‹ Des rétinites secondaires ou symptomatiquesChapitre 15 sur 49 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Rétinite syphilitique.

Victorine Petit, âgée de 23 ans, artiste à la Porte Saint-Martin, tempérament lympathique et d'une forte constitution, entre le 9 n 1867, ù l'hôpital Saint-Louis, salle Sainte-JMarthe, lit n» 44.

Il y a quatre ans, cette malade entre à Lourcine pour plaques muqueuses à la vulve et à la gorge ; elle y reste sept mois et y présente un catarrhe utérin avec pelvi-péritonite. Elle prend environ 50 pilules. Sortie de l'hôpital, elle rentre six mois après pour des plaques des amygdales dans le service de M. Foucher; on lui fait des cautérisations.

Avant sa maladie, elle était hypermétrope et n'avait eu d'autre maladie d'yeux qu'une conjonctivite d'un mois de durée.

Il y a quatre mois, sa vue baisse et se trouble au bout de quelques heures de travail ; depuis un mois, elle a disparu complètement. La malade ne voit pas à lire au grand jour; elle voit un peu mieux dans l'obscurité ou bien avec des lunettes bleues. Elle accuse des douleurs très-fortes qui empêchent le sommeil et occupent les régions sus-orbitaires et occipitales; ces douleurs sont beaucoup plus fortes la nuit.

Examen ophthalmoscopique. — Des deux côtés, mais surtout dans l'œil droit, on observe les lésions suivantes : Injection radiée delà papille ; les vaisseaux, surtout les veines, gorgés de sang, tortueux; des exsudations considérables répandues surtout le long de ces vaisseaux ou bien des traînées blanchâtres passant au devant de quelques-uns, mais permettant encore de les voir par transparence; le fond de l'œil est rouge et présente l'aspect fortement pigmenté des sujets à peau brune et à cheveux noirs.

20 mai. — La malade peut lire le n° 40 de Giraud-Teulon à la distance de 1 mètre sans lunettes et à celle de l'",50 avec le n° 60 biconvexe ; avant sa maladie elle l'aurait vu beaucoup de plus loin, dit-elle. On lui prescrit de i'iodure de potassium.

Le 30. Les exsudats ont considérablement diminué ; elle voit mieux qu'à son arrivée.

6 juin. — L'amélioration a continué ; mais la malade ayant eu quelques difficultés dans le service, demande son exeat.

Elle revient nous voir tous les jeudis pendant deux mois. Elle était figurante dans la Biche-aux-Bois, et malgré l'éclat des lumières auquel elle était assujettie tous les soirs, l'amélioration se maintint, grâce à un traitement mixte, suivi avec persévérance. Les exsudats se résorbent peu à peu, et quand la malade a cessé de venir nous voir, dans le mois de juillet, il ne restait plus qu'une teinte gris-bleuâtre autour de la papille et le long des vaisseaux rétiniens ; elle commençait à pouvoir faire quelques travaux d'aiguille.

C'est cette femme qui fait le sujet de notre dessin, planche i, fig. 3.

OBSERVATION Xll. Rétinite syphilitique.

Hortense M.., passeraentière, âgée de 23 ans, d'un tempérament lymphatique, entre le 22 octobre 1867, à l'hôpital Saint-Louis^ salle Sainte-Marthe, lit n° 36.

D'une bonne santé dans sa jeunesse. Il y a dix-huit mois, , elle contracta une vulvo-vaginite, qui dura quelques semaines et après laquelle, sans qu'on ait pu retrouver l'accident primitif, elle eut une syphilide papuleuse, puis des plaques muqueuses.

Il y a quatre mois, elle eut de nouveaux boutons sur le corps. Elle va consulter M. Nonat, qui diagnostique une syphilide; elle suit un traitement pendant douze jours.

Depuis deux mois et demi, elle porte un onyxis syphilique de la main droite ; les ongles de l'index et du médius sont tombés en grande partie. A la suite de cet onyxis, elle entre à Lourcine dans le service de Després, et comme elle ne constatait aucune amélioration, elle vient à Saint-Louis et entre dans le service de M. Hardy, où elle ne reste que huit jours. M. Hardy lui fait prendre des pilules de Sédillot.

Dix jours après sa sortie, la malade entre dans le service de M. Cruveilhier, qui la met à l'usage du sirop de Gibert (2 cuillerées par jour). Dès le deuxième jour, gingivite. On prescrit des gargarismes au chlorate de potasse; disparition rapide de la gingivite, La malade contiue à prendre son sirop et à se gargariser.

A son entrée elle avait des vomissements glaireux matin et soir et tous les soirs vers quatre ou cinq heures une fièvre considérable avec frisson et sueur; anorexie complète. Les vomissements et la fièvre ont duré quinze jours et ont disparu sans autre traitement que le sirop de Gibert.

Exnmen ophtkalmoscopique. Le fond de l'œil est d'un rouge intense ; il n'est possible de trouver les papilles qu'en remontant à l'origine des vaisseaux et encore n'est-il pas facile de suivre ceux-ci dans toute leur étendue. Une espèce de voile translucide semble jeté au-devant de la papille. Au centre de celle-ci, on aperçoit l'origine de deux grosses veines, qui offrent les phénomènes du pouls veineux. Les contours papillaires ne sont pas nets, ils se perdent d'une manière rnnfiise dans la rétine. Le brouillard qui les cache est gris-bleuâtre il s'étend assez loin vers la périphérie, où il disparaît insensiblement,

excepté le long des vaisseaux qu'il accompagne sous forme d'une bande blanchâtre. Les veines sont dilatées et tortueuses, les artères sont nombreuses et ramifiées.

La malade voit à se conduire et distingue les gros objets, mais elle ne peut pas lire. Tout lui apparaît comme à travers un nuage. Elle n'a presque pas de céphalalgie.

Le traitement modifie d'une manière heureuse et rapide l'onyxis, mais est sans influence sur la rétinite, qui, après un moment d'amélioration, reste stationnaire avec des alternatives de recrudescence.

La malade sort le 15 octobre ; l'onyxis est guéri, le sommeil est bon, l'appétit est revenu, la rétinite n'est qu'améliorée, jï»a:itTa"nnî^

Joséphine Lambert, âgée de 27 ans, cuisinière, d'un tempérarnent lymphatique, entre le 20 septembre 4867 à l'hôpital Saint-Louis, salle Henri IV, lit n° 70.

Cette femme est atteinte d'une syphilis dont les débuts sontobscurs.

Elle est mariée depuis six ans. Il y a trois ans, son mari eut à la verge deux ulcères, puis une éruption générale. Il n'était probablement pas guéri, il y a dix-huit mois, lorsquelle eut l'occasion de le voir (elle en était séparée depuis plusieurs mois). Quelque temps après, elle constata des boutons sur presque tout son corps ; elle prétend n'avoir jamais eu d'écorchures à la vulve : quoi qu'il en soit, elle a toujours été malade depuis, malgré trois mois d'administration de la liqueur de Van Swieten.

Il y a dix-huit mois, elle eut une ophthalmie purulente de l'œi droit pour y avoir porté le doigt (elle avait à ce moment un peu de vaginite, d'après un médecin de Tours). Cette ophthalmie dura deux mois.

Il y a trois mois, étant à la Pitié, elle s'aperçoit que sa vue se fatigue, se trouble; elle se plaint d'une céphalalgie intense, de vision d'étincelles, etc.

Elle quitte la Pitié et vient à Saint-Louis. La vision est un peu améliorée, mais elle a encore les sensations de pointes de feu; elle présente de la photophobie ; elle voit des mouches, des étincelles, des anneaux colorés. Elle accuse des picotements. La céphalalgie a disparu en grande partie.

lade ne souffre plus.

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