EN ONE
Dans les 20 cas franchement mauvais, on trouve : 17 cas suivis cliniquement; 3 Cas suivis anatomiquement par autopsie.
Or, parmi ces 17 cas, 3 sont attribués à notre maître Chifoliau, et cela d’une façon un peu généreuse :
Il s’agit des observations n°° 64, 67 et 71 rapportées respectivement par :
1° Le docteur Jean Lévy dans sa thèse.
2° Le docteur Nora (observation inédite in thèse de Henri Marion, présentée et rapportée ensuite par M. Marion à la Société d'Urologie, le 28 avril 1930, Journal d'Urologie, 1930, page 151).
3° M. le professeur Marion (Bul. et Mém. de la Société de Chir. de Paris, 13 janv. 1920, page 16).
Voici, à titre d'indication, le texte à peine résumé de ces trois observations, tel qu'on le trouve dans la thèse de Henri Marion :
Observation n° 64. — Le 13 août 1928, entre à l’hôpital Lariboisière (service Civiale), pour un syndrôme grave de pyonéphrose droite, une malade hystérectomisée en 1921 à l'hôpital Cochin par le docteur Chifoliau. Au cours de l’intervention, le chirurgien avait été obligé de suturer l’uretère droit.
La division d’urines faite peu de temps après l’entrée de la malade révèle :
Un très bon rein gauche;
Un rein droit complètement détruit. La sonde droite ne donnait que du pus.
Le 22 août, le docteur Nora enlève le rein droit sous forme d’une volumineuse pyonéphrose. L’uretère, très dilaté, est enlevé aussi bas que possible. Mais les limites de la prudence empêchent d’enlever tout l’uretère perdu dans du tissu conjonctif et des adhérences, afin d’avoir le point urétéral suturé. Cependant, on enlève de l’uretère, au niveau du détroit supérieur, un calcul qui semble s’être formé au niveau du point de suture. Les suites opératoires sont très bonnes. La malade
sort guérie le 6 octobre. (Résumé d’une observation inédite du docteur Nora.)
Observation n° 67: Urétérorraphie faite par le docteur Chifoliau, le 8 novembre 1919.
En fin novembre, passage d’une sonde n° 7. Au cours du mois de décembre, on arrive à passer une sonde n° 12. L’uretère donne des urines abondantes coulant d’une façon continue (rétention).
Cinq ans après, la malade revient, se plaignant de douleur lombaire avec pollakiurie. Pas d'augmentation de volume du rein droit.
Le docteur Chifoliau, lui-même, constate une légère altération bilatérale du fonctionnement, mais la sonde urétérale passe des deux côtés.
La malade est améliorée par le traitement général, et le docteur Jean Lévy, dans sa thèse, donne cette observation avec le commentaire suivant : « Urétérorraphie. Bons résultats cinq ans après l'intervention. »
Observation n° 71: Urétérorraphie pratiquée le 3 septembre 1919 par le docteur Chifoliau.
Le 11 décembre 1919, un examen urinaire pratiqué par M. Chevassu montre que la sonde n° 12 monte facilement et sans douleur à 20 centimètres, mais, ajoute l’observation, la sonde donne des urines abondantes coulant de façon continue, indiquant la rétention. (Bull. et Mém. de la Soc. de Chir. de Paris, 13 janvier 1920, page 16. M. Marion, rapporteur.)
Voici donc trois cas «franchement mauvais» qui font nombre dans une statistique — ou qui, plus exactement — feraient nombre s’il s'agissait bien de trois malades distinctes : or, si on rétablit l’exactitude des faits, on arrive à l’observation suivante dont les éléments sont tirés des différents rapports faits sur ce cas (Marion, Chifoliau, Chevassu, Nora).
M"* G... est opérée le 8 septembre 1919 à l’hôpital Cochin par notre maître Chifoliau, pour énorme fibrome inclus dans le ligament large. Ce fibrome, extrêmement volumineux, remontait jusqu’à l’ombilic, faisant penser à un état de grossesse avancée. Au toucher, on avait peine à sentir à bout