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main gauche qu’au bout de plusieurs années. Les phénomènes catatoniques semblent d’ailleurs n’avoir que faiblement existé ; on signale de la sialorrhée, du négativisme mais pas de raideur musculaire.
A noter l’unilatéralité des phénomènes alors que la main droite restée libre est le siège de stéréotypies bizarres ainsi que les muscles qui font mouvoir la tête.
L Les parties contracturées sont atteintes d’une amyotrophie qui ressort très nettement sur la figure.
OBSERVATION V (personnelle)
Manie aiguë suivie de démence rapide. Persistance indéfinie de l’excitation maniaque sous forme d'accès séparés par des périodes de calme indifférent. Au bout de dix ans, stupidité cataleptiforme avec contractures suivies de rétraction des fléchisseurs de la main gauche.
(Mon père a retrouvé dans ses notes l'observation suivante qui n’a pas pris place dans sa communication au congrès de 1905.)
L... Zoé, vingt ans, est admise à l'asile d'Auxerre le 16 juillet 1870. Elle est atteinte de manie depuis environ huit mois à la suite d'un mariage manqué. Aucun renseignement sur ses antécédents personnels ou de famille.
Excitation, incohérence, parle avec volubilité, toujours en mouvement ; gestes désordonnés, rires convulsifs, bizarrerie, extravagances.
Chez elle, elle était très dangereuse, brisait tout dans le jardin, détruisait tout ce qui lui tombait sous la main, vaisselle, vitres, etc., et frappait impulsivement avec le premier objet venu,
Ces accès sont intermittents, séparés par des périodes de
calme.
Août 1873. — La malade, en complète démence présente toujours des alternatives d’agitation impulsive et de calme indifférent. Santé physique faible, anémie. Parfois stupeur.
Octobre 1873. — Même situation, souvent agressive et dangereuse, ses actes ont le caractère impulsif. Incohérence complète.
Mai 1874. — Mèêmes alternatives ; a failli assommer une autre malade du service à coups de sabot.
25 mai. — Le frère de cette malade, âgé de vingt et un ans est admis à l'asile en proie à un violent accès maniaque consécutif aux émotions du conseil de revision. |
1879. — Jusqu'à la fin de cette année on n’a à signaler que les mêmes alternatives de calme, et d’agitation ou de stupidité. Mais à partir de ce moment, la stupeur devient définitive ; la malade devient gâteuse et reste accroupie dans un coin la tête entre les genoux.
Octobre 1876. — On s'aperçoit que les doigts de la main gauche sont contracturés dans le creux de la face palmaire et qu'il est impossible de les étendre. La malade se plaint vivement
à chaque tentative qu'on fait dans ce but.
Février 1878. — Même état de contracture des fléchisseurs de la main gauche. De temps en temps, la stupeur est entre-
coupée de crises d’agitation violente et agressive.
Pour cause de changement de service, l’observation s’arrête là. Quant au frère de la malade, après trois ans de séjour à l'asile pendant lesquels l’état d’agitation maniaque entrecoupé de périodes de stupeur et de périodes de calme avec lucidité relative a persisté, il a été reliré par sa famille dans un état
d'amélioration survenu à la suite d’intervalles de plus en plus longs de calme et de lucidité.
Ce n’est qu'au bout de six ans que l’on constate chez cette femme, atteinte de démence à la fois précoce et familiale, la contracture des fléchisseurs de la main gauche. La lésion ne siège encore ici que d’un côté ; elle paraît avoir été définitive puisqu'on constatait son existence sans modification Frs ans après le début de la contracture.