en usage dans la plus grande partie de la Péninsule , et le portugais , parlé dans la partie occidentale. On pourrait y ajouter le catalan , parlé dans le nord-est , mais qui est plutôt une subdivision du roman qu’une langue hispanienne.
Les Hispaniens ont fait d’immenses conquêtes et fondé de nombreuses colonies dans l’Amérique, l’Afrique et l’Asie; mais, quoique leurs établissements en Amérique y soient plus anciens et occupent un plus vaste territoire que ceux des Anglais , la population de race européenne n’y est point aussi nombreuse. Ces établissements occupent presque toute P Amérique méridionale ainsi que le Guatémala, le Mexique et une partie des Antilles. Ils appartiennent aux
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portion de la Guyane , qui appartiennent aux Portugais. Ces derniers ont aussi des établissements sur les côtes d’Afrique et du midi de l’Asie, ainsi que dans les îles du cap Vert, de Madère et des Açores. Les Espagnols dominent sur une grande partie de l’archipel des Philippines et aux îles Canaries.1
Les Hispaniens professent la religion ca-
1 L’histoire moderne des Hispaniens présente deux circonstances bien remarquables au point de vue ethnographique : la première, c’est que ces peuples, après avoir été à la tête de la puissance et de la civilisation européennes , ont perdu toute leur prépondérance et se trouvent maintenant en arrière de la plupart des autres Européens; la seconde, c’est que tandis que l’émancipation des colonies anglaises d’Amérique a donné lieu à un développement prodigieux de la population blanche dans cette partie de la terre, les mêmes événements ont, à très-peu d’exceptions près, produit des effets contraires dans les colonies espagnoles. Ne pourrait-on pas dire que la décadence de la puissance espagnole, analogue à ce qui s’est passé dans les états araméens , vient de ce que le sang araméen , plus abondant dans cette région que dans les autres parties de l’Europe et renforcé par la
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tliolique, et sont en général intolérants pour les autres religions.
Quoique l’Italie soit, ainsi qu’on l’a vu ci-dessus, le pays ou s’est développée la famille latine, nous n’oserions affirmer que les Italiens actuels représentent un type plus pur que les Français et les Hispaniens; car nous avons déjà indiqué qu’il est probable
longue occupation des Maures dans le moyen âge, y a repris une certaine prédominance sur l’aristocratie européenne, que les conquêtes des Celtes, des Latins et des Teutons avaient établie en Espagne? D’un autre côté, ne pourrait-on pas voir la cause de la différence de ce qui s’est passé dans les colonies d’Amérique dans la différence des relations des Anglais et des Hispaniens avec les races colorées? On sait, en effet, qu’il règne chez les Anglais d’Amérique une grande répugnance pour les unions avec les races colorées, et que les produits de ces unions y sont en quelque manière rejetés de la société et exclus de toute participation au pouvoir, tandis que chez les Espagnols il y a non-seulement une nombreuse population hybride, mais depuis l’émancipation des colonies beaucoup de ces hybrides sont parvenus aux emplois les plus élevés des nouveaux Étals.
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que les Européens avaient été précédés en Italie par des Araméens, et, depuis les temps historiques, cette région a été conquise différentes fois par des Celtes et des Teutons, qui s’y sont établis en nombre plus ou moins considérable.
Les Italiens forment, en général, toute la population de lTtalie et sont à peu près exclusivement concentrés dans cette région, sauf qu’ils composent une partie de la population de plusieurs villes des côtes de la mer Adriatique.
Ce peuple n’a, comme les Français, qu’une langue écrite, mais il parle des dialectes qui varient dans chaque contrée. Il professe la religion catholique.
On appelle langue franque ( lingua finança) un langage principalement composé d’italien et de roman, que l’on emploie dans les ports de l’empire ottoman pour les relations des habitants du pays avec les Européens, mais qui, comme on le voit, ne correspond pas à un peuple particulier. Le maltais est
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un mélange d’italien et d’arabe, où ce dernier paraît dominer.
On appelle ordinairement Vainques un peuple qui se donne le nom de Roumouni et qui est répandu dans la Valachie, dans la Moldavie, ainsi que dans quelques contrées voisines. Ce peuple paraît être le résultat du mélange de colonies romaines et grecques avec les populations slaves de ces contrées, et sa langue est en rapport avec cette triple origine.
Les Yalaques, qui habitent des pays longtemps dévastés par la guerre, paraissent en ce moment avoir une grande disposition à se développer; ils professent le christianisme du rit grec. Ceux qui s’étendent dans les contrées au sud du Danube sont ordinairement désignés par le nom de Zinzares /
La famille grecque tire son origine
1 On doit éviter de confondre ce nom de Zinzares avec celui de Zingares , l’une des dénominations des Tsiganes, dont il sera parlé à l’article des Hindous.
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d’anciens peuples que l’on désigne sous le nom de Pélasges ; elle paraît avoir été civilisée par des colonies égyptiennes avant les autres Européens, et a porté la civilisation plus loin qu’aucun autre peuple de l’antiquité; mais elle est maintenant bien en arrière des familles teutonne et latine.
Les Cirées avaient fondé beaucoup de colonies dans les contrées baignées par la Méditerranée et même jusque sur la mer Noire. Dans le 4.e siècle avant l’ère chrétienne, ils ont, sous la conduite d’Alexandre le grand, soumis une partie de l’Asie et de l’Afrique; mais, subjugués à leur tour par d’autres peuples, notamment par des Latins, des Slaves et des Scythes, ils ne forment plus maintenant qu’une population peu nombreuse concentrée dans la Grèce ou éparse dans les contrées voisines, et même la plupart de celles de ces populations qui habitent le continent asiatique ont adopté le langage des peuples qui vivent autour d’elles, et ne sont réputées grecques que parce qu’elles
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professent la religion chrétienne selon le rit grec.
Nous plaçons a côté des Grecs les Albanais» ou Skipétars , dont le langage a quelque rapport avec le grec. Ils sont maintenant à peu près concentrés dans les montagnes de l’Àlbanie et paraissent être les représentants des anciens habitants de ces contrées. On donne le nom de Guègues aux Albanais du nord et celui de Toskes à ceux du midi. Parmi les premiers on distingue les tribus des Arn août es y des Mali s ors , des Myrdites y et parmi les seconds, celles des Japides et des Chauddes . Ces peuples sont presque exclusivement occupés du métier des armes et forment les meilleurs soldats des armées ottomanes. Une partie professe le mahométisme, tandis que le surplus des Guègues est catholique et que celui des Toskes appar-
tient à l’Eglise grecque.
La famille slave, qui est une des plus importantes de la race blanche, paraît avoir habité, dès les temps historiques les plus
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reculés , les pays situés entre la mer Baltique et la mer Noire. Il semble qu’elle a été
longtemps sans jouer de rôle politique, et
souvent soumise à d’autres
que conquérante; mais ensuite les
Russes ont fondé un empire qui embrasse toute la partie septentrionale du globe , depuis la mer Baltique jusqu’aux confins de la Nouvelle-Bretagne ; et d’autres peuples slaves, plus ou moins dépendants, forment une grande partie de la population du sud-est de l’Europe. 1
1 Quelques auteurs regardent les Slaves comme descendant des Scythes , et cette opinion est sans doute fondée, lorsque , à l’instar de quelques anciens , on étend le nom de Scythes à tous les peuples qui habitaient au nord du Danube, de la mer Noire et du Caucase; mais il y a tout lieu d’admettre, avec le célèbre historien Karamsin , qu’il n’existe aucun rapport entre les Slaves et les véritables Scythes nomades. On a vu également des Slaves dans les Sarmcttes , mais cette opinion n’est fondée que sur ce que ces derniers occupaient des contrées où habitent maintenant des Slaves, et que leur nom avait cessé de
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Les Slaves ont en général une constitution robuste; mais ils présentent dans leurs caractères extérieurs beaucoup de variations, qui sans doute sont dues a de fréquents mélanges avec les peuples qui les ont soumis ou qu’ils ont conquis. Le plus grand nombre a les cheveux blonds ou châtains et les yeux bleus; mais il y en a aussi, surtout dans le midi, qui ont les cheveux et les yeux noirs. 11 est possible que ce caractère résulte, comme nous l’avons déjà indiqué pour les autres Européens, du mélange avec des Araméens, qui
figurer dans l’histoire, lorsque celui de Slaves a paru; or, comme' les Sarmates étaient, ainsi que les Scythes, des nomades venus d’Asie, il est bien plus probable qu’ils ont disparu par suite de ces événements qui atteignent si facilement les peuples nomades, plutôt que d’être devenus cultivateurs. Du reste, si ce n’est que vers la fin du Ô.e siècle que le nom de Slaves figure dans l’hisloire, les auteurs grecs et latins les plus anciens parlent des Fenèdes, peuples qui habitaient sur les côtes de la mer Baltique et qui paraissent être les ancêtres des Wendes d’aujourd’hui.
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les auraient précédé dans le midi de l’Europe. Mais il y a lieu de croire que c’est surtout l’intervention du sang mongol qui a produit cet effet chez les Slaves ,, soit directement, soit par l’intermédiaire des peuples turcs dont nous parlerons ci-après; car il paraît que, dès qu’il y a eu croisement des hommes de la race jaune avec ceux du type blond, les cheveux et les yeux des individus qui en résultent demeurent noirs, lors même que de nouveaux croisements de ces hybrides avec des hommes blancs ont fait disparaître toute autre trace des caractères de la race jaune. D’un autre coté, il y a dans le nord» est beaucoup de Slaves , ou plutôt des hommes parlant des langues slaves, cpii ont plus ou moins les caractères des Finnois, c’est-à-dire, ainsi qu’on le verra plus avant, une figure moins belle que celle des véritables Slaves.
Il est difficile d’établir de bonnes divisions parmi les Slaves ; nous y distinguerons cependant huit modifications principales , sous les dénominations de Russes , de Bulgares >
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de Serbes , de Ca miens , de J Vendes, de Tche&hes ; de Polonais et de Lithuaniens .
Les Russes forment la branche la plus importante de la famille; on peut les subdiviser en Russes proprement dits ou Grands Russes, en Rousniaques ou Petits Russes , et en Cosaques .
Les Russes proprement dits habitent presque exclusivement toute la partie centrale de la Russie et sont en outre répandus dans tout le reste du vaste empire russe; mais dans les parties asiatique et américaine de cette immense étendue, ils forment bien le peuple dominateur, mais sont loin de composer la majorité de la population. Toutefois, leur nombre augmente avec une telle rapidité, que l’on estime cette augmentation h plus d’un demi -million par an, tandis que les autres peuples compris dans les limites de l’empire tendent en général à diminuer.
Les Rousniaques habitent principalement les gouvernements de Kiev, deRbarkov, de Tchernigov, de Pultava, de Podolie et de
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Volhynie, ainsi qu’une partie de la Gallicie et du nord-est de la Hongrie. On dit qu’ils ont en général les yeux et les cheveux plus foncés, le nez plus prononcé, la taille plus élevée, un caractère plus léger et plus insouciant que les Russes proprement dits.
Les Cosaques forment plutôt une caste militaire qu’un peuple distinct. Il paraît qu’ils tirent leur origine principale de Rousniaques mélangés avec d’autres peuples, notamment avec des Gircassiens. Ils ont souvent le visage plus allongé, le nez plus proéminent, la taille plus élevée que les Russes proprement dits. Ils sont très-belliqueux et ont joué un grand rôle dans l’histoire ; mais ils sont actuellement soumis à l’empire russe , en conservant certains privilèges et une organisation militaire particulière. Leur principal établissement est sur les rives de la partie inférieure du Don; mais ils sont répandus dans presque tout l’empire, ou ils font le service de cavalerie légère et de gardes des frontières.
Les Bulgares sont à peu près les seuls
hameau européen.
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habitants de la Bulgarie, et s’étendent dans la Thrace et dans la Macédoine. Leur nom rappelle un peuple, que l’on croit d’origine scythique, venu d’Asie, et qui, ayant fait la conquête d’une contrée habitée par des Slaves, lui a donné son nom, mais s’est fondu avec le peuple conquis et en a adopté la langue. Les Bulgares sont maintenant soumis aux Ûsmanlis et, de même que les Russes , ils professent le christianisme selon le rit grec. Us sont généralement cultivateurs et sans instruction.
Les Serbes, que l’on dit être originaires de la Saxe , composent non - seulement la population de la Servie et de la Bosnie, mais aussi la majeure partie de celle de la Dalmatie , de la Croatie , de l’Esclavonie , et s’étendent dans quelques autres contrées voisines. Ils ont formé dans le moyen âge un
Etat puissant, mais ils sont maintenant soumis aux empires ottoman et autrichien. Le plus grand nombre professe le christianisme grec; d’autres sont musulmans, surtout parmi
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les Bosniaques ; d’autres professent la religion catholique et sont ordinairement désignés par le nom de Schokats . Les Serbes, sans être fort instruits , sont en général plus avancés que les Bulgares; on vante la douceur de leur langue.
Nous réunissons sous le nom de Carniens les populations slaves de la Carniole, de l’Istrie, de la Carinthie et de la Styrie, que l’on a quelquefois appelés TVendes méridionaux ; celles du sud-ouest de la Hongrie, que l’on nomme Slovènes ou Vandales ; et une partie des Croates . Les dialectes de ces peuples se distinguent de ceux des Serbes, parce qu’ils sont plus durs et plus gutturaux.
Ces dialectes ont beaucoup de rapports avec ceux des Wcmles proprement dits ou Wendes septentrionaux > population éparse dans le nord-est de l’Allemagne, notamment en Lusace, et qui paraît être les restes d’un peuple considérable qui a été successivement remplacé par des Allemands , ou peut-être qui
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il successivement abandonné sa langue pour l’allemand.
On a donné le nom de tcliekbc à la langue des BohemeSj, qui avaient déjà une littérature dés le \ 0. siècle. Les SlowakeSj, qui habitent dans le nord-ouest de la Hongrie et dans l’est de la Moravie, ainsi que les Hanakes et d’autres petits peuples de la Moravie, parlent des dialectes très - rapprochés du bohème. Les Slowakes forment une population active et laborieuse qui, refoulée dans les montagnes par la conquête des Magyars, regagne maintenant du terrain par un développement plus rapide.
La langue polonaise, qui est mélangée de mots allemands, mais qui a aussi sa littérature particulière, est parlée dans la Pologne proprement dite, dans la Posnanie, dans la partie occidentale de la Gallicie, dans de petites portions de la Silésie et de la Prusse, ainsi que par la plupart des nobles des autres contrées qui dépendaient de l’ancien royaume de Pologne.
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Les dialectes lithuaniens ont été considérés par certains auteurs comme étrangers à la famille slave et rapprochés du celtique, tandis que d’autres, au contraire, y voient le slave le plus pur \ On y distingue deux divisions principales : le lithuanien proprement Ait y parlé dans la Lithuanie, la Samogitie, ainsi que dans quelques parties de la Prusse orientale, et le latichey lette ou letton y parlé par les paysans de la Courlande et de la Livonie, ou la noblesse est allemande. Les Latiches étaient encore païens dans le 13.e siècle, époque ou ils ont été soumis et réduits à l’esclavage par les Allemands. Us font maintenant beaucoup de progrès et commencent à avoir une littérature qui s’imprime dans leur langue.
Les Lithuaniens et les Latiches sont maintenant soumis à l’empire russe, sauf le petit nombre qui est établi en Prusse.1 2
1 Notamment M. Eichhoff ( Histoire de la littérature des Slaves , page 242).
.Pavais cité en 18 40 les Koures et les Sèmigalles
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Les Carniens, les Tchekhes, les Polonais et les Lithuaniens professent en général la religion catholique, tandis que le christianisme réformé domine chez les Wendes et les Latiches.
SECTION II
DU RAMEAU ARAMEEN. 1
Caractères généraux* Les peuples araméens s’étaient développés, dés les temps
comme des subdivisions de Lettons qui habitent à l’ouest des Lettons proprement dits; mais il paraît, d’après ce que rapporte M. Dubois de Montperreux ( Voyage autour du Caucase y iv, 415), que les Koures qui ont donné le nom à la Courlande sont des Finnois.
Les anciens Prussiens formaient une troisième branche du groupe lithuanien; mais leur langue s’est éteinte et a été remplacée par l’allemand. Il est probable qu’il en est de meme du peuple, qui a été en grande partie détruit lors de la conquête de la Prusse par les Allemands , de sorte que les Prussiens d’aujourd’hui semblent devoir être considérés comme étant presque exclusivement d’origine allemande.
Le mot aramécn est dérivé d’Àram , nom originaire
de la Syrie.
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historiques les plus anciens, dans le sud-ouest de l’Asie et le nord de l’Afrique, ou ils se sont maintenus jusqu’à présent. Il paraît qu’ils s’étaient également étendus dans le midi de l’Europe, ou, comme nous l’avons déjà indiqué, ils se seraient en général fondus dans les Européens. Les Araméens cultivaient avec succès les arts et les sciences à une époque ou les Européens étaient encore plongés dans une profonde ignorance, mais ils ont beaucoup perdu sous ce rapport, la plupart d’entre eux étant maintenant à l’état de barbarie, et ceux qui ont conservé le plus de civilisation étant bien en arrière des Européens. Ces peuples sont en général fort portés à l’exagération et au style figuré. C’est parmi eux que le christianisme a pris naissance, mais la plus grande partie a embrassé l’islamisme, religion qui est aussi née chez eux, et qui est plus en rapport avec leurs goûts pour les plaisirs des sens.
Les Araméens ont généralement une taille moyenne, des cheveux et des yeux noirs,
RAMEAU A RAMÉ EN
fil
une ligure expressive, un teint plus susceptible de brunir par Faction du soleil cpie celui des Européens.
Leurs langues étant beaucoup moins connues que celles de ces derniers, il est encore plus difficile d’y établir de bonnes «m isions générales. Nous y distinguerons cependant deux grandes familles, que l’on désigne ordinairement par les noms de sémitique et d’ atlantique , mais nous sommes loin d’assurer que ces deux divisions ne correspondent qu’à deux véritables familles linguistiques. Nous y ajoutons avec doute la petite famille basque .
Les Ifiasciues ou Euskaldunes , tels qu’ils existent maintenant, ne forment qu’un petit peuple, habitant vers le point de jonction des Pyrénées et des monts Cantabrcs, en Espagne et en France, lis se distinguent par un langage complètement différent de toutes les langues européennes, mais dont on retrouve quelques traces dans des noms de lieux d’autres parties de l’Espagne , de la
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France et de l’Italie; ce qui, joint aux ressemblances qui existent entre les habitants de ces contrées et les Basques , porte à croire que ceux-ci sont le reste d’une grande famille à laquelle auraient appartenu, entre autres, les peuples connus dans l’antiquité sous les noms d 'Ibères , d’ Aquitains , de Ligures, et qui, par suite des conquêtes des Celtes et des Latins, aurait perdu son indépendance et se serait presque entièrement fondue dans ces derniers. Ces considérations et la circonstance que les caractères naturels des Basques ressemblent plus à ceux des Araméens qu’à ceux que nous avons signalés ci-dessus comme le type des Européens, nous portent à voir dans les Basques le reste d’une grande population araméenne qui, après s’être étendue dans tout le midi de l’Europe, a subi le sort qu’éprouvent, soit un peu plus tôt ? soit un peu plus tard , les autres peuples qui se trouvent en contact avec les Européens.1
Si l’on contestait cette prédominance et ce progrès
RAMEAU ARAMÉEN
Les Basques ont une taille moyenne, des cheveux et des yeux noirs. Ils professent la religion catholique et forment un peuple remarquable par son activité, son courage, son attachement à ses privilèges. Ils ont fourni pendant un temps les plus hardis navigateurs de l’Europe pour la pêche à la baleine.
continuel que j’attribue aux Européens, en invoquant les cas où ces peuples ont été vaincus par d’autres, je répondrais d’abord qu’il n’est, en général, point de règles sans exceptions, ni de phénomènes naturels sans oscillations, et en second lieu , que les exceptions, dans ce cas, se réduisent à bien peu de chose. Car ce n’est pas quelques batailles isolées, ou quelques conquêtes, comme celles d’Attila, de Tchenghiz-Khan , de Tamerlan , qui passaient comme des torrents, mais seulement des établissements fixes que l’on pourrait invoquer comme exception. Or le pouvoir que les Turcs exercent sur quelques peuples européens est le seul véritable exemple de ce genre, et il y a longtemps que cette exception serait rentrée dans1 l’état normal, si des intérêts particuliers n’avaient porté une partie des puissances européennes à maintenir l’existence de l’empire ottoman.
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La fiuiiillc atlantique ou lybienne > est principalement formée de peuples qui habitent, depuis des temps immémoriaux, la chaîne de l’Atlas ou qui errent dans les déserts du Sahara, et que l’on désigne habituellement par la dénomination collective de eerbern. Ces peuples sont fort reculés et forment un grand nombre de tribus, dans lesquelles on distingue ordinairement quatre groupes principaux sous les noms ÏÏAmazirghs y de Kabyles , de Touariks et de Tibbous.
Les Amazirghs ? Schellous ou Shellas habitent la partie occidentale de l’Atlas, et les Kabyles j Cabaïles ou Quobayls la partie orientale. Ce sont des peuples cultivateurs, fort pauvres, assez généralement indépendants, et presque continuellement en état de guerre.1
On dit qu’il y a parmi les Kabyles quelques tribus qui ont des cheveux blonds et des yeux bleus, et l’on a attribué cet état de choses au climat plus froid des parties
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Les Touaricks et les Tibbous sont des peuples nomades qui errent dans les déserts du Sahara ou qui habitent les oasis de cette région. Les premiers , qui sont les plus nombreux, occupent la partie centrale. Us sont, en général, adonnés au pillage, attaquent les caravanes ou leur servent d’escorte, et font de continuelles excursions dans le Soudan pour y enlever des esclaves. Les Tibbous se trouvent dans la partie orientale : ils ont une figure spirituelle; ils sont minces, d’une agilité remarquable, et tout aussi adonnés au pillage que les Touaricks. Quelques-unes de leurs tribus habitent dans des cavernes.
On donne quelquefois le nom de Maures a tonte la population musulmane (les Turcs
élevées de l’Atlas. Mais il me paraît plus probable que ces hommes doivent leurs caractères à l’influence des Européens , peut-être aussi des Scythes, faisant partie des armées qui se sont à diverses époques emparées de celte contrée, et dont quelques fractions se seront retirées dans ces montagnes lors des conquêtes des Arabes ou à la suite de dissensions intestines.
RACE BLANCHE
exceptés) de la Barbarie et du Sahara; mais le plus ordinairement on restreint cette dénomination à deux classes particulières : l’une se compose d’une partie de la population des villes que l’on a souvent considérée comme descendant des anciens habitants de la contrée, c’est-à-dire de la famille atlantique, mais qui semble au contraire être principalement d’origine arabe; l’autre se compose des tribus , la plupart nomades , qui habitent dans la partie sud-ouest du Sahara et qui poussent souvent leurs incursions dans les portions septentrionales du Soudan et de la Sénégambie. La plupart de ces tribus appartiennent aux peuples berbers ; il y en a aussi qui sont arabes.
Nous rapportons , mais avec doute , les Coptes à la famille atlantique. Ce peuple, qui ne forme plus qu’une petite partie de
la population de l’Egypte, paraît représenter la population qui dominait dans cette région . lorsque les Arabes s’y sont établis; mais il ne résulterait pas de cette circonstance que
HAMEAU ARAMÉEN
les Coptes donnent une idée exacte des anciens Egyptiens y l’un des peuples les plus remarquables de l’antiquité, dont la civilisation a devancé celle de tous les peuples dont nous avons parlé jusqu’à présent; car les longues dominations des Perses, des Grecs et des Romains devaient déjà avoir mo-
difié les anciens Egyptiens. On a beaucoup discuté sur les caractères naturels de ces derniers , et , d’après les peintures et les sculptures parvenues jusqu’à nous, il y a lieu d’admettre que ce peuple avait des traits moins lins que ceux des Arabes et une couleur plus rougeâtre. Ce dernier caractère paraîtrait venir à l’appui de l’opinion conçue d’après des rapports d’institutions, que les
Egyptiens auraient reçu leur civilisation des Hindous. Quant à certains textes historiques sur lesquels on s’est appuyé pour avancer
que les Egyptiens appartenaient à la race noire, ils peuvent s’expliquer en supposant qu’alors, comme à présent, il y avait des
esclaves noirs en Egypte. Du reste, les Coptes
RAGE BLANCHE
d’aujourd’hui ont le teint basané, le front plat, les cheveux crépus, les yeux peu ouverts, les joues hautes, le nez plus court qu’épaté, la bouche grande, éloignée du nez et bordée de larges lèvres, la barbe rare, les jambes arquées, les doigts des pieds allongés et plats. Ils professent le christianisme selon un rit particulier.
C’est principalement à la famille sémitique que sé rapporte ce que nous avons dit du rôle qu’ont joué les Araméens; c’est elle notamment qui a produit ces peuples célèbres dans l’antiquité sous les noms RAssjriens y d’ Hébreux , de Phéniciens , de Carthaginois ; mais ces peuples, successivement conquis par d’autres, ont en général disparu, et sont maintenant, en grande partie, remplacés par les Arabes , peuple de la même famille , qui , dans le 7.e siècle , a fondé, sous la conduite de Mahomet, un des plus vastes empires qui ont existé, et qui maintenant encore forme non-seulement la population principale de l’Arabie, mais
RAMEAU ARAMÉEN
aussi une grande partie de celle de l’Egypte, de la Nubie, de la Barbarie et du Sahara, s’étend dans la Cbaldarménie , la Perse et même jusqu’à l’Hindoustan.
Les Arabes sont,. en général, bien faits, de moyenne taille; leur corps est souple et maigre ; leurs yeux et leurs cheveux sont d’un noir foncé, leur barbe bien fournie: leur teint brunit facilement par l’action du soleil.
Une partie des Arabes sont sédentaires , c’est-à-dire qu’ils habitent des villages ou des villes, et se livrent à l’agriculture, aux arts ou au commerce; mais d’autres sont nomades, et errent dans les vastes déserts qui s’étendent depuis les cotes de l’Atlantique ]iisqu’aux bords de l’Indus. Ceux-ci sont connus en général sous le nom de Bédouins , et sont remarquables par les mœurs patriarcales qu’ils ont conservées depuis les temps les plus reculés, ainsi que par la manière dont ils allient les devoirs de l’hospitalité avec leur goût pour le pillage. La plupart
RACE BLANCHE
des tribus de Bédouins sont indépendantes, quelques autres sont soumises aux Turcs et aux Français, ainsi qu une partie des Arabes sédentaires; une autre partie de ces derniers
forme des Etats indépendants, généralement peu importants, et dont la civilisation est bien en arrière de celle de l’ancien empire des califes.
Les Arabes professent en général l’islamisme, dont ils ont été les promoteurs. Une partie, cependant, a embrassé le wahabisme, qui est en quelque manière un islamisme réformé, qui a pris naissance parmi eux dans le siècle dernier.
Il serait trop long de donner ici l’énumération des divisions que l’on reconnaît parmi les Arabes, et l’indication complète des petits peuples que l’on rapporte à la famille sémitique.
Dans le nombre de ces derniers, il en est un bien remarquable par son importance historique et par la manière dont il a su se conserver depuis près de dix-huit siècles qu’il
HAMEAU ARAMÉEN
est dispersé dans tout l’ancien continent : ce sont les Juifs ou Israélites . À la vérité, comme ils ont perdu l’usage de leur langue et pris assez généralement celles parlées dans les contrées où ils se trouvent, ils représentent plutôt une secte particulière qu’un peuple distinct. Cependant, la répugnance réciproque qui existe pour les unions entre les autres peuples et les Juifs, est cause que la plupart de ceux-ci ont encore conservé beaucoup de traits qui rappellent leur origine commune.
Les anciens Syriens se sont en général fondus dans les peuples qui les ont conquis; cependant leur langue paraît être encore parlée par les Souriant , Yakoiibi ou Kaldani, populations chrétiennes de la Mésopotamie et de la Clialdée. Les Drus es et les Maronites sont deux petits peuples du Liban, mais qui, comme la plupart des Syriens actuels, parlent arabe. Le second est chrétien; le premier a un culte particulier peu
COllIlll.
RACE BLANCHE
SECTION III
DU RAMEAU PERSIQUE
Caractères généraux. Les peuples blancs qui se sont développés au sud-est du Caucase , sont ordinairement rangés dans un même rameau avec les Européens , parce que les langues qu’ils parlent ont également du rapport avec le sanskrit; mais ces peuples ressemblant davantage aux Araméens qu’aux Européens, il nous a paru préférable de les considérer comme formant un rameau particulier; marche qui a au moins l’avantage de ne rien préjuger sur leurs véritables rapports. Ces peuples avaient, comme les Araméens, acquis une certaine civilisation avant les Européens, et, de même, au lieu de continuer leurs progrès, ils ont rétrogradé et ont été pour la plus grande partie soumis, à diverses époques, par des Scythes, des Mongols et des Européens.
Ils ont, ainsi que les Araméens, la taille moyenne, les cheveux et les yeux noirs, et,
RAMEAU PERSIQUE
lorsque Ton combine cette circonstance avec les rapports linguistiques qui les rapprochent des Européens, on est tenté de faire à leur égard la même supposition que nous avons faite pour une partie des habitants du midi de l’Europe, c’est-à-dire qu’ils proviennent d’Araméens qui auraient été très-anciennement soumis par des peuples du type blond , avec cette différence que tandis qu’en Europe l’élément blond a été renforcé ou maintenu par de nouvelles conquêtes d’Européens purs, l’élément noir a repris une nouvelle intensité chez les Perses, par l’intervention des Mongols et des Scythes mongolisés, qui les ont soumis diverses fois depuis les temps historiques , et peut-être auparavant.
IHvision en familles* Ce rameau, tel que nous le limitons, est presque entièrement composé de la famille persanne , à côté de laquelle nous rangeons la petite famille géorgienne.
La famille persanne forme la majeure partie de la population de la Perse, et
RACE BLANCHE
s’étend aussi dans la Ghaldarménie , le Turkestan et l’Hindoustan. On peut y distinguer quatre divisions principales, sous les noms de Tadjiks , d’ Afghans, de Kurdes et d’ Arméniens, auxquelles on peut ajouter la petite peuplade des Ossètes .
Les Tadjiks ou Persans proprement dits forment le peuple principal de la famille persanne en général, et de la Perse en particulier. Il y en a aussi d’établis dans le Turkestan et dans d’autres contrées voisines de la Perse. Ils ont fondé à diverses époques des empires puissants, et ont même étendu leurs conquêtes jusqu’en Europe ; mais soumis aussi par d’autres peuples, ils ne sont plus maintenant dominateurs que dans le royaume d’Iran.
Les Tadjiks sont en général bien faits; leur barbe est noire et très-fournie ; ils sont gais, spirituels, actifs, mais légers, aimant le luxe et le cérémonial. Ils ont une littérature, et leur langue, qui est remarquable par sa tendance au style fleuri et orné, est
RAMEAU PERSIQUE
celle des sociétés polies, non -seulement en Perse , mais dans une grande partie de l’Hindoustan.
Les Tadjiks professent l’islamisme de la secte d’Ali ; quelques restes des anciens Perses, que l’on désigne par le nom de Parsis ou de Guèbres , adorent encore le feu , mais leur nombre est peu considérable; il y en a dans l’Hindoustan et dans le sud-est de la Russie.
Les Afghaus different très-peu des Tadjiks. Ils se disent descendants des Hébreux, mais rien ne vient à l’appui de cette tradition; ils professent l’islamisme de la secte sunnite.
On peut distinguer parmi ce peuple les Afghans proprement dits , qui habitent P Afghanistan ou partie nord-est delà Perse; ils ont atteint un certain degré de civilisation, ont des villes populeuses, et ont formé des
Etats puissants.
Les Béloutchis et les Brahouis > qui habitent le Béloutehistan, dans le sud-est de la Perse, sont pour la plupart nomades et peu
RACE BLANCHE
civilisés. Le dialecte des Brahouis paraît tenir beaucoup des langues hindoues.
Les Rohillcis sont une tribu d’Afghans qui, au \ 7.e siècle , s’est établie dans l’Hindoustan , au nord de Delhy. Les Daoudpoutras sont également des peuples de la Perse, qui se sont établis sur la rive gauche de l’Indus.
On donne aussi, dans l’Hindoustan, les noms de Pat ans , de Mogols ou de Musulmans > aux descendants des armées qui firent la conquête de cette région, sous la conduite, soit de princes afghans, soit de princes mongols, descendants de Tchenghiz-Rhan; mais les armées de ces derniers étaient, comme celles des premiers, composées de Persans, surtout d’Afghans , et non de Mongols. D’un autre coté , les descendants de ces conquérants s’étant confondus avec ceux des Hindous qui ont embrassé le mahométisme, les Patans sont plutôt devenus une classe d’Hindous que demeurés un véritable peuple persan. C’est à cette classe qu’appartiennent la plus grande partie des troupes dites indigènes , au service
RAMEAU PERSIQUE
des Anglais, dans l’Hindoustan. Sa langue ordinaire est un dialecte hindou, mélangé de persan, que l’on nomme hindous tani.
Les Kurdes ont donné leur nom au Kurdistan, qui forme la partie sud-est de la Ghaldarménie. C’est un peuple fort en arrière sous le rapport delà civilisation. Une grande partie est nomade et erre dans les steppes qui se prolongent à l’est et à l’ouest du Kurdistan. Le plus grand nombre est mahométan ; d’autres professent le christianisme de la secte nestorienne. Les Kurdes passent pour être soumis, les uns à l’empire ottoman, les autres au royaume d’Iran; mais, dans le fait, la plupart de leurs ehefs particuliers peuvent être considérés comme indépendants.
La langue des Kurdes a beaucoup de rapports avec le persan, ce qui est cause que l’on place ce peuple dans la famille persanne; mais diverses circonstances, notamment le goût des Kurdes pour la vie nomade et pour le pillage, semblent annoncer qu’ils ont été mélangés avec les peuples scythiques qui ont
RACE BLANCHE
fait à diverses époques la conquête de ces contrées.
Outre les Kurdes proprement dits, qui habitent le Kurdistan et les steppes à l’ouest de cette contrée, il y a d’autres nomades nommés Loures, qui errent à l’est du Kurdistan, et qui paraissent être une subdivision des Kurdes.
Les Arméniens ou Haïkans sont un peuple remarquable par la manière dont il a pu conserver sa langue et son nom dans la même contrée, depuis les temps historiques les plus reculés. A la vérité, ils ont souvent été soumis, et l’Arménie est encore en ce moment partagée entre les empires russe et ottoman ; mais les Arméniens n’en demeurent pas moins un peuple distinct, qui nonseulement habite l’Arménie, mais qui est répandu dans diverses parties de l’Asie et de l’Europe orientale.
Ils ont depuis longtemps un certain degré de civilisation , se sont occupés de littérature , se livrent au commerce ainsi qu’à l’agriculture,
RAMEAU PERSIQUE
et professent le christianisme selon un rit particulier. Une grande partie du commerce de l’Asie, et même de l’Europe orientale, est dans les mains de marchands arméniens.
La petite peuplade des Ossctes est resserrée dans le Caucase, entre les Géorgiens et les Circassiens , dont ils différent complètement par leur langue, laquelle se rapproche beaucoup des langues sanscritiques en général , et surtout des langues persannes ; aussi dit-on qu’ils descendent d’anciens Medes, qui auraient été transportés ou refoulés vers le faite du Caucase. On a vu aussi dans les Ossètes la souche des peuples teutons, et on a invoqué à l’appui de cette opinion la circonstance qu’ils avaient communément des cheveux blonds et des yeux bleus; mais, en supposant qu’il fût reconnu que les Ossètes eussent une origine et des traits communs avec les Teutons, il n’en résulterait pas qu’ils en fussent la souche, puisqu’il est très-possible que des Teutons aient aussi été refoulés dans le Caucase, qui pourrait avoir été un asile
RAGE BLANCHE
pour differents peuples , aussi bien que leur berceau commun.
La famille géorgienne, aussi nommée kartvel , grusienne ou ib 'erej, est concentrée sur le versant méridional du Caucase. Ses formes sont très-belles , et les femmes géorgiennes jouissaient d’une grande réputation dans les harems des musulmans, lorsque ceux-ci pouvaient les acheter. Maintenant la plupart des Géorgiens sont soumis à l’empire russe, d’autres à l’empire ottoman, et quelques-uns peuvent être considérés comme indépendants* Ils professent en général le christianisme selon le rit grec. Us ont assez d’aptitude pour la civilisation; mais ils sont encore pour la plupart fort arriérés.
On peut distinguer dans cette famille quatre divisions principales : les Géorgiens p/'oprement dits ? qui sont les plus nombreux; les Mingréliens et les Suanes , qui habitent dans le Caucase, au nord-ouest de la Géorgie; et les Lazes , qui vivent sur les côtes nord-est de l’Anatolie.
HAMEAU SCYTHIQUE
SECTION IV
DU RAMEAU SCYTHIQUE
Caractères généraux. On a réuni, sous le nom de rameau scythique , des peuples sur les rapports originaires desquels il reste beaucoup de doutes , et qui ne peuvent être ramenés à un même type qu’en supposant que chez une partie d’entre eux les caractères primitifs auraient été fortement modifiés, surtout par leurs relations avec la race jaune; aussi plusieurs ethnographes rangent-ils la majeure partie de ces peuples dans cette dernière race1. D’un autre coté, il paraît qu’il
1 J’ai déjà indiqué précédemment que le type des hommes à cheveux roussâ très se rattache principalement aux peuples du rameau scythique, et qu’il se pourrait que les Scythes, qui présentent maintenant d’autres caractères, fussent le résultat d’un mélange. Il n’entre pas dans mon plan de rechercher si ce que j’ai indiqué sous le nom de type à cheveux roussâtres forme un véritable type, aussi bien prononcé que les types à cheveux blonds et à cheveux noirs, ou s’il n’est qu’une. dégénération du type blond, ou enfin la souche primitive de ce type; mais
RACE BLANCHE
y a chez les Scythes une grande tendance , non - seulement à perdre leurs caractères propres, mais aussi à diminuer de nombre; car il y a lieu de penser qu’ils ont formé presque toute la population des vastes régions qui s’étendent de la mer Baltique aux frontières de la Chine; régions dont une partie est maintenant occupée par des peuples de la race jaune, et oii les Slaves se développent avec une grande rapidité, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer.
Hivisiora en familles* Le noyau prin-
je crois devoir faire remarquer ici que le type roussâtre est doué de beaucoup moins de disposition au développement et à la conservation que les deux autres. Car nonseulement nous voyons les peuples de ce type diminuer journellement, mais différentes circonstances portent à croire qu’un grand nombre de ces peuples, tout en conservant les caractères sociaux qui les font encore reconnaître, ont perdu les caractères naturels qui les distinguaient. Il paraît notamment qu’il suffit du mélange, chez les peuples roux, d’une très-petite quantité de sang de la race jaune pour leur faire prendre et conserver des cheveux noirs.
rameau scythique.
cipal du rameau scythique se compose de la grande famille turque ; on y range habituellement les familles finnoise et magyare, et nous croyons pouvoir y comprendre aussi , sous le nom de famille circassienne , des peuplades du Caucase qui paraissent avoir plus de rapports avec les Magyars et les Turcs, qu’avec aucun autre peuple, et à laquelle il se pourrait qu’appartinssent une grande partie des Scythes de l’antiquité.
Cette famille circassleime f que l’on a aussi appelée caucasienne , parce qu’elle est concentrée dans les montagnes du Caucase, se compose de peuples remarquables par leur bravoure, mais fort en arriére sous le rapport de la civilisation. Ces peuples sont généralement bien faits, leur taille est svelte , leurs cheveux et leurs yeux sont noirs. Quoique cultivateurs, ils sont adonnés au brigandage et font des incursions chez leurs voisins pour enlever des prisonniers, qu’ils vendent comme esclaves; il paraît même qu’ils vendent jusqu’à leurs propres
RACE BLANCHE
filles j lesquelles sont fort recherchées par les Osmanlis.
Une partie des Circassiens sont soumis à l’empire russe , qui, depuis quelques années, cerne entièrement leur territoire; mais le plus grand nombre combattent encore pour défendre leur indépendance.
On peut distinguer dans cette famille trois divisions : les Tcherkesses ou Circassiens proprement dits, dans le nord-ouest du Caucase; les Tchetchens dans le milieu et les Lesghes dans le sud-est.
On peut aussi subdiviser les Tcherkesses en Adighés ou Tcherkesses proprement dits, qui occupent l’extrémité nord-ouest du Caucase, en Abazes , en Ahkhases et en Karbardiens , qui sont plus à l’est. Ces derniers sont soumis à l’empire russe, mais les Adighés et les Abazes sont encore en état de guerre continuelle avec les Russes.
On remarque parmi les Tchetschens, les Tchetschens proprement dits , les Kistes, les Ingouches , et parmi les Lesghes, les
RAMEAU SCYTHIQUE. 85
Avares > les Kasikoumiks, les Rouloutes> les Andes , les Didoïs.
Famille magyare •. La population do-
On est loin d’être d’accord sur le classement ethnographique des Magyars , ainsi qu’on va le voir. Plusieurs documents historiques et les traditions les font descendre des Huns , qui, dans le ô.e siècle, ont conquis et dévasté une grande partie de l’Europe; mais cette opinion, qui d’ailleurs n’est pas démontrée, ne tranche pas la question, puisque l’on ne sait pas d’une manière positive ce qu’étaient les Huns; car, d’un côté, les descriptions qu’en ont donné les historiens européens de l’époque font reconnaître d’une manière très-nette les caractères de la race mongole, et, d’un autre côté, on a vu dans les Huns des Finnois, desCircassiens et un peuple turc nommé Hioungnou par les Chinois. Du reste, quel qu’ait été le peuple dominateur des hordes qui ont dévasté l’Europe sous la conduite d’Attila , on ne peut douter que ces hordes ne se composassent, comme celles commandées postérieurement par Tchenghiz-Khan et ses successeurs , d’un grand nombre de peuples que ces conquérants entraînaient à leur suite, et l’on conçoit que les différents peuples conduits par Attila aient été également désignés par le nom de Huns , de même que l’on a désigné par le nom de Mongols des armées conduites par des descendants de Tchenghiz-Khan , et qui n’étaient en général composées
RACE BLANCHE
minante , en Hongrie , se compose d’un peuple venu de l’Asie qui se donne le nom de Magyar , et qui se distingue des autres peuples par sa langue et par son costume. Les Magyars ont les cheveux noirs, une
que de Perses; de sorte que, tout en admettant que les premiers Magyars établis en Hongrie y soient venus avec Attila, il n’en résulterait pas qu’ils appartinssent au peuple hun; on pourrait même dire qu’il est probable qu’ils appartenaient à un autre peuple, puisqu’ils se donnent un nom différent. Dans tous les cas, on ne peut considérer les Magyars d’aujourd’hui comme appartenant à la race jaune, puisqu’ils n’ont pas les caractères de cette race. Leur langue ne permet pas non plus de les ranger dans la famille turque. On a cité à l’appui de l’opinion qui fait sortir les Magyars du Caucase, l’existence de quelques tribus de ces montagnes, notamment des Karatchaïs, qui se disent d’origine magyare. Mais, en admettant cette dernière opinion, quoique ces tribus ne parlent pas la langue magyare, elle ne détruirait pas l’opinion qui fait venir les Magyars de contrées plus orientales; car il serait plus simple de supposer que ces tribus représentassent des Magyars obligés de se retirer dans le Caucase, lorsque ce peuple a séjourné dans le voisinage de ces montagnes , plutôt que d’admettre
RAMEAU SCYTHIQUE
taille moyenne* 1, un caractère belliqueux. Ils ont acquis une civilisation supérieure à celle des autres peuples du rameau scytliique, ce qui est probablement dû à leurs relations et à leur mélange avec les Euro-
que les Magyars sortent d’une chaîne de montagnes dont les habitants actuels parlent des langues différentes de celles des Magyars. Quant à l’opinion qui voit dans les Magyars un peuple de la famille finnoise, M. de Gerando (Essai historique sur l origine des Hongrois) a démontré, dans ces derniers temps, qu’elle n’était pas fondée. Il me paraît, en conséquence, plus convenable de considérer les Magy ars comme formant une famille particulière.
1 On parle souvent de la taille élevée des Hongrois, et cette opinion tire son origine de la beauté de certains corps d’élite de l’armée hongroise ; mais il paraît que ces corps sont principalement composés de Slaves, peuples qui forment aussi une partie considérable de la population de la Hongrie, et qui , ainsi qu’il a été dit ci-dessus, à l’occasion des Slowakes , prend plus de développement que les Magyars; car, quoique ceux-ci participent plus que les autres peuples scythiques aux avantages de la civilisation européenne, ils semblent avoir comme ces peuples moins de tendance au développement numérique que les Européens proprement dits.
RACE BLANCHE
péens, au milieu desquels ils vivent depuis plusieurs siècles. Ils sont chrétiens et pour la plupart catholiques.
On distingue dans la Transylvanie, sous le nom de Szecklers ou Sicules, une trihu qui parle un dialecte particulier et qui s’est établie dans cette contrée au 5.e siècle, c’està-dire environ quatre cents ans avant les Magyars proprement dits . Il existe aussi, dans l’intérieur de la Hongrie , quelques faibles tribus qui portent les noms de CumanSj, de Jaziges et de Haïduques > mais qui peuvent être considérées comme des Magyars jouissant de quelques privilèges particuliers.
La famille turque , que l’on désigne aussi par l’épithète de t art are 1 , a joué un
1 Si le nom de Tartane , ainsi que j’ai déjà eu occasion de le dire ( Éléments de géologie , page 114), doit être banni du langage géographique, celui de Tartare doit encore moins être conservé dans le langage ethnographique; car on a confondu sous ce nom des peuples
RAMEAU SCYTHIQUE
rôle important dans l’histoire. Elle avait fondé, dés les temps anciens, un vaste empire cpii embrassait une partie du centre de l’Asie, depuis la Chine jusqu’à la mer Caspienne. Mais les peuples turcs, attaqués et vaincus ensuite par des Mongols, ont été soumis, entraînés ou refoulés vers le sudouest, et ont dévasté et soumis une partie de l’Europe.
Il paraît, d’après les portraits d’anciens peuples turcs, que l’on a trouvés dans les historiens chinois, que ces peuples avaient originairement des cheveux roussâtres, et que leurs yeux étaient d’un gris verdâtre; mais ces caractères se sont perdus, et maintenant on remarque que les Turcs qui habitent au nord - est du Caucase participent plus ou
appartenant aux deux grandes races blanche et jaune. Cette confusion provient de ce que, quand les Mongols sont venus attaquer les Européens, leurs armées renfermaient un grand nombre de Scythes qu’ils avaient soumis à leur pouvoir.
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moins des caractères des Mongols, et que ceux établis au sud-ouest présentent les formes de la race blanche d’une manière très-prononcée, mais avec des cheveux et des yeux noirs ; circonstances qui s’expliquent par le mélange avec les Mongols pour les premiers, et par celui avec les Perses et les Araméens pour les seconds, d’autant plus que les Turcs, qui sont généralement polygames, ont beaucoup de goût pour les femmes étrangères. Les Turcs ont toujours eu une grande disposition pour la vie nomade , et quand les circonstances les obligent à se fixer, ils tendent à décliner; les populations turques qui n’annoncent pas le dépérissement étant en général celles qui ont ;
conservé l’état nomade. Il paraît cependant qu’ils se sont livrés anciennement avec succès à l’exploitation des mines dans l’Altaï.
Les Turcs ont généralement embrassé l’islamisme de la secte sunnite, et c’est parmi eux que se trouvent maintenant les peuples qui ont conservé le plus de ferveur pour
rameau scythique. 91
cette religion et le plus d’intolérance pour les autres cultes.
Le peuple le plus important de la famille turque est actuellement celui des Osmanlis ou Turcs proprement dits, ou Turcs sel gioukides , qui sont, à ce qu’il paraît, sortis du Turkestan vers le 4 5.e siècle, et ont successivement étendu leurs conquêtes sur une grande partie de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique, en fondant un des plus puissants empires qui aient existé. Ce peuple domine encore dans l’Anatolie, dans de grandes parties des régions que* nous avons désignées par les noms de Chaldarménie et de Slavo-
grèce; il s’étend même jusqu’en Egypte, en Aubie et en Barbarie; mais, excepté dans l’Anatolie, il ne forme nulle part la majorité de la population, et se trouve pour ainsi dire cantonné au milieu d’autres peuples.
C’est aux Qsmanlis que s’applique surtout ce qui a été dit ci-dessus des Turcs, qui présentent de belles formes de la race blanche.
RACE BLANCHE
Les autres populations de la famille turque se composent d’un grand nombre de peuplades, dont rénumération complète serait trop longue et même impossible, puisqu’elles ne sont pas toutes connues : nous allons en indiquer les principales.
De nombreuses tribus nomades , qui se distinguent par une grande quantité de noms différents , mais que l’on désigne quelquefois par la dénomination générique de Turcomans ou T roukmenes , errent dans les steppes du Turkestan, de la Perse, de la Chaldarménie et de l’Anatolie. La plupart sont censées soumises au royaume d’Iran , d’autres aux empires ottoman et russe, ainsi qu’aux états de Boukhara et de Khiva; mais, dans le fait, le plus grand nombre de ces tribus peuvent être considérées comme indépendantes. Ces peuplades présentent entre elles les mêmes différences que la famille turque en général, c’est-à-dire que celles qui errent dans l’Anatolie et la Chaldarménie sont, comme les Osmanlis, douées des formes de
RAMEAU SCYT11IQUE.
la race blanche assez pures 1 ; tandis que celles du Turkestan ont un visage aplati, des pommettes saillantes et une barbe peu fournie, ce qui annonce un mélange avec le sang mongol. Quelques-uns de ces Turcomans du Turkestan se sont fixés le long des rivières et se livrent à la culture ; mais leur principale ressource consiste dans le pillage, l’escorte des caravanes et les incursions qu’ils font en Perse pour enlever des esclaves , qu’ils vendent à Boukhara.
Les Onsliccks ont atteint un certain degré de civilisation, et forment des états réguliers, notamment celui de Boukhara, dans le sud du Turkestan, ou ils se sont établis au 16.c siècle; il paraît qu’ils composent encore une partie importante de la population des contrées plus au nord-est, qui sont soumises au pouvoir des peuples de la race jaune.
Les Karakalpaks ou Karakipchaks ont
1 Note communiquée par M. P. de Tchihatcheff.
RACE BLANCHE
beaucoup de rapports avec les Ousbecks, mais sont en grande partie nomades, quoique plusieurs aient des habitations fixes pour l’hiver et s’occupent un peu d’agriculture. La plupart dépendent de l’état de Khi va , d’autres de l’empire russe.
Plusieurs petits peuples turcs qui habitent la partie orientale tlu Caucase , sont souvent désignés par le nom de T art ares ou de Turcomans du Caucase . Us sont en partie soumis à l’empire russe; d’autrès paraissent encore indépendants ou soumis à des chefs circassiens. Ils sont fort arriérés sous le rapport de la civilisation et ont , comme les Turcomans, beaucoup de disposition pour le pillage. Leurs formes sont celles de la race blanche pure. Dans le nombre de ces peuples nous citerons les Basians dans le sud-est du Caucase, et les Koumikes, dans le nord-est.
Les Xo&aïtt, qui ont composé une nation puissante au nord de la mer Noire, sont maintenant disséminés au milieu d’autres
RAMEAU SCYTIilQUE.
peuples. Un grand nombre forment encore des hordes nomades dans les steppes entre le Yolga et le Caucase; d’autres, devenus sédentaires, sont cultivateurs ou artisans : tels sont ceux de la Crimée et ceux d5 Astrakan. Le teint foncé, les cheveux noirs et raides, le visage plat d’une grande partie des INogaïs, annoncent un fort mélange de sang mongol. La plupart de ces peuples sont soumis à l’empire russe; quelques-uns se sont retirés dans l’empire ottoman, d’autres chez les Circassiens indépendants. Il paraît que l’on peut rapprocher des INogaïs les Turcs ou T art ares de K as an , qui passent pour la fraction la plus civilisée de toute cette famille. On y rapporte aussi les Dobrudges > qui habitent dans la Bulgarie près des bouches du Danube, mais qui sont mélangés avec des Cosaques et que, pour cette raison, on range quelquefois dans la famille slave.
Les Russes donnent le nom de Kirgliiz à des peuples qui errent dans les vastes steppes qui avoisinent la mer d’Aral. Ce
RAGE BLANCHE
sont des nomades, très-barbares, qui vivent du produit de leurs bestiaux et de pillage; ils forment deux peuples différents : les Bouroutes ou Kirghiz proprement ditSj, et les Kazaks ou Kaïssaks. Les premiers, qui sont tout à fait indépendants, n’occupent qu’un petit territoire sur les confins du Turkestan , vers la Dzoungarie. Les autres, au contraire, s’étendent sur un territoire considérable et sont censés sujets, les uns de l’empire russe, les autres de l’empire chinois; mais, dans le fait, ils sont aussi indépendants, sauf que depuis quelques années il s’en est fixé un certain nombre dans les gouvernements d’Àstrakan et de Tomsk, qui sont tout à fait soumis à l’administration russe. Les Kirghiz ont, dit -on, beaucoup de goût pour les femmes kalmoukes ; aussi leurs traits se rapprochent de ceux de ces peuples, et peut-être qu’il y aurait lieu de les ranger dans la race jaune plutôt que de les laisser dans la race blanche.
Les \la tym9 plus connus sous le nom de
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Tartares de Sibérie se composent de plusieurs petites peuplades disséminées dans le midi de la Sibérie. Quelques-unes s’adonnent maintenant à la culture et aux arts, d’autres sont encore nomades. Plusieurs d’entre elles sont ordinairement désignées par les noms des lieux quelles habitent; telles sont celles des environs de Tobolskj, de Tomsk. D’autres ont des noms particuliers; mais il serait difficile, dans l’état actuel de nos connaissances, d’en donner la nomenclature; car elles se lient tellement avec les Finnois et les
1 Le nom de Tartare devant, ainsi que je l’ai dit dans la note de la page 88, être banni de rethnograpliie, j’avais, dans mon édition de 1840, désigné les Tartares de Sibérie par le nom de Touraniens , parce qu’ils formaient le
peuple dominant de l’Etat de Touran, qui a été conquis par les Russes dans le lG.e siècle; mais le nom de Touran étant souvent pris dans un sens beaucoup plus étendu, et ayant vu dans la Description des Kliirgh iz-Kazaks par M. de Lcvchine, p. 129 , que les Tartares de Sibérie s’appellent aussi Alatys, je me suis empressé d’adopter cette dénomination.
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Kalmouks, que Ton ne sait où l’on doit placer la ligne de démarcation, et que l’on est porté maintenant , ainsi qu’on va le voir , à réunir avec les Finnois plusieurs tribus que l’on avait jusqu’à présent considérées comme appartenant aux Turcs de Sibérie.
La famille finnoise, nommée tchoude par les Russes , est aussi appelée ouralienne , parce que l’on a supposé quelle s’était originairement développée dans l’Oural. Elle se compose maintenant de petites populations éparses, qui s’étendent de la mer Baltique jusqu’à l’est de l’Oby, et que l’on considère comme les restes de peuples plus nombreux qui ont été conquis , resserrés , entraînés ou refoulés par des Slaves, des Turcs et des Mongols. On a beaucoup discuté, dans ces derniers temps , sur le rôle politique que les Finnois ont joué, et on a prétendu qu’ Attila, qui, dans le 5.e siècle, a fait trembler toute l’Europe et en a dévasté une grande partie, était unFinnois.il est probable, en effet, que beaucoup de Finnois servaient dans ses ar-
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niées ; mais il est probable aussi que le peuple dominateur, les Iluns, étaient des Mongols, peut-être des Magyars, des Circassiens ou des Tui 'es, qui traînaient à leur suite des peuples qu’ils avaient soumis. Il paraît, en outre, que les peuples représentés maintenant par ceux que nous rangeons dans la famille finnoise, ont généralement mené la vie de chasseurs et de cultivateurs, plutôt que celle de guerriers et de nomades.
On considère des cheveux d’un blond roussâtre, souvent roux, une barbe peu fournie, un teint chargé de taches de rousseur, des yeux bleuâtres ou grisâtres, des joues enfoncées , avec des pommettes saillantes , un occiput large, une figure anguleuse et moins belle que celle des Européens et des Araméens, comme les caractères originaires des Finnois; mais ces caractères sont plus ou moins modifiés chez un grand nombre de ees peuples.
La manière dont les peuples de la famille finnoise se trouvent distribués, permet d’y distinguer trois divisions principales, qui
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habitent respectivement la Sibérie, l’est de la Russie, et le voisinage de la mer Balticpie.
Finnois rte Sibérie. Les peuples de Sibérie, que l’on rapporte maintenant à la famille finnoise, forment deux groupes, l’un au midi , l’autre au nord. Le premier se compose de quelques peuplades connues sous les noms de Téléonies ou Télesses, de Sa gais, de Kachintz, etc., dont le langage se rapproche en général des dialectes turcs, et que, pour cette raison , on a rangé avec les peuples que nous venons d’indiquer sous le nom d’Alatys. Mais il paraît, d’après les observations de MM. Kovaleski et Helmerzen 1 ,
1 Annuaire des Mines de Russie pour 1840, page 83. D’un autre côté, M. P. de Tchihatcheff ( Voyage dans V Altaï oriental , 1 .re partie , p. 175), qui toutefois continue à considérer ces peuples comme appartenant plutôt à la race turque qu’à la race finnoise, dit que les Sagaïs, les Kachintz , les Kaïbals et les Beltirs sont des peuples complètement identiques, de sorte qu’il y aurait lieu d’ajouter les deux derniers aux trois autres indiqués cidessus, d’après M. Helmerzen.
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que ces peuplades seraient des Finnois, qui auraient perdu leur langage sous les dominations des Turcs et des Mongols. Elles sont maintenant soumises à l’empire russe, sont encore fort arriérées et professent en général la branche d’idolâtrie connue sous le nom de chamanisme. Elles se livrent à la chasse, à la pêche et à l’agriculture, et ne sont pas complètement nomades , comme les races mongoles et turques.
Le groupe septentrional se compose de deux peuples : les Ostiakcs et les J ogouls, qui ont conservé des dialectes finnois. Les Vogouls, qui habitent à l’est de l’Oural, ne forment plus qu’une très-faible population, que l’on considère comme les restes de peuples puissants, dont une partie a été refoulée vers le sud par les Turcs et les Mongols. 11 paraît même quils ont été tellement mélangés avec ces derniers, qu’ils ont pris une grande partie de leurs caractères.
Les Ostiakes, au contraire, qui habitent sur les deux rives de l’Oby, paraissent avoir
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conservé les caractères naturels de la famille finnoise; car on dit que leurs cheveux sont communément roussâtres. C’est un peuple fort arriéré, en grande partie idolâtre, vivant de la chasse et de la pêche.
Finnois de la Russie orientale» Les peuples de la Russie orientale, que l’on range dans la famille finnoise , peuvent de leur côté se subdiviser en trois groupes, qui habitent respectivement la partie méridionale de l’Oural, les bords du Volga et l’ancienne Permie.
Les premiers ont été, ainsi que les Téléoutes, fortement modifiés par leurs rapports avec les Turcs, et parlent des dialectes turcs mêlés de mots finnois \ Ils forment trois petits peuples : les Baclikirs, les T epti air es et les Melscherîakes > qui ont à peu près la même manière de vivre. Les Bachkirs sont les plus
J’avais rangé clans ma première édition les Bachkirs dans la famille turque; mais je les ai reportés dans la famille finnoise, par suite de l’observation suivante de M. Helmerzen (Annuaire des Mines de Russie, 1840, p. 84) : «Il ne faut point oublier qu’on s’expose à de
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nombreux; ils s’occupent de l’éducation des chevaux et de la production des abeilles, plus que de l’agriculture proprement dite. Ils fournissent, comme les Cosaques, des corps de cavalerie aux armées russes; ils professent en général la religion musulmane.
Les Finnois du Volga parlent aussi des dialectes fortement mélangés de mots turcs, et se composent également de trois peuples *: les Tcliou vaclies , les Tchérémisses et les Morduans . Il n’y a pas très-longtemps que ces peuples sont devenus cultivateurs; ils sont fort en arrière sous le rapport de la civilisation, et une partie, du moins parmi les Tchérémisses, est encore idolâtre. Les autres ont embrassé le christianisme selon le rit grec.
«graves erreurs, en établissant l’origine d’un peuple par «sa langue. Ainsi les Bachkirs parlent turc, et cependant «qui les a vus chez eux dans l’Oural méridional, ne dira «point qu’ils sont d’origine turque , mais les rapportera «plutôt aux Finnois (Ougors). Aussi les Kirghiz ne les «nomment-ils pas Bachkirs, mais I links ou Ostiakes. »
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Les Permiens ou Komi sont les restes d’un peuple assez considérable, qui formait anciennement un État indépendant , plus civilisé qu’aucune des contrées voisines, et qui paraît avoir été le centre d’un commerce étendu. Mais ce peuple, soumis par les Russes, s’est en grande partie fondu avec eux, et il ne reste plus maintenant des anciens Permiens que quelques populations éparses dans les gouvernements de Perm, de Yologda, d’Orembourg et de Viatka. Ces populations forment trois petits peuples : les Permiakes ou Permiens proprement dits, qui se sont presque entièrement fondus dans les Russes; les Sirianes , qui sont dans le même cas; et les Votiakes y qui sont beaucoup plus nombreux, et dont une partie est encore idolâtre.
Les Finnois rte la Baltique ou Finnois proprement dits y qui se nomment dans leur langue Suomiy et que l’on a aussi appelés Finnois germanisés y parce qu’ils ont été longtemps soumis â des peuples teutons, ont assez généralement conservé les traits indi-
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qués ci-dessus comme formant les caractères de la famille. Le plus grand nombre professent le christianisme réformé, les autres celui du rit grec.
On distingue parmi eux les Lives , les Esthes, les Ischores, les Kyrielles, les Y mes ou Finlandais , et les Quaines, qui sont respectivement les restes des anciens habitants de la Livonie, de l’Esthonie, de l’Ingrie, de la Finlande et de la Carélie, ou ils se trouvent maintenant mêlés avec des Slaves et des Teutons. Les Quaines se sont avancés dans le siècle dernier jusqu’à l’extrémité de la Laponie norvégienne, dont ils forment actuellement la population principale, et ou ils ont introduit la culture des graines céréales jusque sous le 70/ degré de latitude septentrionale.
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