‹ Des Résultats Éloignés de la Prothèse Immédiate dans les Résections du Maxillaire InférieurChapitre 16 sur 23 · DR · texte numérisé non relu

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Au cinquante-troisième jour, M. Martin enlève ce premier appareil qu'il remplace par un ressort en U (fig. 12), aux extrémités duquel sont fixés deux épaulemenis en caoutchouc durci, pour empêcher le rapprochement des fragments osseux et conserver les avantages fournis par la prothèse immédiate,

Fig. 12

Toutefois ce malade, à cause de son état de faiblesse extrême, n’a pu profiter de tous les avantages inhérents à cette méthode. En effet, la prononciation est restée pendant quelque temps peu correcte, la mastication difficile, et enfin, la salive s’écoulait par l’orifice situé au-dessous du menton,

Peu de jours après l'application du second appareil, le malade demanda à rentrer chez lui, ce qu’on n’a pas cru devoir lui refuser à cause de son mauvais état général.

Deux mois de séjour à la campagne améliorèrent singulièrement sa santé. La cicatrisation à ce moment était complète. Dès lors, il put porter un jtroisième appareil qui lui permettait la mastication (fig. 13).

Pour faciliter son introduction, cette pièce est divisée à Sa partie médiane en deux portions. Celles-ci sont reliées entre elles à leur face postérieure par une charnière, ce qui permet de la plier en deux, quand on l’introduit dans la cavité buccale. On les redresse ensuite, et un ressort placé à la face antérieure les maintient dans cette position.

Une pièce palatine munie de ressorts assure encore leur solidité.

Enfin, dix-huit mois après l’opération, il revint se montrer, à M. ie Professeur Poncet. Il est en parfait état de santé, sans aucune trace d'un épithéliome dont l’examen histologique avait confirmé la nature et qui avait déjà récidivé deux fois. Grâce à son appareil prothétique, la face n'a pas été déformée et la parole est assez correcte.

Ce malade fut, à cette époque, présenté à la société des Sciences médicales, où M. le Professeur Poncet insista sur la nécessité d’enlever très largement ces néoplasmes.

En effet, avec notre méthode, une ablation très étendue ne laisse pas plus de déformation qu'une intervention restreinte.

Réfleæions. — Ce malade est mort le 21 mai 1892. d’une pneumonie. Cette observation est certainement le meilleur plaidoyer que nous puissions faire valoir contre

mer

la récidive provoquée par nos appareils. Elle nous montre que, quand dans les tameurs malignes, on peut dépasser les limites du mal et que, si celui-ci ne s'est pas encore vénéralisé aux ganglions, on peut espérer une guérison complète. Si nos pièces peuvent irriter des bourgeons cancéreux par leur contact, elles ne peuvent en rien produire ce résultat quand la résection a dépassé les limites du néoplasme.

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