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fallait pas Tabandonner au hasard des déterminations de ranimai. En conséquence, son pénis acquiert après son introduction dans le vagin un volume considérable, et l'érection ne se produit qu'après l'intromission, à la faveur d'un os qui communique au membre sa solidité. Mais, chose remarquable ! c'est surtout vers la base de cet os que la verge se gonfle, de telle sorte, que ses dimensions dépassent notablement celles de la vulve qu'elle a précédemment franchie sans obstacle.
Procédé providentiel, grâce auquel l'animal, contre son gré, termine avec douleur parfois, un acte qu'il a recherché d'abord, guidé par Tinstinct, et commencé sous l'impulsion du plaisir.
Il est aussi des espèces chez lesquelles une seule copulation peut être accomplie par le même couple, le mâle devant périr immédiatement après, et la femelle ne lui survivre que jusqu'après la ponte.
C'est à l'épuisement général que les insectes et les arachnides doivent de trouver la mort
DE LA FÉCONDATION. 17i
dans la copulation. La plupart d'ailleurs, s'ils ne succombent pas, donnent les signes d'un collapsus profond et d'une sorte de syncope, soit chez le mâle, soit chez la femelle, durant les coïts rapides et quelquefois même durant ceux qui se prolongent ou se répètent successivement pendant un certain temps, comme on le voit pour le mâle du hanneton, la femelle de plusieurs araignées, etc. (1).
Nous avons dit ailleurs (2) pourquoi l'homme, en sa qualité d'être raisonnable et moral, devait demeurer libre dans l'acte de reproduction, comme il l'est aussi dans les fonctions qui se rapportent à la vie de l'individu. Nous ne reviendrons donc pas sur ce sujet. Il lui fallait cependant un mobile qui le sollicitât d'obéir à la loi en vertu de laquelle les espèces se perpétuent, et ce mobile est double : 1° l'attrait du plaisir ; 2^ le sentiment de la paternité. Que ce
(1) Dugès, Traité de physiologie comparée de l'homme et des animaux, t. UI, p. 236.
(2) Voir chap. i, p. 59 et suiv.
dernier soit obscur, et le premier sera encore assez efficace. Mais qu'il soit élude, et nulle sécurité n'existera plus, et les générations risqueront de s'éteindre. Alors cet élément, si puissant dans l'ordre de l'univers, se trouverait abandonné aux hasards du libre arbitre, s'il pouvait naître un conflit dangereux entre l'intérêt de l'individu et celui de l'espèce.
Qu'on nous pardonne de signaler enfin, dans les artifices imaginés pour prévenir la fécondation, un danger immense et d'une incalculable portée. Nous ne craignons pas d'être démenti ni taxé d'exagération, en Télevant aux proportions d'une véritable calamité.
N'est-il pas vrai, en effet, que les mœurs publiques doivent en grande partie leur dégradation, et les familles leur désordre, aux scènes scandaleuses de l'alcôve, trop souvent transformée en véritable lupanar? L'immoralité du mari apprend à la jeune épouse les ingénieux stratagèmes inventés par la débauche. Révoltée d'abord dans sa pudeur, jusque-là res-
pectée, secrètement avertie par sa conscience de l'outrage à la morale dont elle se constitue l'innocente complice, la femme se souviendra, si jamais sa vertu vient à succomber, des leçons qu elle a reçues, pour tromper la nature et s'assurer l'impunité, tout en violant odieusement la foi conjugale, ce palladium des sociétés. A qui la faute? si ce n'est à l'imprudent qui n'a pas su conserver précieusement chez sa compagne, la chasteté, cette sauvegarde que Dieu lui-même a placée dans le cœur de la femme, pour préserver sa faiblesse et l'avertir du danger ; caria femme, qui ne rougit plus, est livrée sans défense aux suggestions du vice; et si alors l'honneur du mari demeure intact, c'est que les circonstances le serviront bien plus que sa sagacité.