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En décembre 1936 : Guérison clinique parfaite: cicatrice presque
invisible, mais attirant vers le haut la partie externe du soureil.
OBsERvATION LI.
EL... (Michel), vigneron, 74 ans; novembre 1936. Epithélioma végétant de la région temporale gauche, de la gros-
seur d’une petite noix, trilobé; présentant au niveau du lobe
FiG. 21. — Epithélioma végétant spino-cellulaire, avant l’exérèse chirurgicale.
supérieur droit une petite ulcération superficielle d’où s'écoule à la pression de la tumeur un liquide sanieux; de consistance ferme, il est mobile sur les plans profonds et ne s'accompagne d'aucune adénopathie correspondante (fig. 21).
Début remontant à 4 mois environ par une petite nodosité, qui,
blessée plusieurs fois par le rasoir, a augmenté progressivement et s'est ulcérée.
Aucun traitement antérieur.
Exérèse chirurgicale (3 novembre 1936). — Anesthésie locale à
la butelline:; exérèse large passant latéralement à 4 centimètre envi-
Fi. 22. — Après l’exérèse chirurgicale. (N. B. — La cicatrice opératoire {
est sous-jacente à l’empreinte laissée par la branche de lunettes.) ron de la limite clinique de la lésion; en profondeur l'incision passe à quelques millimètres de la tumeur.
L'examen anatomo-pathologique indique : Epithélioma perlé à énormes globes épidermiques.
Au deuxième jour, on laisse la plaie à l'air.
Au huitième jour, ablation des points.
Au dixième jour, cicatrisation complète obtenue (fig. 22)
Le Professeur Bégouin préconise l'exérèse chirurgicale pour les épithéliomas de la face; à condition
1° Qu'ils ne dépassent pas en étendue la petite paume de main ;
2° Qu'ils occupent une région où la conformation anatomique ne soit pas trop atteinte, au point de vue fonctionnel où au point de vue esthétique.
La métastase ganglionnaire n'est pas une contre-indication; la chirurgie en est même le traitement de choix, à la condition qu'elle ne soit pas trop étendue et qu'elle n'ait pas envahi et ulcéré la peau.
TECHNIQUE OPÉRATOIRE. — Pour les petits épithéliomas anesthésie locale, soit en surface par le chlorure d'éthyle, soit par injection de butelline, la piqûre passant loin de la tumeur. Pour les grands épithéliomas : anesthésie régionale si possible, ou générale.
L'exérèse de la tumeur est faite « en bloc », à distance de ses limites cliniques. L'hémostase est réalisée très soigneusement.
Si l'os est atteint, il est réséqué à la pince-gouge.
La réparation tégumentaire est faite toutes les fois qu'il est possible par autoplastie par glissement; sinon on utilise les autres greffes cutanées, à l'italienne, à l'indienne.
Les soins postopératoires sont des plus simples : après le pansement compressif que nécessite toute plaie de Ta face par suite de son irrigation abondante, on laisse cicatriser à l'air et au soleil : en 6 à 10 jours tout est terminé.
Si l'épithélioma s'accompagne d’adénopathie et si l’état général du malade le permet, on pratique la cure radicale, c'est-à-dire l’exérèse locale et l’évidement ganglionnaire, de préférence dans le même temps.