‹ Des Rapports de la Chlorose avec la TuberculoseChapitre 8 sur 13 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Preuves cliniques. — Trousseau, le premier, dans une leçon clinique de l'Hôtel-Dieu, estime que l'on ne doit pas traiter indifféremmenttoutes les chlorotiques par la médication marliale.

« Vous êles surpris, ditil, de me voir prescrire des médications si différentes à plusieurs femmes qui sont dans le service de la clinique, et qui, toutes, vous paraissent alteintes de chlorose. Toutes, en effet, sont pâles, cachectiques, névralgiques ; chez presque toutes, vous trouvez des bruits de souffle dans les vaisseaux du cou, et pourtant j'inslitue un traitement fort différent pour des cas en apparence identiques.

» C’est que je suis loin de regarder l’anémie et’la chlorose comme deux mêmes maladies ; et, si, comme je le reconnais aisément, il y a dans la chlorose une anémie profonde, il ne s'ensuit pas le moins du monde que les anémies soient des chloroses. La décoloration du sang, la modification dans les rapports de ses éléments se montrent dans une multitude d'états pathologiques fort différents les uns des autres, et je suis convaincu que la confusion introduite par quelques-uns de vos maîtres dans le diagnostic des maladies qui ont pour élément commun l'anémie fait chaque jour de nombreuses victimes ».

| rip Et, à l'appui de ses assertions, il donne les observations de trois chlorotiques de son service. Pour l’une d'elles, il fut mis sur la voie da diagnostic par de légères hémo-

ptysies, qui avaient précédé l'entrée de la malade à l’hôpital. Cette malade, à son entrée à la clinique, ne présentait qu'une expansion pulmonaire moins ample à droite qu'à gauche, dans la fosse sus-épineuse droite. Et le diagnostic fut vérifié.

Chez la seconde malade, depuis 18 mois, Trousseau refuse de lui donner la médication martiale. « C’est qu’elle aussi, dit-il, a une fausse chlorose ; c’est qu’elle a dans l’un des sommels du poumon une inspiration faible qui me préoccupe et m'alarme ».

Cette malade n'avait, d’ailleurs, jamais bien supporté les préparations ferrugineuses. « Si, ajoute Trousseau, dans une maladie qui a les apparences de la chlorose, le médecin échoue après avoir varié et le choix et les doses des préparations martiales, il doit se défier et, presque toujours, s'il applique son attention, 1! découvrira quelque affection grave, qui déjà se révèle par des signes évidents. »

Ainsi donc, Trousseau est catégorique. Il avait vu des chlorotiques devenir tuberculeuses, tout en admettant des chloroses vraies absolument indemnes de tuberculose. I] estimait que souvent la chlorose masque la tuberculose, précède la tuberculose, est fonction de tuberculose.

Grancher est du même avis que Trousseau, que Wirchow, Landouzy, que Jolly.

Les thèses que nous avons déjà citées apportent tout un faisceau de preuves cliniques, qu'il serait difficile de méconnaîitre.

Félici, en effet, appuie ses conclusions sur 16 observa-

tions cliniques.

MN cts Nous avons déjà parlé des observations de M. Jolly. Nous n'y reviendrons pas.

Nous-même apportons trois observations qui confirment les précédentes :

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