‹ Des Réactions Cutanees Consectives À L'Injection Intradermique De Tuberculine Et De Divers Autres Sérums Dans Les Dermatoses De La Série Des ErythèmesChapitre 9 sur 18 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observation I. — (MM. G. Tumrrce et P. Gasriwer, Bullet. et Mém. de la Soc. Méd. des Hôp. de Paris, 30 avril 1909.)

Érythème polymorphe. — Réaclion aux injections intradermiques de tuberculine, de. sérums antidiphtérique et antité- {anique et d’eau salée physiologique suivant le type érythémalo-urlicarien.

Albert L..., 14 ans, atteint d’érythème polymorphe siégeant au dos des mains, et en poussée depuis quatre jours.

22 avril. — On fait plusieurs injections intradermiques.

Main droite, une injection de tuberculine en un point voisin des éléments spontanés.

Une injection de sérum antidiphétrique au-dessus du poignet. Une injection, enfin, d’eau salée physiologique au-dessus de cette dernière.

Main gauche, une injection de tuberculine au poignet. Une injection de sérum antitétanique un peu au-dessus.

28 avril. — Chaque injection faite à la main droite a donné une plaque érythémateuse sans infiltration notable et dont le

centre est légèrement papuleux. L'élément créé par le sérum

antidiphtérique est de plus grande dimension, la papulation y

est plus nette.

À la main gauche, l'injection de tuberculine, faite en un point où ne se trouve aucun élément spontané, a déterminé une lésion de même aspect que les précédentes: placard érythémateux légèrement papuleux sans infiltration. Il en est de même pour le sérum antitétanique. |

Il faut noter que dans cette observation les réactions provoquées par les injections intradermiques se sont faites surtout suivant un type urticarien.

26 avril. — Le malade revient à l’hôpital. Les différents éléments, artificiels ou spontanés, se sont éteints très fortement

depuis hier.

Observation I. —(MM. G. TamierGe et P. Gasninez.) (Loc. cit.)

Érythème polymorphe exsudalif avec vésiculation partielle. Réaction à la tuberculine sous la même forme que les éléments d’érylhème polymorphe développés spontanément.

Mxe Del..…., 35 ans, présente depuis trois jours un érythème polymorphe à type d’herpès iris, siégeant au cou, poignet, dos des mains, quelques éléments discrets sur les avant-bras.

11 mars 1909. — On fait deux injections de tuberculine Pasteur 1/100 de milligramme.

1° Une à l’avant-bras gauche ;

2° Une au bras droit, région deltoïdienne.

Sur ce bras il n’y a aucun élément d’érythème polymorphe.

12 mars, — La malade n'étant pas entrée à l’hôpital, on n’a

fée pas sa température ; mais elle n’a ressenti aucun malaise. On

remarque les réactions locales suivantes :

1° AVANT-BRAS GAUCHE. — Au point de l’inoculation intrader. mique de tuberculine, on remarque une papule érythémateuse de la dimension d’une pièce de O0 fr. 20 reposant sur une base également érythémateuse, Le tcut a la dimension d’une pièce de 1 franc environ. L'élément éruptif ainsi constitué est peu infiltré, il n’est pas circonscrit par un halo rosé, sa coloration rouge se détache sans transition sur les téguments voisins. De plus, sur le point culminant de la papule de réaction on voit

se former une petite vésicule.

Dans son ensemble, la lésion expérimentale est absolument semblable aux lésions d’érythème polymorphe apparues sponta-

nément sur les poignets et le cou.

2° Bras proiT. — Sur ce bras, où hier il n’y avait aucun élément, on remarque aujourd'hui, au niveau de l'injection intradermique, une lésion réactionnelle absolument identique à celle ci-dessus décrite. Toutefois, elle serait peut-être de dimensions un peu plus grandes, On croirait donc à une papule d’érythème polymorphe aberrante, isolée sur le bras, loin de tous les autres

éléments.

13 mars. — On observe qu'à l’avant-bras gauche la lésion d’inoculation devient très nettement vésiculeuse ; cette vésiculation se fait non seulement au sommet de la papule, mais en-

core sur toute sa base érythémateuse.

Il importe beaucoup de noter qu'au même moment la vésiculation se faisait sur tous les éléments spontanés d’érythème. La lésion expérimentale du bras droit est un peu moins vési-

culeuse que celle de l’avant-bras gauche. Elle ressemble, à s’y

St — méprendre, à un élément typique d’érythème polymorphe à aspect surtout papuleux.

14 mars, — L’érythème a subi comme une poussée autour de l’inoculation faite à l’avant-bras gauche. Au milieu des éléments nouveaux, il est impossible de distinguer celui créé par inoculation, car partout on remarque le même aspect vésiculeux. |

Au bras droit, la lésion expérimentale demeure toujours isolée, les éléments spontanés ne dépassant pas le tiers inférieur de l’avant-bras.

15 mars. — Les différents éléments commencent à s’éteindre.

La malade ne revient plus à lhôpital.

Observation II (MM. G. Trsrwrçe et P. Gasrinez. Loc. cit.)

Érythème polymorphe à type papuleux. Réaction à la luberculine sous une forme identique à celle des éléments d'érythème développés spontanément. Réactions analoques avec le sérum antidiphtérique. A la période de déclin de l’affeclion, les éléments spontanés ne revélant plus que le type maculeux, la réaction à la tuberculine et au sérum antidiphtérique repro-

duit ce dernier type.

Me Mor..., 47 ans, présente depuis quatre jours un érythème polymorphe en évolution à type papuleux siégeañt à la face dorsale, aux mains, aux poignets, aux avant-bras et au cou.

L'examen pulmonaire, répété, ne révèle aucun signe suspect.

1er avril 1909. — On fait trois injections intradermiques de 1/100 de milligramme de tuberculine de l’Institut Pasteur:

1° Bras gauche, à la région deltoïdienne ;

2° Avant-bras gauche ;

3° Bras droit.

} avril. — Aucune réaction générale ; température, 367. Trente heures après, chaque point d’inoculation apparaît sous forme d’une large papule reposant sur un placard érythémateux peu infiltré, et mesurant dans son ensemble les dimensions d’une pièce de 2 francs environ. Les bords de la papule nettement soulevés en bourrelet, son centre un peu déprimé, donnaient à la lésion expérimentale l'identité la plus absolue avec les autres éléments spontanés siégeant aux poignets et au cou.

A la même date, on fait à la malade des injections intradermiques d’eau salée physiologique à 7,5 p. 1000 et de sérum antidiphtérique :

1° Au bras gauche. — A côté de l'injection de tuberculine on pratique une injection d’eau salée physiologique ;

2° Au bras droit. — Injection intradermique d’une goutte de sérum antidiphtérique provenant de l’Institut Pasteur ;

3° À la cuisse droite. — On ne trouve absolument aucun élément éruptif : a) une injection de sérum antidiphtérique : b) une série de scarifications légères, sans déposer aucun sérum sur les traits de scarification, Ces scarifications sont faites plus haut que le point inoculé. f

3 avril. — Aucune réaction générale. Les lésions consécutives aux injections de tuberculine ont exactement les mêmes caractères qu’hier.

Au point de l'injection d’eau salée physiologique,on voit une petite papule à peine indurée, nettement saillante, entourée d’une plaque érythémateuse ayant à peu près la dimension d'une pièce de 2 francs.

L’injection de sérum antidiphtérique faite au bras droit se traduit encore par une plaque érythémateuse de la largeur

d’une pièce de 5 francs centrée par un nodule légèrement infiltré.

RTE

Cette lésion expérimentale est en tous points semblable à celle obtenue par la tuberculine. Cependant il faut noter qu'elle est de dimension un peu plus considérable et qu’elle est plus nodulaire que papuleuse; enfin, qu’elle a aussi un aspect très légèrement hémorragique.

À la cuisse, l’injection intradermique de sérum antidiphtérique a créé une lésion identique, reproduisant encore une semblable plaque d’érythème polymorphe, peu infiltrée et cintrée d’une papule très nette.

Il faut remarquer que cet élément éruptif s’est produit en un siège où il n’y a aucune lésion spontanée.

Enfin, au niveau des scarifications, on voit une réaction nette sous forme de plaques érythémateuses à type urticarien.

4 et 5 avril. — Les réactions s’éteignent rapidement, suivant parallèlement l’évolution de l’érythème qui s’atténue aussi.

* 7 avril. — Les réactions se traduisent seulement par des plaques d’un rose pâle avec une très légère infiltration. Les éléments

spontanés sont d’une coloration beaucoup moins vive et la papu-

lation disparaît.

On refait de nouvelles injections intradermiques.

1° Membre supérieur gauche. — a) Avant-bras, une injection de tuberculine, une goutte: soit 1/100 de milligramme ;

b) Au bras, même injection à même dose ;

c) Au bras, un peu au-dessus, injection d’une goutte d’eau salée physiologique.

2 Membre supérieur droit. — a) Au bras, à la région deltoidienne, une injection d’eau salée physiologique ;

b) A l’avant-bras, deux injections, une goutte de sérum antidiphtérique.

Les injections ont été faites à 2 heures.

Crozet ÿ

Vars

8 avril. — Pas de réaction générale.

Température à minuit, soir des inoculations, 37°4.

Température à 8 heures du matin, 3707.

Température à 4 heures le lendemain, 376.

Bras gauche, — Les réactions à la tuberculine ont donné une plaque érythémateuse, de coloration peu vive, de la dimension d’une pièce de 5 francs. Il n’y a pour ainsi dire aucune infiltration. Enfin, on ne voit plus de papule comme à la précédente injection.

C’est donc un élément éruptif complètement affaissé qui, dès son apparition, est en tout semblable aux éléments spontanés qui disparaissent à côté.

La réaction au sérum physiologique se présente également

sous forme d’une plaque peu érythémateuse, faisant au doigt une saillie très légère.

Bras droit. — La réaction intradermique au sérum antidiptérique a donné naissance à une simple plaque, véritable macule érythémateuse, sans induration et sans papulation.

Les lésions expérimentales ont donc reproduit dans cette deuxième série d’injections le type momentané de la dermatose en évolution.

9 avril. — Tout s’éteint de plus en plus.

12 avril, — Les membres supérieurs sont tachetés de taches rose jaunâtre, sans infiltration aucune, et chaque injection intradermique persiste sous forme d’une plaque de même aspect qu’il est impossible de distinguer des autres.

28 avril. — La malade revient à l’hôpital. Les traces de ses lésions spontanées ou expérimentales ont presque complètement

disparu, quelques-unes se sont légèrement eczématisées.

Observation IV. — (MM. TarmierGe er Gasrinez, Lhid.)

Érythème plymorphe chez un sujet atteint de sporotrichose, n'ayant pas réagi à la tuberculine avant l'apparition de l’érythème. Réaction à forme papuleuse, semblable à celle des éléments spontanés, à la suite d’une injection de fuberculine

- faite au cours de la poussée érythémateuse. Æ

M. M..., présentant des nodosités sous-cutanées de sporotrichose. Rien à noter au point de vue bacillaire viscéral.

22 février. — Avant que le diagnostic de sporotrichose ait été posé, on fait au bras droit une injection d’une goutte de tuberculine de l’Institut Pasteur, soit 1/100 de milligramme.

22 février. — Réaction générale, nulle.

Réaction locale, nulle, à peine point rosé.

9 mars. — Le malade fait depuis la veille au soir une poussée d’érythème polymorphe aux deux mains (noter qu’il suit un traitement ioduré).

On fait au niveau du poignet et de l’avant-bras(donc bien audessus des éléments éruptifs) une injection de tuberculine à la même dose.

10 mars. — Température : 36°9.

Réaction locale, — A chaque point inoculé apparaît ‘une papule érythémateuse, bien isolée, ayant absolument les mêmes types que les éléments spontanés.

A l’avant-bras. — Papule semblable avec le même aspect objectif. l

11 mars. — Réaction générale, nulle.

Réaction locale. Les papules d’inoculation persistent avec les

mêmes caractères,

12 mars. — La réaction commence à s’atténuer et les éléments spontanés disparaissent d'eux-mêmes.

14 mars. — On n’observe plus que des taches d'un rose éteint,

répondant au siège des papules anciennes.

Observation V. — (MM. TnimerGe er Gasrinez. Jhid.)

Érythème polymorpheen voie de quérison. Absence de réaction locale à la tuberculine en injection intradermique.

M'e R... Geneviève est atteinte d’érythème polymorphe des deux mains. Les lésions ne dépassent pas les poignets. Elles sont en voie de guérison. Mais quelques éléments se sont eczé= matisés,

Ou fait une injection intradermique de tuberculine à l’avant-bras gauche, près des éléments spontanés, et une autre au bras à la région deltoïdienne. La température, douze heures après ces inoculations, monte à 3802. |

Localement, absolument rien.

Observation VI. — (MM. TurmerGx ET GASTINEL).

Érythème polymorphe en voie de quérison. Absence presque totale de réaction locale à la luberculine en injection intradermique.

30 janvier 1909. — M. Des.., érythème polymorphe des mains et nuque en voie de disparition. On fait, au bras gauche, à la région deltoïdienne, deux injections de 1 /100 de milligramme de tuberculine.

. . + 31 Janvier. — Réaction générale nulle, Réaction locale re-

Rejet présentée par une petite nodosité érythémateuse à peine infiltrée.

2 février. — Localement tout a disparu, à peine voit-on une

petite tu meur insignifiante,

Observation VII. — (MM. TntBieRGE ET GASTINEL).

Urticaire toxique aiquë. Apparition d'éléments urticariens à la suite d’injeclion de tuberculine et de sérum antidipthérique.

Mre Del.., 72 ans, atteinte d’urticaire depuis une dizaine de jours, à la suite d’ingestion de poisson. Rien à l’examen viscéral.

Le 12 avril 1909, on fait :

Au bras droit, dans la région du deltoïde, une injection de tuberculine (à 1/100 de milligramme). Dans cette région, les éléments urticariens sont déjà un peu éteints.

Au flanc droit, on fait une injection intradermique de sérum antidiphtérique. Dans cette région, on observe des papules urticariennes en pleine évolution.

13 avril. — Aucune réaction générale.

Au niveau de linjection du bras, il s’est constitué une netite papule, saïllante, rose, un peu douloureuse à la pression, légèrement prurigineuse, devenant blanche quand on la déprime, entourée d’un cercle érythémateux de petites dimensions, Si on ne voyait pas la trace de la piqûre, on dirait que c’est une papule urticarienne typique.

Au flanc droit, la réaction est plus forte. Sur une large plaque érythémateuse de la dimension d’une pièce de 5 francs, on voit une papule à type urticarien. Elle est saillante, formant

presque une cloque. En la déprimant, elle devient blanche, puis

RS reprend sa coloration rose pâle. La zone érythémateuse périphérique est très légèrement infiltrée.

[ci encore on croirait à un élément spontané des plus typiques, si on ne voyait la trace de la piqûre. La réaction au sérum antidiphtérique semble avoir été plus forte que celle à la tuberculine, mais remarquons qu’elle a été faite en un point où les pomphi urticariens étaient encore en pleine évolution. La réaction en ce point a été non seulement plus étendue, mais la lésion expérimentale s’est accompagnée d’un prurit extrêmement fort, ce qui complète encore l'identité avec les éléments spontanés voisins.

La malade n'a plus été revue à l'hôpital.

Observation VIII (personnelle).

Urticaire loxique aiguë en voie de quérison.

Inoculations négatives de sérum antidiphlérique et de tuber-

culine.

4 juin. — M. G.., 24 ans, présente de l’urticaire ayant débuté il y a douze jours à la suite d'ingestion d’une grande quantité de fraises. Les éléments actuels qui persistent sont en voie de disparition.

On fait au bras droit en la région deltoïdienne une injection d’une goutte de tuberculine soit 1/100 de milligramme.

À gauche, en une région symétrique une injection de sérum antidiphtérique.

5 juin. — Pas de réaction générale.

Aux deux points d’inoculation il y a une petite papule.

6 juin. — Les réactions ont disparu.

Observation IX. — (MM. TaiBierce et GASTINEL).

Urticaire aiquë. Apparition d'éléments ortiés au siège des injections d’eau salée physiologique, de sérum antidiphtéri que, de sérum antitélanique et de luberculine.

M. Gant..., âgé de 21 ans, présente depuis quatre jours, sur es bras, les flancs, les membres inférieurs, une éruption caractérisée par de larges plaques érythémateuses prurigineuses dont quelques-unes sont saillantes, papuleuses.

Il s’agit d’une poussée d’urticaire dont on ne retrouve pas la cause dans l’alimentation.

22 avril. — On fait :

Au bras gauche, et comparativement, une piqûre d’eau salée physiologique à 7,5 */, et une injection de tuberculine.

A la fesse gauche, une injection intradermique de sérum antitétanique.

A la cuisse gauche, une injection de sérum antidiphtérique. Ces injections ont été faites en des points où il n’y a pas d’éléments spontanés proches.

Aucune réaction générale. Trente heures après, l'injection d’eau salée physiologique a donné une légère plaque rouge, prurigineuse, sans infiltration.

La réaction à la tuberculine se présente sous forme de plaque érythémateuse, un peu infiltrée, saillant surtout à sa partie centrale où elle prend l’aspect d’une papule. Cet élément éruptif, absolument identique à ceux survenus spontanément, est prurigineux.

Le sérum antitétanique donne naissance à une réaction super-

posable, peut être moins infiltrée, plus en surface, mais égale-

ment papuleuse, saillante et prurigineuse.

L'injection intradermique de sérum antidiphtérique se caractérise par l’étendue du placard réactionnel, par son infiltration plus prononcée, par son aspect très légèrement hémorragique. Cet élément expérimental est aussi prurigineux que les précédents.

24 avril, — Toutes les lésions éruptives spontanées ou provoquées s’effacent rapidement, et maintenant encore on ne peut plus reconnaître ce qui a été produit expérimentalement de ce qui est primitif. Notons que l’injection de sérum antidipthérique laisse une induration légère plus marquée que celle produite par

les autres sérums.

Observation X. — (Personnelle.)

Urticaire. Reproduction des éléments urticariens par l'injection intradermique de luberculine, de sérum antidiphtérique, de sérum anlilétanique.

Me Ch... Lucie, 29 ans. Malade présentant des éléments urticariens saillants avec vésicule centrale sur- quelques-uns, siégeant au dos des mains,aux avant-bras et au cou, et à la jambe droite. Le début remonte à un mois. A cette époque le malade avait des digestions douloureuses et de la constipation. Pas de signe de tuberculose viscérale.

4 juin. — On fait au niveau du bras droit, dans la région deltoïdienne, ou il n’y a pas d'éléments spontanés une injection

de tuberculine, et une autre de sérum antitétanique.

Au bras gauche, symétriquement, en un point également indemne une injection de sérum antidiphtérique.

5 juin. — Pas de réaction générale.

A gauche, au niveau de l'injection de sérum antidiphtérique il existe un placard érythémateux ayant les dimensions d’une pièce de 5 francs, saillant sur le reste de l’épiderme.

La coloration rosée qu’il présente est un peu plus accentuée au centre. En ce point il y a une petite croûtelle correspondant à l’entrée de l’aiguille.

L'’éruption provoquée ressemble, à part ses dimensions plus grandes, à un élément spontané siégeant au poignet du même côté.

Au bras droit, au point de l'injection de tuberculine, on a une réaction présentant les mêmes caractères, mais plus petite. La plaque érythémateuse a les dimensions d’une pièce de

50 centimes.

Au point d’inoculation du sérum antitétanique, la réaction est identique, mais plus intense. La largeur de l’élément expérimental est de 3 centimètres, et il ÿ a un peu d'infiltration.

Ainsi les réactions de ce côté encore présentent les mêmes caractères des éléments spontanés qui existent à l’avant-bras.

6 juin. — L’éruption tuberculinique a augmenté, elle atteint maintenant les dimensions d’une pièce de ! franc. Il existe une légère infiltration. La lésion provoquée est régulièrement arrondie, saillante, et présente absolument les mêmes caractères des éléments spontanés.

Au niveau de l'injection de sérum antitétanique, la réaction reste stationnaire tandis qu’au point de l’inoculation de sérum

antidiphtérique la plaque érythémateuse n'a plus que les dimen-

49e sions d’une pièce de 2 trancs. Il existe au pourtour une zone rosée.

L’infiltration persiste et l’éruption est prurigineuse.

8 juin. — La réaction à la tuberculine est en voie de régression, et il ne reste plus qu’une rougeur localisée, non saillante et non infiltrée

Au point de l'injection du sérum antitétanique, la plaque persiste, saillante, de contours arrondis, présentant les mêmes caractères que ceux d'un autre élément spontané existant à l’avant-bras du même côté. De plus elle est prurigineuse.

Au niveau du bras gauche, la réaction est en diminution, elle n’a plus que 2 centimètres de diamètre, il persiste toujours un peu d'infiltration. Elle n’est plus prurigineuse.

La malade n’est pas revenue à l’hôpital.

Observation XI. — (Personnelle.)

Urticaire toxique aiquë. Développement d'éléments urticariens d'aspect à la suite d'injections de tuberculine,de sérum antidiphtérique et de sérums physiologiques, hyper — et hypotoniques.

Mae J... Gabrielle, 34 ans. Malade prédisposée à lurticaire. Elle dit avoir eu souvent des éruptions consécutives à l’ingestion de poisson, de charcuterie, etc. Les digestions sont mauvaises.

L’éruption actuelle remonte à quatre jours. La veille du début de la poussée actuelle, la malade avait été au bord de la mer, avait pris un bain prolongé, et mangé du poisson aux deux repas de la journée.

Actuellement (5 juin) papules urticariennes nombreuses, roses,

saillantes, de contours arrondis, disséminées sur le cou, la poitrine, les avant-bras, il en existe quelques-unes au niveau des jambes. ; |

Rien de particulier au point de vue bacillose viscérale.

5 juin. — On fait une injection de tuberculine à 1/100 de milligramme, au bras droit, dans la région deltoïdienne, loin d’un élément spontané :

Une autre injection intradermique de sérum salé hypertonique au-dessous de la précédente.

Au bras gauche, en une région également indemne, on fait une inoculation de sérum antidiphtérique; une de sérum hypotonique.

A la jambe droite, en un point où il n’existe pas d’éruption spontanée nous faisons :

a) Une injection de tuberculine ;

b) Au-dessous une injection de sérum antidiphtérique ;

c) Une de sérum salé hypertonique;

d) Une de sérum salé hypotonique.

6 juin. — Pas de réaction générale.

Au bras droit, au niveau du point d’injection de tuberculine, on a une papule, ayant les dimensions d’une pièce de 50 centimes, de coloration rose, devenant blanche à la pression, saillante sur Je reste de la peau.

Au point d'injection de sérum hypertonique, la réaction est plus vive. On a une plaque érythémateuse, légèrement infiltrée, ayant un diamètre de 2 centimètres. Le centre est d’une coloration plus accentuée.

Ces deux éléments artificiels dans leur ensemble ont l’aspect d’éruption urticarienne spontanée.

A gauche, au niveau de l’inoculation de sérum antidiphtéri-

ep que, la réaction est analogue. Il existe une petite plaque érythémateuse, saillante sur le reste de l’épiderme, en outre il y a une légère infiltration.

Au point d'injection du sérum hypotonique, la réaction est plus légère. On a une papule rosée, saillante avec une zone circulaire de coloration plus pâle.

Là encore ces deux éléments ont un aspect urticarien .

A la jambe, les réactions sont analogues à celles obtenues aux membres supérieurs.

L’injection à la tuberculine a donné une plaque de coloration rosée, avec une légère infiltration, présentant une croûtelle cen trale correspondant au point de la piqüre.

La réaction due au sérum antidiphtérique est plus légère, on a une papule rosée, saillante.

Au point d’injection intradermique du sérum salé hypertonique la réaction est plus intense. On a une plaque érythémateuse des dimensions d’une pièce de 1 franc, de coloration plus accentuée au centre.

L’inoculation de sérum hypotonique a donné une réaction analogue, mais plus légère, ayant 1 centimètre de diamètre.

N'était leur disposition en série, ces divers éléments expérimentaux en imposeraient pour une éruption spontanée.

Le malade ne revient à l’hôpital que six jours après ; l’éruption spontanée et les éléments provoqués par ces injections diverses

ont disparu.

REEST

Observation XII (personnelle).

Urücaire loxique aiguë, en voie de quérison. Réaction négative à la tuberculine et au sérum antidiphtérique, légère au sérum antitétanique.

M. P..., 20 ans, n’ayant pas d’antécédents morbides, présente une éruption urticarienne disséminée, dont le début remonte à dix jours. Cette éruption est apparue le lendemain d’un séjour d’une journée au bord de la mer, le malade avait en outre ingéré du poisson.

Le malade présente de plus au niveau des régions découvertes du corps, poignets, dos des mains, cou, des piqûres nombreuses de moustiques. Elles avaient entraîné un œdème local, très prurigineux.

Depuis trois jours ces diverses lésions sont en voie de régression, et le malade n’a plus de prurit.

4 juin. — On fait une injection de tuberculine à 1/100 de milligramme au bras droit, au niveau de la région deltoïdienne, plus bas une de sérum antitétanique.

A gauche, en une région symétrique, injection de sérum antidiphtérique.

5 juin. - Légère rougeur aux points d'injection de tuberculine et du sérum antidiphtérique.

Au niveau de l’inoculation du sérum antitétanique, il existe une petite plaque rosée, ayant 1 centimètre de diamètre, légèrement saillante sur le reste de l’épiderme.

6 juin. — Les réactions à la tuberculine et au sérum antidiphtérique ont disparu.

Au niveau de l’injection de sérum antitétanique, il ne persiste

plus qu’une petite rougeur elle-même en voie de disparition.

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