‹ Des rétinites secondaires ou symptomatiquesChapitre 1 sur 49 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Depuis qu'Helmoltz , couronnant les efforts déjà tentés par Behr (1), Von Erlach, Briicke (2), de Cumming (3), Kussmaul (4), est venu réaliser son admirable découverte, l'oplithalmologie est entrée dans une ère nouvelle et féconde.

De toutes parts, le public médical, entraîné par le charme de ces études, s'est mis à l'œuvre. Le mouvement, parti de l'Allemagne, envahit bientôt la France et l'Angleterre : les maladies confondues sous les noms d'amaurose , amblyopie , de goutte sereine^ etc., ont été successivement reconnues et classées; et aujourd'hui , dix-sept ans à peine après la découverte (5) , tant de travaux ont été publiés dans les diverses parties du monde, que la moitié de la vie d'un homme suffirait à peine à les parcourir tous. Néanmoins , il reste encore bien des points obscurs à élucider, bien des théories hâtives à confirmer ou à remplacer.

L'anatomie pathologique, sur beaucoup de points, n'a été qu'à peine ébauchée. Il faut en chercher la cause dans la difficulté que présente l'étude de membranes aussi ténues, mais aussi surtout dans la rareté des autopsies. La plupart, en effet, des ophlhalmologistes ne possèdent que des dispensaires en ville, et sont par conséquent privés de ce moyen unique de

(1) Hecker's Annalen, t. 1. p. 37H; 1839.

(2) Muller's Archiv fur Anatomie, etc., 1847, p. 2^25.

(3) Médical chirurgical Transactions, t..XXIX, p. 284.

(4) Die Fabenerscheinungen im Grunde desMenschlichen Auges; Heidelberg, 1845.

(5) Ueber eine neue ein fachste form des Augenspiegels (Vierordt's Archiv, t. II, 827; 1852.

1868. — Bousseau. ^

contrôle. C'est seulement dans les hôpitaux où viennent mourir les malades, que ces études sont possibles, et si une mort prématurrée n'eût enlevé Follin et Foucher, nul doute que l'oplithalmologie n'eût réalisé de sensibles progrès. Élevé â leur école, j'ai, depuis plusieurs années, recueilli tous les faits qui me sont passés sous les yeux ; profitant de cette réciprocité bienveillante qui fait encore l'un des charmes et des avantages les plus grands de l'internat, j'ai pu visiter tous les services voisins, observer les malades, pratiquer les autopsies et réunir ainsi un grand nombre d'observations. Toutes les fois que j'ai rencontré une lésion intéressante, je l'ai dessinée, et mes planches ont pour garantie d'exactitude le contrôle des élèves du service, de mes collègues et de mes chefs.

C'est un fragment de ces études que je présente aujourd'hui comme thèse inaugurale. Quelque hmité que paraisse au premier abord le sujet des rétinites secondaires, on ne tarde pas à s'apercevoir qu'aucun n'est plus vaste : aussi je n'ai point la prétention de l'avoir épuisé. La science ne se fait pas en un jour, elle demande de longues et patientes recherches. J'apporte mon modeste contingent, et s'il reste des lacunes, je laisse le soin de les combler à cette pléiade de jeunes savants, à la fois micrographes et ophthalmologistes habiles (|ui vont faire revivre d'une gloire nouvelle l'école et les hôpitaux de Paris.

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