SUJETS ATTEINTS D'ÉRYTHÈMES ET D'URTICAIRE
De l’ensemble des observations qui précèdent, il résulte que la tuberculine, en injections intradermiques, à faibles doses, n’agit pas seule dans les érythèmes aigus. En effet, d’autres substances, absolument différentes, telles que certains sérums antitoxiques, ou des solutions salées à divers degrés de concentration, peuvent également reproduire le type de l’éruption spontanée.
Cette propriété ne se manifeste dans certains cas d’érythèmes qu’à la période aiguë seulement, manquant ayant l’apparition de l’éruption. (Voir l’observation IV qui relate le cas d’un sujet atteint de sporotrichose n'ayant pas réagi avant l’apparition de l’érythème polymorphe consécutif et chez qui les injections intracutanées reproduisirent le type de l’éruption au cours de la poussée érythémateuse.)
De même, cette propriété de la tuberculine et de divers autres agents manque à la période de déclin de l’éruption (voir les observations V, VI, VIII, XII, XIII, XVII).
Mais ces diverses substances ne provoquent de réactions semblables que chez les sujets atteints d'érythème.
En effet, chez les malades du service de M. le docteur Thibierge, atteints d’ affections cutanées très variables, que nous avons inoculés systématiquement, jamais nous n’avons pu obtenir de réaction analogue à celles que l’on trouve chez certains érythémateux.
Une exception semblait cependant exister.
En effet, sans parler des réactions locales reprodui-
sant les types décrits par M. Mantoux ou M. Laignel-
Lavastine, réactions que nous avons observées chez des sujets porteurs de lésions tuberculeuses à localisation externe ou viscérale, nous avons obtenu des réactions un peu différentes chez d’autres sujets non tuberculeux atteints d’affections diverses (eczéma, psoriasis, syphilis, etc.). j |
Or, particularité remarquable, tous les sujets chez lesquels nous avons trouvé ces réactions analogues à celles qui se trouvent chez les érythémateux, présentaient à un degré variable, mais toujours net, la prédisposition cutanée à l’urticaire factice connu sous le nom de dermographisme. |
Nous publions ci-après quelques-unes des observations de ces malades.
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Observation XIX {MM. TurBierGe ET GASTINEL).
Dermographisme. Apparition d’un élément érythémato-ortié à la suite d'injection de tuberculine, et d’un élément ortié à la suite d'injection de sérum antidiphtérique.
Charlotte P..., 17 ans, atteinte de syphilis secondaire, présente un dermographisme très prononcé. Il suffit d’exercer un frottement léger sur les téguments pour faire apparaître une lésion de type urticarien avec plaque érythémateuse saillante, presque papuleuse.
5 avril. — On fait au bras droit une injection intradermique de 1/109 de milligramme de tuberculine, et au bras gauche une injection intradermique de sérum antidiphtérique.
6 avril, — Vingt-huit heures après les injections, on voit :
Au bras droit, une petite papule, un large placard érythémateux ayant la dimension d’une pièce de 5 francs. Presque aucune infiltration, mais la lésion donne l’impression d’être comme « soufflée ».
Au bras gauche, un élément du même type, mais la papule est plus grande et plus infiltrée. Au contraire la base érythémateuse est moins étendue,
7 avril. — La réaction a déjà presque complètement disparu.
8 avril, — 11 ne subsiste qu’une tache d’un rose éteint, ayant
le même aspect au niveau de chacune des injections intrader-
miques.
Observation XX (personnelle).
Louise Ph..., 24 ans. Malade présentant un dermographisme très marqué. Elle a eu déjà, d’ailleurs, à plusieurs reprises des
éruptions d’urticaire.