AUX ANIMAUX
Il faut examiner successivement: i° la distribution de pulpes aqueuses, fraîches ou ensilées; 20 celle de pulpes desséchées.
A. — Pulpes aqueuses. — En raison de leurs différences d'origine, il y a peu de considérations communes à toutes les pulpes quand on les envisage en vue de l'alimentation du bétail. Il faut surtout se préoccuper du rôle que joue l'eau dans ces résidus frais, particulièrement dans ceux de diffusion et de macération qui en contiennent' près de 90%. A poids égal de matière sèche, est-il indifférent de donner une pulpe très aqueuse ou une pulpe pressée, sauf à faire varier, bien entendu, le poids brut de l'une ou de l'autre? En d'autres termes, l'introduction dans l'organisme animal de l'eau incorporée à la pulpe est-elle indifférente quant à son quantum?
Un chimiste, M. Ladureau, qui s'est préoccupé de ce point, a dit à ce propos au Congrès betteravier de 1882 :
a Je crois bon de retenir ce fait que les pulpes de diffusion sont généralement plus riches que les pulpes de presse hydraulique en matières nutritives et surtout en matières albuminoïdes coagulables par la température élevée à laquelle ces pulpes ont été portées. C'est un fait qu'il est bon de signaler, parce que c'est une idée généralement répandue que la pulpe de diffusion
vaut beaucoup moins que l'autre. Je crois qu'à poids égal de matière sèche, elle est préférable (i). »
Mais le Congrès a refusé de se prononcer dans le sens de M. Ladureau, tant qu'il n'aurait pas été éclairé par des expériences complètes faites sur le bétail. Or, le docteur Mœrcker, en Allemagne, en a institué d'intéressantes (2). En expérimentant sur des cossettesde diffusion légèrement pressées et renfermant encore de 88 à 90$ d'eau, il a vu que, pour un bœuf du poids de 600 k., il ne faut pas introduire journellement plus de 35 à 40 kilog. d'eau incorporée aux cossettes. Quand on va au delà, le poids vif diminue au lieu d'augmenter. Cela tient à ce que les sucs digestifs sont trop dilués par cette surabondance d'eau, les digestions sont imparfaites et la sécrétion urinai re excessive. Une autre cause, d'après Mœrcker, tient à l'augmentation des exhalaisons pulmonaires et cutanées chez les animaux nourris d'aliments très aqueux; la chaleur nécessaire pour porter l'eau à l'état de vapeur est fournie par ranimai à ses propres dépens. Admettons, dit-il, qu'un animal absorbe par jour 60 kilog. d'eau incorporée aux résidus et que 40 % de cette eau soient exhalés par la peau et les poumons, les 20 % autres étant expulsés par les urines ; il y aura donc 24 kilog. d'eau qui seront journellement exhalés à l'état de vapeur; et comme la chaleur latente de vaporisation de l'eau est 542 calories, il faudra 542 X 24= i3,oo8 calories, soit la chaleur produite par 3 kilog. 33 d'amidon qui sont dès lors perdus pour l'entretien ou le développement de l'organisme.
On voit donc que si l'on ne se maintient pas dans
(1) Comptes rendus du Congrès betteravier de 1882, p. m.
(2) Zeitschr.f. Spiritusind Ergan\ungshsft, 1889, et relation in Journal de la Distillerie française, 1889.
certaines limites, l'eau d'incorporation diminue la valeur alimentaire des résidus. Heureusement qu'il est possible d'atténuer cet inconvénient. On abaisse facilement la teneur en eau, soit en pressant ou en turbinant les pulpes, ce qui n'est pas le moyen le plus recommandable, attendu qu'il y a dans ce cas, inévitablement, quelques matières alibiles d'entraînées avec l'eau, soit en faisant des mélanges avec des aliments secs et concentrés.
Nous savons déjà que les mélanges s'exécutent avantageusement lors de la mise en silos. Quand on se sert de pulpe fraîche ou de pulpe qui a été ensilée sans addition de paille ou de foin hachés, il est toujours utile de faire des mélanges avec des fourrages divisés ou des aliments concentrés, tels que les tourteaux, les grains entiers ou concassés, le son. Nous indiquerons tout à l'heure les proportions qui peuvent être adoptées pour ces mélanges.
Il n'y a que des avantages à faire fermenter les pulpes fraîches avec les aliments dont on les additionne. Dans une cuve ou un réservoir, on mélange 200 kilog. de pulpe avec un volume triple de menue paille ou de foin de deuxième qualité passé préalablement au hache-paille. On arrose, si besoin est, d'un peu d'eau tiède quand on a affaire à des pulpes pressées, ou on réchauffe une certaine quantité de jus des pulpes de diffusion, afin de hâter la fermentation. Il est bon d'avoir deux cuves; pendant que le contenu de l'une est en distribution, celui de l'autre fermente.
Un autre moyen de pallier aux effets débilitants de racines et de tubercules pulpes trop aqueux, consiste à chauffer ces résidus et à les donner aussi chauds que les animaux peuvent les absorber. Puisqu'il a été dit plus haut qu'une cause importante des effets déprimants
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tage la relation nutritive de la ration en adjoignant des aliments concentrés. Voici, comme exemples, des types de rations, choisies parmi celles qui furent employées à la ferme d'application de l'École vétérinaire de Lyon (ferme de la Tête-d'or), dans des opérations d'engraissement en stabulation pendant l'hiver :