‹ Des résultats éloignés de l'engainement des nerfs par des lames de caoutchouc comme traitement des compressions et irritations consécutives aux blessures de guerreChapitre 4 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La fréquence des traumatismes des gros troncs nerveux au cours de la guerre 1914-1918 à été un des étonnements cliniques les moims prévus ; elle nous a permis d’acquérir sur la pathologie et la thérapeutique de ces lésions des données précises, qui ont un intérêt pratique considérable.

vès 1914, le blessé, petit blessé le plus souvent (à moins que Ta lésion du tronc nerveux n'ait été associée à une lésion vasculaire) était conduit à l'hôpital, catégorie C, où il lui suffisait de quelques semaines pour obtenir une cicatrisation complète du séton ou de la transfixion de membre dont il était atteint ; mais on s’aperçut bientôt dans un grand nombre de cas, que sous son apparente guérison chirurgicle, s'était installée et se développait une lésion neurologique de compression ou d'irritation du tronc nerveux.

Timidement d’abord, puis avec plus d'assurance certains chirurgiens poussés par les neurologues, qui avaient eu l’occasion de vérifier dans la pratique des accidents du temps de paix quelques hypothèses hardies sur les traumas des nerfs, ont commencé à mettre a nu les troncs nerveux lésés et à libérer les nerfs des adhérences cicatricielles inflammatoires, qui étaient restées comme sequelles de ces plaies soi-disant bénignes. Ces libérations (appelées étymologiquement : neurolyses) ont été suivies de récidives, car les éléments anatomiques voisins dépourvus de leurs moyens d'isolement naturel : (gaines aponévrotiques, gaines perivasculaires, périoste) que le traumatisme et

l'infection avaient détruits, reconstituaient sous l'influence de la résorption fibrineuse les strictures que l’on avait péniblement détruites.

M. Whalier avait cherché à se débarasser de ces résidus qui reconstituaient l’élément plastique en opérant sous un courant de sérum chaud. M. Imbert avait essayé l'huile gomenolée ; d’autres s'étaient adressés à des éléments organisés ou inorganisés.

M. Mauclaire eut l’idée de s'adresser au caoutchouc (s0ociété de chirurgie, avril 1916).

Au centre neurologique militaire de la 8° rég., où Dumas avait eu des insuccès avec le papier d’étain stérile, le docteur Odilon Platon, médecin aide-major de territoriale, qui lui succéda en 1916 essaya de soustraire par une lame de caoutchouc les nerfs blessés, à l'empire des éléments voisins que ne tient plus à distance la séreuse névrilemnique. Le professeur agrégé Claude, chef du Centre, en présence des résultats primitifs de la 1° série l’ayant encouragé de sa haute autorité scientifique (réunion médicochirurgicale, 8° région, octobre 1916), on a ainsi systématiquement isolé dans le serviee les nerfs avee adhérences pathologiques.

Les résultats immédiats ont été encourageants (société de chirurgie, octobre 1917) et on a opéré dans la suite 16 cas où le caoutchouc a été enfoui.

Il était intéressant de savoir ce que ces lames de ecaoutchouc abandonnées autour des trones nerveux étaient devenus depuis 1917. Etaient-elles tolérées ? Etaient-elles l'occasion d’aggravation de la douleur ou de la paralysie ? Le grand nombre d’opérés du Centre de la 8° région pouvait nous permettre d'élucider avee une autorité suffisante ces questions si imporantes à préciser,

Page 1