‹ Des résultats dans les différents traitements des épithéliomas cutanés de la faceChapitre 16 sur 59 · PATTES · texte numérisé non relu

PATTES

coagulation est marquée par un petit rectangle blanchâtre s’étendant en profondeur sur 2 à 3 millimètres; la zone étincelée n’est indiquée, au contraire, qu'en superficie par un trait brunâtre. Après fixation et inclusion, nous avons l'aspect indiqué par la photocraphie (figure 2, grandeur naturelle).

L'examen microscopique des coupes colorées au May Giemsa esl

plus instructif

Fig. 3. — Coupe de peau normale.

En les parcourant de gauche à droite, nous frouvons successivement

1° La peau normale avec l’épithélium, desquamant en surface, et le derme, contenant dans sa partie profonde des vaisseaux et des glandes sudoripares (fig. 3).

2° La zone coagulée : on n’y reconnaît plus la peau; l’épithélium

est détruit; le derme est coagulé (véritable nécrose de coagulation) :

Fic, # — Coupe de peau ayant subi l'étincetage.

les espaces inlerconjonctifs ont disparu; de place en place, quelques vestiges cellulaires indiqués par la seule présence de noyaux, prenant mal le colorant et tout ratatinés. La partie superlicielle du tissu cellulaire sous-cutané est atteinte et les glandes sudoripares bien moins colorées sont elles-mêmes nécrosées.

3° La zone d'étincelage présente des lésions bien moins imporlantes tant au point de vue étendue qu'au point de vue degré de destruction. L'épiderme disloqué présente encore quelques cellules dans les parties profondes; le derme montre une certaine condensation, mais les travées cellulaires persistent, avec dans la par-

lie profonde des glandes sudoripares et des vaisseaux (fig. 5).

En conclusion, nous voyons que la destruction est bien moins intense au double point de vue qualité et quantité dans lélince-

lage que dans la diathermo-coagulation.

L'observation d’une malade suivie au cours de l’année corrobore l’expérimentation

B... (Lucie), métayère, 63 ans.

Juillet 1936 : Epithélioma végétant, en forme de corne, du bout du nez. Récidive d’une lésion néoplasique dont le début remonte à. dix ans environ el qui à été traitée à trois reprises éloignées par le thermocautère, En juillet 1936, exérèse au bistouri électrique et diathermo-coagulation de la base. Deux semaines après l'intervention, récidive par un petit nodule ulcéré au niveau de la partie supérieure de la cicatrice qui ne peut être expliquée que par la destruction insuffisante du pourtour de la lésion. On adresse alors la malade à la Fondation Bergonié où on pratique un traitement radiothérapique.

Résultats de la diathermo-coagulation.

De nombreuses statistiques montrent les beaux résultats de la diathermo-coagulation partout utilisée

En 1925, Stéfani, au Congrès français de chirurgie, dans un rapport au sujet du traitement des cancers externes et accessibles, indique comme résultats dans les épithéliomas cutanés de la face et du crâne :

a) Pour les épithéliomas superficiels, n'intéressant que la peau et pas trop étendus (« Les bons cas ») : guérison de règle;

b) Pour les épithéliomas adhérents au squelette (os ou cartilage) : guérison obtenue dans tous les cas traités;

e) Enfin, pour ceux qui, destructifs, ont envahi et ulcéré largement en profondeur (épithéliomas térébrants) : quelques succès magniliques.

En 1927, Réchou, Jeanneney et Mathey-Cornat, à l'occasion d'un article sur le traitement des épithéliomas cutanés et cutanéo-muqueux, donnent les résultats suivants (Gaz. des

Sciméd de Bordeaux, 1927, t. XLVNIII, p. 84) :

a) Pour les épithéliomas cutanés superficiels, limités, de pelites et de moyennes dimensions, ne s’accompagnant pas d'adénopathie : quels que soient leur aspect clinique, leur localisation cutanée, leur nature histologique : guérison dans 100 p. 100 des cas;

b) Pour les épithéliomas culanés, plus évolués, mais n'intéressant pas le squelette, qu'ils soient baso où spino-cellulaires : 50 p. 100 de cicatrisation;

ce) Les épithéliomas envahissant le massif facial sont quéris dans 50 p. 100 des cas;

d) Ceux qui ont déjà subi un traitement antérieur, quel qu'il soit, ne quérissent que dans 33 p. 100 des cas;

e) Enfin, un cas de nævo-carcinome cicatrisé depuis huit

mois.

En 1932, Novel et Ponthus, dans un travail du Centre anticancéreux de Lyon, donnent des résultats d'au moins un an. Ils suivent les principes préconisés par Regaud et comptent parmi les échecs : les malades décédés à la suite de la marche extensive de leur lésion; ceux qui meurent dans l’année qui suit la diathermo-coagulation; ceux qui, malgré une cicatrisation kocale, présentent une récidive ganglionnaire, ou une métastase éloignée; ceux qui sont perdus de vue.

Suivant les deux types d'indication du Professeur Réchou, ils donnent :

a) Epithéliomas offrant une indication relative, 63,63 p. 100 de guérisons.

b) Epithéliomas offrant une indication majeure, 28,56 p. 100 de guérisons.

(Nous verrons plus loin ce qu'il faut entendre par indication relative et indication majeure.) ;

Avantages de la diathermo-coagulation.

a) Ses avantages sont opératoires

— par la rapidité;

— par l'absence d'hémorragie et généralisation par suile du blocage des vaisseaux;

— par l'exaclitude avec laquelle on peut diriger son action en la suivant pas à pas;

— par l'absence de phénomènes d'irrilalion et d'excilalion pour les cellules non détruites.

— par l'absence de choc opéraloire (jamais on n’a cons-

taté d'accident après les séances de diathermie).

b) Ils sont postopératoires

— par la cicatrisation assez rapide se faisant en une à quatre semaines suivant l’escarre produite;

— par la cicalrice rosée, non rétractile, invisible pour les petites lésions;

— par la possibilité de retoucher autant de fois qu'il est nécessaire les récidives, car elle ne provoque aucun phénomène d’immunisation.

Le seul inconvénient de la méthode est la douleur. L'anesthésie y remédie facilement; pour les petites lésions, on utilisera l’anesthésie locale : déconseillée par Ravaut, qui

redoute la mobilisation d'éléments pathologiques, elle ne présente aucun danger si l’injection est poussée en dehors des tissus néoplasiques. Lorsque lépithélioma est plus étendu, il est préférable de faire une anesthésie régionale ou même générale. (Le chlorure d’éthyle, qui donne de bons résultats chez les personnes jeunes et résistantes, est moins recommandable chez les personnes âgées et chez les éthy-

liques.)

Les indications de la diathermo-coagulation.

La diathermo-coagulation est done une thérapeutique locale très intéressante, qui peut être préconisée dans toutes les diverses formes d'épithéliomas cutanés

— Petits épithéliomas superficiels pour lesquels les autres moyens de traitement (radiothérapie, chirurgie) peuvent donner des résultats comparables; ce sont les « indications relalives » du Professeur Réchou.

Beaucoup plus intéressantes sont les « indications majeures », dans lesquelles nous placerons :

a) Les échecs des autres traitements : en particulier, les cas de radiothérapie ratés (Berven et Beau, dans leurs statistiques de l’Institut du radium de l'Université de Paris, ont montré combien il est difficile de reprendre par les rayons X ou le radium un cancer de la peau qui a récidivé après un traitement par les radiations : c’est le phénomène de Ja radioimmunisation.)

b) Les épithéliomas très envahissants de la face, intéressant le squelette sous-jacent : à cause des phénomènes parfois si graves de radio-nécrose.

c) Les nævo-carcinomes : affection extrêmement grave, ils nécessitent une thérapeutique précoce et active : à côté de l’électrolyse, seule la diathermo-coagulation a donné de bons résultats; mais alors que la première méthode ne peut guérir que de petites lésions (car pour la destruction d’une tumeur

étendue et profonde, elle nécessite un temps trop long), la diathermo-coagulation peut s'attaquer à toutes les formes et les détruire localement. Elle est plus rapide : une seule séance suffit; elle est plus énergique : ses effets se faisant sentir audelà de l'électrode active; elle empêche enfin toute dissémination en bloquant immédiatement tous les tissus.

En 1927, à la séance du 10 février de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, Ravaut et Ferrand ont publié pour 30 cas de nævo-carcinomes les résultats suivants :

ones. . \ 0 . . é ouérisons de six à trente-six mois (parmi lesquelles G-cas de douze à vingt-quatre mois); ; cas insuffisamment suivis;

CO

cas morts dans la suite : 1 suicide au cours du trai-

tement; 2 morts peu “après l'opération : l’un de cachexie, l’autre d'hémorragie intestinale (vraisemblablement par généralisation déjà faite au moment du traitement).

En 1929, dans le Bulletin officiel de la Société française d'électrothérapie et de radiologie (23 avril 1929), J. Belot et ses collaborateurs présentent 18 cas

piece

guérisons locales de six à vingt-quatre mois; = 1 échec complet.

d) Cancers conséculifs aux radiodermiles, soit professionnelles (c'est le cas le plus fréquent), soit thérapeutiques.

« On ne devrait plus mourir, dit Bordier, du cancer des radiologistes. » Le traitement sûr est la diathermo-coagulalion précoce : sur 25 cas traités, 25 guérisons, sans aucune récidive (Paris médical, 4 février 1933).

La diathermo-coagulation est donc une arme très eflicace contre les épithéliomas cutanés; elle peut être employée dans tous les cas; bien maniée, avec habileté et expérience, elle donne une guérison certaine dans les épithéliomas petits ou moyens, et elle amène une amélioration, sinon une guérison

Re

dans les tumeurs plus étendues en surface ou en profondeur (envahissement du squelette sous-jacent).

Le Professeur Petges, depuis quelques années, emploie dans les épithéliomas superliciels à peu près exclusivement la diathermo-coagulation avec des résultats parfaits portant sur un nombre considérable de malades traités à la clinique dermatologique de Bordeaux ou en ville,

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