‹ Des Rétractions Tendineuses et de l'Amyotrophie: Consécutives aux Attitudes Stéréotypées dans les PsychosesChapitre 12 sur 40 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Exposé clinique

Le professeur Joffroy a fait ressortir les liens étroits et harmoniques qui unissent entre elles les diverses fonctions du cerveau, fonctions psychiques, fonctions motrices, fonctions sensitives et trophiques, au point, en quelque sorte, d’en faire une seule fonction d'ensemble, une et indivisible (1). Dans le domaine de la psychiâtrie plus que dans tout autre peutêtre, ce principe se trouve étroitement vérifié. Alors que dans les formes expansives, la fonction motrice s’exagère jusqu'aux manifestations mimiquesles plus désordonnées et les plus violentes, nous voyons cette même fonction, dans les formes dépressives se restreindre de plus en plus, depuis la simple répugnance du mélancolique aux mouvements indispensable à la vie de relation, jusqu’à l’immobilité indiffé-

1. Prof. A. Joffroy. « Les myopsychies ».: Rev. neurologique, 1902.

aies

rente du eatalepiique et à l’attitude pétrifiée du catatonique.

La fonction trophique suit pas à pas ces modification extrêmes de la fonction motrice : chez certains circulaires, la période maniaque s'accompagne d’une exagération des échanges nutritifs, déterminant une augmentalion de poids du corps ; dans la période dépressive la nutrition s’alanguit, les échanges s’arrêtent et la misère physiologique s’installerait en maîtresse si le rythme qui régit ces sortes de psychoses n’intervenait de nouveau pour rétablir la balance. Mais c’est dans les nombreuses psychoses dont le polymorphisme symptomatique aboutit au bout d’un certain temps à un affaiblissement tantôt relatif, tantôt radical et profond des fonctions psychiques et où les phases d’excitation et de dépression se succèdent de la façon la plus irrégulière, que l’on trouve les perturbations les plus accentuées des fonctions sensitives, motrices et trophiques. A l'hébétude mentale, habituelle dans ces sortes de psychoses correspondent un émoussement plus ou moins marqué de la sensibilité, des troubles vaso-moteurs, des troubles sécrétoires, et surtout des troubles moteurs extrémement variés.

Ces phénomènes musculaires qui invariablement accompagnent un état de stupeur psychique, d’inhibition des fonctions de la corticalité, qu’elle soit complète ou qu’elle laisse subsister des hallucinatons, du délire, de l’angoisse comme dans une sorte de rêve prolongé, se ramènent tous à l’immobilité

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