‹ Des Résultats Éloignés de la Prothèse Immédiate dans les Résections du Maxillaire InférieurChapitre 5 sur 23 · AVANT PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT PROPOS

Il est impossible, lorsque l’on propose une méthode nouvelle, d’attendre les résultats éloignés pour la présenter. Chaque fait, même récent, présente un enseignement; et d'autre part notre but a toujours été de soumettre le plus tôt possible, à la critique judicieuse des chirurgiens lyonnais, les cas où notre méthode de prothèse immédiate après la résection du maxillaire inférieur avait été appliquée. Nous l'avons fait d’autant plus volontiers, que les restaurations des pertes de substances de cette espèce, pratiquées suivant nos principes, empêchent, dès le début, les déformations inhérentes à toute résection partielle ou totale de la mâchoire inférieure, et d'autre part on peut constater, dès les premiers jours une restitution de la forme, et une récupération appréciable de la fonction.

Nous ne reviendrons pas ici sur les généralités relatives à la prothèse immédiate appliquée à ces résections. Ce que nous avons écrit précédemment reste, et nous n’aurons ici qu’à montrer, par les résultats éloignés quenous avons obtenus, le bien fondé de ce que nous avons pu avancer.

Nous avons dit au début de notre ouvrage sur la prothèse immédiate (1) que le but essentiel de notre méthode était la conservation de la forme et le rétablissement de la fonction. Nous sommes à même aujourd'hui de montrer par des observations datant de 6, 8, 10 et même 15 ans, que nous avons atteint le but que nous nous étions proposé. Les suites éloignées, les résultats tardifs, qui seuls permettent de juger une méthode, sont là pour le démontrer. Nous pouvons aujourd’hui compléter les observations que nous avons déjà publiées et montrer que, dans la généralité des cas, non seulement il y a eu persistance de bons effets de la prothèse, mais encore amélioration progressive.

Nous ne doutons pas que, si nos tentativesavaient pu s'exercer ailleurs que dans un milieu hospitalier, où les malades ont toujours hâte de reutrer chez eux, sont difficiles à suivre, négligent de faire modifier leurs appareils quand le besoin s’en fait sentir, nous eussions obtenu des résultats encore bien supérieurs.

Plusieurs de nos malades étaient des enfants. La croissance du maxillaire, l’éruption des dents venaient constamment changer les conditions de fixité et de stabilité des appareils que nous avions construits, et permettaient à une rétraction cicatricielle partielle de s'effectuer pendant que le malade attendait pour venir faire changer sa pièce. Or, c’est un point sur lequel nous avons insisté souvent et longuement; il faut avant tout, par la prothèse, s’opposer aux déformations dès le début, dans la suite et loujours, car la rétraction des

(1) De la prothèse immédiate appliquée à la résection des maxillaires, par C. Martin, 1889, Paris, Masson éditeur.

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parties molles qui ne sont même plus cicatricielles est toujours là pour guetter la moindre négligence et profiter de la faute la plus légère. Un de nos malades, avait quitté son appareil pendant deux jours ; il fut impossible de le remettre et ce ne fut que très péniblement et après une longue perte de temps que nous avons pu réussir à ramener les tissus à la place qui leur convenait.

Dans cette étude des résultats éloignés de la prothèse immédiate appliquée aux résections partielles ou totales de la mâchoire inférieure nous suivrons l’ordre suivant :

Dans un premier chapitre, nous exposerons les quelques objections qui ont été faites à notre méthode : nous montrerons que, contrairement à Ce qu’ont avancé certains auteurs, nos appareils en caoutchouc vulcanisé n’occasionnent aucune gêne au malade, s’ils ont les dimensions voulues pour remplacer la partie réséquée, lorsqu'ils sont devenus amovibles. On a dit souvent aussi que, par leur présence en contact avec des tissus suspects, ils pouvaient déterminer une irritation continue et par suite provoquer la récidive; nous verrons qu’il n’en est rien et cela avec observations à l’appui.

Dans un second chapitre nous envisagerons les résultats tardifs de ce genre de prothèse, au point de vue de l'esthétique. On pourra se rendre compte, par les figures que nous intercalerons dans ce travail, que la physionomie n’a rien de choquant, et que souvent à première

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vue il serait absolument impossible de soupçonner qu’une portion du maxillaire inférieur est artificielle.

L’étude des résultats fonctionnels fera l’objet du troisième chapitre. On y verra que les fonctions de la mastication, de la déglutition et de la phonation sont liées à la présence de l’appareil et sont troublées complètement dès que la pièce prothétique est enlevée. Nous passerons en revue les causes de certaines déformations qui ont pu persister malgré la présence de la prothèse, telles que, retrait des branches montantes, quand la partie antérieure du maxillaire a été intéressée; déviation du menton, etc. etc.

Nous montrerons également que certaines fistules persistantes seraient évitées si l’on pouvait modifier les lignes d'incision dans les résections.

Comme pièces justificatives, nous donnerons, dans un quatrième chapitre, quelques observations complétées et menées jusqu'à ce jour. Nous aurions préféré publier une statistique générale ; mais il nous a été impossible de retrouver tous nos malades et nous avons cru que la relation complète de l’histoire de quelques-uns de ces opérés serait plus démonstrative qu’une statistique à qui l’on fait dire un peu ce que l’on veut.

Mais avant de commencer ce travail, nous tenons à remercier les chirurgiens lyonnais qui ont bien voulu nous confier leurs malades et nous permettre d'appliquer

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notre méthode dans leur service. Notre gratitude leur est acquise depuis longtemps ; qu’ils veulent bien ici en accepter de nouveau l'expression.

. Monsieur le professeur Ollier nous fait le grand honneur d’accepter la présidence de notre thèse. C’est un titre de plus à notre reconnaissance, car depuis longtemps ses judicieux conseils et son bienveillant appui ne nous ont jamais fait défaut.

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