‹ Des rapports conjugaux considérées sous le tirple point de vue de la population, de la santé et de la morale publiqueChapitre 11 sur 24 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ÉTUDE PSYCIIO-rilYSIOLOGIQUE SUR LA FEMME.

La nature a donné à la femme des attributs qui indiquent sa véritable destinée, et le rôle qui lui est dévolu à côté de Thomme. Ainsi, la gracilité de ses formes, sa stature inférieure à celle de l'autre sexe, le joug qu'elle subit de la part des organes génitaux, la sujétion que lui impose une fonction spéciale et périodique, enfin les tendances de son caractère, tout révèle qu'elle n'a point été créée pour la lutte active et incessante contre les exigences de la vie matérielle, ni pour soumettre à sa domination les éléments hostiles du monde extérieur.

Si, d'ailleurs, nous voulons chercher dans toutes les séries du règne animal, à éclairer le problème de la suprématie naturelle d'un sexe sur l'autre, nous verrons partout la femelle frappée d'un cachet de subordination, par rapport au mâle. Il n'est pas besoin de citer d'exemples, puisque aucune exception ne vient contredire cette loi. S'agit-il maintenant de pénétrer dans quelques détails ? Les preuves de notre assertion se présentent en foule^ irrécusables et patentes.

Par exemple, nous reconnaissons à la femme la prédominance sur l'homme par les qualités affectives, les penchants et les instincts; mais nous lui dénions une somme égale d'intelligence. Tout aussitôt l'anatomie vient déposer en faveur de notre opinion, en montrant chez la femme les parties antérieures du cerveau, — siège des facultés intellectuelles, — moins développées que les parties postérieures, qui répondent aux qualités affectives, aux instincts et aux penchants.

Ce qui distingue donc la femme, c'est le sen-

liment ; ce qui caractérise Thomme , c'est la raison.

Mais il ne sera ni sans intérêt, ni sans profit, d'entrer dans le cœur de la question, en faisant servir les connaissances anatomiques, à Tinterprétation des phénomènes physiques et moraux qui spécialisent la femme et en font un être à part.

J'ai lu quelque part, que si jamais la science était dotée d'une bonne psychologie, c'est à un médecin qu'elle la devrait. Celle pensée est d'une vérité profonde, en ce sens qu'elle établit toute l'importance qu'il convient d'accorder aux organes et à leur aptitude fonctionnelle, dans l'appréciation des faits qui ressortissent à la métaphysique. Car s'il est une métaphysique positive etexpérimenlale, elle ne peut être assise que sur l'étude intégrale de l'homme.

Cette tâche de concilier le rôle et les droits respectifs de la matière et de Vesprity dans ce qui constitue l'homme, — en tant qu'être vivant el intelligent tout à la fois, — un médecin Ta tentée

récemment, dans un ouvrage remarquable à plus d'un titre (1).

C'est dans ce livre, où la profondeur des idées le dispute à l'élégance du style, que j'ai puisé en grande partie la substance de ce chapitre,

La femme est plus petite de taille et moins robuste que l'homme. Mais il ne faudrait pas attribuer sa faiblesse relative à l'éducation diverse que reçoivent les deux sexes, parmi les nations civilisées, parce qu'elle se fait remarquer également chez les sauvages et partout où l'homme et la femme partagent les mêmes travaux.

Le tissu cellulaire, que l'on doit regarder comme le tissu élémentaire des corps organisés, est plus abondant chez la femme, ce qui prouve que son développement personnel est moins avancé et qu elle doit fournir à d'autres créations.

Ce qu'elle perd ici du côté de la force, elle le gagne du côté de la beauté ; car le tissu cellulaire, en soulevant la peau, efface les saillies

(1) Le docteur Bertrand de Saint-Germain. Des manifesta^ tions de la vie et de V intelligence ^ à Vaide de V organisation» Paris, 1848.

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osseuses et produit ces molles inflexions et ces contours gracieux qui séduisent nos regards ; il harmonise les diverses parties du corps par des lignes courbes insensibles, et réalise la souplesse des mouvements, en lubréfiant les organes de la locomotion.

Si le cerveau, organe de Tintelligence, est plus développé chez l'homme, surtout dans ses parties antérieures, la moelle épinière Test davantage chez la femme.

c( La têlede la femme, dit M. Menville^ diffère de celle de Fhomnie par la forme, le volume et le poids. Nous pensons que plus la tête se rapproche de la forme sphérique et plus elle a de développement à la partie supérieure latérale,

plus elle a acquis de perfectibilité Le front de

la femme est plus déprimé que celui de l'homme ; il y a plus d'élévation et plus de rectitude dans la ligne frontale. La sculpture antique qui ne connaissait pas la phrénologie, en avait pourtant l'intuition, lorsqu'elle exprimait celte particularité anatomique qui dislingue les deux sexeS;,

par le développement accordé au front de Jupiter Olympien et par le rétrécissement du front de Vénus.

« Mais si le front de la femme est plus court et plus arrondi^ la partie postérieure du crâne offre une plus grande étendue. On sait aujourd'hui, par les données de la phrénologie les plus positives, qu'à cette conformation se rattache la faculté plus grande de sentir et de nourrir les sentiments affectueux : or, c'est là en grande partie comme nous le ferons voir par la suite, la psychologie de la femme (1). »

Chez la femme, le corps des vertèbres a plus de hauteur et moins d'épaisseur, et les cartilages intervertébraux occupent plus d'espace ; d'où il résulte :

l^Que la colonne vertébrale est plus longue chez la femme, ainsi que le prouvent, du reste, ses inflexions beaucoup plus prononcées ;

2° Que le canal vertébral a plus d'ampleur,

(1) Histoire philosophique et médicale de la femme y considérée dans toutes les époques principales de la vie, par le docteur Menville, Paris, 1858, t. I, p. l65.

et, partant, que la moelle épinière est plus développée^ chez elle, en épaisseur et en hauteur.

A ce propos, nous devons rappeler ici que l'activité vitale est toujours en corrélation directe avec le développement de la moelle, proportionnellement au reste du corps, et que, par contre, ce développement, prédominant plus ou moins sur celui du cerveau, indique dans toute la série animale un degré quelconque d'infériorité.

Les fonctions de l'élément supérieur sont donc plus favorisées par l'organisation féminine, sous le rapport de Tentretien et de la conservation de Texislence, et elles le sont davantage par l'organisation masculine, sous le rapport de la connaissance et de la direction.

La femme vit en général plus longtemps que rhomme, bien qu'elle ait moins de force, et que sa santé soit plus souvent ébranlée.

Elle fait aussi beaucoup plus de sang ; mais l'homme, à son tour, produit plus de pensées.

Chez la femme, la circulation est plus ra-

pide, la respiration plus accélérée; elle vit plus vite et vit pour deux. Son existence presque tout entière se rapporte à la conservation matérielle de l'espèce.

Si rhomme a l'initiative dans l'œuvre de la génération, s'il représente le principe animateur et actif, qui met en mouvement les éléments matériels et leur communique le souffle de vie, c'est la femme qui fournit ces éléments et qui travaille le plus longtemps et avec le plus de peine à leur élaboration.

La nature a tout disposé pour cela : la région des organes génitaux est beaucoup plus développée, et toutes ses dimensions sont sensiblement plus considérables chez la femme que chez l'homme.

Le tissu cellulaire, ou tissu élémentaire, est en plus grande proportion chez la femme.

La formation du sang, ainsi que nous venons de le dire, est plus active et plus abondante chez elle et le flux périodique auquel elle est sujette, paraît surtout établi pour la débarrasser

18^ ÉTIDE PSYCllO-PllYSlOLOGKJUE

d'un excédant qui ne trouve son emploi que par la génération. En effet, l'arrivée des menstrues annonce Tépoque de la puberté, et leur cessation définitive indique Tâge où la femme n'est plus en état de concevoir. Leur suspension a lieu d'ordinaire, dès que la grossesse se déclare, et pendant rallailement ; en tout autre temps, l'absence des menstrues est un signe de stérilité ,

La femme est donc en travail pendant les plus belles années de sa vie, pour la propagation et la nutrition de l'espèce.

Remarquez, en outre, que les organes de la génération ont sur elle une influence beaucoup plus marquée que sur nous: les sensations qui en émanent retentissent dans tout son être et tourmentent profondément son existence.

On ne peut s'imaginer à quel point le cerveau et les autres organes sont chez elle sous la dépendance de l'utérus. Plus de liberté d'esprit, plus de régularité dans les opérations intellectuelles : dès que l'utérus est malade, ou seulement en étatd'orgasme physiologique, toute Téconomie en

est troublée. Comme aussi, il arrive souvent que, lorsqu'il survient une altération grave dans un autre point du corps, l'utérus s'en ressent.

C'est pourquoi l'utérus est un des pôles de l'organisation féminine, et Tâme est soumise à sa direction.

Dès l'enfance, nous voyons la petite fille manifester ses penchants, par le soin qu'elle donne à sa poupée et par le plaisir qu'elle prend aux jeux qui ont trait au ménage. Tout ce qui a pour but les choses de la vie matérielle l'intéresse particulièrement.

Le petit garçon, au contraire, se plaît à imiter ce qui a rapport à la vie publique, au gouvernement des villes, à l'art militaire, à la répression des délits, aux cérémonies religieuses, aux voyages, aux exercices équestres, suivant son tempérament et ses goûts individuels.

S'agit-il du passage de l'enfance à la puberté, cette révolution organique s'accomplit d'une façon bien différente dans l'un et l'autre sexes.

c( La femme, en avançant vers la puberté, s'éloigne, moins sensiblement que Thomme, de sa constitution primitive. Délicate et tendre, elle conserve toujours quelque chose du tempérament propre aux enfants ; la texture de ses organes ne perd pas toute sa mollesse originelle, le développement que l'âge opère dans toutes les parties du corps, ne parvient jamais à leur donner le même degré de consistance qu'elles acquièrent chez l'homme ; cependant, à mesure que les traits delà femme se fixent, on aperçoit dans sa taille, dans sa forme, dans ses proportions, des différences, dont les unes n'existaient ; point auparavant, et les autres n'étaient point sensibles. Quoiqu'elle parte du môme point que l'homme, elle se développe néanmoins d'une manière qui lui est propre, et elle parvient, plus tôt que lui, au dernier période de son développement. Partout la puberté dans la femme devance l'époque où elle se manifeste dans l'homme ; la nature aurait-elle plus à faire dans celui-ci que dans l'autre, et la perfection de l'homme lui coûterait-elle plus

SUR LA FKMME. 185

que celle de la femme? Quoi qu'il en soit^ l'homme est encore pleinement dans Tenfance et soumis aux lois de cet âge, que la femme éprouve déjà une nouvelle manière d'exister, se trouve, peutêtre avec étonnement, pourvue de nouveaux attributs et sujette à un nouvel ordre de fonctions, étranger à Thomme et jusqu'alors étranger à ellemême. Dès cet instant, il se découvre en elle une nouvelle chaîne de rapports physiques et moraux, qui sera pour Thomme le principe de ce nouvel intérêt qui doit bientôt l'attirer vers la femme, et qui est déjà devenue pour elle une source de nouveaux besoins et de nouvelles fonctions (1). »

L'homme n'a pas pour la progéniture une tendresse aussi exquise que la femme. Ce ne sont guère que des sympathies morales qui attachent le père à l'enfant. Il y a plus que cela chez la mère ; elle aime son enfant comme le fruit de ses entrailles, comme le plus pur de son

(1) Roussel, Système 2'>hysique et moral de la femme.

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sang, comme sa vie, et cela se conçoit aisément.

Chez l'homme, la substance du cerveau et des nerfs a plus de consistance, plus de densité; elle est plus molle et moins volumineuse chez la femme.

Dans ces différences organiques si nombreuses réside la cause pour laquelle la femme jouit d'une excitabilité plus grande, et Thomme d'une réceptivité plus durable. Chacun sait que la femme est plus vivement et plus facilement émue, et que chez l'homme les sensations sont plus durables, ce qui permet au principe actif et supérieur de réagir plus librement en lui.

La femme est donc moins apte que l'homme à la réflexion.

Par cela môme qu'elle est d'une excitabilité exirème, tout ce qui donne lieu à des émotions exagérées la trouble et l'égaré.

L'homme, moins sensible, s'appartient davantage; car la sensibilité, qui multiplie nos rapports extérieurs avec le monde, quand elle dépasse certaines borneS;, nous asserviletnous livre sans guide

à tous les hasards de la passion : c'est ce qui a fait dire à J. J. Rousseau : « La femme a plus d'esprit et rbomme plus de génie; la femme observe et l'homme raisonne. »

Les nerfs émanant du rachis sont plus gros chez la femme, eu égard au volume des muscles.

La femme présente tous les caractères du tempérament nerveux : aussi en a-t-élle les qualités et les défauts ; et nous la voyons souvent en butte aux inconvénients qui se rattachent à l'exagération de ce genre de tempérament.

Extrême dans le bien, elle l'est aussi dans le mal ; elle est inconstante et mobile, elle veut et ne veut plus ; elle flotte, elle hésite sans cesse ; elle prend bientôt en dégoût ce qu'elle recherchait avec le plus d'ardeur: elle passe de l'amour à la haine avec une prodigieuse facilité ; enfin, elle est pleine de contradictions et de mystères.

Capable des actions les plus héroïques, elle ne recule pas devant les crimes les plus atroces.

188 KTUDIC PSYCnO-PHYSIOLOGIQUR

La jalousie Iransforme souvent eet ange de paix en véritable furie : elle empoisonne sa rivale tout aussi bien qu'elle ferait elle-même le sacrifice de sa vie pour celui qu'elle aime.

Douce et impétueuse tour k tour, timide et craintive par le sentiment qu'elle a de sa faiblesse, elle est capable d'un courage surhumain ; et, si Ton considérait le courage selon son étymologie française, comme une sorte de rage de cœur^ il serait vrai de dire que la femme a plus de courage que l'homme, et l'homme plus de bravoure que la femme.

L'homme, mû par une volonté ferme, voit le danger, le mesure et l'affronte; la femme ne calcule rien ; elle voit un but, et veut l'atteindre à tout prix.

Si vous contrariez sans ménagement ses désirs impétueux, sa mobilité se change en opiniâtreté ; vous la briseriez plutôt que de la réduire. Elle est terrible dans ses vengeances.

Les émotions populaires, les terreurs de la superstition, Tivresse du fanatisme politique,

se propagent parmi les femmes comme un incendie.

Se croient-elles menacées du courroux céleste, elles remplissent Tair de leurs doléances; les temples ne peuvent contenir leur empressement.

Le souffle des révolutions vient-il à ébranler les bases d'un État, elles se jettent avec furie dans la tourmente; les réactions des partis nous les montrent plus acharnées, plus sanguinaires que les hommes. Les exemples ne manqueraient pas à Tappui de cette assertion, si nous voulions évoquer les souvenirs sanglants de la révolution française.

Mais, d'un autre côté, quand les sentiments généreux les exaltent, elles deviennent sublimes et nous laissent bien loin derrière elles. Artémise et Lucrèce sont des types qui n'ont point d'analogues parmi les hommes. On ne rencontrerait pas chez nous un amour aussi désintéressé, aussi ardent que celui dont Héloïse a fait

preuve au moyen âge. Son amant, Abeilard,

ollVe un contraste caractéristique : plus sensuel que tendre, il nese passionna réellement que pour les disputes de l'Ecole, et sa correspondance nous montre une âme, satisfaite et fièrede sa conquête, plutôt que touchée du dévouement d'Héloïse.

C'est une femme, Madeleine, qui personnifie le repentir, comme sainte Thérèse personnifie la dévotion, et Jeanne d'Arc! l'enthousiasme politique.

La femme porte le sentiment et les passions du cœur à leur dernière limite, précisément à cause de la facilité avec laquelle elle cède aux influences étrangères: V ind vidmlxié est chez elle moim prononcée. Il y a dans son organisation physique quelque chose d'indéterminé et de fugace, quelque chose d'insaisissable qui ajoule à ses moyens de séduction, en irritant les désirs. Le sentiment de la pudeur dont la nature l'a douée, et qui l'enveloppe comme un voile, agit dans le même sens.

La cohésion des parties est moindre chez la femme : tout son corps est plus flexible et

plus mou. La peau, qui est Vorgam limiiateur de rindividu^ est chez elle plus mince^ plus douce, à mailles moins serrées et plus extensibles.

Tandis que la femme perd la fraîcheur de la jeunesse, tandis que la finesse de la peau, la délicatesse du teint et la vivacité de la turgescence diminuent chez elle, Taccroissement de la masse lui conserve le charme des formes extérieures. L'expression vivante d'une vie satisfaite dans sa vocation, crée pour elle un nouveau genre de beauté; et, quoique plus tard ses organes perdent aussi de leur flexibilité, elle n'en conserve pas moins de la grâce dans tous ses mouvements, et une certaine douceur qui raccompagne jusque dans la vieillesse.

Les influences atmosphériques, la température et rélectricité agissent plus puissamment sur la femme que sur l'homme; la femme est dans une union plus intime avec la nature, elle appartient plus au tout; elle en est moins distincte. Voilà pourquoi sa volonté personnelle est plus faible, et ses instincts, plus forts.

Les instincts sont des manifestations de la raison impersonnelle, qui agit dans les animaux sans leur participation rélléchie, pour les conduire au but providentiel, mais qui chez riiomme sont souvent de fort mauvais conseillers.

Plus le principe actif s'individualise, plus l'intelligence devient personnelle, par la prédominance des fonctions cérébrales, moins il y a d'instinct, plus il y a de raisonnement et de conceptions propres. C'est ce que Ton observe dans toute la série animale ; c'est ce qui a lieu pour l'homme à Tégard de la femme.

La femme accomplit par instinct, avec facilité, une multitude de choses auxquelles nous n'arrivons pas aussi sûrement par la réflexion; mais nous lui sommes incontestablement supérieurs dans tout ce qui demande de l'application et du raisonnement, comme dans l'interprétation des lois de la nature, dans la philosophie, les sciences mathématiques.

Le sentiment de justice n'existe pas chez la

femme; ce qu'elle rêve, ce sont les distinctions, les préférences, les privilèges. Ce qui pèse le plus à son amour-propre, c'est à être perdue dans la foule et de n'être pas remarquée. C'est pourquoi la justice qui tend à niveler les rangs lui est insupportable. L'aristocratie pour elle est le véritable ordre de la nature^ le type de Tordre social. Aussi, si l'on voit aux heures de commotions politiques, les hommes se passionner pour la liberté et l'égalité, on voit, d'autre part, les femmes opposer la plus vive résistance et se liguer avec les partis réactionnaires.

L'homme a toute la force physique qu'exigent les grands travaux pour la culture du sol et sa défense.

La femme a la souplesse et la dextérité que demandent les œuvres minutieuses et les détails domestiques. Elle ne saisit point les objets dont elle veut s'emparer avec autant de puissance que nous, mais elle les manie plus habilement^ plus délicatement. Vous observerez qu'elle a la main plus petite et les doigts plus effilés. Elle excelle

dans les travaux à raigiiille, dans la broderie eA la tapisserie. Si elle s'adonne à la peinture, elle réussit mieux dans la miniature qu'en tout autre genre. En somme, il est bien évident que la femme tient de son organisation une constitution en tous points plus frêle que la nôtre. Quelles que soient d'ailleurs les modifications que lui impriment le climat, l'éducation, la manière de vivre, l'exercice, elle porte toujours avec elle le caractère de son infériorité sous le rapport de la force, quand on la compare à l'homme. On en peut conclure qu'elle n'est destinée qu'à des travaux facileset qu'elle trompe les intentionsde la nature, lorsqu'elle se livre à des exercices qui réclament un déploiement de forces considérable. Aussi ne peut-on voir sans une profonde pitié chez certains peu|)les, qui ne sont point encore sortis des langes de la barbarie, les femmes condamnées aux travaux les plus rudes, par la nonchalance et la cruauté de leurs maris. Sous l'empire de cette coutume, on ne tarde pas à voir les femmes perdre graduellement tous les attribiits de leur

sexe ; et sansacqiiérir néanmoins aucun des caractères qui font la beauté de Thomnie, elles voient s'effacer une à une les grâces qui les distinguaient, pour tomber dans une sénilité précoce, où Ton ne saurait plus reconnaître ni l'hommeni la femme. Et il n'est pas besoin, du reste, d'aller bien loin pour vérifier ce fait d'observation. Voyez ce qui se passe parmi les classes pauvres de la campagne et chez certaines catégories d'ouvriers dans les villes, les balayeurs des rues par exemple, où les femmes partagent, sans merci, les labeurs de rhomme et s'épuisent prématurément. Il arrive un âge où les sexes ne se distinguent presque plus, ni par les traits du visage ni par le son delà voix, ni par la démarche, ni par rien enfin de ce qui fait le charme extérieur de la compagne de l'homme, telle qu'elle sort des mains de la nature.

Elle mesure moins d'espace que nous en marchant, et accomplit plus difficilement de longs trajets ; mais sa démarche a une légèreté et une grâce que nous ne saurions égaler. Elle est la première, sans comparaison, dans l'art de

la danse, dans cette association de aiouvemenls harmoniques et cadencés.

En général, les organes sont plus exigus chez la femnfie ; en compensation ils sont doués d'une sensibilité plus vive, et leur texture organique a plus de finesse ; ce qui leur donne l'avantage dans les opérations qui demandent moins de réceptivité et de force, que de prestesse et d'acuïté.

La femme a le globe oculaire moins gros et le cristallin plus convexe, de sorte que si elle ne peut recevoir autant de rayons lumineux que nous en recevons, elle voit pourtant mieux de près ; habile à distinguer les nuances délicates, elle a de la peine à mesurer les proportions d'un corps volumineux ou éloigné.

Elle a Poreille plus petite et le conduit auditif plus étroit ; mais ce conduit est chez elle plus cylindrique qu'infundibuliforme , c'est-à-dire (ju'il se rétrécit moins rapidement; et s'il admet moins d'ondes sonores, si, par conséquent, il perd les sons lointains, ceux qu'il reçoit arrivent plus directement à la membrane du tym-

pan, et la femme est en état de discerner le timbre des sons les plus légers qui se font entendre à peu de distance.

Les organes du goût et ceux de Folfaction ont également, chez elle, moins de développement et plus de ténuité ; aussi la femme donne-t-elle la préférence aux aliments d'une saveur douce et aux parfums délicats.

Ces rapports différentiels dans les propriétés extérieures et les fonctions sensoriales se retrouvent dans les facultés intellectuelles et les opérations cérébrales.

Chez l'homme, Tintelligence servie par des organes plus fermes et plus développés, embrasse un horizon plus vaste et s'élève à des considérations d'un ordre plus élevé.

Chez la femme, l'intelligence personnelle a moins d'étendue et moins de puissance, mais elle est plus subtile et plus déliée.

La vivacité et la multiplicité des sensations, [probablement aussi la conformation des lobes cérébraux antérieurs, ne permettent pas à la

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femme d'apprécier exactement le rapport des choses, leurs effets et leurs causes, c'est ce qui explique leur infériorité dans les sciences métaphysiques.

Elle a de la peine à fixer longtemps son attention sur un même objet, elle est peu propre à l'abstraction et aux généralités ; mais en revanche elle saisit merveilleusement les qualités sensibles et les vérités de détail^ et pour tout ce qui ne demande que du tact, de la finesse et du goût, elle est supérieure à f homme.

Elle a plus de ce qu'on nomme esprit^ mais rarement elle atteint les hauteurs sublimes du génie. Nous ne leur devons aucun des chefsd'œuvre qui honorent l'humanité, soit dans les arts, soit dans les lettres, et cependant beaucoup d'entre elles se sont adonnées aux arts et aux lettres par goût et par inclination (1).

Écoutons, à ce sujet, le témoignage d'une

(1) Quelques individualités font exception à cette règle ; mais elles sont si rares qu'elles n'infirment qu'à 'in bien faihic degré le principe que nous venons d'énoncer.

femme d'esprit, Daniel Stern : « Dans ses plus brillantes manifestations, le génie féminin n'a point atteint les hauts sommets de la pensée ; il est pour ainsi dire resté à mi-côte. Non-seulement dans les sciences et dans la philosophie elles ne paraissent qu'au second rang, mais encore dans les arts, pour lesquels elles sont si bien douées, elles n'ont produit aucune œuvre de maître (1). »

Quelle est la femme que l'on peut opposer à Phidias ou à Raphaël, à Platon ou à Virgile? Trouvons-nous parmi elles un Aristote ? Elles réussissent dans le genre familier, dans l'expression des sentiments tendres et délicats, dans le commerce épislolaire et dans les peintures de mœurs; mais lorsqu'elles veulent s'élever à de plus hautes considérations, elles brûlent leurs ailes à la lumière. La femme n'a enrichi l'humanité d'aucune des grandes découvertes qui ont changé la face du monde. Si l'on consulte les documents du ministère du commerce, on trouve

(1) Daniel Storn. Esquisses morales.

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que la part des femmes est bien minime dans les inventions qui ont été inscrites depuis qu'on délivre en France des brevets. En effet, depuis le 1'' juillet 1791 jusqu'au 1'"^ octobre 1856, sur 54,108 brevets d'invention ou de perfectionnement qui ont été délivrés, cinq ou six seulement ont été pris par des femmes pour des articles démodes ou de nouveautés! La femme n'a pas même inventé son fuseau et sa quenouille. (P. /. Proudhon.)

La femme est curieuse à l'excès, non par amour pour la vérité, mais parce qu'elle a besoin d'émotions variées, et c'est en quoi notre curiosité diffère de la sienne. Nous recherchons laborieusement tout ce qui agrandit la sphère de notre intellijjence ; la femme recherche surtout avec avidité ce qui l'amuse ou l'intéresse. Les scènes de la vie privée ont pour elle plus d'attrait que les secrets de la science.

Ce ne sont point les législateurs qui, les premiers, ont assigné aux deux sexes des attributions diverses, c'est la nature ; elle seule amar-

que les rangs par la différence des organisations. Tous les théoriciens du monde ne pourront rien contre elle.

La voix, qui est un indice de l'état des forces et des qualités intimes de l'être, est plus grave et plus étendue chez l'homme: elle a le ton du commandement.

Chez la femme elle est douce, flexible^ suppliante, plus appropriée que la nôtre aux diverses intonations du chant.

La voix de Thommeconvientmieux aux discussions pubhques et à l'enseignement de l'école; aussi ses organes vocaux sont-ils plus développés et plus fermes. C'est là un fait anatomique bien établi.

L'excitabilité étant plus vive chez la femme, et l'individualité étant moins arrêtée, moins finie si l'on peut ainsi dire, elle reçoit plus aisément les impressions et les traduit au dehors plus fidèlement et plus promptement ; sa physionomie est plus expressive et plus mobile que la nôtre. Son âme est en quelque sorte transparente sous la

frôle et délicate enveloppe dont elle est revêtue. Gomme cette âme est moins confinée en ellemême, qu'elle s'appartient moins, elle reflète avec une grande facilité les émotions passagères et empruntées : voilà pourquoi les femmes réussissent si bien au théâtre, dans la mimique, et pourquoi l'on trouve plus de comédiennes habiles que de bons acteurs.

L'instinct musical est plus répandu parmi les femmes, et l'instinct poétique parmi les hommes. C'est que la musique est la langue du sentiment, non converti en perception, et que la poésie veut des sentiments et des idées. La musique éveille rintelligence et provoque la naissance des idées, de toute sorte d'idées, suivant son caractère, mais elle n'en exprime aucune formellement.

Comme la femme est plus dépendante que riionime de ce qui l'entoure, comme elle est moins distincte du tout universel et que les instincts ont sur elle plus d'empire, elle est plus intimement avertie y \)]us sensiblement convaincue qu'un esprit infini gouverne et vivifie le monde.

Elle est plus religieuse que T homme par le côté affectif. Ce qui manque essentiellement à la femme est la méthode : de là, le hasard introduit dans leurs raisonnements, et trop souvent dans leurs vertus.

Ce qui égare la femme est l'esprit de chimère ; elles le portent dans tout, en religion, en amour, en politique.

(c Les femmes ne méditent guère ; penser pour elles est un accident heureux, plutôt qu'un état permanent. Elles se contentent d'entrevoir les idées, sous leur forme la plus flottante et la plus indécise. Rien ne s'accuse, rien ne se fixe dans la brume dorée de leur fantaisie (1). »

Mais la puissance réflective et la raison personnelle étant moins développées en elle, elle subit plus aisément le joug des hypothèses, que Fimagination, l'ignorance et la politique ont substituées aux vérités fondamentales. Elle est enfin plus disposée que nous à la superstition et auxcroyan-

(1) Daniel Stern, Esquisses morales.

ces mythologiques, qui personnifient les allribnis de Dieu : elle adhère à ces croyances avec enlhoiisiasme, tandis qu'il est toujours difficile de lui faire accepter des notions simples et sans images. Mais nous devons respecter jusqu'à ses erreurs, si elles sont nécessaires pour entretenir un sentiment dont l'absence donnerait la mort à l'âme ; et la religiosité est un besoin de sa nature.

Puisque la femme est dans une union plusétroile avec l'infini, il n'est pas impossible que son esprit dépasse quelquefois les limites du temps et de l'espace, et qu'il entrevoie des choses qui s'accomplissent à dislance ou qui sont encore dans les secrets de l'avenir. Il est sûr que les femmes ont plus souvent que nous de ces pressentiments merveilleux, de ces illuminations soudaines qui trouvent dans les faits leur complète réalisation. On ne saurait nier ces phénomènes, sans renverser l'autorité de l'histoire qui en a recueilli les preuves, d'après le témoignage des hommes les plus recommandables.

Les meilleurs esprits de Tanliquité elles [.«lus

graves d'entre les modernes n'y auraient point ajouté foi, si la chose était dépourvue de fondement, et nous ne trouverions pas, dans tous les temps et chez tous les peuples, cette croyance aux pressentiments et au don de seconde vue, presque aussi généralement établie, que le sentiment même de la divinité. Il faut que cette croyance s'appuie sur des faits assez souvent répétés et assez positifs, pour avoir acquis ce caractère d'universaUté.

Du reste, il n'est presque personne qui, dans son expérience propre, ne puisse citer quelques faits extraordinaires de ce genre.

Disons donc que les pressentiments et les vues de l'esprit à travers l'espace ne doivent pas toujours être confondus avec les hallucinations résultant d'un état morbide du cerveau ; sans quoi, il faudraittaxer defolie, comme quelques-uns en ont entrepris latâche, la plupart des hommes célèbres qui nous assurent avoir eu, dans le courant de leur vie, de ces pressentiments ou de ces révélalions intimes que l'événement a juslifiésd'unema-

MAYER. i 2

nière éclatante. Cicéron et Plutarque en donnent des exemples. L'empereur Napoléon y croyait fermement, et de grands physiologistes, au nombre desquels il faut compter Burdach (i), admettent la possibilité et la réalitédu phénomène.

Il y aurait alors, en se plaçant dans cet ordre d'idées, suspension momentanée derindividualilo intellectuelle ; car ce n'est que par notre relation avec l'infini que nous pouvons traverser le temps et l'espace. Ce phénomène trouve dans nos doctrines une explication naturelle ; mais il n'en est pas moins un fait exceptionnel, un faire rare que l'on ne doit admettre qu'avec la plus grande réserve, parce qu'// louche de trop près aux hallucinations 7norbidcs, eiqu 'A a trop souvent servide prétexte à Timposture, |)0ur tromper l'ignorante crédulité (2).

(1) Traite de physiologie, traduit de rallemand. Paris, 1839, p. 227.

(2) C'est pcui-étre le cas de rapporter ici une illusion d'optique fort singulière dont il nous arrive souvent d'être le jouet et qui rentre tout à fait dans le phénomène de vue à travers l'espace. Voici : nous sommes dans la rue. Nous apercevons de loin une personne qui nous est parfaitement connue. Il n'

La femme^ naturellement exaltée et crédule, s'est plus d'une fois persuadé que cet état tout à fait anormal pouvait être un état habituel, et soit qu'elle fût dupe d'elle-même ou qu'elle voulût régner sur des imaginations plus faibles, elle s'est donnée comme interprète de l'avenir et des choses cachées, et s'est assise sur le trépied de la devineresse. Cette déplorable manie est beaucoup plus commune chez les femmes que chez les hommes (1), surtout parmi les peuples enfants et dans les temps barbares, où tout ce qui est singulier et accidentel est regardé comme une manifestation particulière de l'esprit de Dieu.

a, dans notre esprit, nul doute à cet égard. Parvenu tout près de cette personne, nous remarquons avec un profond étonnement que nous aviocs commis une erreur grossière et qu'il n'y a pas la moindre ressemblance entre les deux individus que nous avions pris l'un pour l'autre. Mais il est rare qu'au détour de la première rue nous ne nous trouvions pas face à face avec la personne que nous avions cru voir primitivement. Nous ne sommes sans doute pas le seul à qui pareille chose arrive.

(1) Parmi les somnambules prétendues lucides qui abusent aujourd'hui de la crédulité publique, en s'attribuant le pouvoir de guérir les maladies et de lire dans Favenir, il y a incomparablement plus de femmes que d'hommes.

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Eu présence de raplitude divinatoire de la l'emme, on a vn riiomnic, prosterné devant les superstitions de sa compagne, ne pas comprendre que son irrationnalité même lui donne quelque chose de fatidique. Partout^ — dit P. J. Proudhon, qui Ta si bien étudiée, — on la trouve prophétessej, devineresse, druidesse, sibylle, pythonisse sorcière, tireuse de cartes, etc., une vraie table tournante. Inesse quin etiam feminis sanctum aJiquid et providum putant^ dit Tacite parlant des Germains ; ils pensent que les femmes ont en elles quelque chose de divin et de providentiel. On a cité ce passage en preuve des hautes prérogatives de la femme; c'est juste le contraire qui en résulte. Plus il y a de puissance spéculative chez Thommo, moins il y a de capacité de deviner. Qu'il arrive à une femme comme à un chapeau, à une clef, à une baguette de coudrier, de découvrir une chose cachée ou perdue, de traduire avec plus ou moins de bonheur ce que pense celui qui l'interroge, il y a plutôt de quoi la plaindre que la féliciter. C'est le miroir

qui réfléchit le soleil, le prisme qui en décompose les rayons. Demandez à ce miroir une théorie de la lumière, et vous verrez ce qu'il vous dira.

En résumé, Findividualité humaine est moins prononcée chez la femme que chez l'homme, ainsi que l'indique l'organisation respective de l'un et de l'autre sexes sur laquelle nous allons revenir.

Les traits du visage sont plus accentués chez l'homme; son front est plus large et plus élevé; tout son corps a plus de développement et de vigueur.

Le corps de la femme a des proportions plus exiguës, si ce n'est du côté des organes de la génération, et il a aussi moins de consistance et de force.

Le cerveau est chez elle moins développé dans ses parties antérieures.

La femme jouit d'une sensibilité sensoriale [)lus vive, et Thomme d'une puissance de création plus grande.

La femme y étant plus impressionnable que

210 ÉTUDE PSYCIIO-PUYSIOLOGIQUR

rhomme^ est par cela wêmi' moins indépendante. Non-seulement elle cède plus aisémeni aux influences extérieures, mais encore elle est mue intérieurement par des instincts plus puissants et plus multipliés que les nôtres, c'est-à-dire que rintelligence lui est moins personnelle et qu'elle agit moins librement.

Ses sens, quoique plus impressionnables que les nôtres, ont moins de portée, et il en est de même des organes cérébraux.

Ce qui domine chez la femme, c'est le sentiment, c'est l'instinct, c'est la maternité.

Chez l'homme, c'est la force, le raisonnement, la volonté.

Dans l'œuvre de la génération, l'homme a l'initiative; son rôle est plus actif, il est d'un ordre supérieur, mais il est aussi de peu de durée. Celui de la femme, que l'on me passe cette expression, est plus substantiel et se prolonge bien davantage. La femme y est employée toute entière et pendant les plus belles années de sa vie.

Comme la plante, elle semble particulièrement destinée à la germination ; on dirait une fleur animalisée; elle en a la délicatesse comme elle en a Téclat; son parfum, c'est son âme.

Le monde matériel est subordonné à l'homme. 11 subjugue la femme.

Telle qu'elle est, la femme sert de complément à la nature humaine et l'embellit. Elle représente le côté sensible. L'aménKé, la fécondité, la beauté, sont ses attributs distinctifs.

Si rhomme a la force du corps et la supériorité intellectuelle en partage, la femme a pour elle riiarmonie des formes, la souplesse des mouvements, la finesse de l'esprit.

Elle est visiblement née pour les talents d'agrément et les détails domestiques , comme l'homme est né pour les grands travaux et la direction sociale.

Les qualités affectives sont plus développées chez la femme ; le dévouement est sa loi, le sacrifice est son triomphe. Jeune fille, épouse ou

nicœ, elle n'est jamais à elle, et son abnégation fait sa grandeur.

Elle est plus pieuse que nous, parce qu'elle est plus fidèle aux instincts primitifs. Son cœur est un sanctuaire que l'homme de bien respectera toujours; le triple flambeau de la foi, de Tespérance et de Tamour, y brûle sans cesse.

Si la femme a besoin d'appui, l'homme voué au travail a besoin d'encouragement et de consolation. Il trouve cet encouragement, cette consolation, dans le commerce de sa compagne; les grâces dont elle est ornée lui font oublier les fatigues de la vie; son regard approbateur est un des plus beaux rayons de la gloire; son sourire dissipe nos ennuis; la persuasion est sur ses lèvres ; la douleur s'endort à sa voix, et le malade trouve par ses soins un adoucissement à ses maux.

Elle veille au foyer domestique comme un génie protecleur, tandis que l'homme explore la nature et la soumet à son empire.

La douceur de caractère propre à la femme corrige la rudesse de nos mœurs.

La rectitude de ses instincts sert quelquefois à ramener notre esprit^ qui s'égare, ou qui flotte incertain.

Nous sommes, il est vrai, plus riches que la femme en intelligence personnelle, mais la femme est plus riche que nous en sentiment et en affection.

C'est ainsi que les deux sexes sont unis entre eux par leurs qualités respectives et qu'ils se complètent mutuellement.

Les femmes ont moins besoin d'affranchissement que les hommes, et elles-mêmes le sentent communément, bien que des amis mal inspirés plaident en leur nom l'égalité des sexes. Les affections les dédommagent du joug ; elles ont au fond du cœur des consolations pour leurs misères, leurs sujétions, leurs souffrances. La femme, la mère surtout, n'a-t- elle pas le dévouement pour compensation delà liberté?

C'est par son esclavage et sa soumission même que la femme se relève ; car c'est par là qu'elle

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devient mère et qu'elle parvient à sa haute dignité.

Par cela même qu'elles ne trouvent point à se répandre en dehors du foyer domestique, les vertus féminines les plus suaves et les plus nobles, se dérobent aux yeux de l'observateur et demeurent à jamais ignorées de tous ceux qui vivent éloignés de la sphère qu'elles illu* minent.

Le monde, — on ne le sait point assez, — contient un grand nombre de candides et pures jeunes filles, tout absorbées dans leur chaste ignorance, en qui le sentiment de la pudeur est demeuré aussi profond qu'il l'était dans la première femme, quand elle est sortie des mains du Créateur^ toute revêtue de modestie. Pour les natures délicates, se donner est un sacrifice immense et toujours nouveau ; car si la déchéance a frappé la femme dans son âme devenue faible, dans son corps devenu infirme, et dans ses sentiments que la volonté ne gouverne plus, elle a, — cho^e éirangr» ! — elle a respecié cet ad-

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mirable instinct de pudeur dont Eve fut primitivement douée. Plus la femme est jeune et pure, plus elle est chaste dans ses pensées de vierge; et sa nature est ainsi faite, qu'elle n'arrive aux pensées grossières, qu'après un long contact avec le monde qui ne croit pas à sa pudeur, et qui la froisse et la blesse sans cesse comme sans pitié.

Dans les relations amoureuses, le rôle actif et provocateur appartient à l'homme^ et il y met d'autant plus d'ardeur que les obstacles qu'il rencontre sont plus difficiles à vaincre. La pudeur, qui est l'attribut le plus noble du sexe, est ainsi ménagée ; et la pudeur est la vertu par excellence de la femme, celle dont la perte en fait un être dégradé et des plus abjects : c'est d'ailleurs de toutes les vertus celle qui suppose la plus longue éducation et le plus complet développement de l'intelligence et du sens moral. Chez les enfants, elle n'existe pas, et jusqu'à l'âge de la puberté elle n'apparaît (jiie fort peu. Chez les sauvages et les peuples

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primitil'Sj elle est complètement inconnue. La pudeur est, en un mot, une des manifestations de la dignité personnelle, de ce sentiment propre à Thomme, qui, par respect pour luimême, rompt avec les mœurs de la brute et se complaît à épurer les siennes. Cependant, et tout en respectant précieusement les lois de celte pudeur qui lui confère je ne sais quel parfum de perpétuelle virginité, il fallait que la femme eût à sa disposition les moyens d'attirer les yeux, et d'exciter les désirs de celui qu'elle préfère et qu'elle veut subjuguer. De là, cet art subtil qu'elle apporte dans ses vêtements, dans sa parure, dans ses attitudes et dans tout son extérieur. De là, ce charme inlini qu'elle sait imprimer à ses moindres actions, à son regard, à l'intonation de sa voix, à tout son être enfin.

On a donné à ces mille ruses, si familières aux femmes, la dénomination pittoresque de coquetterie. Cette expression prise en bonne part désigne une qualité inhérente à la nature fémi-

nine. On la trouve également chez les animaux , où la femelle recherche le mâle par mille artifices et lui donne le signal ; elle se concilie parfaitement avec la vertu et la modestie, quand elle demeure confinée dans certaines limites et qu elle est mise en œuvre dans un dessein avouable ; mais elle devient une arme perfide et dangereuse au service des âmes frivoles et inconstantes, qui recherchent plutôt les hommages nombreux et passagers, que les jouissances durables et licites d'un amour pur et vrai. On rencontre dans le monde de ces femmes, aux dehors candides et aux mœurs hypocrites, qui se font un jeu cruel de s'entourer d'adorateurs, de se composer une cour qui satisfasse leur orgueil, pour le seul plaisir de dominer et de devenir l'objet d'ardentes convoitises. Ces sortes de femmes, que les poètes ont symbohsées dans la création fantastique de la Sirène^ constituent une véritable monstruosité, une déviation du sens moral, un fléau pour les hommes inexpérimentés qui les prennent au sérieux.

218 ÉTIDE PSYCnO-PllYSlOLOGIQUE SUR LA FimME.

Comédiennes perfides, vous ne savez donc pas que si la prostitution du corps est une souillure, celle du cœur est une profanation qui n'a pas même Pexcuse de Tenlraînement !

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