‹ Des Résultats Éloignés de la Triple Opération pour Prolapsus Utéro-VaginalChapitre 5 sur 28 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Aux premières années du siècle, on ne trouve nulle part trace de véritable procédé chirurgical pour combattre le prolapsus utéro-vaginal.

Dans le Traité de Chirurgie de Boyer, 1831, nous ne relevons que des expédients médicaux : pessaires, pelotes de soutènement, sangles abdominales et autres moyens curatifs. Duplay et Follin, dans leur Traité, rapportent aussi différents procédés : épisiorraphie, plicatures de la muqueuse vaginale (Desgranges, de Lyon), cautérisations de cette muqueuse préconisées par Gérardin, de Metz, et autres palliatifs.

En 1823, Gérardin, de Metz, pratiquait une élytrorraphie médiane, employée dans la suite par Neugebauer de Varsovie et qui n’était autre, en somme, que l’ébauche de l’opération de Le Fort, exposée par lui à la Société de Chirurgie en 1877.

En 1831, Marshall-Hall parle de l’élytrorraphie comme moyen chirurgical du traitement du prolapsus.

Sims, en 1865 (1), décrit la technique de l’élytrorraphie antérieure : toute chute de l'utérus, étant pour cet auteur, précédée du relâchement de la paroi antérieure du vagin.

En 1867, Simon (2) comprend l'utilité d’aviver largement le périnée, tout en pénétrant profondément aussi dans le vagin.

Nous trouvons, en 1875, un travail de Bourdon inspiré par Verneuil, tout entier consacré à l’anaplastie périnéo-vaginale,

En 1877, Egly-Sinclair (3) affirme la supériorité de la colpopérinéoplastie de Bischoff, de Bâle, pour le traitement des prolapsus vaginaux.

Frank (4), en 1888, propose une opération se rapprochant d’une colporraphie véritable : elle consiste à disséquer le vagin jusqu'au niveau du cul-de-sac postérieur, puis à faire des sutures profondes déterminant la formation d’un pli.

Firnig (5), cette même année, emploie un procédé analogue, faisant remarquer qu’il a surtout pour but de provoquer des adhérences entre le vagin et les parties voisines.

Jusqu'à cette époque, 1888, les efforts chirurgicaux pour guérir le prolapsus s'étaient adressés aux moyens de soutènement de l’utérus. Nous en avons tracé les grandes lignes rapidement, n’ayant pas la prétention de faire l’histoire des anaplasties vaginales.

(1) Sims. Uterine Surgery, Londres, 1865.

(2) Simon. Prof. Vierteljahr, 1867, p. 112, vol. mi.

(3) EGLy-SincraiR. Correspond. Blatt. f. Schweizer Aertze, 1877. (4) Frank. Arch. für Gynéc., 1888, p. 453.

(5) FiRNiNG. Centr. für Gynéc., 1888, p. 859, n° 52.

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C’est maintenant, 1888, que nous voyons apparaitre avec Terrier, la pexie utéro-abdominale, comme curatrice du prolapsus.

Déjà, en 1810, Alquié, de Montpellier, avait eu l’idée de traiter le prolapsus génital en relevant l’utérus au moyen de ses ligaments ronds. Et, ce qui n’est pas pour nous surprendre, ce furent Alexander, de Liverpool, et Adams, de Glascow, qui mirent en pratique, en 1881, l’idée théorique de l’auteur français.

En 1869, Kæberlé, au cours d’une owariectomie, avait suturé le pédicule de l’ovaire enlevé à la plaie abdominale pour lutter contre un prolapsus concomitant.

Schroeder et Sims, dix ans plus tard, rapportent des faits semblables.

Lawson-Tait, en 1880, avait fixé le fond utérin à la paroi pour combattre un prolapsus.

En 1886, Olshausen publie un mémoire : « Ventralfixation pour prolapsus utérin », mais il fixait l’utérus par l’origine des ligaments ronds.

En 1886, également, Manrique (1), dans sa thèse, préconise l’application de l’opération d’Alquié-Alexander, aux cas de prolapsus non adhérent, en joignant comme temps complémentaire une colpopérinéorraphie et une colporraphie antérieure.

En 1888, Terrier (2) présente à la Société de Chirurgie de Paris l’observation d’une malade atteinte de prolapsus du deuxième degré, avec hypertrophie sus et

(1) MANRIQUE. Thèse de Paris, 1886.

(2) Terrier. Bulletin et Mémoires de la Société de Chirurgie de Paris, 1888, page 889.

sous-vaginale, à laquelle il fit pour la première fois en France une ventro-fixation.

De la discussion née à ce sujet, il ressort qu’à cette époque deux méthodes de ventro-fixation sont en présence : ou bien on agit sur les bords de l’utérus : Olshausen, Sanger, c’est la fixation indirecte par les ligaments ronds. Ou bien on agit sur le fond de l’organe : Léopold, pour la rétroversion ; Terrier, pour le prolapsus.

En 1894, Reynier, à la Société de Chirurgie de Paris, se déclare partisan de l’hystéropexie à laquelle il adjoint la colporraphie.

En 1896, le dixième Congrès de Chirurgie ayant mis la question du traitement du prolapsus utérin pour la première fois à l’étude, nous apprend que les opérations vaginales sont toutes à l’honneur. Bouilly, rapporteur, préconise sa méthode de triple opération vaginale, que l’on a appelé le « complet Bouilly » (amputation élevée du col, colporraphie antérieure, large et haute, colpopérinéorraphie postérieure). Il conclue que toute méthode qui n’est pas basée sur l’anaplastie vaginale large est frappée de stérilité.

Nous trouvons cependant à cette époque Bilhaut de Paris, et Schwartz, de Paris, également, qui défendent l’hystéropexie combinée aux temps vaginaux.

Quatre ans plus tard, 1900, Terrier, président au XII Congrès international de médecine, section de Gynécologie, se déclare partisan de l’hystéropexie abdominale à laquelle il adjoint des opérations plastiques du côté du col et du vagin.

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En 1900, également, le Professeur Laroyenne, de Lyon, pratiquant depuis longtemps déjà la triple opération, c’est-à-dire hystéropexie abdominale, colporraphie antérieure et colpopérinéorraphie, décrit Le procédé de cysto-hystéropexie destiné à suspendre efficacement « la paroi vésicale postéro-supérieure à un organe solidement attaché aux parois abdominales, car c’est elle dont le prolapsus proémine à la vulve dans la cystocèle ».

Tant de procédés, de perfectionnement des méthodes apportés soit à la réfection vaginale par Hégar, Martin, Lawson-Tait, Hamann, prince de Bavière, etc. soit à la suspension de l’utérus par Laroyenne, de Lyon, Picqué, Faucon, de Lille, Zinmeister, de Vienne, Kiriac, de Bucarest, et tant d’autres, magistralement décrits dans la thèse de Baudoin ; tant d'efforts, disons-nous, nous montrent la difficulté d’arrêter une méthode pour traiter le prolapsus utéro-vaginal.

A des lésions multiples, il était logique, en effet, de répondre par des opérations multiples. Dès 1896, M. Goullioud pratiquait à Lyon la triple opération que lui avait enseigné son maître Laroyenne.

Au vingt et unième Congrès de Chirurgie, en 1908, Walther se déclare bien haut partisan de la triple opération hystéropexie, colporrathie antérieure, colpopérinéorraphie, méthode qu’avec Poulet il appelle « très française ».

Au dernier Congrès de Chirurgie, octobre 1923, nous avons pu noter comme partisans de la triple opération les noms de : Hartmann, pour qui le temps primordial est la reconstitution d’un périnée solide.

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Roussiel, de Bruxelles, Walther, qui n’a eu qu’à se louer de la pratique de la triple opération, Siredey qui juge, d’après les résultats vus par lui, la triple opération comme une des meilleures de la chirurgie gynécologique, Jayle, de Paris, Goullioud, de Lyon, qui met en relief l'utilité de faire bien chaque temps et de bien faire tous les temps. Patel, de Lyon, qui apporte 28 cas de triple opération, dont il se déclare satisfait. Guyot, de Bordeaux, qui abandonne l’Alquié- Alexander pour la méthode française, Thévenard, de Paris, et Lardennoiïis, de Reims, qui par leur expérience, furent amenés à pratiquer systématiquement la triple opération. Paul Delbet, de Paris, s’en déclare aussi un partisan Zzélé.

De telles adhésions suffisent à militer en faveur de cette méthode. Dans la modeste contribution que nous apportons à cette question, nous nous attacherons à mettre en relief quelques détails de technique, détails qui, croyons-nous, ont une grande part dans le succès de l’opération.

Parallèlement à la constitution de cette triade opératoire, des méthodes diverses trouvaient feur application raisonnée pour des cas spéciaux. Tel le cloisonpernent du vagin de Le Fort, 1877, appliqué aux vieilles femmes, et qui élargi par Cotte, de Lyon, est appelé à rendre de grands services. Telle encore l'opération: de Freund-Wertheim-Schauta, 1896- 1900 (1), en honneur par l'Ecole lyonnaise, pour des

(1) Loïson. Thèse de Lyon, 1920.

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cas de cystocèle prédominante. Ou aussi, la colpectomie totale de Müller, de Berne, 1896, s'adressant uniquement à des femmes âgées, pour ne citer que les principaux efforts.

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