LES DIFFÉRENTES MÉTHODES CURIETHÉRAPIQUES
Elles sont classées suivant les rapports du radium et de la tumeur
1° La curiethérapie interstitielle. — Elle porte le radium au sein des tissus néoplasiques :
C'est le premier procédé de curiethérapie utilisé par Domi-
nici (IX° Congrès français de médecine, Paris, 1907, p. 429). Joly et Stevenson, en 1914, appliquèrent cette méthode, qui fut perfectionnée par Regaud en 1920 (Paris médical, Tévr. 1920).
2° La curiethérapie de contact (juxta-cutanée). — Elle emploie comme foyers radioactifs des tubes de Dominici pertectionnés par Regaud, appliqués à la surface de substances plastiques variées, qui sont moulées sur la lésion. C'est Le procédé le plus employé : l'administration de la dose nécessaire peut se faire, soit par application continue, soit par application discontinue, à raison d’un certain nombre d’heures quotidiennes. Le test biologique d'efficacité étant la radioépidermite de Regaud et Nogier.
9° La lélécuriethérapie. — C'est la curiethérapie à distance (la distance radium peau excédant R cm.). Elle nécessite une quantité importante de radium.
C. — Avantages de la radiothérapie. (ROENTGEN ET CGURIETHÉRAPIE.) Is sont importants
1° Les radiations présentent un pouvoir séleclif vis-à-vis — des cellules néoplasiques;
2° Les radialions peuvent être utilisées dans toutes les formes analomiques, histologiques, sans aucune crainte d’'aggravalion si elles sont bien maniées; une seule contre-indication : c’est le nævo-carcinome;
3° Elles sont absolument indolentes:
4° Elles donnent un minimum de cicatrice.
D. — Inconvénients de la radiothérapie.
A côté de ces beaux avantages, il existe des inconvénients
qu'une bonne technique peut en général éviter: ce sont :
1° La lenteur relative de la cicatrisation. — La radiostérilisation ne pouvant être obtenue avec certitude que par une radioépidermite donne une lésion ulcéreuse qui se cicarise d'autant plus lentement que le champ irradié est plus srand et que l’état du derme sous-jacent à été moins respecté. Pour un épithélioma d'étendue moyenne (pièce de 2 francs), la cicatrisation demande environ 4 mois 1/2.
2° La difficulté de reprendre par les radiations les cas «ratés » de la radiothérapie, par insulfisance du traitement ou par une faute de technique.
3° Signalons les accidents mélastaliques : mais Si semble que les adénopathies se développent parlois après le traitement de la lésion locale par la radiothérapie, cela n'est pas le fait de cette thérapeutique particulière; et les statistiques montrent que les métastases ne sont pas plus fréquentes dans les cancers traités par les rayons que dans ceux traités indifféremment.
4° Les radionécroses :
— soit les radionécroses des tissus mous, qui prolongent la durée de cicatrisation; — soit les ostéo ou les chondro-radionécroses.
En général, elles apparaissent tardivement, et elles surviennent brusquement; elles sont tenaces et graves par la
suppuration qui s’installe ef nécessite des soins journaliers.
Nous avons vu, au cours de nos consultations à la Fondation Bergonié, une malade présentant une radionécrose du maxillaire supérieur droit dont l'observation est instructive
P... (Marie), 66 ans, vient à la consultation du Professeur Bergonié en mars 1924 pour un petit épithélioma superliciel de la joue droite; on applique alors un traitement radiothérapique : 1 séance de 30 minutes, suivant les données : distance des éclateurs, 15 cm. (correspondant à une tension de 110 à 120 KkV.); filtration, 20 mm. Al.