‹ Des Rétractions Tendineuses et de l'Amyotrophie: Consécutives aux Attitudes Stéréotypées dans les PsychosesChapitre 7 sur 40 · Esquirol. Des Maladies mentales, t. I, Paris · texte numérisé non relu

Esquirol. Des Maladies mentales, t. I, Paris

signification clinique quelconque, la rigidité musculaire de certains stupides : « M... reste sans mouvements et sans parole toute la journée. A l'heure des” repas elle ne va pas prendre ses aliments, il faut les lui apporter et la presser pour qu'elle mange; pour cela elle ne change point de position, et ne se sert jamais que du bras et de la main du côté droit ».

On peut sous-entendre, sans crainte d'erreur, que l’état de rigidité des autres muscles s’opposait à ce que la malade en fît volontiers usage.

J.-P. Falret semble le premier qui ait signalé les troubles de la fonction musculaire dans les psychoses : (Les muscles sont souvent dans un état de tension et de rigidité tel que les malades ont de la peine à se mouvoir ou à parler lorsque la langue participe à cel état. Le relâchement des muscles s’observe également et conduit aux mêmes résultats; mais on observe plus fréquemment encore les alternatives de contraction et de relâchement que la permanence d’un de ces états, surtout dans les muscles dela face. Tous les muscles peuvent d’ailleurs en être le siège, il n’est pas rare de les constater dans les autres parties du système musculaire, soit à la surface, soit à la profondeur de nos organes.

« Les contrations permanentes, dans une partie plus ou moins étendue du système musculaire, se lient souvent à un état d’extase et de catalepsie, de même que les alternatives de contraction et de relächement sont quelquefois portées jusqu'aux convulsions plus ou moins générales et à la chorée. D’au-

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trefois on constate des spasmes douloureux des muscles du cou, des contractions spasmodiques des muscles de l'abdomen ou bien des spasmes dans les extrémités inférieures qui contraignent les malades à une marche irrégulière, à des sauts (1). »

Dans cette description, bien qu’un peu floue, l’auteur déclare en termes suffisamment formels qu'il a observé la rigidité musculaire qui accompagne fréquemment certains états de stupidité : c’est à ces états que correspondent les contractions permanentes qu'il signale dans une partie plus ou moins étendue du système musculaire ; et ce qu’il appelle extase et catalepsie n’est autre chose que ce qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de catatonie.

Morel s’en tient à la description précédente de J.-P. Falret, qu’il cite en entier, en faisant observer qu'il ne connaît aucun symptôme qui se rattache d’une manière aussi intime au diagnostic, au pronostic et au traitement des affections nerveuses (2).

De tous les-auleurs français de la seconde moitié du dernier siècle, Dagonet est celui qui a le plus insisté sur les troubles musculaires qui accompagnent les états de stupidité. Il en distingue deux formes que nous pourrions qualifier de sthénique et de cataleptique. La première répond aux états panophobiques où l’on voit le sentiment de frayeur qui

1. J -P. Falret. Des maladies mentales et des asiles d’aliénés. Paris 1864.

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