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En prenant la teneur en acide acétique comme l'expression de l'acidité de ces pulpes, on constate qu'il n'y a pas de grands écarts entre celles de presses hydrauliques, de presses continues (système Collette) et de diffusion. L'écart est un peu plus élevé quand il s'agit de pulpes de macérations seules ou même mélangées à de la paille. La faible différence constatée entre la quantité d'acide acétique des pulpes de pression et celles de diffusion prouve que ce corps ne provient pas seulement de la fermentation du sucre.
Conservation des pulpes par dessiccation. - Le grand obstacle à l'expansion de la pulpe alimentaire au delà d'un certain rayon tient à ce qu'elle est encombrante, gorgée d'eau s'il s'agit de résidus de diffusion et de macération, entraînant des charrois onéreux. On a bien cherché à la comprimer et on s'est servi de la presse de Schoettler, de celle de Kluseman, des appareils deSelvig et Lange, et surtout des presses nouveau modèle de Bergreen, mais avec l'eau exprimée, il y a une partie des substances utiles d'éliminées. Aussi a-t-on été amené à poursuivre des recherches dans une autre direction; on a songé à l'évaporation. M. Bénard a fait connaître dernièrement, d'après Gieseker, trois systèmes de dessiccation de la pulpe, essayés en Allemagne sous les auspices du Comité central des fabricants de sucre; le mieux est de lui emprunter sa description (i) :
a i° L'appareil de Garner est formé d'une toile métallique convexe d'environ 10 mètres de long sur 2m,8o de large, sous laquelle se trouvent deux rangées de foyers maçonnés dans lesquels on entretient un peu de coke ; une double voie suspendue passant dans le sens
(i) J. Bénard, « La dessiccation descossettes de diffusion, >> dans \q Journal de l'Agriculture^ 1891, page i53.
de la longueur de la toile métallique sert à conduire les cossettes et à les enlever. Les produits de combustion du coke traversent la toile et les cossettes et sont évacués chargés de la vapeur d'eau contenue dans ces cossettes. On obtient ainsi une dessiccation suffisante.
« 2° L'appareil Vernuleth et Ellenberger , de Darmstadt, se compose de deux cylindres creux en fonte, d'un diamètre de i mètre, tournant en sens contraire, et de 3 mètres de long, comprimant entre eux les cossettes. Ces cylindres sont mus par une machine à vapeur et chauffés directement par la vapeur. Sur les parois ainsi chauffées, les cossettes restent adhérentes en une couche mince et sont enlevées par des racloirs spéciaux, de là elles tombent dans une auge en tôle également chauffée par la vapeur, d'où elles sont extraites après avoir été remuées par un agitateur. Ce système a l'inconvénient de développer dans l'usine une grande quantité de vapeur et d'occasionner pour la dessiccation du quintal de cossettes, une dépense supérieure au précédent.
* 3° L'appareil de Bûttner et Meyer se compose de six arbres à palettes formant pétrins et superposés par paire sur trois étages en maçonnerie. La partie inférieure à l'avant de l'appareil est formée par un foyer sur la grille duquel on brûle du coke ; à l'arrière est placé un ventilateur qui aspire à travers les pétrins superposés les gaz chauds du foyer amenés à la partie supérieure de l'appareil par une cheminée latérale. Une hélice amène la pulpe- humide sur le pétrin supérieur où débouchent les gaz chauds, et une seconde hélice la sort sèche de l'appareil à l'extrémité du pétrin inférieur; enfin des pyromètres indiquent la température des gaz chauds dans le pétrin supérieur (4500) et à la sortie des ventilateurs (9 5°). L'installation de ce procédé est moins coûteuse que celle des précédents; son fonction-
Si le prix du combustible ne met pas obstacle à l'adoption de la dessiccation des pulpes et qu'elle se généralise, ce sera au mieux pour l'industrie sucrière et l'exploitation du bétail.
Section III. — Distribution des pulpes