‹ Des Résultats Éloignés de la Prothèse Immédiate dans les Résections du Maxillaire InférieurChapitre 14 sur 23 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

D...., Jean, né à Ambérieu, âgé de dix ans, entre à la Charité, salle Saint-Pierre, le 6 octobre 1880, service de M. Fochier, Chirurgien-major.

Le petit malade entre à la Charité pour une tumeur du corps du maxillaire inférieur, ayant débuté en avril 1880. Elle siège au niveau des premières molaires à gauche.

Le 25 octobre, M. Fochier fait la résection partielle du maxillaire. La section osseuse part de la canine en avant et va aboutir en arrière, derrière la première molaire.

M. Martin applique un appareil immédiat, avant la suture des parties molles. La réunion’eut lieu par première intention. u

Cet appareil se composait d’un segment de 33 millim. représentant exactement la partie osseuse enlevée ; sur les faces interne et externe et aux deux extrémités de la pièce artificielle se trouvent des petites plaques métalliques réunissant les fragments. Les plaques externes, seules, sont vissées à l'os.

A la partie antéro-interne et supérieure de l'appareil existe un prolongement en caoutchouc durci, qui fait le tour de l’arcade dentaire else fixe par une lame en or dans l’interstice qui est en avant de la première dent permanente

(fig. 9).

ro —

Les résultats immédiats sont excellents. Il n’existe pas de déformation appréciable après la pose de l’appareil.

A la sortie de la Charité, le 25 octobre 1880, nous enlevons seulement les vis et les plaques externes. L'appareil reste en place, maintenu par les lames internes, le prolongement et les parties molles.

Fig. 10

Ce malade fut revu en février 1881. À ce moment, à part une augmentation de volume, légère, de la joue correspondante à l'appareil, il n’y a pas de déformation à constater.

Au mois d’août de la même année, l'appareil est soulevé

par l’évolution de la canine, évolution qui s'efféctue obliquement d'avant en arrière. M. Martin évide la partie correspondante de l'appareil et tout rentre dans l’ordre.

Quelques mois après, on est obligé de changer l'appareil, à cause de l’évolution de cette dent canine, et à cause de la dent de douze ans qui commence à faire éruption. Toutefois, étant donné le mauvais état de ses dents, nous faisons tenir cette pièce par déux ressorts fixés à une plaque palatine,

La croissance de la mâchoire de l'enfant, a obligé ‘de changer plusieurs fois d'appareil, jusqu’en 1886.

Les fonctions de la mastication se font très bien. Pas de perte de la salive. La partie droite du maxillaire est cependant un peu déviée à gauche. Ceci fut dû au retard apporté au changement des appareils.

Le petit malade habitait loin de Lyon, et, par suite, il était impossible de le surveiller. Il fut revu en 1888. On constata que le deuxième appareil avait redressé la déformation signalée plus haut.

Nous donnons la reproduction de la photographie de cet enfant. On peut voir qu'il n'existe pas de déviation de la face, 9 ans après l’opération (fig. 10).

Revu EN JUILLET 1893, — Quand le malade n’a pas son appareil, le menton est légèrement dévié à gauche, mais il est moins volumineux. Quant on lui fait ouvrir et fermer la bouche, on voit que le fragment droit qui n'est plus maintenu par l’appareil a une tendance à se porter à gauche. Si le malade a son appareil, la partie latérale du menton à gauche est plus volumineuse, ce qui donne à la face un aspect asymétrique. Quand il porte sa pièce et qu’il ouvre la bouche, la déviation du côté de la perte de substance est à peine appréciable. L’articulation de la mâchoire se fait bien.

On ne note aucune irritation-au niveau du point d’application de l'appareil. Le malade ne perd sa salive ni le jour ni la nuit.

Il mastique parfaitement la croûte du pain, la viande, il a

plusieurs fois cassé des noisettes avec son appareil. Aucune gêne dans le port de celui-ci.

Comme aspect extérieur, on note une très légère saillie du menton à gauche; uue petite cicatrice adhérente du côté

droit, au niveau de la mâchoire, et du côté gauche une forte dépression préauriculaire et portant au niveau de la branche montante. Pas de déviation des lèvres lorsque le malade siffle; pas de troubles de la sensibilité. Il ouvre la bouche et tire la langue comme à l’état normal. De nombreux ganglions à la règion sus-hyoïdienne.

Réflexions. — On voit chez ce jeune homme que mal gré les modifications apportées à son appareil, la dépression préauriculaire s’est produite. Cela tient à ce que l'appareil aurait dû subir,en raison de la croissance, des changements de volume, que l’éloignement du malade ont empêchés.

Cet enfant ne porte pas de pièce palatine, néanmoins la mâchoire supérieure s'est développée normalement, ce qui tient au port d’une pièce prothétique avant remplacé l'articulation du maxillaire absent. Les mensurations de son arcade dentaire supérieurep,rises au moment de l’opération et en 1893, montrent que la croissance s’est effec-

tuée normalement.

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