LE UÉDAGTEUU €N CHEF DU MONITEUR DES HOPITAUX
Snr un moyen facile et exact de cons'îatei» la pureté
du chloroforme.
Mon cher rédacteur en chef,
Dans les excellentes leçons sur l'emploi du chloroforme faites par M. Robert à l'Hôtel-Dieu, et publiées dans' le Moniteur des Hôpitaux, j'ai cru remarquer que le savant et habile chirurgien, en insistant avec justesse sur la nécessité de n'employer qu'un chloroforme parfaitement pur, n'avait peut-être pas indiqué un moyen suffisamment exact et précis de constater cette pureté.
Le chloroforme peat contenir du chlorure d'élaïle , de Talcool , des composés chlorcux, des combinaisons amyliques, métyhques et d'aldéhyde, que l'appréciation de la densité, recommandée comme épreuve par M. Robert , est impuissante à déceler si leur quantité est peu considérable.
J'ai pensé qu'il pourrait être utile de mettre sous les yeux de vos lecteurs les deux moyens suivants d'arriver à la constatation absolue de la pureté de cet agent anestbésique, moyens aussi simples que précis, et à la portée de tous.
En ajoutant à du chloroforme qui contient du chlorure d'élaïle un peu de potasse, on transforme le composé en chlorure d'acélyle, dont l'odeur infecte dénote immédiatement la présence.
S'agit-il de rechercher tous les autres composés qui peuvent se trouver mêlés au chloroforme , les alcools notamment qui se ren-
contrent le plus fréquemment? On y parvient facilement en broyant, dans un vase quelconque, une petite quantité de bichromate de potasse au milieu d'un peu de chloroforme, et en ajoutant à ce mélange quelques gouttes d'acide sulfurique. Si le chloroforme est pur, il se forme un précipité rouge brun d'acide chromique; s'il n'est pas pur, l'acide est réduit, tandis que le dépôt, et quelquefois le liquide lui-môme, prend une couleur verte, due a la présence du sesquioxyde de chrome.
Si vous pensez, mon cher rédacteur, que ces renseignements soient de quelque utilité pour vos lecteurs, donnez-leur la publicité de votre journal, et croyez -moi, etc.
Berthé.