CONCLUSIONS
1. Dans les cas de sections de l’uretère au cours d’interventions gynécologiques, l’urétérorraphie semble être, à priori, la solution la plus satisfaisante car elle réalise la meilleure réparation possible. Elle a été fort attaquée, mais les statistiques des résultats d’urétérorraphies suivies et contrôlées sont moins démonstratives que ne l’ont dit les adversaires de cette intervention.
Certains résultats, considérés par eux comme sans valeur, sont, en réalité, fort honorables. Un cas, en particulier, auquel ils refusent toute valeur, est suivi depuis près de 30 ans et constitue un succès indéniable.
D'autres cas, étiquetés mauvais, sont dépourvus de toute valeur scientifique car les examens nécessaires n’ont pas été pratiqués.
Les présomptions, non plus que l'induction, ne doivent pas jouer en matière de statistique. Les observations incomplètes doivent être tenues pour nulles et doivent être délibérément écartées, sous peine de fausser entièrement les chiffres rapportés dans une statistique.
2. L’urétérorraphie se recommande d’un certain nombre d'avantages :
C’est une intervention simple : une technique compliquée n’est pas indispensable. Quatre points ou un surjet double pour rapprocher les deux extrémités de l’uretère, et, pardessus, une péritonisation soignée sont choses simples qui ne prennent que peu de temps.
L'urétérorraphie n’est pas dangereuse. Dans la bibliographie, on ne trouve aucun cas de mort qui puisse lui être attribué de facon absolue.
Elle ne sacrifie rien pour l'avenir; elle permet de gagner du temps et de compléter les examens sur la valeur de chaque rein.
Nous rapportons des observations qui sont des succès indéniables qui légitiment l’urétérorraphie.
Le seul inconvénient à redouter est l’échec de la suture, soit immédiat — rare, — soit à longue échéance, par urétéro-hydronéphrose définitive et destruction du rein.
3. On a dit, renversant la formule antérieurement à l'honneur, que, en pratiquant une urétérorraphie, on avait beaucoup à perdre et pas beaucoup à gagner. Nous nous refusons à admettre cette nouvelle formule. En effet :
— Si l’urétérorraphie réussit complètement, elle sauve le rein.
— Si elle laisse comme séquelle une diminution de la valeur fonctionnelle du rein, ce résultat imparfait n’est cependant pas négligeable.
— Si elle échoue, elle nécessite une néphrectomie secondaire.
Si, par contre, dès la section de l’uretère, on envisage la néphrectomie, on accepte délibérément un résultat final aussi médiocre qu’en cas d’échec de l’urétérorraphie. Il est bien évident que la néphrectomie d'emblée ne peut être pratiquée que lorsqu'on connaît la valeur des deux reins. Sinon elle serait terriblement téméraire et pourrait amener des désastres. C’est bien ici, au contraire, qu'il n’y a rien à gagner. |
4. Les résultats imparfaits obtenus dans un certain rombre de cas rapportés ne sont cependant pas à dédaigner. Certaines malades ont pu vivre longtemps, sans gêne, avant d’être néphrectomisées secondairement, et d’autres ont conservé un rein légèrement déficient mais sans avoir besoin d’une nouvelle opération. Dans la plupart des cas, les opérées ont retiré de l’urétérorraphie un bénéfice incontestable, au moins momentanément.
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5. Les soins post-opératoires ont une importance sur laquelle on ne saurait trop insister. Ils doivent être précoces et prolongés.
Les examens pratiqués au cours des cathétérismes dilatateurs post-opératoires permettent de suivre l’évolution de la suture et l’état du bassinet et du rein sus-jacent. En cas d'échec, on a tous les renseignements pour pratiquer la néphrectomie secondaire dès que le besoin s’en fait sentir, avant l’apparition des complications graves.
6. L'hydronéphrose habituellement constatée après les sections expérimentales de l’uretère, hydronéphrose due à la section du sympathique péri-urétéral, n’est probablement pas organique. Elle diminuera lorsque la physiologie de l’uretère sera redevenue normale, soit par régénérescence du sympathique, soit par un mécanisme analogue, à condition que la cicatrice de la suture ne soit pas sténosante.
7. L'urétérorraphie mérite mieux que le discrédit qui pèse sur elle actuellement. Si on veut bien la considérer comme une opération réparatrice et palliative à qui on ne demande pas l’impossible, on doit la tenter chaque fois qu'elle n’est pas contre-indiquée. En suivant l’opérée, on verra si le résultat obtenu est définitif ou si l’on est obligé de pratiquer une néphrectomie secondaire.
Vu et permis d'imprimer :
Le recteur de l’Académie de Paris :
S. CHARLÉTY.
Vis Le doyen :
G. Roussy.
Président de thèse :
M. le Prof. Maurice CHEVASSu.