‹ Des Rétractions Tendineuses et de l'Amyotrophie: Consécutives aux Attitudes Stéréotypées dans les PsychosesChapitre 11 sur 40 · Gilbert Ballet. Traité de Palolag te mentale. Paris · texte numérisé non relu

Gilbert Ballet. Traité de Palolag te mentale. Paris

réotypées et pouvant durer des mois et des années. Il n’est pas fait allusion dans cette description aux conséquences de ces stéréotypies et à la possibilité de rétraction et d'amyotrophie consécutives, L’aliéniste allemand Kræpelin, dont les ouvrages font aujourd’hui autorité non seulement dans son propre pays mais aussi en France, reconnait hautement l’exactitude du tableau clinique dressé par Kahlbaum sous le nom de catatonie ou de folie avec contractions : toutefois il ajoute que les différentes formes cliniques réunies par cet auteur sous le nom de catatonie ne sont que des périodes successives de l'affection mentale plus compréhensive décrite par lui-même sous le vocable de démence précoce.

Quelle que soit l’opinion que l’on ait sur la conception de cette affection, il faut reconnaître cependant que Kræpelin a pleinement raison quand il rejette l'existence autonome du syndrôme de Kahlbaum, et que les symptômes catatoniques peuvent se rencontrer dans les formes les plus variées ainsi que l’ont bien reconnu, d’ailleurs, la plupart des manigraphes que nous venons de citer. On trouve dans l’une de ses leçons cliniques une allusion formelle à certaines conséquences de la contracture des fléchisseurs des doigts, les escharres de la main, mais il ne parle pas de rétractions fibreuses. Exposant l’observation d’une vieille démente précoce, ils’exprime de la façon suivante : « À table elle mettait son nez dans son assiette et portait sa cuiller à sa bouche d’un mouvement lent et régulier ; elle se retirait dès qu’on entrait

dans sa chambre ; elle gardait les doigts serrés les” uns contre les autres au point d’avoir des escharres (1). »

C’est seulementen 1904, dans une communication faite au congrès de Pau,que mon père, A.Cullerre (2), appela l’attention sur les conséquences possibles de la contracture chez certains aliénés.

« Dans les psychoses à base de stupeur et de confusion mentale, expose-t-il au début de son mémoire on observe couramment des phénomènes musculaires spasmodiques, raideurs, contractures, attitudes stéréotypées. qui peuvent durer des semaines, des mois, voire même des années, et entraîner dans les muscles intéressés des troubles trophiques plus ou moins graves qui, à ma connaissance, n'ont pas encore été signalés. Dans les cas de stupeur catatonique, les muscles intéressés sont à peu près exclusivement ceux des membres supérieurs, les plus intellectuels, les plus appelés à traduire la profonde perturbation des régions corticales dévolues à l’exercice de la volonté et de l'intelligence. Dans les cas de démence avec attitudes stéréotypées d’autres mus-

1. Kræpelin. Introduction à La Psychiatrie clinique. Paris, 1907.

2. Krafftt-Ebing. Traité clinique de Psychiatrie. Traduction. S. Laurent. Paris, 18997. |

3. À. Cullere. Des Rétractions musculaires et de l Amyotrophie consécutives aux Attitudes stéréotypées dans les psy choses. Comptes rendus du congrès des médecins aliénistes et neurologistes de France et des pays de langue française. Pau, 1905.

cles peuvent être atteints. Le plus souvent ces contractures disparaissent d’elles-mêmes en même temps que l'état mental se modifie. Dans quelques cas elles se reproduisent à plusieurs reprises, soulignant un retour agressif de la stupeur el de la confusion des idées. Enfin, dans un petit nombre de cas, ces contractures deviennent définitives, et finissent par entraîner des modificaiions définitives et incurables. »

Ce mémoire repose sur quatre observations cliniques où l’on voit des contractures cataloniques et des attitudes stéréotypées entrainer à la longue de l’'amyotrophie des avant-bras et des rétractions tendineuses définitives.

Depuis 1904, trois années se sont écoulées, pendant lesquelles nous avons pu observer deux des sujets de ces observations encore en traitement et suivre l’évolution des phénomènes dystrophiques qu'ils présentaient à cette époque. Entre temps, nous avons pu recueillir à l'asile de la Roche-sur- Yon de nouveaux faits du même genre ; enfin, l’aimable obligeance de MM. les docteurs Anglade, médecin en chef de l’asile d’aliénés de Bordeaux, Hamel, directeur médecin de l'asile de Saint-Yon, Biaute, médecin en chef du quartier d’aliénés à l’hospice Saint-Jacques de Nantes, en a mis quelques autres à notre disposition. Ce sont tous ces faits réunis qui servent de base à la présente étude clinique 2

Cullerre 2

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