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La continuité ou constance

Ainsi, considérant une opération de transport comme une sorte de siget-objet, doué d'attributs et de modes, nous disons que le voiturier, c'est-à-dire la pensée qui anime et gouverne cette entité d'un nouveau genre, l'appareil moteur, le véhicule et le champ *de traction en sont les facultés; — d'autre part, que la masse transportée, la vitesse, la régularité, etc., sont ses qualités.

Et comme les facultés constituent la puissance, les qualités donnent au transport sa valeur, déterminent son rendementi ou comme disent les comptables, sa recette.

Nous avons donc catégorisé ces qualités sous la désignation de POIDS UTILE, laquelle peut s'appliquer soit implicitement à toutes les qualités du transport, soit plus spécialement à la matière transportée ; de même que la désignation du poids mort peut s'entendre à volonté, soit implicitement de toutes les facultés on éléments du voiturage, soit spécialement du véhicule, auquel on joint quelquefois le moteur.

IIL Tous ces faits analysés et classés, nous avons reconnu que leur double série, ramenée par nous à son expression la plus simple sous les termes de Poids mort et Poids utile, forme une opposition naturelle, dans laquelle les deux termes, toujours en oscillation et en raison inverse, ne peuvent jamais s'absorber ni s'éliminer.

On ne peut pas, avons-nous dit, faire qu'un transport soit sans objet, ni que le transport d'un objet s'opère sans un appareil de locomotion matériel et pesant. Une pareille idée implique contradiction. Donc, pas de poids mort sans poids utile, pas de poids utile sans poids mort; et comme chacun des deux croit ou diminue de tout ce que Ton retranche ou ajoute à l'autre, ce que le voitu-

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rier peut et doit faire est, par le choix et la combinaison de ses moyens, de diminuer sans cesse le poids mort à Tavantage du poids utile.

Telle est la loi du transport. Tune des plus fondamenmentales de Téconomie politique.

Nous pourrions montrer, si c'était le lieu, comment la loi du poids mort et du poids utile régit les autres industries aussi bien que celle des transports ; comment s'en déduit la loi de la division du travail, indiquée par A. Smith^ mais que ni lui ni aucun de ses successeurs n'ont analysée ; comment elle détermine les salaires^ les frais généraux^ etc. Ces considérations nous éloigneraient de notre sujet, et nous devons les écarter.

IV. La loi du transport, telle que nous l'avons formulée, n'a besoin, pour être comprise, d'aucun auxiliaire scientifique. Nous voulons dire que sa certitude lui est propre ; qu'elle ne dépend pas de considérations empruntées à la géométrie, à l'arithmétique ou à l'algèbre; qu'on peut faire abstraction de ces sciences et de toutes lès autre, sans que pour cela cette proposition élémentaire : Dans tout transport le poids mort suppose le poids utile y et réciproquement, perde son évidence et sa vérité.

Or, si la pratique voiturière, nonobstant l'usage que nous avons pu faire de temps en temps du calcul, afin de donner aux faits observés plus de précision, a pu donner lieu à une théorie, si élémentaire qu'elle soit, mais d'un ordre à part , et si cette théorie n'est qu'un fragment de la science économique, peut-être son point de départ, on peut prévoir que l'économie politique est une science sui generis, susceptible comme toute autre d'être régulièrement construite, mais d'après une méthode et sur des éléments qui restent à découvrir.

D'où il résulterait enfin que l'économie politique, antérieure aux autres sciences, peut être appelée science mère : qui sait si elle, ne nous donnera pas enfin ce que

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