RATES
Avril 192% : La cicatrisation est achevée.
Juin 1924 : la guérison persiste.
Juillet 1926 :-la malade revient pour une petite nodosité de la
même joue, apparue depuis trois mois : on pratique à nouveau un
F1G. 6. — Osléoradionéerose Lardive du maxillaire supérieur droit.
lraitement radiothérapique : 3 séances de 25 minutes à jour passé suivant Île protocole : tension constante, 200 KV.; filtration. 30 mm. Al; intensité, 3 mA.; distance, 28 em.
Août 1926: La réaction radiothérapique est assez intense : érythème et œdème de la joue s’accompagnant d’une radioépidermite
de la langue et du voile du palais, du côté droit,
io
Novembre 1926 : La guérison clinique est complète.
Mars 1927 : La guérison persiste: mais, en janvier 1928, la malade vient consulter pour de l’œdème de la joue droite et des douleurs du même côté, à type de névralgie dentaire : on pense à une radiodermite tardive.
Septembre 1929 : La guérison clinique persiste, la cicatrice, de la taille d’une pièce de 50 centimes, rosée, lisse, est cependant légèrement adhérente au plan osseux sous-jacent.
Novembre 1936 : La malade revient à la consultation avec une énorme ostéo-radionécrose du maxillaire supérieur droit ayant provoqué l'élimination d'un séquestre osseux de la dimension d’une amande verte, laissant une large brèche au fond de laquelle appa-
rait la base de la langue (fig. 6).
Donc, ostéoradionécrose tardive, survenant dix ans après le traitement radiothérapique.
Ces accidents indiquent combien doit être dosée et prudente l'application de la radiothérapie; ils se produisent surtout lorsque la partie irradiée est plus proche des surfaces osseuses, et voici un autre cas de radiodermite, éloigné de la face ül est vrai, mais très intéressant :
G... (Henri), électricien; 22 ans (janv. 1930).
Epithélioma étendu du dos de la main; placard ovalaire, donnant l'impression d’une végétation en chou-fleur, et limité par sur les plans profonds (fig. 7). L'examen anatomo-pathologique indique : Lésion papillomateuse simple, mais présence d'un morcellement et d'une pénétration profonde des cônes malpighiens, de certaines anomalies cellulaires et de globes cornés semblant indiquer qu'il s’agit d'un stade précancéreux (Prof. Sabrazès).
Début remontant à 9 mois environ, par une petite croûte brune, consécutive à une blessure accidentelle et superficielle.
(Ce malade a fait l'objet d’une communication de MM. G. Petges, Parcelier et R. Laporte à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, Journal de médecine de Bordeaux, 20 avril 1930,
mike
Le malade se fait traiter par ræntgenthérapie : 2 séries de rayons X. e
16 janvier 1930 : 12 séances quotidiennes localisées à la lésion
et suivant le protocole : tension constante, 200 kKV.: filtration,
2 mm. Cu + 1 mm. Al.: intensité, 3 mA.; distance, 40 cm.
Fic. 7, — KEpithélioma du dos de la main.
12 mars 1930 : La tumeur à régressé et à pris un aspect desséché et limité. Elle présente une réaction radiodermitique très faible.
1% mars 1930 : 10 séances nouvelles el quotidiennes, suivant le même protocole.
Juillet 1930 : La cicatrisation est obtenue.
Mais peu de temps après il apparaît des phénomènes de radionécrose importants que l’on traite par les rayons infrarouges; la cicatrisation ne s'obtient que très lentement, et le malade,
revu en novembre 1936, présente loujours une petite ulcération
Fig. 8. — Epithélioma du dos de la main; avant le trailement radiumthérapique.
Fig. 9. — Epithélioma du dos de la main; guérison persistante un an après le traitement par le radium.
radiodermite, de la taille d’une lentille, au milieu d’un placard
de peau rosée et très fine, de la taille d’une petite paume de main.
A côté de cet échec, le Professeur Wangermez nous a montré un malade ayant une lésion comparable du dos de la main : épithélioma spino-cellulaire étendu, qui, traité par la radiumthérapie en septembre 1935, présente une cicatrisation parfaite persistante depuis un an environ (fig. 8 et 9).
E. — Comparaison et indications respectives de la rœntgen et de la radiumthérapie.
La longueur d'onde des rayons X est bien plus grande par rapport à celle des rayons y du radium.
Cette différence explique
— l’action moins élective des rayons X sur les cellules néoplasiques;
— l'action caustique plus grande des rayons X sur les tissus normaux; ce qui nécessite des applications rœntgenthérapiques de courte durée, par suite un traitement discontinu, alors que les applications du radium peuvent être continues, de longue durée.
Ces propriétés biologiques comparables, mais de degré différent, expliquent les indications électives des rayons X et des rayons y
— Pour les petits épithéliomas, quelle que soit leur nature histologique, la ræntgenthérapie, plus pratique, est indiquée.
— Pour les épithéliomas assez étendus, surtout s'ils sont
spino-cellulaires, la radiumthérapie donne de meilleurs résultats.
— Pour les cas « ratés » de la rœæntgenthérapie, la radiumthérapie serait préférable aux rayons X.
TRAITEMENT DES ADÉNOPATHIES DES ÉPITHÉLIOMAS CUTANÉS.
La radiothérapie, qu'elle soit rœntgenthérapique ou radiumthérapique, est actuellement inefficace dans le traitement des adénopathies des cancers cutanés.
F. — Les résultats de la radiothérapie.
a) RésuLraTs DE C. REGauD (Congrès du Cancer, à Strasbourg, en juillet 1923) :
1° Sur 61 épithéliomas spino-cellulaires traités par la radiothérapie 3 résultats incertains; 58 résultats connus, parmi lesquels JD succès Certains; 23 échecs, d'où 60 p. 100 de guérisons.
Sur les 58 résultats connus :
39 cas inopérables, donnant 14 succès; 21 échecs, soit 40 p. 100 de succès; 28 cas opérables, avec :
24 succès; 2 échecs, soit 91,3 p. 100 de succès;
di
° Sur 61 cas traités de cancers non épidermoïdes 10 résultats inconnus ou indécis:
51 résultats connus parmi lesquels :
24 succès; 7 échecs, d'où 47 p. 100 de guérisons.
Sur les 51 résultats connus 2% cas inopérables, donnant 6 succès; 18 échecs, soit 25 p. 100 de succès;
27 cas opérables, avec 18 succès; 9 échecs, soit 66,6 p. 100 de succès.
Ce résultat montre bien que les épithéliomas épidermoiïdes sont aussi bien guérissables que les non épidermoïdes.
b) Résucrars pe J. Laporperie (Archives d'électricité médi-
cale et de physiothérapie du cancer, mars-avril 1930) :
Sur 40 cas traités par la rœntgenthérapie, parmi lesquels se trouvaient — des épithéliomas ulcéreux (jusqu’à la pièce de 5 Îr.); — des épithéliomas bourgeonnants (jusqu'à la grosseur d'une noix); — des épithéliomas baso où spino-cellulaires 38 guérisOns; 2 échecs, d'où 95 p. 100 de succès.