DU RAMEAU MONGOL
Caractères généraux. Les peuples du rameau mongol sont ceux qui présentent
hameau mongol.
les caractères de la race jaune de la manière la plus prononcée. Ils ont beaucoup de goût pour la vie nomade, et ont fait à diverses époques des conquêtes très - étendues ; mais ils se sont en général fondus dans les peuples qu’ils ont soumis ; cependant ils sont encore les maîtres de l’empire chinois, qu’ils ont conquis dans le 1 7,c siècle1. Ces peuples professent en général la religion de Boudha
1 II y a peu de temps encore que, me trouvant en quelque manière sous l’impression de l’effroi que les armées de Tclienghiz-Khan ont causé à l’Europe, j’aurais ajouté ici une phrase sur le courage et le caractère belliqueux des Mongols; mais je vois en ce moment que M. de Tchihatcheff (Voyage dans V Altaï oriental, p. 48 et 192) signale ceux de ces peuples qu’il a observés comme étant excessivement timides et disposés à se laisser dominer de la manière la plus passive, dès qu’ils se trouvent en rapport avec un homme énergique. Les conquêtes de Tcbengbiz-Khan et de Tamerlan ne sont pas, aux yeux de M. de Tchihatcheff, en opposition avec cette manière de voir, et ne seraient dues qu’au génie particulier de ces deux grands princes, et nullement au courage de leurs sujets.
RACE JAUNE
et la plupart reconnaissent le Dalaï-Lama comme chef de leur religion.
Division en familles. On distingue dans ce rameau deux grandes familles linguistiques sous les noms de mongole et de toungouse. Nous croyons pouvoir y ranger provisoirement le petit peuple des lakoutes , qui parlent un dialecte turc , mais qui présentent en général les caractères de la race jaune.1
Les Iakontes, qui se nomment Socholar dans leur langue, habitent principalement
' Il est difficile de classer les lakoutes d’une manière convenable. On les range ordinairement dans la famille turque d’après leur langage, et j’avais suivi cette marche en 1840; mais, comme on reconnaît qu’ils présentent . en général les caractères naturels de la race jaune, j’ai cru que, pour être conséquent avec mes principes, je devais les comprendre dans cette race. 11 est probable d’ailleurs que, quand les conquêtes des Mongols ont refoulé les peuples turcs vers le sud-ouest , une fraction de ces derniers aura pris la direction du nord-est et s’y sera mêlée avec les anciens habitants de race jaune, qui, étant plus nombreux, auront fini par donner leurs caractères
R AM L AU mongol.
dans les bassins de la Léna et de la Kolima en s’avançant jusqu’à l’Océan arctique. Ils ressemblent aux Hyperboréens par leurs caractères extérieurs et leur manière de vivre, mais ils sont beaucoup plus industrieux, et malgré la rigueur du climat, ils élèvent de nombreux troupeaux de chevaux.
C’est surtout dans la famille mongole que les traits de la race jaune sont fortement prononcés; la tête y est plus grosse, le visage plus plat, le nez plus écrasé, les yeux moins ouverts que dans les autres familles; la poi-
naturels à la nouvelle association, tandis que le langage des nouveaux venus aura prévalu, ce qui se conçoit aisément, puisque ce langage devait être plus perfectionné <pie celui des anciens habitants. D’un autre côté, la position des ïakoutes au milieu des Hyperboréens m’avait d’abord porté à les comprendre dans ces derniers; mais leur supériorité industrielle sur les véritables Hyperboréens, et la circonstance, constatée par M.deTcliihatcliefF, (pie l’on rangeait déjà dans le rameau mongol des peuples parlant des dialectes turcs, m’ont déterminé à y mettre aussi les ïakoutes, en attendant que l’on ail plus de données pour le classement de ces peuples.
RACE JAUNE
trine est large, le cou très-court, les épaules voûtées, les membres forts et trapus, les jambes courtes et arquées en dehors; le teint d’un jaune brunâtre. Les peuples de cette famille sont essentiellement nomades; c’est parmi eux qu’est né Tchenghis-Khan, qui avait formé le plus vaste empire qui ait jamais existé. Maintenant, le plus grand nombre est soumis à l’empire chinois, et le reste à l’empire russe.
On distingue dans cette famille trois peuples principaux : les Mongols proprement dits , les Eleuths et les B ourlâtes.
Les Eleuths ou Oïrads sont plus connus sous le nom de Kalmoukn, que leur donnent les Russes. Il paraît qu’une partie cl’entre eux s’est mêlée avec des Turcs, car M. de Tchihatcheff 1 a reconnu que les Kalmouks de t Altaï parlent, ainsi que les lakoutes, des dialectes ou le turc domine. Cette peuplade se donne le nom de Télinguites , quoique
F o y' âge dans l Altaï occidental , page 40.