‹ Des Réactions Cutanees Consectives À L'Injection Intradermique De Tuberculine Et De Divers Autres Sérums Dans Les Dermatoses De La Série Des ErythèmesChapitre 5 sur 18 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

En août 1908, M. Ch. Mantoux faisait connaître dans un travail présenté à l’Académie des sciences le résultat de ses recherches sur les réactions cutanées consécutives à l’injection intradermique de tuberculine à faibles doses chez les sujets porteurs de tuberculose viscérale.

La nouvelle méthode succédait d’ailleurs à d’autres travaux poursuivis tant en France qu’à l’Étranger à la suite de la découverte de la toxine tuberculinique (1890)

La méthode de Koch était une découverte absolument nouvelle et le médecin allemand lui attribuait des propriétés curatives des lésions tuberculeuses. De plus il décrivait minutieusement les divers symptômes observés chez l'individu sain et le tuberculeux après l’absorption de tuberculine. Il insistait sur la constance de la fièvre post-tuberculinique chez ce dernier, et considérait même cette élévation thermique comme pathognomonique de l’existence de foyers tuberculeux.

Dès cette époque la Société de médecine vétérinaire

nommait une commission chargée d’expérimenter la nouvelle méthode. Les résultats étaient assezconcluants, pour que Nocard dès 1893, au Congrès de la Tuberculose, pût conclure que l'élévation de température observée après l'injection sous-cutanée de tuberculine avait une haute valeur diagnostique et depuis ces conclusions ont été admises à peu près sans conteste.

Tandis que lesinjections de tuberculine sont communément employées en médecine vétérinaire, elles n’ont pas pris une importance aussi grande en médecine humaine.

Von Bergmann avait bien,dès 1890, employé le nouveau procédé pour éclairer un diagnostic indécis chez un malade porteur d’une lésion de la joue. Henock,puis Schreider, Epstein et Escherich avaient également fait de nombreuses expériences sur des enfants atteints de tuberculose ; en France Péan, en Angleterre Springhtore, en Amérique Drenser avaient eux aussi fait des recherches mais la méthode était peu répandue, et quelques auteurs l’avaient même abandonnée à la suite d'accidents graves.

La question a été reprise depuis en France, notamment par M. le professeur Landouzy. Cet auteur en 1894 et en 1898 dans deux leçons montre les avantages qu'on peut tirer de l’injection sous-cutanée de tuberculine et il en précise la valeur diagnostique.

Enfin en 1900 M. Mettetal consacre sa thèse à cette question. ;

Mais il faut arriver en 1907 pour voir apparaître de

nouvelles méthodes fondées également sur l’emploi de

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la tuberculine, mais cette fois en injection intradermique.

En effet on pouvait adresser différents reproches à l’emploi de la tuberculine introduite dans le derme.

Tout d’abord elle ne peut ètre employée que chez des sujets absolument apyrétiques, de plus elle est sujette à diverses causes d'erreur, telles que la fièvre de suggestion qui s’observe chez certains sujets pusillanimes ; d'autre part, où commence l’hyperthermie ? Certains auteurs exigent une élévation de température de 1 degré, d’autres de 0°5 seulement ; d’où manque de netteté dans l’appréciation des résultats. Enfin le reproche le plus grave c’est que l'injection sous-cutanée de tuberculine ne peut être considérée comme absolument inoffensive chez des sujets porteurs de lésions en évolution.

Aussi Escherich avait-il eu l’idée d'employer la tuberculine en injection intradermique. Il signale donc en 1907 la réaction cutanée qui s’observe au niveau de l'injection. Cette méthode qu'il décrit sous le nom de stickréaction présentait sur l’ancienne l'avantage d’être absolument inoffensive, et de ne fonder la valeur diagnostique que sur une réaction locale.

Quelques mois après, en mai, Von Pirket, élève d’Escherich imagine la méthode connue sous le nom de cutiréaction. Cet auteur montre que si on inocule de la tuberculine par légère scarification dans le derme d’un sujet tuberculeux, on obtient une réaction locale caractéristique. :

Ensuite vient le procédé préconisé presque simulta-

nément par le professeur Calmette de l’Institut Pasteur

AL de Lille et Wolf Eisner:l’ophtalmo-réaction (mai 1907).

D’autres procédés dérivés des précédents furent préconisés, dont nous citerons la dermoréaction de M. Lignère, la tuberculinisation percutanée de Moro, la rhinoréaction de MM. Lafitte-Dupont et Molinier. Ces derniers procédés sont plutôt restés à l’état de méthodes de laboratoire.

Seules l’ophtalmo et la cutiréaction ont été expérimentées sur une grande échelle. Toutes deux, reposant sur une réaction locale, présentent l’avantage de faire abstraction de la température du sujet, par suite de pouvoir être employées chez tous indifféremment. Enfin et surtout elles ne peuvent influencer l’état général du malade. Mais l’ophtalmo-réaction peut être rendue reponsable d'accidents assez graves consécutifs à son emploi.

D'autre part, on a objecté à Ia cuti-réaction la difficulté d'appréciation des résultats qu’elle donne, quand ceux-ci ne sont pas tout à fait typiques. Enfin Von Pirket lui-même reconnaît que dans 48 cas de tuberculose vérifiée à l’autopsie, il n’a eu que 31 résultats positifs contre 11 négatifs.

Le procédé de M. Mantoux exposé dans son travail du 10 août est un dérivé de celui de von Pirket ; à l’ino- . culation par scarification d’une quantité, pouvant varier, de tuberculine, il substitue l’injection directe dans le derme, à l’aide de la seringue, d’une quantité exactement déterminée. D’où précision plus grande.

Le 15 octobre 1908, le même auteur, avee M. le

professeur Moussu, fait connaître le résultat de l’ap-

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plication de la méthode nouvelle sur les animaux. Ces expériences avaient porté sur 103 sujets, d'espèces différentes. Dans tous les cas de tuberculose spontanée ou expérimentale, les résultats avaient concordé avec les données de la clinique et les résultats d’autopsie.

Quelques jours après, M. le professeur Hutinel, dans un important rapport à l’Académie de Médecine montre les résultats pratiques de l’intradermoréaction, et, faisant notamment un parallèle entre elle et les autres méthodes, montre qu’elle est supérieure à l’ophtalmoréaction par son innocuité et à la cutiréaction par la plus grande netteté des résultats acquis.

Dans un autre travail, le même auteur montre que la réaction à la tuberculine fait complètement défaut au cours de la rougeole, même lorsque le sujet est notoirement tuberculeux, vérifiant en cela les travaux de M. Ch. Mantoux, Von Pirket, Hainer ; il rappelle en outre les conclusions de Von Pirket qui avait constaté les résultats négatifs fournis par la cutiréaction au cours de la variole et de la vaccine.

En janvier 1909 M. Laignel-Lavastine fait connaître les résultats qu’il a obtenus avec l’emploi de la méthode, et montre que des résultats franchement positifs peuvent apparaître chez des sujets indemnes de tuberculose. ;

Dans le courant de mars 1909 M. P. Lereboullet dans une intéressante revue générale parue dans le Progrès Médical compare l’intradermoréaction de Mantoux avec sa devancière, la cutiréaclion ; de plus il insiste sur les

variétés cliniques de cetie méthode.

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Vers le même moment, paraît un nouveau travail, celui de MM. de Beurmann et Laroche, où ces auteurs exposent également les résultats de leurs expériences.

Enfin en mai 1909 M. Cornillon consacre sa thèse à cette question.

Tous ces travaux que nous venons de passer en revue examinaient l’intradermoréaction appliquée seulement au diagnostic de la tuberculose viscérale. Mais à partir de maintenant nous étudierons des travaux absolument différents, ayant pour objet le résultat de l'injection de tuberculine, étudié à un autre point de vue.

En janvier 1909, paraît un très important travail de M. le professeur A. Chauffard et M. J. Troisier ; ces auteurs frappés de l’analogie existant dans certains cas entre l’intradermoréaction tuberculinique et les infiltrats de l’érythème noueux, ont étudié les effets des injections intradermiques de tuberculine sur un sujet atteint de cette affection, et tirent des résultats positifs ainsi obtenus un nouvel argument à l’appui de l’origine tuberculeuse de certains érythèmes noueux.

Simultanément aux travaux de M. le professeur Chauffard, MM. G. Thibierge et P. Gastinel étudiant également la réaction à la tuberculine dans diverses affections cutanées constataient, chez des sujets non tuberculeux, des réactions particulières. Pour se rendre compte de l'influence spéciale de la tuberculine ces auteurs ne tardaient pas à pratiquer simultanément chez leurs malades des injections d’autres substances toxiques.

À la suite de la communication de MM. G. Thibierge

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