I. — Dans le premier groupe, nous trouvons
— la destruction par les caustiques chimiques; — la cautérisation ignée; — l'électrolyse négative;
— la cryothérapie.
Ces différentes méthodes, qui ont une action peu étendue, lente, ef ne donnent des résultats que dans les épithéliomas superficiels ne dépassant pas la peau, doivent être considérées comme des méthodes d'exception, en particulier la cautérisation ignée. Celle-ci, qui a pu donner dans quelques cas et à certains cliniciens expérimentés et particulièrement attentifs des résultats satisfaisants, doit être résolument abandonnée. Le Professeur Petges est d'avis que c'est un agent néfaste qui fait perdre du temps et paraît exciter le
processus de dégénérescence et provoquer l’extension en surface et en profondeur. « C'est le type, dit-il, de la méthode facile et dangereuse. »
De même actuellement, l’industrie livre aux praticiens de petits appareils à rayons ultra-violets dont l'emploi tend à se généraliser : il faut bien affirmer que ces rayons sont nélastes aux épithéliomas, dont ils excitent l’évolution.
Seule, l’électrolyse donne de bons résultats dans la destruction des nævo-carcinomes, mais toujours à la condition que ceux-ci soient peu étendus, bien limités et peu infiltrants.
Cependant, ces agents thérapeutiques peuvent rendre des services au médecin praticien dépourvu des appareils coûteux de diathermo-coagulation ou de radiothérapie; se cantonnant uniquement dans leurs indications, il pourra, grâce à une technique rigoureuse, obtenir d'excellents résultats.
Suivant de près le malade, en cas d’insuccès il l’adressera de suite au spécialiste qui pourra lui appliquer le traitement de choix voulu.
Il -- Dans les traitements de choix s'inscrivent :
- la chirurgie; -- Ja diathermo-coagulation; - la radiothérapie.
A. Ils peuvent s'attaquer indistinctement à toutes les formes anatomiques et histologiques d’épithéliümas cutanés (saut je nævo-carcimome), lorsqu'ils n’ont pas dépassé le stade iocal de leur évolution : c'est-à-dire lorsqu'il n’y a pas encore d’envahissement ganglionnaire.
La radiothérapie à une action élective sur les cellules néoplasiques. La diathermo-coagulation, ne présentant aucune action élective sur les cellules cancéreuses, détruit avec celles-ci les cellules saines voisines. La chirurgie n'obtient de guérison certaine que par une excision de la tumeur passant en tissu sain. À
Malgré leur action différente, ces méthodes, employées par des mains expérimentées et suivant une technique rigoureuse, donnent des résultats sensiblement les mêmes.
Des considérations secondaires orienteront Le choix
1° L'épithélioma n’a subi aucun traitement radiothérapique.
a) Considération temps :
— La chirurgie enlève la tumeur en une seule séance avec une cicatrisation complète en 6 à 42 jours;
—- La diathermo-coagulation détruit aussi rapidement Ja lésion, mais elle nécessite des soins postopératoires et la guérison n'est obtenue qu'au bout de 2 à 3 semaines;
— Pour le malade qui appréhende l’acte chirurgical, la radiothérapie est l'idéal, mais la réaction radiothérapique nécessite de À mois à 1 mois 1/2.
b) Considération anatomique
La diathermo-coagulation et la chirurgie, par suite de leur caractère mutilant, sont contre-indiquées pour les lésions de l'aile du nez, des paupières. |
Au niveau de l'oreille externe, si la diathermo-coagulation est à appliquer pour les petits épithéliomas, la radiothérapie filtrée donne de bons résultats dans les lésions plus étendues; mais dans les épithéliomas plus évolués, seule la chirurgie large, par ablation en bloc du pavillon et de la parotide, associée au curage ganglionnaire cervical, peut donner des résultats.
c) Considération esthétique Pour un épithélioma de même étendue, la radiothérapie donne la plus jolie cicatrice; celle de la diathermo-coagulation est parfois rétractile; celle de la chirurgie, rectiligne et assez esthétique, peut amener, lorsqu'elle se trouve près des orifices (paupières, bouche), des déformations qui souvent s'atténuent avec le temps.
2 Si l'épithélioma a été « raté » par un premier traitement radiothérapique, il est préférable d'essayer sa stérilisation par la diathermo-coagulation ou la chirurgie, si cela est possible.
B. Lorsque l’épithélioma se présente à un stade plus évolué, avec métastase ganglionnaire, la chirurgie seule peut traiter radicalement lésion locale et ganglions néoplasiques, en association ou non avec la diathermo-coagulation:et la radiothérapie.