TOI
l’espoir consolant de tons les amis de la liberté.
Ce système, accéléré clans ses développement par les révolutions , différé des révolutions mêmes , comme la paix diffère de la guerre , comme le triomphe diffère du combat.
Des calculs politiques, rapprochés des sciences exactes par leur précision clés bases inébranlables pour, les institutions générales , une garantie positive pour les droits individuels , la sûreté pour ce qu’on possède», une route certaine vers ce qu on veut acquérir , une indépendance complet te des hommes, une obéissance implicite aux loix , r émulation de tous les talent , de toutes les qualités personnelles , Fanalition de ces pouvoirs abusifs , de ces distinctions chimériques , qui , n’ayant leur source ni dans la volonté ni dans l’intérêt communs , réfléchissent sur leurs possesseurs l’odieux de l’usurpation , l’harmonie dans l’ensemble , la fixité dans les détails, une théorie lumineuse, une pratique préservatrice , tels sont les caractères du système des principes.
Il est la réunion du bonheur public et particulier. Il ouvre la carrière du génie , comme il défend la propriété du pauvre. Il appartient aux siècles , et les convulsions du moment ne peuvent rien contre lui. En lui résistant , on peut sans doute causer encore des secousses désastreuses. Mais depuis que 1 esprit de l'homme marche en avant, et que l’imprimerie enregistre ses progrès , il n’est plus d’in vasion de barbares, plus de coalition d’oppresseurs , plus d’évocation de préjugés , qui puisse le faire rétrogader.il faut que les lumières s’étendent, que l’espèce humaine s’égalise et s’élève ’ et que chacune de ces générations successives que la mort engloutit, laisse du moins après elle une trace brillante qui marque la route de la vérité.
( io3 )
notes.
Page 3s.
Ij5 o N ne croira pas , j’espère , que je méconnoisse les talens etïes vertus de M. Necker . parce que ses opinions politiques me paroissent erronnées» La même franchise qui me porte h énoncer mon dissentiment sur toutes les parties de son système , me fait un devoir de professer mon admiration pour son génie , et mon respect pour son caractère. J’ai été , je J’avoue , profondément affligé de son dernier ouvrage , dont les beautés m’ont frappé , comme elfes ont dû frapper tous ses lecteurs. Je crois que, plus rapproché de la scène ,il eût jugé bien différemment. Les journaux qui ont porte dans sa scditude , pendant dixhuit mois, la description trop vraie de crimes inouis , et depuis un an, les exagérations d’une opinion très-fautive , l’ont trompé sur beaucoup de points : mais en le combattant, qui pourroit sé refuser à la douceur de lui rendre justice? Qui pourroit ne pas admirer l’éclat de son talent, la finesse de ses vues, et l’expression éloquente d’une ame toujours pure , et, malgré ses préventions , amie encore de la liberté ?
Lorsqu’on accuse, il faut prouver. Je demande pardon au lecteur de la preuve que je vais fournir. Elfe est d’un genre si bas , que j’ai eu beaucoup de peine
IjK.'i
Pt
H me déterminer h la transcrire : mais elle m’a semblé trop remarquable pour être supprimée. C’est un jourde ^Pèce ^ ceux dont je parie, car je ne puis trop établir ia distinction , c’est, dis-je, un journaliste lui- même , qui Va nous donner une idée de la ' gradation à laquelle ces écrivains se résignent, et de 3 maniéré dont iis .s’égaient sur leur infamie.
Extrait du Grondeur , du 3 ventôse
an 6.
• “Le, journalistes ne devroient-ils pas bien prier ** Daunou, puisqu’il a des complaisances pour eux , de •"* fairc déî^miner au moins les cas où ils doivent’recevoir des soufflets, des coups de bâton, des étri- ■vières, des gourmades , des croquignoies , et toutes ”■ leS au’res Petites corrections anodines qui sont du reosort de la police casueile ? Au moins on sauroit à -guoi s’en tenir , et l’on préparent im jour ses ,?» épaules...... En un mot, on ne seroit point exposé à
i arbitraire. Mais sur tout qu’on fixe le nombre et les quantités, car, voyez vous, les nombres ne sont pas à négliger dans ces sortes d’occasions. Je tiens aux nom- ^ bres,et je veuxabsofumentqu’on détermine les nom- ?» bres : car si je me trouve dans le cas de vingt croï? quignpïes, etc. çtc. etc. »
T°us ceux qui prêtèrent le serment du ; eu de p au l me 5 «uw exception , trahirent l’état , étaient coupables de lezë-majesté , et dévoient être jugés comme tels.... Les noms de ceux qui se rendirent ainsi parjures doivent être gravés , avec le burin d'mç vérité vengeresse , dans les annales de h
monarchie qu’ils ont détruite . Il n’est point pour eux de repentir qui puisse les justifier au tribunal inexorable de l’histoire. L’inscription de leurs noms sera et est dès aujourd’hui leur arrêt. Ce ne sera pas à des Brissot , des Marat y des Manuel , que la postérité demandera compte de tant d’hor~ reurs et de calamités : ce sera à ceux dont les noms jont seuls figuré dans les premiers morne ns de la révolution. Le rétablissement de la monarchie. Page 56 et 5y.... Les constitutionnels virent dresser pour eux les guillotines qu’ils avoient imaginées 9 fabriquées , élevées pour les royalistes : leur sang impur coula sans honneur : il n’excita ni regret , ni pitié ? et le baptême de l’ échaffaud ne put pas même laver leurs crimes. Ibid. 76 et 77.
Ce n’est pas tout d’ arracher les fruits de cet arbre planté par les constitutionnels j et par eux ariosé de sang. Il faut l’abattre : il faut couper jusqu’à la dernière racine 7* et bien loin de se servir de la moindre de ses branches , pour l’ enter sur un tronc antique et vénéré^ il faut fouiller tout au-tour avec l’ attention la plus scrupuleuse , et ne pas lui laisser la possibilité d’un rejetton.... S’il reste le moindre germe de cette race exécrée , le plus léger souffle de la dis- .corde} ou même du mécontentement ^ ira, le porter sur la plage infortunée , où mille circonstances imprévues le développeront pour le malheur du genre humain . Après avoir reçu de toutes les puissances Européennes le bienfait inappréciable de la destruction d’une secte impie y nous manquerions à la dette sacrée de la reconnoissfince 5 en gardant volontairement nn
milieu de nous un venin caché qui pourrait les infecter un jour. Ibid. 89 et 90.
Quelle ressource , juste Dieu ! resteroit-il donc a la France , si les atrocités des jacobins dévoient faire oublier ou pardonner les crimes des constitutionnels ? Ibid. 160.
Si la clémence est un plaisir , la justice est un devoir .... Il est des atrocités dont le caractère , le nombre et les détails sont au-dessus du pardon ... C'est la société entière , c’est l’humanité même qui demande alors vengeance. Telles sont celles qui ont ensanglanté la France sous le règne des constitutionnels. Ou’ il est effrayant , le nombre des scélérats qui les ont servis !... Je suppose qu’il n’y en ait qu’un pêr municipalité , et déjà j’en compte plus de quarante-quatre mille.... A ce ramas d’ administrai tur s , ajoutez ces clubs 3 ces sociétés... Ajoutez les débris de ta première assemblée 3 les successeurs quelle se choisit. P. 164 et suiv.... Si la nation assemblée eæprimoit le vœu de restreindre l’autoité
royale elle voudroit sa perte..... elle seroit
encore en état de délire , et par cela même hors d'état de vouloir. P. 189.
Je crois inutile de joindre à ces citations d’un ouvrage officiel des développemens qui ne pourroient qu’affoiblîr i impression que ces citations seules doivent produire. Vous qui désirez la contre-révolution 3 contemplez-la toute entière.
Je ne considère ici M. de Lafayette que sous le rapport du malheur \ et sous ce rapport3 je saisis avec
empressement l’occasion d’inspirer l’horreur pour les traitemens affreux dont il est victime. Les souverains ont si peu d’intérêt à de pareilles atrocités , que l’on ne peut s’empêcher de croire quelquefois , que celles -ci sont ignorées de celui qui, pour sa gloire , devroit les faire cesser j et dans cet espoir , il faut multiplier toutes les chances de publicité. Je ne suis pas assez vain , pour supposer que cet ouvrage ajoute beaucoup à ces chances t mais quand un seul homme de plus en seroit instruit^ j’aurois du moins rempli mon devoir.
« Les eaux presque stagnantes de la Morave engeo- ?» drent d’épaisses vapeurs et attirent d’innombrables » essaims d’insectes. Pour comble de maux, la branche ?? de cette rivière qui coule sous les fenêtres des prison*- ?» niers, étant par sa profondeur, favorable au traits- »» port des immondices de la ville , est devenu son ?» principal égout. C’est à cette circonstance qu’on attri- ?» bue le mauvais air qu’on respire à Olmutz- L’hôpital ?» militaire et celui de la ville sont les bâtimens les •> plus rapprochés de la prison.
« Les murailles extérieures ont six pieds d’épaisseur. ?» Une forte cloison sépare les deux chambres que La- ?» layette occupe avec sa famille.
»» Ses deux filles, à qui il n’est permis que de passer
six heures par jour avec leurs parens , habitent une de ?» ces chambres , où elles n’ont qu’un mauvais matelas.
« Latour-Maubourg et Puzy sont renfermés dans deux »» autres cachots séparés. Ils reçoivent le jour par une >» ouverture de quatre pieds quarrés , où l’air peut à ?» peine parvenir.
« Chaque cachot est ouvert quatre fois par jour. Le >» prisonnier prend ses repas en présence de l’officier
( ro8 )
*> et du prévôt. Après le dernier repas des prisonniers, » à neuf heures, les lampes sont éteintes : ils ont été 99 privés de briquet et d’amadou, ce qui leur avoit été 99 accordé à leur arrivée, en cas d’indisposition. Leur 99 nourriture est dégoûtante. Oh leur donne seulement 99 une cuillier d’étain. Au commencement de leur dé- 99 tention, leur boisson étoit portée dans des bouteilles. ", A présent , ils ne peuvent se servir q4e de vases de « terre au de bois, qui, après leur repas, sont placés s» sur la fenêtre du corridor , où ils sont exposés à la
V poussière, aux insectes, et servent aux soldats.
“ Les trois prisonniers sont couverts de haillons , 99 leurs habits n ayant pas été renouvellés depuis quatre 9i ans.
« Lorsque madame de Lafayette et ses filles arrivèrent , M ia décence exigea que Lafayette fût habillé. On lui
V donna üne veste et un pantalon de serge grossière, 99 en lui disant que le drap étoit trop cher pour lui. 99 Il n’avoit point de soulier : Une de ses filles lui en 99 fit une paire, avec le drap d’un vieux habit.
ee L habillement de Latour-Maubourg consiste en une 99 veste et un pantalon de nanquin , entièrement dé- » chirés , et qu’il porte depuis 1792. „ Extrait des papiers allemands , rapporté dans les journaux du 3 -ventôse.
Je ne veux point ici me faire , auprès d’un parti, s’il existe , un mérite que- je n’ai pas. M. de Lafayette m’est inconnu: je ne suis lié avec aucun de ses amis : sa rentrée en France me paroîtroit dangereuse : mais qu’y a-t-il de commun entre sa rentrée et les tourmens que l’Autriihe lui fait éprouver ? Ces tourmens sont horribles : ils ne sont appuyés sur aucune loi, justifiés par
( log )
aucun droit, motivés par aucun intérêt. Ils sont atroces sous tous les rapports.
Page 54.
j’invite les acquéreurs de biens nationaux , à lire une brochure récemment publiée, et qui a pour titre y frappe^, mais écoute 1.
Voici le jugement qu’en ont porté les journaux, « Cet » ouvrage est fort en raisonnemens et en principes, » mais déplacé, impolitique et dangereux; déplacé et „ impolitique, parce qu’il est plus propre à détruire la ?» confiance qu’à la rétablir; et dangereux, parce qu’il »» renferme des vérités tju’il faudra iong-tems encore tenir cachées. » Extrait du grondeur, du 17 ventôse an 5.
Cet ouvrage , qui renferme des vérités que l’on ne doit cacher que pour un tems encore , propose de dépouiller de leurs propriétés tous les acquéreurs de biens nationaux, de quelque nature que soient ces biens. V. Ch. 10. Il indique un prétendu mode de remboursement absolument illusoire, et ne s’occupe en rien des intérêts des tiers-acquéreurs. Mais l’auteur ne se borne pas à ces projetsfinanders, subversifs de toute justice : il appelle sur les acquéreurs toute la fureur nationale. Il les rend responsables de la guerre, de la disette, de touteslescaiamitésjde la révolution* Il les traite de brigands , d’égorgeurs , d’enfans dénaturés, de citoyens parricides. V. pages 38,68,73,80,84,96, 166. Enfin , cet ouvrage est pour les acquéreurs de biens nationaux , ce qu’est , pour tous les amis de la liberté , le. rétablissement de la monarchie , dont j’ai cité quelques morceaux dans une note précédente. L’on n’accusera pas du moins nos ennemis communs de déguiser leurs projets , et si nous souffrions qu’ils les exécutassent, ce ne seroit pas faute d’avertissement.
In those debates , some ofthe cavalier-pai ty,... came ié bear some share, They were then ali zealous common weaith'smen, according to the directions sentthem fronx those about the king. Their business was to oppose government on ail his demands, andso to weaken him at home , and expose him abroad. When some of the otherparty took notice of thig great change, from being tbe abettors of prérogative , to become the patrons of liberty , they pretended their éducation in the court, and their obligation to it , had engaged them that way : but now, since that was out of doors, they had the common principîes of human nature , and the love of liberty in them. By this mean , as the old republicans assisted and protected them, so at the same time they
strëngthened the faction But these very men , atthe
restoration , shook off this disguise , and reverted to their oid principîes , for a high prérogative , and absoiute power. They said , they were for liberty, when it'was a mean to distress one who , they thought , had no right to govern : but, when the government returned to its old cbannel . they were still as fîrm to ail prérogative notions , and as great ennemies to liberty, as ever. Burnet's Bistory of his own time. Edinburgh , 1753. vol. 1. p. 99.