LE GR
a lieu l'expulsion d’un fœtus du poids de 990 grammes qui a fait quel-ques inspiralions.
Après l'accouchement, pas d’hémorrhagie.
La délivrance se fait naturellement à 5 heures 40 du matin, et aussitôt après on fait une injection intra-utérine au sulfate de cuivre.
Le placenta est complet, les membranes complètes, mais on érouve que la caduque épaissie en certains points manque en beaucoup d'autres. — Sur la face utérine des membranes on trouve un vieux caillot jaunâtre de la largeur d’une pièce de 5 francs et rouge à la coupe.
Le 16 avril à 8 heures 30 du matin, la malade perd un peu de sang, M. Tissier lui fait donner une injection vaginale chaude au permanganate de potasse. À 10 heures du matin, l'hémorrhagie commence de nouveau. M. le professeur Tarnier l’examine lui-même et ne trouve rien ni
dans le vagin ni dans l’utérus. On donne de nouveau une injection va-.
ginale très chaude et l'hémorrhaige cesse. A 1 heure 20, de l'après-midi, nouvelle hémorrhagie, Mlle Landais, après avoir fait une troisième injection vaginale chaude fait cette fois une injection intra-utérine. C'est alors que l’'hémorrhagie s'arréte.
Le 17. — La malade perd un peu de sang, mais en très petite quantité. Pas de douleurs dans le ventre.
Le 18. — Même état jusqu’au soir, où la malade vomit ses aliments.
Le 19. — Rien de nouveau.
Le 20. — Rien jusque dans l'après-midi. À f heure 30, la malade se plaint de perdre un peu. M. le D° Demelin l'examine à ce moment. Il trouve un ventre douloureux. Au toucher il constate que le col de lutérus est entr'ouvert ; il introduit alors un doigt dans l'utérus et sent sur la paroi postérieure une saillie assez volumineuse qu'il essaie de décoller. Ilne peut qu’en détacher quelques morceaux, ressemblant assez à des débris de cotylédons ; et présentant une odeur assez forte. M. Demelin cherche alors à enlever toute la masse ; pour cela, il introduit une main dans le vagin et avec deux doigts dans l'utérus il essaie de décoller cette masse. Il en enlève le plus possible et fait une injection intra-utérine au permanganate de potasse. C'est alors que la malade a un petit frisson le soir et que la température qui jusque là était normale monte à 38°8 d'emblée.
Le 24. — La malade n’a pas dormi de la nuit. Elle a eu des douleurs dans le ventre, mais sans nouvelles pertes de sang. La température ce
jour-là monte à 39°. C’est à ce moment que le professeur Tarnier se dé--
cide à intervenir. On met ja malade dans une salle d'isolement et après chloroformisation, M. Tarnier fait le curellage avec la curette tranchante. Il ramène une assez grande quantité de caduque, et après lavage intrautérin il introduit dans la cavité utérine l’écouvillon chargé de glycérine créosotée. Après un pansement vaginal et vulvaire avec gaze iodoformée, la malade est remise dans son lit. Toute l'après-midi elle est agitée, elle a des difficultés pour respirer ; le soir elle présente un pen de délire. La température monte à 39°8.
Dans la journée les débris retirés par le D' Demelin, sont examinés par M. Vignal, chef de Laboratoire, qui n'y trouve aucune trace de villosités choriales et constate qu’il y a là seulement de la caduque épaissie.
Le 22. — Après avoir été agitée toute la nuit, la malade se trouve plus calme le matin. Cependant elle se plaint toujours d'un gêne respiratoire. Le ventre est un peu douloureux, la température est tombée brusquement de 3908 à 3608.
Une odeur assez forte se dégage de la vulve, M. Tissier fait une injection intra-utérine au permanganate de potasse et applique un pansement à la gaze iodoformée.
Le soir l’odeur vulvaire persistant, M. Tissier fait un nouveau pansement.
Le 23. — La malade se trouve mieux ; nuit excellente ; douleurs de ventre moins vives, mais l'odeur vulvaire est toujours forte. Nouveau et même pansement.
Dans la journée injections vaginales toutes les 3 heures.
Le 24. — Même état ; l'odeur vulvaire diminue.
Le 25. — La malade se plaint de quelques douleurs dans le ventre, mais pas de température ; écoulement vaginal peu odorant. On donne 0,50 centigr. de sulfate de quinine.
Le 26. — Plus d'odeur, douleur abdominale amoindrie,
Encore 0,50 centigr. de sulfate de quinine.
Le 27. — Très bonne nuit. Plus de douleur.
Le 28. — Même état; on ramène la malade dans la salle dés accouchées.
Le 29. — Rien de nouveau.
Le 30. — Exeat sur la demande de la malade.
Guérison aussi complète que rapide.
OBsERvATION XII (Inédite). Cinquième grossesse. — Avortement de 5 mois 1/2. — Friabilité et adhérence des membranes. — Rétention des débris de membranes dans la cavité utérine. — Extraction partielle. — Injection Pe intra-ulérine. — Guérison.
Le 8 avril 1891, entre à la clinique de la rue d’Assas, dans le service de M. le He Tarnier la nommée B... Pauline, âgée de 29 ans, . journalière. De bonne constitution ; à bassin normal, elle à marché à DE 9 mois ; et a été élevée au sein. ; #, Ses premières règles ont eu lieu à 45 ans, régulières, leur durée 4 à nr 5 jours. | rs à À eu # grossesses antérieures, dont une fausse couche à 2 mois 1/2, v" ; il y a deux ans ; les autres à terme ; il ÿ à 5 ans, un garçon vivant; il CA y à 3 ans, une fille vivante également, il y a dix- huit mois, Un garçon fi lui aussi vivant.
Me Ses dernières règles ont eu lieu vers le 2 novembre 1890; l’époque présumée de la grossesse serait donc de à mois 1/2. Depuis le troisième 6, mois c'est-à-dire depuis un mois environ, la malade se plaint de pertes d'eau rougie. Le 6 avril elle a une perle de sang abondante pendant la F nuit; le Tavrilnouvelle perte, mais moins forte. Le 8 avril, on constate ? CORRE un ædème des membres inférieurs avec varices abondantes. Le fond de ; l'utérus est à 2 travers de doigt au-dessous de l’ombilic. On entend les ER" = battements du cœur fœtal à droite de la ligne médiane. Au toucher col “4 long, non modifié.
“a Jusqu'au 28 avril, rien de bien particulier ; mais à cette date la malade est prise à # heures du matin de violentes douleurs. A T heures 15, la dilatation est complète, les membranes se sont rompues on ne sait LME quand. À 7 heures 30, a lieu l'expulsion naturelle d’une petite fille qui 42 meurt aussitôt après quelques inspirations. 3 * La délivrance se fait spontanément, le 28 avril à 3 heures du matin. Les cotylédons sont friables, déchiquetés avec caillots. Les membranes, chorion et amnios sont également friables.
Après la délivrance, on introduit deux doigts dans la cavité utérine, et on procède à l'extraction de morceaux de membranes et de caïllots. ] On fait une injection intra-utérine au permanganate de potasse. ÿ Jusqu'au 9 mai, date de sa sortie, la malade ne présente pas d’accica dents et sort complète ment guérie.
20 En résumé, friabilité avec adhérence des membranes.
Ogservarion XII (Inédite).
La nommée A. âgée de 39 ans, entre à la clinique de la rue d'Assas, -dans le service du professeur Tarnier, dirigé alors par M. Maygrier.
Antécédents personnels. — Réglée à 15 ans, sans douleurs ; elle a eu 8 accouchemeunts à terme ; 5 fausses couches en plus. La dernière à eu lieu le 25 mars 1890. Depuis elle perd toujours du sang, et elle prétend qu'un morceau de délivre est resté dans l'utérus.
. Le 6 août 1890, c’est-à-dire quatre mois après sa fausse couche, elle est admise à la clinique. Pertes de sang en petite quantité pendant toute la journée. Le matin, nouvelle petite perte. é
Le 8, injection chaude ; le liquide revient rouge, à peine chargé de -quelques débris ; |
Le 10, perte de sang comme à l’habitude, le 41, perte considérable.
Le 12, légère perte, le 13 pas de perte;
Le 14, le 15, le 16, jusqu’au 22, le sang continue à couler en très faible quantité ;
Le 22, application d'une tige de laminaire ;
Le 26, dilatation avec les bougies de Hegar ;
Le 30, M. Demélin introduit le doigt jusqu'au fond de l'utérus ; il y reconnaît l'existence de saillies inégales et molles; avec une pince conduite sur le doigt, il saisit cette masse, la tord sur elle- ie et l’attire au dehors. Injection chaude intra-utérine.
Les pertes vont en diminuant très sensiblement à partir de cette “époque et le 15 septembre, la femme sort.
‘OBservaTion XIV (Inédite) Dixième grossesse. — Accouchement prématuré, “ spontané.— Adhérences intimes du placenta.— Rélention des membranes.
La nommée Léonie F. âgée de 30 ans, pulmonaire, entre le 26 fé- “vrier 1891, à la clinique de la rue d’Assas, dans le service du professeur Tarnier.
De bonne constitution et à bassin normal. Elle ne sait au juste quand -elle a marché ; a été élevée au lait d’ânesse.
Réglée à 7 ans puis à 9 ans, d’une façon irrégulière, avec arrêt de 5 à 6 mois. Durée des règles de 6 à 8 jours.
4 Le 9 décembre 1889, est entrée à l'hôpital Pascal pour pertes blanches
: É es et après un curettage et une e opération de Schræder, les per- LR tes ont reparu.
ETES A'eu déjà neuf” grossesses. En 1870, avortement de trois mois, en 1873, - avortement de 3 mois; en 1877, accouchement prématuré de 6 mois, RER en 1878, accouchement à terme d'un garçon mort en 4 heure. En De 24810, accouchement à à terme gémellaire ; un garçon | et une fille. Basiotripsie pour le garcon ? la fille a vécu six semaines à la Maternité. En 1881, accouchement à terme d’un garcon mort à 26 mois du croup.
à En 1883, accouchement prématuré d'un Baron: US En 1885, accouchement à terme d’une fille. FS En 1887, accouchement à terme d’un garçon. — Présentation de l’épaule. Version. — Mort à 27 mois de tuberculose. . | ; r ELEC | Grossesse actuelle. — Dernières règles du 4 au 7 juillet 1890. VAI L’ époque présumée de la grossesse serait donc de 7 mois 1/2. Pendant sa grossesse, la malade à présenté des vomissements alimentaires, 4 des hématémèses rou ges de la céphalalgie, de la leucorrhée, des pertes de | glaires rouges. \ Le 2 mars, la maladie après de violentes douleurs expulse un fœtus ; PLACES fille vivante, mais qui mourut le deuxième jour. ae tr On fut forcé de faire la délivrance artificielle. On trouve une rétrac- ; : a tion de lorifice interne avec adhérences intimes du placenta. Le décollement en fut très difficile, et demanda largement #5 minutes ; la face interne était déchiquetée. Les membranes étaient absentes.
Ogservarion XV (Inédite) due à l’obligeance de M. le Docteur MAYGRIER. — Accouchement prématuré chez une secondipare. — Rélention partielle des membranes. ne
af | Amélie B., âgée de 22 ans, électricienne, entre le 45 juin 1891, à La D. - Pitié dans le service d'accouchement du docteur Maygrier. CPR De bonne constitution. — À marché à 17 mois.
‘si Premières règles à 13 ans ; ni douloureuses ni abondantes. ; Les règles RAT RRERT suivantes très irrégulières ; elles sont restées quelquefois 2et3 mois ECTER | sans paraitre. Dans l'intervalle fréquentes pertes blanches, légères et
indolores. | ’ t
A 16 ans, la malade devient anémique ; on la soumet au régime to-
Roy 9
nique et aux ferrugisoux ; ses. Dore augmentent alors notablement.
Cette endométrite qui l'obligea à prendrè souvent des injections vaginales dura jusqu'à la dernière grossesse. Première grossesse à 19 ans ; accouchement normal à terme, l'enfant vit encore et se porte bien.
Après cette première grossesse, léger eczéma. Les pertes blanches continuent toujours jusqu’à la grossesse actuelle.
Grossesse actuetle. Dernières règles le 15 novembre 1890, la malade ce-
pendant se croit enceinte depuis le 25 octobre, date de ses règles précédentes ; ear elle eut pendant tout le mois de novembre des étourdisse-
ment et des nausées. Elle était donc enceinte de 8 mois environ à son.
entrée à L'hôpital. ’
Aucun accident pendant sa grossesse, si ce n'est un léger œdème des membres inférieurs et une varice à la partie interne de la cuisse gauche.
Le 45 juin 1891, la malade ressentit de légères douleurs abdominales et en même temps ses pertes blanches étaient devenues plus abondantes. Se croyant en travail, elle entra à la consultation d'accouchement le même jour à midi à la Pitié. i\
Au palper on trouve une tête légèrement engagée, front à droite, dos à gauche ; le maximum des bruits cardiaques s'entend sur le milieu de la ligne ilio-ombilicale inférieure gauche. ;
L'utérus remonte à #travers de doigt au-dessus de l’ombilie et est dévié à droite. Au toucher ; col assez long et très ramolli ; l'orifice externe est très ouvert, l’orifice interne très résistant à peine dilaté comme 2? fr.
On arrive sur les membranes et la suture sagittale. Les douleurs utérines sont assez légères et les contractions intermittentes, Il y a done début de travail ; la malade n'étant pas à terme et la poche des eaux n’étant pas rompue, on essaye de l'arrêter; on met la malade au repos absolu et on lui administre plusieurs lavements laudanisés. Sous l'influence de ce traitement approprié, les pertes et les douleurs utérines cessent complètement. Le 20 juin à 9 heures 15, la gestante perd su-
.bitement les eaux au milieu de son sommeil. On pratique le toucher, le col est très ramolli, mais pas complètement dilaté, l’orifice interne très résistant et toujours dilaté comme une pièce de 2 francs. On transporte la femme dans la salle d' accouchement.
A 11 heures 30, effacement ‘complet du col ; douleurs utérines très espacées ; à 1 heure 15, dilatation de 5 francs ; douleurs plusrapprochées, mais très irrégulières ; à 3 heures 20, dilatation comme la paume de la main. à à heures dilatation complète, rotation de la tête et dégagement
We à en OP? Ausstet l'accouchement, l'utérus se rétracte et la femme n’a aucune hémorrhagie.
: À 6 heures la délivrance n'étant pas encore faite et le placenta restant dans le vagin, on fait de légères tractions sur le cordon en s’aidant de l'expression utérine. — Une partie des membranes reste adhérente à la paroi utérine.
A 7 heures la délivrance ne se faisant pas, on pose une ligature sur les membranes et on fait une grande injection intra-utérine au permanganate de potasse de 5 à 6 litres environ. Le placenta est complet.
En résumé, cas d’adhérences des membranes.
OBsenvarion XVI (Inédite) due à l'obligeance de M. le Docteur Maycnign. — Accouchement prématuré chez une secondipare. Rétention de la caduque.
La nommée Adèle D.. âgée de 23 ans, domestique, enbre le 24 avril
1881, à la Pitié, dans le service d'accouchement du Docteur Maygrier, . De bonne constitution, bassin normal. A marché à 6 ans, à 12 ans a eu la rougeole.
Réglée à 13 ans ; règles abondantes, assez douloureuses qui durérent 8 jours ; les règles suivantes furent régulières, toujours aussi abondantes et à durée de 5 jours environ. C
A 19 ans, devient anémique ; on lui institue un régime tonique, À ce
* moment elle a une jaunisse, à la suite d’une émotion vive, dit-elle ; et accompagnée d’æœdème.
Elle aurait gardé le lit pendant un mois.
A partir de cette époque la malade aurait eu de fréquentes épistaxis, surabondantes et se continuant pendant les deux grossesses qu’elle ou plus tard, avec céphalalgies fréquentes, rougeurs subites de La face
à la suite de la moindre émotion.
Première grossesse, au milieu de juillet 1888, et le 25 juillet 1889, accouchement prématuré d’un enfant de 7 mois. Pendant cette grossesse, deux attaques d’influenza durant 15 jours et l'obligeant à garder le it,
Depuis l’âge de 20 ans, en outre, elle à eu des pertes légèrement sanglantes en dehors de ses règles; ces pertes ont surtout augmenté au
. moment de ses 2 attaques d'’influenza. Elle consulte alors un médecin, qui prenant cela pour de l'anémie, lui institue le traitement ferrugineux
Elle eut un accouchement prématuré, à délivrance normale, Ven-
fant, une e fille, trop petite, ne put prendré le sein a et mourut au Does de huit jours. io: ,
Grossesse actuelle. — Dernières règles du 14 au 20. septembre 1800. Les six premiers mois se passent assez bien si ce n’est qu'aux époques menstruelles, la malade a des pertes légèrement sanguinolentes peu abondantes , aux épistaæis fréquentes surtout le matin, céphalalgie, douleur abdominale et légère et crampes dans les jambes. RS
A partir du 7e mois, c'est-à-dire au milieu du mois de mai ete les pertes deviennent plus abondantes et plus fréquentes. Le ventre devenu très dur surtout à droite, très douloureux par intermittence surtout la nuit.
Pas de vomissements, ni d'œdème ; un peu de dyspepsie.
Le 1% avril 1891, entrée de la malade à la Pitié à la consultation d’ accouchement : elle se plaint de douleurs dans les reins et dans le bas-ventre avec pertes légérement sanglantes. Cet état d'ailleurs durait depuis le mois de mars. Jusque là la malade n'avait pas senti son enfant remuer, et elle supposait même qu'elle n’était pas enceinte. |
A l’examen, on reconnait une présentation du siège ; col long, complètement fermé. Comme la gestante est menacée d'accouchement pré maturé on la garde et on lui administre plusieurs lavements laudanisés : on lui fait également une piqûre de morphine. Sous l'influence de ce traitement les douleurs diminuent et le lendemain mardi, 12 au soir, le parturiente sent pour la première fois son enfant remuer.
Le vendredi suivant, les douleurs ayant complètement disparu ainsi que les pertes, la malade rentre chez elle. è
Dans la nuit du 23 au 24 avril, la femme éprouve de légères douleurs abdominales et le lendemain à 8 heures du matin la poche des eaux se rompt ; pendant toute la journée F1 malade perd de l’eau et sent de vives douleurs dans les reins et le bas-ventre.
À 6 heures du soir voyant que Les douleurs augmentent, elle entre de nouveau au service d'accouchement de Ia Pitié, La sage-femme qui l’examine trouve une présentalion du siège en S. I. G. A. Au toucher, col long, ouvert dans toute son étendue.
La malade ayant des contractions utérines douloureuses et intermittentes on lui donne à 9 heures du soir 2 lavements laudanisés et une piqûre de morphine. Nuit bonne. À 7 heures du matin la dilatation était comme la paume de la main.
A 9 heures 40 le siège apparait à La vulve ; l'enfant perdant son su
conium et étant en soutencel on dégage rapidement le fœtus. À 9 h. 45 | l'accouchement est terminé. Délivrance normale. 15 ARE plus tard
Ph sonde de Budin avec 2 litres de liquide antiseptique à 500. Dai complet pesant 410 grammes.
Membranes intactes, mais la caduque manque.
Sur Ja face externe du placenta, on constate quelques caillots superficiels signes d’une légère hémorrhagie récente. |
Pendant la journée et la nuit suivantes la malade a des trançhées utérines. Le lendemain 29 avril on doit lui administrer des lavements laudanisés ; et elle eæxpulse spontanément un morceau de caduque. — Les dou-
. leurs continuent la nuit suivante ; même traitement avec cataplasmes laudanisés. 1. |
Le 28 avril, dans la journée, nouvelle AT LS en masse d'un assez gros morceau de caduque. : ï
Depuis la malade va mieux et finit par HR tout à fait guérie.
OBSERVATION XVII (inédite). due à l’obligeance de M. le docteur May- GRIER., — Quatrième grossesse. — Avortement de 3 mois. — Hydrorvhée. — Délivrance artificielle. — Rétention partielle de la caduque.
La nommée X. entre vers la fin du mois de juin à la Pitié, dans le service d'accouchement du docteur Maygrier.
On ne trouve rien dans ses antécédents héréditaires. Comme antécédents personnels : née à terme, nourrie au sein par sa mère jusqu'à l’âge
de 2 ans. A marché à 11 mois.
A 13 ans 1/2 apparition des premières règles; menstruation normale - durant une année, puis, à la suite d’un refroidissement au moment des époques, suppression des règles pendant six mois consécutifs. Depuis, règles toujours douloureuses et irrégulières.
A l’âge de 15 ans la malade devient chloro-anémique; elle était très pâle, s’essoufflait facilement avec accès de gastralgie. À 21 ans, elle eut la rougeole. Elle ne se rappelle aucune autre maladie, mais elle est res-
tée toujours très nerveuse.
Antécédents obstétricauxr. — Mariée à 22 ans. Ses règles se suppriment trois mois après son mariage. Elle reste ainsi pendant deux mois et demi sans hémorrhagie menstruelle ; deux mois après elle eut des pertes
Ne ni médecin ni sage-femme.
Elle devint enceinte après cet avortement probable, sa grossesse. > fut | normale et elle accoucha à terme d’une fille actuellement bien portante. Les suites de couches furent pénibles : elle eut de vives douleurs dans le ventre, de la fièvre et garda le lit pendant 40 jours.
Depuis ce dernier accouchement la malade n’a cessé de souffrir du ventre ; ses règles sont abondantes, trréguliéres, elle a des pertes blanches dans l'intervalle. De plus le nervosisme s’est nettement accentué ; elle a eu des attaques de nerfs assez fréquentes qui, ilest vrai, ee disparu depuis 7 mois.
L'année dernièré, un n matin, à son réveil, elles ‘est aperçue que son bras gauche était paralysé. A l'Hôtel-Dieu on consftata une monoplégie du bras gauche avec anesthésie très marquée du pouce et de l'index. La malade prit du bromure de potassium et les choses ri tons dans P ordre 3 semaines après. À
Actuellement la malade est toujours très nerveuse ; ; mais à part une légère diminution de l’acuité auditive de l'oreille gauche et l’anesthésie pharyngée on ne constate aucun stigmate hystérique. Elle offre tous les caractères de l'anémie : pâleur des téguments et des muqueuses ; one anémique à la base du cœur et dans les jugulaires. :
Grossesse actuelle. — Dernières règles du 12 au 18 mars 1891. Depuis ce temps la malade $ouffrait dans les reins et dans le ventre plus qu'à l'ordinaire ; : elle avait des pertes blanches et par deux fois elle a perdu du sang. Une semaine avant sa fausse couche, elle eut de l’hydrorrhée très abondante, précédée de vives douleurs ; le sang apparut le mardi soir ; elle perdit abondamment le samedi et le dimanche ; le lundi matin elle perdit de nombreux caillots au milieu desquels un médecin décou- ‘vrit la présence d'un fœtus d'environ trois mois,
La malade est amenée à la Pitié, non délivrée. Elle est très pâle, très afaiblie ; pouls faible, aspect lipothymique. Les vêtements et les organes génitaux sont couverts de sang ; le cordon grêle se voit lorsqu'on entr'ouvre les grandes lèvres. Après un grand lavage, l’examen fournit les résultats suivants : vagin dilaté, col largement ouvert, non effacé, perméable au doigt; on arrive, facilement sur l'œuf en partie engagé dans la cavité cervicale. =
Injection intra-utérine chaude au sublimé au 1/3000. Repos horizontal. Le soir à 5 heures délivrance artificielle. Injection intra-utérine,
| œuf parait intact ; ul pèse 100 A ES Le placenta est œædemateux. Les membranes sont épaissies, el paraissent complètes à l'exception de la
| caduque.
Dans l'après-midi l’état général de la malade s’est beaucoup amé- lioré; il y à moins d’abattement ; cependant une légère ‘hémorrhagie
__ persiste; on pratique un nouvel examen : le col est toujours perméa-
ble ; on introduit facilement le doigt dans la cavité utérine où l'on sent nettement une partie des membranes que l'on décolle peu à peu.
Les annexes pèsent 100 grammes. Les dimensions et le volume sont ceux deux œuf de trois mois, gros comme une orange.
Les membranes ont été rompues au niveau du pôle inférieur de l'œuf pour le passage du fœtus ; la cavité de l'œuf est vide de liquide amniotique et ne contient qu’un cordon grêle gros comme une plume de cor-
beau.
La surface externe de l'œuf est lisse; elle est constituée par la caduque ovulaire, et en ouvrant cette membrane on arrive sur le chorion reconnaissable à ses villosités.
Vers le pôle supérieur de l'œuf on remarque un renflement discoide constitué par le placenta ; celui-ci a une circonférence égale à une pièce
de 2 francs, et a un aspect noirätre dû à l’infiltration du sang coagulé entre ses villosités.
Les annexes sont remarquables par l'existence d'une caduque utérine charnue, épaissée, déchiquetée, présentant à sa surface de nombreux pertuis glandulaires. Cette membrane n’a pu étre extraite qu'après l'expulsion de œuf.
L'examen du fœtus-n’a pu être fait.
__ Parmi les observations qui précèdent, les unes se rap-
portent simplement à des cas d’adhérences anormales des membranes ou du placenta, suivis des phénomènes septiques: Les autres beaucoup plus concluantes à notre point de vue sont les faits probants, nous semble-t-il de rétention de caduque après endométrite, et suivie d'accidents infectieux ou d’hémorrhagie.
Les observations nous paraissent surtout nettes à cet égard. Chez certaines de ces femmes la fièvre est apparue
rapidement après l'accouchement et la putridité s’est em-. 2
parée des débris de caduque restés dans l'utérus. L'une
d'elles a dû subir le curettage qui d’ailleurs à produit un excellent résultat. Enfin la dernière, quatre mois après
avoir fait une fausse couche, avait encore des pertes entre-
tenues par un épaississement pathologique de la caduque placentaire, adhérente au fond de l'utérus. L” ablstion de cette caduque mit fin aux hémorrhagies. |
* Dans le même ordre d'idées, Hégar (1) cite un cas, où, chez une femme syphilitique deux à à quatre jours après l’accouchement d’un enfant paraissant sain, sortit un sac épais, formé par la caduque seule. Cette femme, le 7° jour, eut de la métro-phlébite avec fièvre. L'examen microscopique montra une augmentation des cellules de la caduque et prouva que le produit rejeté n’était constitué que par de la caduque seule.
Kaltenbach (2) a rencontré des faits analogues : ila vu lui aussi la caduque être expulsée seule sous la forme d’un sac isolé des autres membranes, plus ou moins longtemps après la délivrance.
En résumé, la caduque malade reste dans certaines circonstances adhérente à l'utérus, après s'être séparée des autres membranes, même quand le fœtus a été expulsé vivant: Qu'il s'agisse de caduque vraie ou de caduque inter-utéro-placentaire, les lambeaux retenus sont susceptibles de se putréfier et de déterminer ainsi soit des hémorrhagies, soit des accidents septiques. |
(1) HéGar, Virchow’s Archiv. Bd. 52, p. 171.
(2) KazrExBACH, Zeitschrift, t. 2, 1879, p. 225.