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OBSERVATIONS DE SUTURES DE L’URETÈRE AYANT DONNÉ DE BONS RÉSULTATS APRÈS CONTROLE
Nous nous proposons d'étudier ici l’urétérorraphie, ses indications, ses résultats, sa technique, les critiques qui lui ont été adressées, et les avantages que, malgré tout, on est en droit d'attendre d'elle.
L'urétérorraphie est, à priori, l’opération qui paraît la plus simple et la plus rationnelle. En présence d’une section accidentelle d’un uretère, comme en règle générale, on ne sait absolument rien de la valeur des deux reins, il est normal qu'on essaie de réparer par le moyen le plus simple : en suturant bout à bout les deux extrémités de l’uretère. C’est ce qui a été fait dès le début avec des résultats variables : seuls, les examens ultérieurs ont pu montrer la valeur de cette opération.
Or, nous avons eu l’occasion de suivre deux malades opérées par notre maître, le docteur Chifoliau : ces deux femmes avaient eu un uretère suturé au cours d’une hystérectomie, l’une en 1905 et l’autre en 1931. Toutes deux ont été suivies jusqu'à ces derniers temps : voici leurs observations et les résultats éloignés de leur urétérorraphie.
Observation n° 1, partiellement inédite (M. Chifoliau).
M”° J. (puis F.) ,30 ans, est opérée par notre maître Chifoliau le 18 juillet 1905, pour salpingite double : hystérectomie sub-totale.
A droite, il s’agissait d’un très gros pyosalpinx en partie intraligamentaire et collé à la paroi pelvienne. Au moment de péritoniser et de fermer le ligament large, on s’aperçut que l’uretère droit avait été coupé au détroit supérieur : la lumière du bout inférieur apparaissait béante. On dut cher-
cher le bout supérieur lié dans le pédicule utéro-ovarien. Suture immédiate des deux bouts de l’uretère, suture bout à bout au catgut fin par des points séparés, sur une sonde urétérale sortant par l’urètre.
Drainage pendant trois jours. À aucun moment il ne s’écoule d’urine par la plaie abdominale.
La malade sort le 31 juillet. A cette date, elle est examinée par le docteur Lebreton, alors assistant de M. le Professeur Hartmann :
« J'ai séparé la malade. Les résultats sont excellents. L’uretère droit fonctionne aussi bien que l’autre; les éjaculations des deux côtés ont été plus abondantes que normalement, probablement par polyurie réflexe. »
Revue le 7 août 1907 : état général excellent.
Revue le 24 février 1914 : douleurs gastriques, mais sans aucun trouble urinaire.
Revue le 4 décembre 1919 : douleurs d’estomac, quelques pertes blanches. Rien à la palpation du rein ni au toucher.
Revue en janvier 1920 à l’occasion d’une présentation à la Société de Chirurgie. Rapport de M. Marion, qui termine par ces mots: «Je vous propose de prier M. Chifoliau, s’il peut avoir des renseignements ultérieurs sur le sort de ces malades, de nous les communiquer. »
Le 12 avril 1925, intervention à Saint-Louis pour adénite cervicale. L
Fin décembre, la malade vient consulter pour des douleurs rénales à gauche, se produisant par crises d’ailleurs peu intenses, à allure de coliques néphrétiques discrètes.
Une radiographie simple est pratiquée qui montre deux petite taches superposées sur le trajet présumé de l’uretère gauche. Une pyélographie bilatérale est faite : ces deux petites taches à gauche sont, en réalité, des petites concrétions pelviennes, extra-urétérales, probablement des calcifications du ligament sacro-sciatique. À droite, léger degré d’hydronéphrose et légère ptose rénale.
Le 31 décembre 1925, examen par le docteur Jean Tissot, dans le service de M. le Professeur Agr. Heitz-Boyer :
Vessie normale, orifices urétéraux normaux.
A gauche, la sonde est arrêtée à environ 3 centimètres audessus du méat urétéral, mais donne cependant de l'urine. A droite, côté suturé, la sonde 12 monte facilement et sans ressaut jusqu’au bassinet. (Légère rétention pyélique de 5cc.)
PI. I — Obs. n°1. Mme F, Urétérorraphie, le 18 juillet 1905
Urographie par voie intra-veineuse à l'urosélectan, le 22 juin 1932
G. Deberque — Paris
M) ea
Les résultats du cathétérisme sont les suivants, de 30 en 30 minutes :