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VII. — La radiothér2pie

Les rayons X furent découverts en 1895 par Roentgen, tandis que la radio-activité était mise en évidence par Becquerel, en 1896, au cours de ses recherches sur la fluorescence des sels d'uranium; deux ans plus tard, M. et Mme Curie découvraient d'autres substances beaucoup plus radio-actives, telles que le thorium, le polonium et le radium.

C’est en 1897 que Schiff et Freund, de Vienne, utilisèrent les premiers les rayons X dans le traitement des épithéliomas cutanés. Peu de temps après, Danlos, en France, se servait du radium comme agent thérapeutique contre le cancer. En 1900, Stenbeck, de Stockholm, publie le premier cas de cancer cutané guéri par les rayons X.

A partir de 1903 de nombreuses publications autrichiennes, anglaises, françaises, signalent les effets plus où moins heureux des rayons X et des radiations du radium.

Les rayonnements utilisés, qu'ils sortent de lampoule de Coolidge, ou qu'ils émanent du radium et des autres corps radio-actifs (rayons y de même nature que les rayons X), présentent les mêmes propriétés biologiques.

Ils possèdent une action directe sur les cellules, allant de la destruction complète, si la dose est brutale, à la simple diminution passagère de l’activité physiologique pour une dose très faible. Les différents tissus ne présentent pas Îles mêmes sensibilités. Dès 1908, Bergonié et Tribandeau énoncaient la loi générale suivante : « Un tissu est d'autant plus radiosensible que l’activité des cellules le constituant est

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plus grande, que le devenir caryocinétique de ces cellules est plus long, que leur morphologie et leurs fonctions sont moins définitivement fixées. »

Les cellules cancéreuses sont particulièrement vulnérables, la cancérisation accroissant la radiosensibilité des tissus; cependant elles présentent des inégalités de radiosensibilité, inégalités d'ordre biologique

— suivant le stade variable de différenciation auquel elles sont fixées (aiors que les épithéliomas cutanés baso-cellulaires sont très radiosensibles, les épithéliomas spino-celluiaires le sont un peu moins);

— suivant la période de la vie de la cellule : Ia division cellulaire étant un moment de fragilité extrême;

— suivant l'existence ou non d'une infection concomitante locale : un cancer infecté est moins sensible aux rayons;

— suivant le traitement ou non par les radiations : c’est le phénomène de la radio-vaccinalion (ou radio-immunisation). Il fut signalé pour la première fois par Regaud : « La radiosensibilité des tumeurs décroît avec les doses successives et espacées des rayons. » Par suite, « pour guérir un cancer par les radiations, il faut réussir dès le premier traitement ». ss

C’est sur ces bases biologiques qu'est basée la destruction élective de toutes les cellules cancéreuses par les radiations. Ces radiations peuvent être, soit les rayons X, soit les rayons y du radium.

A. — La Rœntgenthérapie.

Elle utilise les rayons X; tout au début, lorsque, par suite des ampoules à débit incessamment variable, il était impos- Sible de mesurer ce qui était émis, on répétait des séances de quelques minutes jusqu'à l'apparition d’une réaction cutanée. Puis, avec les possibilités d'apprécier la quantité de rayons reçus, les radiothérapeutes se divisèrent en 2 partis :

— les uns partisans des petites doses espacées;

— les autres partisans de la dose massive, qu’elle soit donnée en quelques heures consécutives ou distribuée en plusieurs Jours.

Dès 1905, J. Belot condamne le traitement fractionné, dispensé dans un temps long et de faible intensité moyenne. «Il faut faire absorber en une seule séance la quantité nécessaire à la guérison, si elle est compatible avec l'intégrité relative du tégument cutané où muqueux »; « si cette quantité est trop élevée, il faut faire absorber à chaque séance la plus grande quantité compatible avec l'intégrité relative du tégument cutané ou muqueux » (Archives d'électricité médicale, 1905; t'XIIT," p.403).

En 1922, C. Regaud insiste sur «l'erreur du fractionnement, de l’espacement et de la répétition exagérés des doses dans la radiothérapie des cancers ». Il base ses opinions sur la vaccination des néoplasmes par la répétition prolongée d'irradiations non cancéricides d’une part, et la sensibilisation progressive des tissus généraux normaux, d'autre part; ces deux effets s'ajoutent pour donner de mauvais résultats (Paris médical, févr. 1932).

En 1929, au Congrès international monographique du cancer de la peau, à Barcelone, W. Dubreuilh confirme par une expérience de dix années ce qu'il avait écrit en 1920 : «Il y a un très grand avantage à ne faire qu'une seule séance, assez forte pour détruire d’un seul coup toutes les cellules cancéreuses. La méthode des petites doses est néfaste : elle a le gros danger d’immuniser le cancer et de le rendre radiorésistant. »

Il est donc admis aujourd'hui qu'on ne doit plus utiliser la méthode des petites doses répétées et la plupart des cas radiothérapiques « ratés » rentrent dans cette catégorie.

Avec les progrès réalisés, le champ des radiations utilisables s’est accru dans les deux sens des petites et des grandes longueurs d'ondes, W. Dubreuilh emploie les grandes

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longueurs d'ondes, les rayons non filtrés et peu pénétrants: les rayons très filtrés tendant à épargner la surface malade pour atteindre les organes profonds sains, exposant à la radio-nécrose.

J. Laborde utilise des longueurs d'ondes moyennes, à leu nu, c'est-à-dire sans filtration.

Pour les épithéliomas très étendus, l'institut du radium à Paris utilise des rayons à très petites longueurs d'ondes, très pénétrants. É

L'application de la rœntgenthérapie nécessite donc une bonne technique dont l'acquisition demande des connaissances profondes et une longue expérience. Le principe de Regaud n'est que malheureusement encore trop souvent vérifié : « Une tumeur maligne doil être détruite du premier coup; blessée seulement, elle reprend le dessus, se fait plus maligne. Une cure radiolhérapique manquée est aussi funeste qu'une exérèse incomplète. »

L'APPAREILLAGE ROENTGENTHÉRAPIQUE.

11 est coûteux. Il comprend l’ampoule à rayons X et le sénérateur de haute tension.

On utilise deux sortes d’ampoules : les ampoules à affluxcathodique, dans lesquelles l’émission cathodique est commandée par le bombardement de la cathode par les molécules gazeuses qui restent dans le tube. Ces ampoules nécessitent une surveillance constante, le degré de vide dans le tube variant pendant le fonctionnement. Elles sont de moins en moins employées.

Les ampoules à cathode thermoionique, ou tubes de Coolidge : la cathode est constituée par un filament de tungstène porté au rouge par une batterie de piles. L'intensité du rayonnement est en rapport avec le chauffage du filament.

La haute tension nécessaire au fonctionnement des lampes est en général la haute tension alternative fournie par

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