‹ Des Rapports de la Chlorose avec la TuberculoseChapitre 7 sur 13 · M DE · texte numérisé non relu

M DE

«La chlorose et la tuberculose sont de la même famille, dit Hanot (Presse médicale, 1894). La tuberculose est la source habituelle de la chlorose. Les parents tuberculeux ne transmettent pas à leurs enfants la tare spécifique, mais ils ne leur lèguent qu'un capital vital, si je puis dire insuffisant. Pendant les premières années, que la scrofule ait déjà ou non signalé la prédisposition, les ressources ne sont pas visiblement inférieures aux nécessités de développement. Mais, au tournant de la puberté, au moment de la mise en demeure pour l'organisme, en prévision de la génération d’un surcroît de vie plastique et d’une extension des activités fonctionnelles, linsuffisance originelle surgit de toute part: comme une faillite, sinon une banqueroute, la chlorose apparaît. Et si, en réalité, la chlorose proprement dite ne se produit que chez la femme, c'est que, chezelle, l'échéance de la puberté, prélude de la maternité et de tout ce qu'elle impose, est beaucoup plus lourde que pour l’homme.»

Arrivons à des faits plus précis. La thèse de Jolly, Paris 1890, inspirée par Gilbert, élève de Hanot, met bien en lumière cette influence de l’hérédité tuberculeuse ancestrale sur les descendants chlorotiques. Jolly, dans sa thèse, publie une statistique personnelle de 54 cas. Sur ces 54 chlorotiques examinées par lui, Jolly a constaté que, 29 fois, elles étaient issues de souche tuberculeuse : le père ou la mère étaient morts de phtisie pulmonaire. Deux fois, c'est chez des oncles ou des tantes qu'on retrouve la bacillose : deux fois, il existe à la fois hérédité directe et indirecte. Dans un certain nombre de cas, 8, la tuberculose se rencontre chez des collatéraux. Enfin, la plupart des chlorotiques ayant servi aux observations de Jolly portaient des traces de scrofulo-tuberculose.

Comme conclusion à cette statistique, il y a donc ce fait que, dans 74 pour 100 des cas de chlorose, on rencontre une contaminalion tuberculeuse familiale, et que dans 26 pour 100 des cas environ, il y a eu des manifestations de scrofule.

La chlorose, dit Gilbert, présente donc avec la tuberculose d’étroites affinités. L'interprétation du fait est malaisée. Si l’on veut bien, toutefois, reconnaître que la tuberculose est héréditaire, que son hérédité gît, non dans la transmission de la graine, mais dans celle du terrain, on pourra concevoir, sans pénétrer dans l'intimité des phénomènes, que les enfants issus de souche tuberculeuse traduisent la déchéance de leur race, entre autres façons, soit par l'aptitude à la tuberculisation, soit par l'hypoplasie hématique qui constitue le substratum anatomique de la chlorose »

Le professeur Landouzy n'admet pas de chlorose qui ne soit pas fonction de tuberculose.

Une autre thèse de Paris, 1888 : Des rapports de la chlorose et de la tuberculose, Félici, est aussi très concluante. Sur 16 observations, nous trouvons l’hérédité tuberculeuse mentionnée 9 fois. *

Le dernier ouvrage paru sur cette question est: liagnoslic précoce de la tuberculose. en particulier chez les chlorotiques (Papillon, Paris, 1897). Cet auteur, sans aller aussi loin que Hayem, qui semble partisan d’un certain antagonisme entre la chlorose et la tuberculose, n’admet pas cet antagonisme, mais n'attache aux renseignements sur l’hérédité qu'une importance très faible, « celle d’un signe de présomption ».

Hayem, Hanot, ont démontré que la chlorose est un mauvais terrain pour la germination de la greffe tubercu-

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leuse. Ainsi, Hayem a pu suivre pendant de longues années 40 cas de chlorose franche et s’est assuré que, sur ce nombre, ilne s’est fait que deux tuberculisations secondaires. La première, chlorotique à 17 ans, commence à 39 ans une bacillose lente et, 5 ans après, limitée exactement au sommet droit. La seconde fait sa tuberculose - quatre ans après la chlorose, mais à forme extrêmement lente.

Cet antagonisme est, du reste, confirmé par Trousseau, Pidoux, Germain Sée, Hérard, Cornil et Hanot.

D'ailleurs la chlorose, stigmate tuberculeux, ne se rencontre pas toujours liée à la tuberculose. Nous retrouverons ce symptôme, stigmate tuberculeux, associé avec la sténose mitrale, l’adénopathie trachéo-bronchique et avec la syphilis. |

Pour la sténose mitrale, avec Hanot et Gilbert, nous pourrons nous demander si la tuberculose n’agit pas sur le cœur pour produire le rétrécissement mitral pur, maladie du développement, comme elle agit dans la chlorose sur le cœur et sur le sang. Voilà pourquoi on retrouve souvent la chlorose associée à la sténose mitrale.

Sur le terrain de la cliniqué courante et pour ce qui concerne l’adénopathie trachéo-bronchique, nous ne trouvons à peu près qu'une cause dont elle relève: c’est la tuberculose. C’est elle qu'il faut accuser chaque fois que des symptômes de lésions ganglionnaires viendront à se manifester. L'adénopathie trachéo-bronchique est, dans l'immense majorité des cas, une affection latente ; la chlorose vient souvent masquer une bacillose au début et les enfants meurent tuberculeux.

La syphilis héréditaire, se localisant souvent aux poumons peut, dans certains cas, être liée à une tuberculose.

et, au début, le diagnostic de phtisie syphilitique et de phtüisie tuberculeuse peut rester en suspens, être caché derrière une chlorose ou une anémie. Ge ne sera que plus tard que l'apparition du bacille de Koch et l'administration sans résultat du traitement antisyphiltique feront conclure à une chlorose ou à une anémie symptomatique de tuberculose.

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