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Des deux sortes de tourteaux de lin employées, Tune renfermait de 6 k 7 % d'huile et l'autre de 1 5,36 à
La ration quotidienne des moutons de chaque lot fut, au commencement de l'expérience, de 226 gr. 5 de tourteaux et 226 gr. 5 de foin par jour avec des navets ad libitum. Un mois après, les quantités de foin et de tourteaux furent portées à 3oo gr.
Le tableau de la page 297 résume les résultats obtenus.
Ce tableau montre clairement la supériorité du tourteau riche en huile puisque pour produire une augmentation de 100 kilogr. il a fallu 29 kilogr. de tourteau pauvre en huile de plus que la quantité consommée en tourteau riche et que 2 3 kilogr. de foin et 56 kilogr. de navets en plus ont également été nécessaires.
Pour rendre la démonstration plus complète, au moment de clore l'expérience, trois personnes compétentes ont été priées d'examiner les animaux des deux lots. Elles ont déclaré « que les moutons nourris avec le tourteau riche en huile étaient plus avancés en croissance et avaient produit plus de chair que les autres, que leur laine était plus belle et plus lustrée. Quant à l'engraissement, ils ne purent se prononcer nettement, car les moutons des deux lots n'étaient pas assez différents sous ce rapport. Considérant la question au point de vue pécuniaire, ils déclarèrent que la différence de valeur entre les deux lots était de 2 fr. 5o à 3 fr. ?5 par tête en faveur des moutons nourris avec le tourteau huileux ».
Le lecteur tirera les conséquences pratiques que comportent ces expériences et débattra, au mieux de ses intérêts, le prix des tourteaux qui lui sont offerts, d'après leur teneur en huile. Nous lui rappelons que les
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pains de fort poids, comme on les fabrique dans l'Ouest et l'Est sont plus riches que les galettes qu'il a été plus facile de presser uniformément et énergiquement.
§ III. — Les tourteaux traités par le sulfure de carbone peuvent-ils être donnés sans danger aux animaux?
La question posée en tête de ce paragraphe se présente naturellement à l'esprit, car personne n'ignore aujourd'hui que le sulfure de carbone, qui est un excellent dissolvant des matières grasses, est un corps toxique et que son introduction dans un organisme végétal ou animal y provoque de graves désordres pouvant aller jusqu'à la mort. C'est précisément parce qu'il est doté de propriétés toxiques qu'on l'emploie avec tant d'avantages comme parasiticide. N'y a-t-il pas lieu de craindre qu'il reste, en partie, incorporé aux résidus quand on Ta utilisé à l'extraction de l'huile et que ces résidus ne soient nuisibles aux animaux auxquels on les distribue.
Cette question est d'autant plus importante que l'esprit des inventeurs est en éveil et s'efforce de perfectionner l'extraction par le sulfure, toujours plus complète que par les presses. Ce mode d'extraction est devenu courant pour quelques huiles exotiques, celles de coprah et de palmiste notamment.
Lors même que dans un but d'économie, on ne chercherait point par des procédés divers à débarrasser les résidus du sulfure qu'ils pourraient retenir, afin de le recueillir, que l'exposition à l'air suffirait seule pour les en délivrer, puisque ce corps est très volatil et bout à + 45°. Au bout de quelque temps, ils en ont perdu l'odeur si désagréable et si caractéristique.
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§ IV. — Distribution de.
Les tourteaux sont livrés en pain:
plus durs qu'ils sont confectionn temps; l'espèce influe d'ailleurs b< nacité et leur compacité. Quoi qu'i les distribuer aux animaux sans 1 préalablement; les ruminants en p raient sans cette précaution en tire
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Pour briser et fragmenter les tourteaux, on peut à la rigueur se servir d'un maillet, procédé long et inapplicable dans une exploitation dont le cheptel est important. On a recours dans celle-ci à une machine appelée Broyeur ou Concasseur de tourteaux (fig. 23). Les modèles en sont variés, mais d'une façon générale elles
sont constituées essentiellement par un volant actionnant par l'intermédiaire de roues à engrenages , deux cylindres tournant l'un contrel'autreet broyant les tourteaux qu'on pousse entre eux. Ces cylindres sont parfois cannelés, d'autres fois ils sont garnis de fortes pointes qui brisent plus grossièrement les galettes.
Lorsqu'on veut pulvériser les tourteaux
Fig. 23. — Concasseur de tourteaux. dans l'huilerie même
où on les produit, le plus simple est de les faire passer sous Ja meule.
Modes d'administration. — Une fois fragmentés, les tourteaux peuvent être donnés en poudre sèche, en buvées ou après avoir subi la cuisson ou la fermentation.
Les moutons sont les animaux auxquels on distribue habituellement le tourteau pulvérisé et laissé à l'état sec; on le fait aussi, mais moins communément, pour les bœufs à l'engrais. Déposé quelquefois seul
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DES TOURTEAUX. 3oi
dans la crèche, le plus souvent on le mélange avec des graines entières ou égrugées, des farines et sons, des racines hachées, des pulpes.
Plus fréquemment, on fait des buvées en le délayant dans l'eau froide ou tiède. Nous nous sommes assuré que bien sec, ce résidu absorbe de deux à trois fois son poids d'eau, suivant son origine; nous n'avons pas trouvé que l'eau tiède fût incorporée en plus grande quantité que la froide, elle Test seulement plus rapidement. Cette absorptio n d'eau indique immédiatement que les vaches laitières retirent bon profit de cette manière de leur distribuer le tourteau; les jeunes animaux, les veaux en particulier, s'en trouvent bien aussi.
Quelques tourteaux, ceux de noix, de coprah, de sésame, de lin, forment de véritables bouillies ou purées, d'autres donnent des buvées moins homogènes. On remarquera que les tourteaux et les poudres traités au sulfure de carbone produisent des buvées à pâte moins liée, ne forment pas de véritables bouillies comme leurs homologues qui n'ont pas été soumis à ce traitement. La matière grasse joue probablement un rôle d'agglutinatif pour les particules de tourteaux; quand elle a été enlevée par un dissolvant, on s'explique que ces particules s'aggrègent moins bien et ne forment plus purée, mais rappellent du sable quartzeux qu'on jette dans un vase plein d'eau.
Thaè'r a conseillé pour la préparation d'une buvée de disposer les choses comme suit : Prendre un seau et à l'aide d'une planchette percée de trous le diviser dans le sens de la profondeur en deux compartiments inégaux, l'un comprenant les 2 3 de la capacité totale. Mettre dans le plus petit compartiment les fragments de tourteau, remplir d'eau, agiter avec un bâton pour
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faciliter la désagrégation. Il n'y a plus qu'à puiser la buvée dans le grand compartiment.
Le plus souvent on ne prend point cette précaution, on répand simplement le tourteau pulvérisé dans l'eau et on agite. Fréquemment, on y ajoute des farines, du son, de la drèche, des racines et des fourrages coupés.
Les buvées doivent se préparer au moment même du repas ou peu auparavant; l'essentiel est que l'incorporation de l'eau aux résidus et aux autres aliments qui les accompagnent puisse s'accomplir. Préparées trop longtemps à l'avance, elles fermentent, car quelques-unes constituent un milieu de culture favorable à certains germes parmi lesquels il peut s'en trouver de pathogènes. Le nettoyage et l'ébouillantage quotidien des récipients où on les traite est de rigueur.
Quelquefois les tourteaux sont soumis à la cuisson. Deux circonstances justifient cette opération : i° quand il s'agit de résidus de crucifères, il faut les débarrasser de leur goût spécial, puis faire apparaître et se volatiliser l'essence de moutarde qui est dangereuse; 2° lorsque les tourteaux sont associés à des aliments que la cuisson rend plus digestifs et plus assimilables, telles que les pailles hachées ou les pommes de terre. Dans ce cas, la cuisson se fait généralement à la vapeur en se servant de l'un des nombreux appareils inventés pour ce genre d'opération culinaire.
Pour arriver à un résultat analogue à l'un de ceux que produit la cuisson, c'est-à-dire le ramollissement et la désagrégation des fibres constituantes des aliments, on s'est servi de la fermentation. Elle est pratiquée volontiers en Angleterre ; chez nous, elle a été préconisée principalement par un agriculteur du Nord, M. Decrombecque. On procède habituellement de la façon suivante : on superpose alternativement des assises de foin et pailles hachés
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et de racines débitées en cossettes ou pulpées dans un récipient convenable ou dans une citerne ad hoc, on arrose avec de l'eau chaude tenant en suspension du tourteau, on tasse suffisamment, on couvre d'un chapeau de paille et on laisse la fermentation se développer. Au bout de 48 heures, on fait la distribution aux animaux. Il est recommandé de ne pas laisser la fermentation s'établir en plein air et sans un tassement suffisant, parce que des moisissures et des ferments adventifs se développeraient rapidement dans la masse et pourraient lui communiquer une odeur et une saveur désagréables, et même des propriétés nocives par les toxines qu'ils sécrètent.
Les avis sont partagés en ce qui concerne l'administration des tourteaux fermentes i Les uns préconisent ce mode qui rend, disent-ils, les aliments plus digestibles, mieux utilisés que quand ils n'ont point subi cette préparation et qui a aussi l'avantage de présenter aux ani maux leur nourriture sous une forme qui leur plaît. D'autres proscrivent cette" façon d'agir qu'ils considèrent comme susceptible d'amener des affections qui minent le bétail. Si les tourteaux étaient constamment exempts de végétations cryptogamiques et de microorganismes, il n'y aurait pas d'inconvénient à donner ces résidus mêlés à d'autres aliments fermentes, mais il n'en est pas toujours ainsi. En tous cas, leur distribution aux vaches laitières donne lieu de craindre que des ferments accessoires communiquent aux produits dérivés du lait une saveur et une odeur désagréables et en amoindrissent la valeur. On ne saurait prendre trop de précautions et être trop minutieux quand il s'agit de leur alimentation, c'est pourquoi nous recommandons pour elles les buvées extemporanées.
En général, quand on donne aux animaux des tour-
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teaux pour la première fois, ils n'y touchent pas ou y touchent fort peu. Il en est pourtant qui sont pris plus facilement que d'autres. Parmi les résidus d'origine indigène, ceux de colza, de navette et de chanvre sont rarement acceptés d'emblée, tandis que ceux de lin, de noix et d'oeillette sont immédiatement pris; dans les tourteaux exotiques, ceux de coprah et de coton sont acceptés facilement, ceux d'arachides plus difficilement.
Il arrive aussi que quand une provision de tourteaux est épuisée et que n'en trouvant plus de cette sorte dans le commerce ou en trouvant à un prix majoré, on est obligé d'en faire venir d'une autre sorte, les animaux font des difficultés pour les consommer.
Dans les deux circonstances, les animaux ne mangeant pas suffisamment, il y a perte, surtout quand il s'agit de sujets d'engrais; il faut donc s'ingénier pour qu'ils ne souffrent pas et qu'il n'y ait pas d'arrêt.
Le procédé le plus simple, celui que nous employons d'ailleurs pour la plupart des résidus que nous essayons, consiste à mélanger le tourteau pulvérisé avec un aliment très recherché des animaux, l'avoine par exemple, l'orge crue ou cuite, les carottes ou les betteraves divisées, ou d'en ajouter à de l'eau blanchie par des farines, à des barbotages. On varie les procédés suivant l'espèce d'animaux à laquelle on s'adresse; une fois qu'on a commencé, on augmente graduellement la proportion de tourteaux, de façon à les faire prendre seuls au besoin.
Un autre moyen, applicable seulement quand on n'a à alimenter qu'un nombre restreint d'animaux, consiste à délayer le tourteau dans l'eau, de façon à en former une pâte assez liée. On confectionne des pâtons ou bols avec celle-ci et on les porte dans l'arrière- bouche de chaque animal, assez profondément pour que la déglu-
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tition en soit forcée. On affirme que par ce moyen, on amène rapidement les animaux à prendre d'eux-mêmes les résidus qu'ils refusaient d'abord.
Arroser les tourteaux pulvérisés ou concassés d'eau salée ou les saupoudrer de sel est une méthode qui conduit parfois très bien au but. On sait que le tourteau est une des substances dont l'emploi est indiqué par le décret du 8 novembre 1869 pour dénaturer le sel destiné au bétail. En commençant par donner du sel ainsi dénaturé, puis en ajoutant chaque jour davantage de tourteau, on atteint le but.
Quelle que soit la méthode qu'on choisisse, nous la trouvons préférable à celle qui consiste à placer le tourteau seul dans la mangeoire des animaux et à ne pas leur distribuer d'autres aliments tant qu'ils n'ont pas mangé le résidu. Sous l'impulsion de la faim, ils finissent par s'y décider, mais après un jeûne dont la durée varie selon les individus et parfois une diminution de poids notable.
Quantités à distribuer et indications de leur emploi. — Aliments concentrés, les tourteaux ne doivent pas être donnés en trop grandes quantités aux animaux. Quelques-uns d'entre eux, dans ces circonstances, pourraient occasionner des dérangements intestinaux, tel celui de chènevis. C'est surtout par leur judicieuse association avec d'autres aliments qu'on en retire le maximum d'effets. Pour les grands ruminants, la ration journalière oscille entre 800 gr. et 3 kilogr., suivant la masse des animaux et la fonction qu'on exploite. Nous avons vu aller jusqu'à 6 kilogr. dans l'emploi du tourteau de coton sans résultats fâcheux, et ce poids pourrait être atteint dans l'administration d'autres tourteaux très alibiles, comme celui de coprah. Mais, alors se dresse une question de comptabilité et il y a lieu de
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craindre une élévation trop forte du prix de la ration.
Pour les petits ruminants, on se maintiendra entre ioo gr. et 3oo gr.
Tous les animaux ne retirent pas indistinctement d'aussi bons effets des tourteaux et tous ne l'acceptent pas d'égale façon. L'exploitation de quelques fonctions économiques, dans certaines espèces, nécessite ou tout au moins appelle l'emploi des tourteaux; ces fonctions peuvent ne pas exister ou exister seulement d'une façon accidentelle dans d'autres groupes; d'où nécessité de passer successivement en revue les divers animaux et d'examiner les circonstances où il y a profit à faire entrer les résidus d'huilerie dans leur alimentation.
Ces conditions sont : la croissance, la production du lait et l'engraissement.
a) Tous les jeunes mammifères domestiques tirent bon profit pour leur croissance de l'administration de tourteaux; conséquemment, il y a avantage à en distribuer aux poulains, aux muletons, aux veaux, aux agneaux, aux porcelets et même aux lapereaux ; la richesse de ces aliments en protéine et en acide phosphorique justifie cette recommandation; c'est comme si on leur donnait des grains. Aux poulains, muletons et agneaux, on les offre en poudre ; aux veaux et aux porcs, en buvée. On favorise l'accroissement des uns et des autres, on accélère la soudure de la diaphyse avec l'épiphyse des os longs, on provoque la précocité, Tout éleveur qui veut atteindre ce résultat se trouvera bien de recourir aux résidus d'huilerie : d'ailleurs la pratique les a introduits depuis longtemps dans les rations d'élevage. Elle les emploie aussi en buvées au moment du sevrage.
Il est de toute évidence qu'ici, .comme dans les autres circonstances dont nous allons parler, le choix dés tour-
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teaux est subordonné au prix d'achat auquel viennent s'ajouter les frais de transport de l'usine ou du domicile de l'intermédiaire à celui de l'éleveur. En supposant toutes choses égales, les tourteaux suivants sont les plus à rechercher pour la nourriture des jeunes animaux : œillette, coton décortiqué, lin, noix, madia, niger, palmiste. Voici quelques exemples de rations à leur distribuer :