DE L’INSTINCT
et la Belgique réunies) où l’on a compté :
Morts. Mariages. Naissances.
En 1815, année d’une grande bataille (Waterloo), de combats
momentanés, mais de retour à la paix, et de la rentrée dans leurs foyers d’une foule de militaires dont beaucoup ont voulu par un prompt mariage se soustraire à un rappel..
En 1816, année d’une mauvaise récolte et de cherté de vivres
En 1817, année d’une véritable disette
Tout étant rentré dans l’ordre
en 1818
Il résulte évidemment de ce tableau qu’à la
forte mortalité de 1817 a succédé, en 1819, une augmentation notable dans la quantité des mariages et des naissances.
Il serait déraisonnable néanmoins de croire que c’est directement parce qu’il est mort beau-
coup de personnes pendant une année, qu’il en naîtra un bien plus grand nombre l’année suivante. Seulement, une foule de gens en état de se marier, ou même déjà mariés et qui ne vou-
laien t pas augmenter le chiffre de leurs enfants, ont hérité, et ils ne redouteront plus la charge d’une famille.
Et la preuve que cette interprétation est exacte, c’est que dans les pays marécageux, où régnent périodiquement chaque année des épidémies qui font périr surtout les jeunes enfants, c’est-à-dire des individus dont la mort rompt peu de mariages, ou change peu la position des gens mariés ou en âge de se marier, les choses ne se passent pas de la même façon, et il n’y a point de relation marquée entre le nombre des décès d’une année et celui des mariages et des naissances, dans les années immédiatement subséquentes. M. Villermé (1) cite à l’appui de cette assertion la statistique des naissances, des décès et des mariages dans le département marécageux de la Charente-Inférieure de 1817 à 1829 inclusivement. Ce tableau n’indique que des oscillations insignifiantes dans le nombre
(1) Annales d'hygiène publique, Paris, 1833, t. IX, p. 51.