CHAPITRE I
Rappel succinct de nos connaissances
sur l’Erythème Noueux
Historique
L'Erythème noueux nest pas une maladie très ancienne ou, tout äu moins, elle n’a commencé à intéresser les auteurs qu'à partir du début du xix* siècle.
A ce moment, en effet, on n accordaït à cette éruption, dénommée par l'Anglais Willan «Dermatite contusiforme », que la valeur d’une affection cutanée.
Schœnlein, en 1829, décrivant une poussée d’E. N. n'hésite pas à l’attribuer au froid. Cette idée sera reprise un siècle plus tard par Brocq. Mais, après les travaux de Bouillaud (1830 et 1840), ceux de Bayer
(1835) penchant nellement pour la nature rhumatis-
male de celte éruption — théorie fortement détendue. par Bergeron en 1867 — la controverse ne larda pas
à s échautfer.
En 1868, les études de Trousseau tendant à considérer l'E.N. comme une maladie autonome, spécifique, allaient donner libre cours aux discussions,
Ainsi, la « maladie de Trousseau » — conception appuyée sur les observations antérieures de Germain Sée et Hèbra de Vienne (1770) — allait trouver de nombreux partisans ; lémoin Talamon qui, en 1882, décrivit l'E.N. comme fièvre éruptive d'une maladie auto-
nome. :
Parallèlement et tandis que Charles Mauriac en 1880, Lesser en 1882, de Beurmann et Claude en 1896, donnaient à l'E. N. une cause syphilitique, l'attention des savants élail attirée par «certaines analogies de l'E.N. et la tuberculose.
Le premier rapprochement fut fait par Boillet (1850) qui constata l'importance des antécédens tuberculeux dans l’E.N.
Cetle porte ouverle allait donner naissance à une nouvelle théorie. Dès ‘lors, d'innombrables travaux, recherches, publications, thèses, eurent pour but de démontrer, à la suite d'arguments chimiques, biologiques, radiologiques et ‘hactériologiques, les ‘relations
très étroites qui unissent E. N. et tuberculose.
Citons les 1rès importants travaux de allier, er
France, et Ueflelmann en Allemagne, en 1872, admet-