‹ Des rapports du goître simple avec la maladie de BasedowChapitre 2 sur 2 · REVUE DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

REVUE DE LA PRESSE

Du traitement de la sueur des pieds. — Nous avons déjà appris à nos lecteurs (1) l’influence heureuse que les soRtions d’acide chromique à o p. 100 exerçaient sur une transpiration des pieds anormalement abondante. Cette méthode de traitement est instituée en grand dans l’armée allemande. Si l’on en croit les Annales de médecine militaire de l'Empire, sur 36240 cas, 59,4 p. 100 ont été guéris, 33,1 p. 100 ont été améliorés, et l’on n’aurait eu que 7,5 p. 100 d’insuccès. Il n’y eut que les cas très graves qui ne furent pas améliorés, les cas moyens et légers ont tous été guéris.

Le journal les Nouveaux Remèdes emprunte au Deutsch. med. Zeit. la description d’un autre procédé, dû au docteur Winogradofî :

Il commence par laver les pieds à l’eau tiède et à les sécher soigneusement. C’est alors qu’il badigeonne les parties affectées d’un pied avec un morceau d’ouate hydrophile mouillée dans une solution de 5 à 8 p. 100 de chlorure de zinc; il n’essuie ce pied qu’après avoir badigeonné l’autre pied. Dans le cas où il existerait des ulcérations entre les orteils, il faut essuyer chaque

(1) Voir Gazette des hôpitaux, 1889, p. 681.

GAZETTE DES HOPITAUX

pied immédiatement après l’avoir badigeonné pour s’opposer à une action trop énergique du chlorure de zinc. De plus, il ne faut alors se servir, au début, que d’une solution à b p. 100. Les badigeonnages doivent être entrepris le soir avant de se coucher pour laisser reposer les pieds. Ils peuvent être répétés cinq à sept jours plus lard. Mais dès le premier badigeonnage on constate la diminution de la sueur et de la rougeur; les ulcérations se mettent à se réparer. Le chlorure de zinc n’agissant que comme caustique, en détruisant les glandes sudoripares, il ne faut jamais permettre son emploi en l’absence du médecin.

Du danger des soudures contenant du plomb dans les boites de conserves. — M. Ballaud publie, dans le Journal de pharmacie, et de chimie, un travail dont voici le résumé :

L’étain, le plomb et leurs alliages, en quelque proportion que ce soit, sont attaqués très lentement par les acides les plus faibles contenus dans les conserves alimentaires.

L’attaque est en rapport direct avec la surface en contact.

L’étain employé à la fabrication du fer-blanc, qui contient des traces de plomb et 1 à 2 centièmes de cuivre et d’autres métaux, offre plus de résistance aux acides des conserves que l’étain chimiquement pur ou chargé de plomb.

Aujourd’hui que l’industrie ne conteste plus la possibilité de faire dessoudures à l’étain fin, il y aurait lieu de ne tolérer pour toutes les soudures de boîtes de conserves que l’étain employé à la fabrication du fer-blanc.

On verrait ainsi disparaître ces soudures plombifères que l’on trouve si souvent à l’intérieur des boîtes de provenance étrangère (1), et avec elles, sans doute, bien des méfaits dont on charge actuellement un métal qui, de tout temps, a passé pour inoffensif.

Opinion de Lawson Tait sur la méthode antiseptique. — Lawson Tait vient de prononcer à Cromer un discours dans lequel il attaque de nouveau, avec énergie, le système antiseptique. Le savant auteur anglais se plaint surtout qu’on donne à la simple énonciation d’un fait le nom de théorie ; il y a des faits, dit-il, des découvertes fort importantes, mais non jusqu’ici de système, de théorie antiseptique. Lister avouait récemment qu’il a honte d’avoir recommandé le spray, et cependant le spray serait la partie la plus logique de son système, si sa théorie était exacte, si l’action des germes était la cause immédiate et réelle de la suppuration.

Tait a, pendant trois ans, essayé le spray et les antiseptiques consciencieusement; il a même inventé un vaporisateur perfectionné; mais, après avoir fait cinquante ovariotomies avec toutes les précautions listériennes, et cinquante sans antiseptiques, il a conclu que la méthode de Lister augmentait la mortalité.

Il ne prend donc plus les mêmes précautions qu’autrefois. Il purifie avec soin ses éponges, mais sans faire usage de germicides; il craint, bien plus que les germes pathogènes, la substance morte qui peut se décomposer; aussi enlève-t-il avec soin, par le lavage à l’eau, les caillots, le sérum et le pus qui se trouvent dans l’abdomen. De même, le grand but du drainage est de donner issue aux liquides décomposables ; ce n’est donc pas, comme le dit Lister, une partie intégrante du système antiseptique.

D’après Lawson Tait, les principaux éléments de succès, dans la chirurgie abdominale, sont le lavage à l’eau de la cavité péritonéale, le drainage et l’emploi des purgatifs salins en cas de péritonite au début. Ce dernier point serait même le plus important, car, dans un grand nombre de cas, on observe des symptômes de péritonite, malgré le nettoyage du péritoine et le drainage. Lawson Tait emploie les lavements de térébenthine comme adjuvants des purgatifs salins. {Bulletin général de thérapeutique.)

Traitement de la diarrhée infantile par le salol. — Le docteur E. Hirlz, à la Société médicale des hôpitaux, a établi la

(1) M. Ballaud a trouvé fréquemment, dans des produits étrangers, des soudures intérieures qui contenaient 45 à 50 p. 100 de plomb.

grande puissance du salol comme antiseptique intestinal. D’après un de nos confrères suisse, le docteur Weber (de Colombie), c’est surtout dans la diarrhée infantile que le salol manifesterait ses propriétés antiseptiques, et à cet égard il serait de beaucoup supérieur aux médicaments les plus vantés.

L’effet produit serait presque immédiat, et, dès les premières vingt-quatre heures, on verrait cesser les vomissements et la diarrhée.

Voici la formule conseillée par le docteur Weber :

Salol 20 centigrammes.

Laudanum de Sydenham . i goutte.

Mêlez pour un paquet. A prendre deux par jour.

De l’eau boriquée naphtolée. — D’après M. Anotta, interne en pharmacie des hôpitaux, la solubilité du naphtol (3 serait augmentée par la présence de l’acide borique, dans l’eau destinée à la solution.

La solubilité du naphtol dans l’eau est de 20 à 25 centigrammes par litre.

L’expérience montre qu’à la dose de 15 grammes d’acide borique par litre d’eau, on tient en parfaite dissolution 50 centigrammes de naphtol. Un litre de solution boriquée à 30 p. 1000, additionnée vers 100 degrés de 1 gramme de naphtol, retient en dissolution après refroidissement, et, au bout de cinq à six jours, 75 centigrammes de naphtol à la température ordinaire. La solution boriquée à 40 p. 1000, c’est-à-dire à saturation complète, ne donne dans les mêmes conditions que 5 centigrammes de naphtol non dissous.

Il faut cependant faire remarquer que ces solutions sont très sensibles à l’action du froid. Un abaissement de température un peu brusque provoque dans les liquides la précipitation d’une faible partie du naphtol ; mais cet inconvénient disparaît dans les applications chirurgicales, lorsqu’on emploie les solutions tiédies; dans ce dernier cas même, on pourrait porter facilement la dose de naphtol à 1 gramme par litre.

La logique conduit à admettre à priori qu’une association de substances antiseptiques doit augmenter le pouvoir microbicide de ces substances. Quelque vraisemblable que paraisse le fait, il n’est cependant pas inutile de le soumettre au contrôle de l’expérience.

Ce sont ces expériences que fit M. Anotta, et il en a pu conclure qu’en associant l’acide borique et le naphtol P, on accroît leur pouvoir antiseptique. Un volume de ce mélange possède, l’expérience le prouve, une puissance microbicide supérieure à des volumes égaux des solutions naphtolée et boriquée prises séparément. Gela tient peut-être à ce que les puissances microbicides s’ajoutent; cela tient sans doute aussi à ce que l’acide borique permet d’augmenter la dose de naphtol p mise en dissolution.

De l’administration de la morphine par la voie nasale. — M. Cari H. von Klein, de Dayton (Ohio), recommande l’administration de la morphine par la voie nasale, méthode qu’il a expérimentée, dans plus de cent cas, avec résultats très favorables. La dose médicamenteuse est divisée en deux parts, qui sont prisées comme le serait du tabac. Il n’a eu qu’à se louer de ce mode d’administration, qui serait plus actif que par la voie hypodermique ou gastrique. {Médecine m.oderne.)

Traitement de la diarrhée par l’acide lactique. M. Hayem, qui a préconisé, il y a deux ans, l’acide lactique contre la diarrhée microbienne des enfants, n’a pas obtenu un moindre succès dans celle des adultes.

Il prescrit l’acide lactique à la dose de 10 a 15 grammes, sous forme de limonade.

Eau 800 grammes.

Sirop de sucre 200 —

Acide lactique fO à 15 —

A boire par demi-verres en dehors des repas.

La rapidité avec laquelle s’obtient la guérison, dans certains cas de diarrhée ancienne, est, paraît-il, extraordinaire.

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